vendredi 18 juin 2021

« La question de l’immigration va longtemps continuer à fracturer notre société »

 C'est clair depuis longtemps. Clair comme de l'eau de roche. Mais hélas pas pour tout le monde. Ah, si la gauche en France pouvait s'inspirer de la gauche au Danemark, alors elle regagnerait des points. Mais je crois qu'elle restera dans le déni. Elle continuera à se demander pourquoi elle ne gagne pas en parlant de social, de solidarité, de redistribution des richesses et de "vivre-ensemble". La gauche française croit qu'en parlant de ces thèmes-là, elle gagnera. Elle n'a rien compris

>>> SEPT2022. Redisons-le : le multiculturalisme, ça ne marche pas. On le voit aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France... Pourquoi s'obstiner à poursuivre dans cette voie ?  Nouvel exemple : 

A Leicester, le modèle écorné du multiculturalisme britannique. Dans cette ville des Midlands, dont la population est à 30 % venue du sous-continent indien, des violences ont opposé, le 17 septembre, des membres des communautés musulmane et hindoue. Lemonde

 

>>> JUIN2021 La vision républicaine française fondée sur l’universalisme et associant une large ouverture à la diversité avec une forte exigence d’intégration citoyenne est aujourd’hui en crise, analyse le sociologue Philippe d’Iribarne, dans une tribune au « Monde ».

Tribune. L’immigration s’installe au cœur des fractures qui marquent la société française. Ceux qui s’opposent à son sujet semblent n’avoir même plus de terrain commun qui leur permettrait de se parler. Pourquoi cette radicalisation alors que l’immigration est fort ancienne ? C’est que l’évolution de la société a remis en cause le compromis tacite qui a longtemps régi la rencontre entre une vision politique de la nation et la vie du corps social.

La France est marquée par une vision politique qui associe une large ouverture à la diversité, avec une forte exigence d’intégration citoyenne. Le droit du sol y unit ceux qui peuplent un même territoire au-delà de leurs origines. Simultanément, une conception très exigeante de l’unité nationale, accompagnée d’un vif attachement à la laïcité, fait concevoir la société comme formée de citoyens indiscernables. Au cours du XIXe siècle et au début du XXe, cette vision politique universaliste a fait bon ménage avec un grand attachement de la masse du corps social à un héritage particulariste spécifiquement français.

 « Nos ancêtres les Gaulois » ont été supposés devenir les ancêtres symboliques de toutes les populations issues de l’immigration. Le raccord entre universalisme politique et particularisme social s’est fait d’autant mieux que, de fait, ces populations se sont largement assimilées, devenant indiscernables pas seulement aux yeux de la loi mais aussi dans leur manière de vivre. La pression sociale en faveur d’une telle assimilation s’exerçait sans entraves. Il n’existait guère de contre-pressions exercées par des fractions de la société affirmant leur différence. La France étant déclarée patrie de l’universel, ce qui était spécifiquement français était facilement perçu comme de portée universelle. Mais cette situation n’est plus.

Pression assimilatrice

D’un côté, la résistance à l’assimilation est devenue très forte au sein de populations qui se vivent en bonne part comme des diasporas restées intimement liées à leurs pays d’origine, branchées sur leurs télévisions, y cherchant des conjoints pour leurs enfants, attachées à des pratiques qui marquent une forte distance symbolique par rapport à la société d’accueil. Nombre de leurs membres refusent de se déclarer français.

De plus, la pression assimilatrice assurée au quotidien par le corps social est combattue au nom du refus des discriminations et il n’est plus question d’apprendre aux jeunes générations une histoire empreinte de fierté nationale. De ce fait, selon les termes du président de la République [Emmanuel Macron, alors candidat en campagne en février 2017], « il n’y a pas de culture française ».

Le Monde

 



 

 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire