jeudi 8 avril 2021

L'Allemagne se rapproche encore de la Russie (cette fois avec le Spoutnik V)

Covid-19: l’Allemagne lorgne sur le vaccin Spoutnik V

Parfois, disons rarement, il y a des annonces qui suscitent un espoir d'avancer efficacement dans la construction européenne. Par exemple lorsque l'on apprend que les "circonstances sont (presque) réunies pour la mutualisation de la dette européenne" (La Tribune). C'est quelque chose d'important certes, mais c'est de l'économie : ça ne fait rêver personne, et ça n'affirme aucunement un "bloc européen" capable de s'opposer à ses ennemis (Russie, Chine, Turquie)

Et puis, très souvent, la division européenne s'étale au grand jour, les états-membres les plus puissants prenant des décisions unilatéralement, le "chacun pour soi" prévalant sur l'intérêt général. Ces dernières années, l'Allemagne s'est particulièrement illustrée en la matière. Ainsi a-t-elle choisi de traiter seule des questions qui concernent toute l'Europe : immigration (accueil massif de migrants, contre l'avis de tous les autres états membres) ; énergie (préférence au gaz russe plutôt qu'au nucléaire français) ; aujourd'hui probable recours au vaccin russe contre le Covid-19.

Avec le Spoutinik V, l'Allemagne, une fois encore, prouve son penchant (masochiste) pour la Russie de Poutine. Trump et Biden ont bien raison de trouver anormal qu'elle veuille le beurre, l'argent du beurre, et le cul de la crémière (exemples : la protection de l'OTAN en payant le minimum syndical ; profiter de l'Europe tout en décidant seule et sans tenir compte de ses prétendus partenaires européens). Encore une fois, la question se pose : faut-il en finir avec une UE, qui sur les grandes questions qui devraient être de son domaine, ne sert à rien ? Reformulons la question : l'Allemagne se sert-elle de l'UE quand ça l'arrange (vendre sa production) et passe outre l'UE quand ça l'arrange (achat de gaz russe et du vaccin russe pour pas cher ; accueil d' une immigration -et main d'oeuvre bon marché- sans concertation avec ses prétendus partenaires européens ...) ? Faut-il revenir à une Europe des nations ? On a l'impression que pour l'Allemagne, c'est le cas... L'appel de Macron à construire l'UE est hélas resté sans réponse. Pire, on a l'impression que l'Allemagne fait, de plus en plus, comme bon lui semble. C'est dommage, mais il faut en prendre acte. Et peut-être faudra-t-il suivre l'exemple britannique.

>>> AVR2021 Covid-19: l’Allemagne lorgne sur le vaccin Spoutnik V

Berlin va entamer des négociations bilatérales avec la Russie pour se fournir en doses, selon Reuters. Tout accord dépendra de l’examen du produit par l’Agence européenne du médicament.

L’Allemagne topera-t-elle avec la Russie ? Berlin est sur le point d’entamer des négociations bilatérales avec Moscou pour obtenir des doses du vaccin Spoutnik V contre le coronavirus, a indiqué une personne au fait du dossier à Reuters, mercredi 7 avril.

Mercredi, la Commission européenne a informé les ministres de la Santé des pays de l’Union que Bruxelles ne prévoyait pas de discuter avec Moscou d’un contrat pour se procurer des doses de Spoutnik V, comme l’exécutif européen l’a fait avec d’autres producteurs de vaccin, a indiqué la source.

C’est la raison pour laquelle le ministre allemand de la Santé, Jens Spahn, a annoncé durant la réunion virtuelle avec ses homologues européens que l’Allemagne allait entamer des négociations préliminaires avec la Russie en vue d’un accord bilatéral sur la livraison de vaccins, a ajouté la source à Reuters.

Recrudescence. Berlin va dans un premier temps chercher à établir le calendrier de livraison et le nombre de doses que la Russie pourrait fournir, selon la source. Dans tous les cas, la décision finale de l’Allemagne dépendra de l’examen du vaccin Spoutnik V qu’effectue actuellement l’Agence européenne du médicament (AEM). Un accord avec Moscou permettrait à Berlin, qui fait face à une recrudescence de l’épidémie, de renforcer à terme sa campagne vaccinale.

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron ont discuté la semaine dernière avec le président russe Vladimir Poutine d’éventuelles coopérations sur les vaccins contre le coronavirus.

L'Opinion (Avec Reuters)

 >>> Allemagne : la Bavière va commander des doses de Spoutnik V (Lefigaro)

>>> Le fonds russe RDIF a entamé des discussions avec des représentants du gouvernement allemand sur des précommandes de l'Allemagne pour le vaccin contre le coronavirus Spoutnik V, ont indiqué jeudi via Twitter les fabricants du vaccin. (LaTribune)

 

 

 >>> 11 avril 2021. Allemagne: l’achat de vaccins Spoutnik V, une diversion politique qui profite à Poutine. Le choix allemand jette une ombre sur la stratégie commune d’achat défendue par Bruxelles

Le gouvernement fédéral allemand a entamé des négociations en vue d’une commande du vaccin russe Spoutnik V. Plusieurs Länder ont déjà posé des options, dans l’attente du feu vert des autorités européennes. Un site de production a été trouvé en Bavière.

Avec 17600 habitants et une forteresse coiffée d’un bulbe typiquement bavarois, Illertissen est une petite ville anonyme. Le principal employeur de la commune, R-Pharm, est en train de lui conférer une nouvelle notoriété. Propriété du milliardaire russe Alexeï Repik, l’usine pourrait devenir un site de production européen du vaccin russe Spoutnik V, en attente d’une homologation par les instances de l’Union européenne. Le magnat estime pouvoir produire en Allemagne au début de quoi offrir deux doses à 4 à 5 millions de personnes et doubler le rythme d’ici la fin d’année.

