L'hypocrisie de l'Allemagne (et celle, aussi, dans une moindre mesure certes, de la France) a quelques conséquences. Ainsi, ces deux pays membres fondateurs de l'UE, ne font plus la loi en Europe. Et c'est très bien !
Il fut un temps où la France et l’Allemagne étaient suffisamment puissantes en Europe pour imposer aux autres pays leurs décisions. Rien n’aurait pu montrer de manière plus cruelle combien l’époque a changé que l’humiliante rebuffade réservée le 25 juin à la proposition d’Angela Merkel - qui a rallié Emmanuel Macron - d’ouvrir un dialogue européen avec la Russie de Vladimir Poutine. La proposition a été rejetée avec mépris et colère au Conseil européen par les Pays-Bas, la Pologne et la Suède.
Pendant longtemps, les deux grands pays de l’UE ont cru qu’il serait facile et naturel d’imposer leurs valeurs et leur vision de l’Europe aux nouveaux venus, libérés du communisme, dont les aspirations ne pouvaient qu’épouser les leurs. Cette illusion a volé en éclats. «On a cru, à tort, au moment de l’effondrement de l’URSS, qu’on avait gagné. En fait on s’aperçoit qu’il y a des réticences au sein de l’Union», résume Jean-Louis Bourlanges, président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée
Ajoutons que l’appel à un sursaut politique de l’Union
européenne après le Brexit n’a pas été entendu. Si,
du côté britannique, la stratégie de « Global Britain » ou le mantra du « Take back control »
sont, pour l’heure, des faux-semblants, le Brexit apparaît pour l’UE
comme une occasion manquée de provoquer une réforme structurelle lui
permettant de relever les défis contemporains au premier rang desquels
figurent la préservation de l’environnement et la réduction des
inégalités. À cette critique
générale s’en ajoutent trois autres plus circonscrites à la façon dont
l’UE a géré et continue d’appréhender sa relation avec le Royaume-Uni. (Le Monde)
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