mercredi 15 septembre 2021

Europe. La Bielorussie phagocitée par la Russie

L'opération avait déjà commencé ; l'absorption de la Biélorussie par la Russie se confirme. Poutine repourrse encore les frontières de la Russie, ce pays qui manque tant d'espace

>>> NOV2021 L’opposition biélorusse toujours en attente de gestes « concrets » de la part de l’Union européenne (Lemonde). [Je ne voudrais pas leur faire perdre espoir, mais je crois que les gestes concrets de la part de l'UE, elle peut les attendre longtemps, hélas]

>>> Des avions de combat russes Su-30 vont être affectés en permanence à Baranovichi, en Biélorussie (Opex360)

 >>> La Russie et la Biélorussie opèrent un rapprochement économique. Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko ont renforcé leur coopération depuis la répression du mouvement de contestation qui a suivi la réélection du président biélorusse, en août 2020.

C’est un pas de plus dans le rapprochement amorcé entre la Russie et la Biélorussie depuis plus d’un an. Les présidents Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko se sont accordés, jeudi 9 septembre, sur un renforcement de l’intégration économique de leurs pays.

Lors d’une conférence de presse au Kremlin, les deux dirigeants ont annoncé la signature d’un paquet de « 28 programmes » pour renforcer l’« Union Russie-Biélorussie », une alliance politico-économique datant de 1999 et longtemps restée à l’arrêt.

Vladimir Poutine a déclaré que ces programmes visent à « une unification de la législation russe et biélorusse dans différents secteurs économiques » et à la « construction de marchés financiers et énergétiques unifiés ». Selon le président russe, ils doivent permettre aussi d’« accomplir une politique industrielle et agricole commune ». Il a également évoqué la création d’un marché du gaz unifié entre les deux pays avant 2023.

Soutien sans faille de Moscou

La Russie et la Biélorussie sont des alliés aux relations mouvementées. Périodes de rapprochement et disputes, notamment énergétiques, alternent régulièrement. Mais depuis un an, les deux ex-républiques soviétiques se rapprochent dans la foulée de la répression par M. Loukachenko d’une vague de protestation historique contre sa réélection en août 2020. Avec le soutien sans faille de Moscou, le dirigeant biélorusse a emprisonné des centaines d’opposants, accusant les Occidentaux, qui ont décrété des sanctions contre Minsk, d’avoir fomenté une révolution contre lui.

Jeudi, M. Poutine a toutefois précisé que la question d’une intégration politique plus poussée n’avait pas été abordée, soutenant qu’il fallait « d’abord créer une base économique ». Alexandre Loukachenko a, lui, coupé court aux hypothèses d’une possible fusion des deux pays : « Il ne faut pas ressortir des vieilles phrases disant que nous essayons d’avaler l’un ou l’autre ou de fusionner au détriment des aspirations de nos peuples. » Pendant des années, M. Loukachenko, qui tient à la souveraineté du pays, s’est élevé contre toute tentative de rapprochement avec Moscou, plutôt mal vue par les Biélorusses.

Sur le plan militaire, les deux pays sont membres de l’Organisation du traité de sécurité collective, alliance regroupant quatre autres pays du Caucase et d’Asie centrale. Cette rencontre entre les deux dirigeants intervient d’ailleurs à la veille du début de grands exercices militaires communs en Russie et en Biélorussie.

 (Lemonde)

 

>>> Loukachenko et Poutine avancent vers « l’intégration » de leurs deux pays (LeMonde) Et ce n'est pas une surprise. Pendant ce temps, l'UE dort d'un sommeil profond que rien ne semble perturber

 

>>> Biélorussie : Svetlana Tsikhanovskaïa à Paris pour remobiliser les soutiens. 

La représentante de l’opposition biélorusse, en visite du 15 au 17 septembre 2021, demande à l’Union européenne de maintenir la pression sur le régime Loukachenko et d’aider la société civile.

La première fois qu’elle est venue à Paris, c’était en 2014, avec son mari, Sergueï Tsikhanovski, pour leur dixième anniversaire de mariage – « un voyage romantique ». Sept ans plus tard, Svetlana Tsikhanovskaïa est de retour, mais seule : le blogueur biélorusse croupit en prison pour avoir voulu se porter candidat au scrutin présidentiel du 9 août 2020, face à Alexandre Loukachenko dont la réélection frauduleuse a déclenché un mouvement de protestation sans précédent, brutalement réprimé.

Candidate à sa place puis forcée à quitter le pays avec leurs enfants après l’élection qu’elle a très vraisemblablement gagnée, cette ancienne professeure d’anglais a troqué sa vie de mère de famille au foyer contre celle de leader de l’opposition biélorusse en exil. Depuis plus d’un an, elle parcourt le monde démocratique, depuis sa base de Vilnius, en Lituanie, pour rallier des soutiens et maintenir la pression sur le régime de Loukachenko. (Lemonde)



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