Constatant le manque d’empressement de l’UE à négocier avec Moscou, le gouvernement allemand a entamé des discussions bilatérales pour acheter en propre des millions de doses. L’Allemagne serait le 60e pays à adopter le vaccin russe. D’autres capitales est-européenne ont déjà recours au Spoutnik V et l’Autriche y réfléchit également. L’Italie compte lancer un site de production en juin. Mais le poids politique de l’Allemagne au sein des 27 donne à son initiative une autre portée. Elle jette une ombre sur la stratégie commune d’achat défendue par Bruxelles.

Le gouvernement fédéral était pressé depuis des semaines par plusieurs Länder, en raison des difficultés de livraisons rencontrées par AstraZeneca. Les appels ont été étayés par les commentaires élogieux sur Spoutnik V publiés par la revue scientifique The Lancet en début d’année. Ils ont convaincu les autorités sanitaires allemandes. Parmi les défendeurs du vaccin, on trouve en première ligne des régions d’ex-RDA dont les populations sont familières avec la science russe. « Je me suis fait vacciner enfant contre la poliomyélite avec une préparation russe. Je me ferais vacciner volontiers avec Spoutnik V », déclarait début mars le ministre-président de Saxe-Anhalt Reiner Haselhoff.

Mais même la Bavière a fait pression pour un feu vert rapide. C’est d’ailleurs de cette prospère région de l’ancienne Allemagne de l’ouest qui a passé la première pré-commande de 2,5 millions de doses, suivie par le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale (1 million de doses). Ces cavaliers seuls ont irrité d’autres régions intéressées, estimant que l’échelon fédéral devait commander pour tous. Derrière cette revendication se cache la crainte d’une répartition inégale sur le territoire.

Mais l’Allemagne a-t-elle vraiment besoin de Spoutnik V ? La République fédérale, qui compte 83 millions d’habitants, a réservé 271 millions de doses des 4 vaccins déjà homologués (BioNtech/Pfizer, Moderna, AstraZeneca, Johnson&Johnson) pour 2021. Environ 20 millions sont arrivées au premier trimestre, 70 millions sont attendues au deuxième. De quoi, sur le papier, immuniser 50 millions d’adultes (le Johnson&Johnson ne requiert qu’une dose) et se rapprocher de l’immunité de groupe dès début juillet.

Accélération. Le commissaire européen Thierry Breton, attelé à l’accélération de la production de vaccins dans l’UE, est d’avis que les 27 peuvent très bien fermer la porte à Moscou. « L’objectif est d’augmenter les volumes de vaccins disponibles pour vacciner le plus rapidement possible les volontaires », fait valoir Falk Neubert, le porte-parole du gouvernement de Thuringe. « Au regard de la 3e vague, ne pas exploiter toutes les possibilités ne serait pas responsable », abonde un porte-parole du gouvernement bavarois.

Sauf que les hypothétiques livraisons ne sont pas pour tout de suite. Les responsables allemands conditionnent leurs achats à une homologation par l’Agence européenne des médicaments, à la différence de la Hongrie ou de la Slovaquie qui ont délivré une autorisation nationale. La procédure est en cours sans date de clôture officielle. « Pour faire la différence dans notre situation, les livraisons doivent intervenir dans les deux à quatre, cinq mois à venir », insiste le ministre fédéral de la Santé Jens Spahn. Il demeure un doute sur la capacité de R-Pharm à respecter ce calendrier. Alexeï Repik table sur un début de production à Illertissen « pas avant le troisième ou le quatrième trimestre ». Passé l’été, Spoutnik ne devrait être d’aucune utilité.

Reste l’impression que Berlin use de ces négociations comme une stratégie de communication pour masquer les ratés du début de la campagne de vaccination. La manœuvre a un aspect géopolitique : elle donne des gages à l’offensive de Vladimir Poutine à travers la fourniture de vaccins. L’Ukraine a une impression de déjà-vu. Comme pour la construction du gazoduc Nord Stream 2, permettant de contourner le territoire ukrainien, Kiev voit Berlin appuyer les intérêts russes, sans réel besoin.

L'Opinion

 


>>> 14 avril 2021. L'Allemagne n'est pas la seule à se rapprocher de Poutine :

la région PACA a fait une précommande de 500 000 doses du vaccin Spoutnik VRenaud Muselier, président du conseil régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur, a pris contact avec l’ambassade de Russie. Il attend néanmoins les autorisations européennes avant de finaliser son achat  (Lopinion)


>>> 1er octobre 2021. Finalement, le Spoutnik V fait pschiiit :

En Russie, le vaccin Spoutnik V à l'épreuve des records de contaminations
Spoutnik V fait face à une double défiance : intérieure et internationale. Le sérum développé par l'Institut Gamaleya se révèle être un échec cuisant.

Caramba ! Même l'ami turc de la Russie, Erdogan, a préféré le Pfizer américain !

Vladimir Poutine lui-même est en difficulté sur le sujet. Récemment, il a révélé s'être isolé en raison de multiples contaminations dans son entourage, pourtant vacciné. Dans le cas d'un de ses proches collaborateurs, l'homme fort du Kremlin avait expliqué : "Il avait été revacciné, mais visiblement trop tard. Trois jours après la vaccination, il est tombé malade". Immunisé en toute discrétion en mars, sans caméras contrairement à nombre de ses homologues à l'étranger, Vladimir Poutine vante son niveau "élevé" d'anticorps. Maladroitement, il a toutefois admis "espérer que le Spoutnik V démontrera vraiment son haut niveau de protection contre le Covid-19".  LExpress

 

 

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