L'option raisonnable, me semble-t-il, est de combiner le nucléaire - sans en nier les effets négatifs (notamment la gestion des déchets, et les risques d'accident) - et le renouvelable, y compris l'éolien, n'en déplaise aux Zemmour, Le Pen, et autres grincheux. Le choix de Macron de miser de petits modules nucléaires est donc pertinent.
Ce qui est bien dégueu, en revanche, c'est le choix de l'Allemagne. Qu'elle mise sur le gaz (russe) et qu'elle abandonne le nucléaire (français) pèse sur les prix de l'énergie dans toute l'Europe, y compris les nombreux pays qui ne partagent pas la vision allemande.
Si l'Allemagne veut être dépendante du gaz russe et se détourne avec dégoût du nucléaire français, grand bien lui fasse ! Mais son choix ne doit pas nuire aux autres pays de l'UE. Sinon il faudra en finir avec cette UE, et repartir sur de bonnes bases.
>>> Hausse du prix de l’énergie : les Européens en ordre dispersé
Si les Vingt-Sept affichent leurs préoccupations face à l’envolée du prix du gaz, leurs intérêts apparaissent trop divergents pour mettre en place une stratégie commune.
En quelques semaines, le sujet des prix de l’énergie s’est imposé en haut de l’agenda européen. Alors que celui du gaz a renchéri de 130 % depuis janvier, coté au Nymex, les Vingt-Sept et les institutions communautaires s’inquiètent des conséquences – sociales, économiques, politiques et environnementales – de cette envolée.
Lundi 4 octobre, à Luxembourg, les ministres des finances de la zone euro en ont longuement discuté. Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE), qui dîneront ensemble mardi 5 octobre en Slovénie, s’en saisiront probablement, avant d’y revenir lors de leur prochaine rencontre, prévue à Bruxelles les 21 et 22 octobre. « La hausse des prix de l’énergie menace la reprise économique et met en danger la transition climatique », a déclaré Christos Staikouras, le ministre grec des finances, lundi.
Le phénomène, s’il devait durer, pourrait, dans les pires cauchemars des Européens, faire dérailler la reprise et leur agenda de lutte contre le réchauffement climatique, tout en mettant dans la rue des « gilets jaunes » dans tout le Vieux Continent et en rouvrant la fracture Nord-Sud et Est-Ouest au sein de l’UE. Il pourrait aussi envenimer les relations avec la Russie, où Gazprom se refuse, pour l’instant, à augmenter ses livraisons aux Européens, en attendant, pensent certains, que l’Allemagne approuve l’entrée en service du gazoduc Nord Stream 2. Autant dire qu’après la pandémie due au Covid-19 les Vingt-Sept ont à cœur d’éviter ce scénario catastrophe.
Créer une réserve stratégique de gazLundi, la plupart des participants de l’Eurogroupe ont évoqué le caractère « temporaire » de la hausse des prix du gaz, mais ils n’ont pas caché qu’un hiver rigoureux ou un nouveau problème d’approvisionnement pourrait changer la donne. Et empêcher l’inflation de revenir à des niveaux plus raisonnables (+ 3,4 % en septembre en zone euro). Auquel cas, la question de la hausse des taux d’intérêt par la Banque centrale européenne (BCE) se posera, avec tous les risques que le renchérissement du loyer de l’argent peut faire peser sur la reprise…
Jusqu’ici, les gouvernements ont cherché à parer à l’urgence, c’est-à-dire à alléger la facture pour leurs citoyens et leurs entreprises. La France, l’Italie, l’Espagne, la Grèce ou encore les Pays-Bas ont annoncé des mesures faites de baisse de TVA, de subventions aux foyers les plus modestes, d’aides aux entreprises et de gel des tarifs. Et, comme aux premières heures de la pandémie, les Vingt-Sept n’ont pas jugé utile de se coordonner, prenant le risque de créer de nouvelles divergences au sein d’une union déjà très hétérogène. « Les Européens doivent se coordonner », a insisté le commissaire à l’économie, Paolo Gentiloni, lundi, à l’issue de l’Eurogroupe auquel il participait.
Bruno Le Maire agit, une fois encore, dans le bon sens. Heureusement qu'on a ce ministre, discret mais actif et compétent :
>>> Prix de l’énergie : la France et l’Espagne réclament une meilleure régulation européenne
Les ministres de l’Economie de la France et de l’Espagne ont réclamé lundi (4 octobre) des réformes du marché européen de l’énergie pour contrer les conséquences de l’envolée des prix du gaz, lors d’une réunion à Luxembourg.
« Il y a un besoin d’action et la France, avec d’autres pays, dont l’Espagne (…) va faire des propositions très concrètes », a déclaré Bruno Le Maire, au début d’une rencontre avec ses homologues de la zone euro consacrée notamment à la flambée des tarifs de l’énergie.
Ce sujet sera aussi abordé lors d’un sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UE les 21 et 22 octobre.
Le ministre français a demandé « une meilleure régulation du marché du gaz et des stocks de gaz ». Il a aussi souhaité une refonte du marché européen pour « avoir un lien direct entre le coût moyen de production de l’électricité dans tous les pays et le prix payé par le consommateur, par exemple grâce à des contrats à long terme ou des tarifs régulés ».
Bruno Le Maire a également réitéré l’appel de la France à faire plus de nucléaire en Europe. « Si nous voulons réussir dans la lutte contre le changement climatique, nous devons investir plus dans l’énergie nucléaire », a-t-il déclaré.
Sur ce point, il a obtenu le soutien du vice-président de la Commission européenne, Valdis Dombrovskis. « Il est important que nous reconnaissions le rôle du nucléaire en tant qu’énergie bas carbone dans notre effort » de réduction des émissions de CO2, a expliqué le responsable letton.
La ministre espagnole de l’Economie, Nadia Calvino, a rappelé la demande de Madrid de créer une réserve stratégique de gaz au niveau européen avec des achats en commun.
« Nous avons appris lors de l’approvisionnement en vaccins (contre le Covid-19) que nous sommes plus forts lorsque nous parlons d’une seule voix et nous pensons qu’il serait très approprié que les institutions européennes parlent d’une seule voix lorsqu’elles traitent avec les grands fournisseurs internationaux de gaz », a-t-elle déclaré.
Le commissaire européen à l’Economie, Paolo Gentiloni, a par ailleurs reconnu le besoin d’aider à court terme les ménages modestes à faire face à leur facture d’énergie. « Bien sûr, des mesures sont nécessaires » mais « nous devons éviter que ces mesures aillent à l’encontre de nos objectifs de transition climatique à moyen terme », a-t-il expliqué.
Bruxelles avait annoncé le 22 septembre qu’elle était prête à valider des « mesures temporaires » des Etats de l’UE face à la flambée des prix.
>>> TRIBUNE - Il est vital que l’énergie nucléaire soit incluse dans la
«taxonomie verte» élaborée par la Commission européenne, plaident le
ministre de l’Économie Bruno Le Maire, le ministre délégué chargé de
l’Industrie Agnès Pannier-Runacher et treize de leurs homologues de neuf
autres pays de l’Union européenne. Lefigaro
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