vendredi 24 septembre 2021

France. Crise des sous-marins (suite : Bruno Le Maire, Florence Parly, Malcom Turnbull)

Très pertinent, encore une fois

BRUNO LE MAIRE

 >>> Sous-marins. Pour Bruno Le Maire, l’Europe ne peut plus compter sur les USA pour sa protection

Après la crise des sous-marins et le retrait d’Afghanistan, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire estime qu’il ne faut plus compter sur les États-Unis pour garantir la protection de l’Europe. Il appelle l’Union européenne à construire son indépendance stratégique [c'est en effet ce qu'il faudrait faire, et cela aurait dû être engagé depuis belle lurette. Problème : seule la France semble motivée par ce projet. La crise des sous-marins le prouve, encore une fois]

Le ministre français de l’Économie, Bruno Le Maire, a estimé ce jeudi 23 septembre 2021 que la crise des sous-marins montrait que l’Union européenne ne pouvait plus compter ​sur les États-Unis pour garantir sa protection, et a appelé les Européens à ouvrir les yeux​.

La première leçon qu’il faut tirer de cet épisode, c’est que l’Union européenne doit construire son indépendance stratégique. L’épisode afghan, l’épisode des sous-marins, montrent que nous ne pouvons plus compter sur les États-Unis d’Amérique pour garantir notre protection stratégique​, a-t-il déclaré sur Franceinfo.

Les États-Unis n’ont plus qu’une seule préoccupation stratégique, la Chine, et contenir la montée en puissance de la Chine​. Autant l’ancien président Donald Trump que l’actuel Joe Biden estiment que leurs alliés […] doivent être dociles. Nous, nous estimons que nous devons être indépendants​, a encore pointé Bruno Le Maire.

 Dissonance danoise

Il faut que nos partenaires européens ouvrent les yeux​, a-t-il ajouté, critiquant le soutien apporté par le Danemark aux États-Unis, à contre-courant des critiques formulées par les autorités européennes après la décision australienne d’annuler le contrat passé par le français Naval Group, en faveur d’un nouveau partenariat avec les États-Unis et le Royaume-Uni.

Penser comme la cheffe d’État du Danemark que les États-Unis vont continuer de nous protéger, nous défendre, quoi qu’il arrive, c’est une erreur​. Nous ne pouvons plus compter que sur nous​, a estimé M. Le Maire.

Mercredi, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen, a défendu le très loyal ​président américain Joe Biden, indiquant ne pas comprendre du tout ​les critiques françaises et européennes.

 Allié fidèle des États-Unis, avec qui il a notamment combattu en Irak et en Afghanistan, le Danemark exprime régulièrement sa priorité accordée à l’Otan plutôt qu’à l’Europe de la défense, à l’inverse de la position défendue par le président français Emmanuel Macron.

OuestFrance

Lopinion

 

 FLORENCE PARLY

 >>> Pour la ministre des Armées, «la fiabilité américaine n'est plus aussi grande que par le passé»

(...) la relation entre les deux alliés reste abîmée. Dans une interview au journal Le Monde , la ministre des Armées s’est félicitée de la reprise «du dialogue» mais regrette le comportement «très brutal» des États-Unis. «Ce n'est pas une surprise, cela fait déjà plusieurs années que nous remarquons cette tendance de fond de la part du partenaire américain», introduit-elle.

Selon elle, ces difficultés se sont manifestées plusieurs fois ces dernières années : lorsque, les Américains ont fait faux bond aux Français pour participer à des frappes contre les armes chimiques en 2013 ou encore lorsqu'ils se sont désengagés en Afghanistan. «L'autre tendance de fond, qui n'est pas nouvelle, c'est la focalisation des États-Unis sur la Chine. Dans cette analyse stratégique, l'Europe compte de moins en moins. C'est un constat», regrette-t-elle, se félicitant toutefois que la France soit moins surprise que «certains partenaires européens pour qui le réveil est plus brutal».

Selon Florence Parly, cet épisode prouve que «la fiabilité américaine n'est plus aussi grande que par le passé». Il faut donc que l'Europe se projette bien au-delà des limites de l'Union européenne, estime la ministre des Armées. «L'Europe a une opportunité unique de s'affirmer en tant que puissance sur le plan stratégique. Nous avons le choix : soit l'Europe fait face, soit l'Europe s'efface», explique-t-elle.

Lefigaro

 

 

 MALCOM TURNBULL

>>>  Crise des sous-marins. La France « délibérément dupée » selon l’ancien Premier ministre australien

Interrogé sur la rupture du contrat liant l’Australie à la France pour la construction de sous-marins, Malcolm Turnbull, ancien Premier ministre australien, a estimé que la France avait été dupée. Il a par ailleurs regretté que l’Australie n’aurait pas de nouveaux sous-marins avant 20 ans.

Le Premier ministre australien Scott Morrison a « délibérément dupé » Paris en rompant le contrat de sous-marins avec la France, a accusé mercredi son prédécesseur Malcolm Turnbull, à l’origine de l’accord sur les submersibles français.

« Morrison n’a pas agi de bonne foi. Il a délibérément trompé la France. Il n’a pas d’autre argument pour justifier son comportement que de dire que c’était dans l’intérêt de l’Australie », a expliqué Malcolm Turnbull devant le National Press Club à Canberra.

 La France « trompée et humiliée »

L’ex-Premier ministre, dont le gouvernement a approuvé le contrat de sous-marins avec la France en 2016, s’est montré cinglant sur la façon dont Scott Morrison a géré le changement de pied, dans le cadre d’une nouvelle alliance avec Washington et Londres.

« La France pense qu’elle a été trompée et humiliée et elle l’a été. Cette trahison de la confiance va marquer nos relations avec l’Europe pour des années », a ajouté Malcolm Turnbull. « Le gouvernement australien a traité la République française avec mépris ».

« Pas de sous-marins avant 20 ans »

Selon l’ex-chef du gouvernement, malgré le nouveau partenariat de défense entre les trois pays anglo-saxons, aucun contrat n’a été signé pour doter l’Australie de sous-marins à propulsion nucléaire, qui devraient être des britanniques Astute ou des américains Virginia.

« Maintenant, l’Australie n’a plus du tout de programme de nouveaux sous-marins », a-t-il déploré. « La seule certitude, c’est que nous n’aurons pas de nouveau sous-marin avant 20 ans et leur coût sera bien plus élevé que ceux de conception française ».

La colère de Paris

Scott Morrison a assuré que la décision de préférer des sous-marins à propulsion nucléaire a été motivée par un changement de dynamiques dans la région Asie-Pacifique, où la puissance militaire chinoise accroît ses prétentions sur quasiment l’ensemble de la mer de Chine méridionale.

Ce changement a provoqué la colère de Paris qui dit avoir perdu un contrat dont le montant de départ atteignait 31 milliards d’euros.

« Coup dans le dos »

Décrivant la décision de Canberra comme un « coup dans le dos », la France avait rappelé ses ambassadeurs aux États-Unis et en Australie.

Après un entretien téléphonique avec son homologue américain Joe Biden, le président français Emmanuel Macron avait annoncé un retour de son ambassadeur à Washington cette semaine.

Morrison et Turnbull sont rivaux

Aucune date n’a en revanche été donnée pour le retour du représentant français à Canberra et aucun entretien entre Emmanuel Macron et Morrison n’a été annoncé.

Scott Morrison et Malcolm Turnbull sont deux rivaux au sein du Parti libéral australien, le premier ayant pris la place du second à la tête du pays en août 2018 après que Malcolm Turnbull a été rejeté par l’aile conservatrice du parti.

OuestFrance

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire