vendredi 1 octobre 2021

Grèce, République Tchèque, Suède, France... Ces pays qui laisse un espoir à une Europe de la défense

 La Grèce, l'Allemagne voulait la pousser hors de la Zone euro, elle la soutenait bien peu face à la Turquie. Et pourtant, ce pays est beaucoup plus européen que cette Allemagne hypocrite.

GRECE
>>> La Grèce et la France vont renforcer leur coopération stratégique, a déclaré le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis  (Euractiv)

>>> La Grèce choisit la France pour construire son « bouclier » méditerranéen
Afin de moderniser son armée, le Premier ministre grec mise sur la France. A Paris, il a confirmé mardi l'achat de 24 avions Rafale ainsi que de 3 nouvelles frégates. Soit un investissement de quelque 6 milliards d'euros. Paris et Athènes ont signé un accord de défense mutuelle en cas d'agression de l'un ou l'autre. LesEchos

>>> Trois frégates et six Rafale : la Grèce console la France du fiasco australien
Emmanuel Macron et le Premier ministre grec, Kyriákos Mitsotákis, ont signé mardi matin un contrat portant sur trois frégates françaises de dernière génération de Naval Group, pour un montant d'environ 3 milliards d'euros. La Grèce gonfle par ailleurs sa commande d'avions de chasse Rafale, avec six unités supplémentaires. LesEchos

>>> Le partenariat franco-grec concerne le « territoire » des deux pays, selon le ministère des Affaires étrangères Euractiv

>>> La France et la Grèce ouvrent la voie au pilier européen de l’OTAN

La France et la Grèce ouvrent la voie au pilier européen de l’OTAN. La France et la Grèce ont signé un accord militaire historique qui prévoit une assistance mutuelle au cas où l’une des parties serait attaquée par un pays tiers, même si ce dernier appartient à l’OTAN. Des politiciens et des analystes ont parlé à EURACTIV France et Grèce pour expliquer ce que cela signifie pour l’autonomie stratégique de l’Europe dans son ensemble.

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis ont signé mardi l’accord, qui a été décrit comme un premier pas pour que l’Europe atteigne son «  autonomie stratégique  ».

L’article 2 de l’accord prévoit que « les parties se prêtent mutuellement assistance, avec tous les moyens appropriés dont elles disposent et, si nécessaire, en recourant à la force armée, si elles constatent conjointement qu’une attaque armée a lieu contre le territoire de l’une d’entre elles, conformément à l’article 51 de la Charte des Nations unies. »

«  Cette clause d’assistance mutuelle montre la densité et la profondeur du partenariat stratégique que nous voulons établir avec les Grecs », a déclaré le porte-parole du ministère des Armées, Hervé Grandjean, lors d’une conférence de presse mardi.

Dans le cadre de l’accord, la Grèce s’est également engagée à acheter trois frégates françaises Belharra, qui devraient modifier sensiblement les équilibres en mer Égée dans le contexte de l’agressivité croissante dont Ankara a fait preuve ces derniers temps.

Interrogé sur les garanties possibles pour éviter une répétition de ce qui s’est passé avec l’Australie, M. Grandjean a déclaré : « Nous n’avons pas de doute sur le bon aboutissement » de ce contrat.

« Le choix de la Grèce correspond à la volonté d’une souveraineté européenne forte et matérialise une fois de plus la vitalité de notre coopération bilatérale. Il démontre que l’industrie navale française est à même de proposer à nos partenaires une offre au meilleur standard mondial », peut-on lire dans un communiqué du ministère de la Défense.

Un appel à la défense européenne

Françoise Dumas, députée française et présidente de la commission de la défense à l’Assemblée nationale, a déclaré à EURACTIV France qu’un pas important était franchi vers un pilier européen de l’OTAN.

«  C’est un nouvel acte, une nouvelle étape qui en appelle sans doute d’autres pour conforter l’autonomie stratégique européenne et le pilier européen de l’alliance Atlantique  », a déclaré la députée du parti La République En Marche de M. Macron.

Pierre Morcos, chercheur associé au Center for Strategic and International Studies (CSIS), a déclaré que l’accord est plus que le début d’une nouvelle autonomie stratégique européenne.

« Il s’inscrit dans la continuité de nombreux efforts portés par la France depuis plusieurs années pour renforcer la crédibilité militaire de l’Europe.  », a-t-il déclaré, citant en exemple la création du Fonds européen de défense, le lancement de l’Initiative européenne d’intervention, le projet franco-allemand de char de combat et de futur avion de combat, ainsi que la création de la Task Force Takuba au Sahel.

Il a souligné que la nécessité d’une plus grande autonomie européenne a sans doute été renforcée par la crise de l’AUKUS, qui a confirmé la tendance de fond d’une réorientation des États-Unis vers la Chine et l’Indo-Pacifique.

«  Mais comme l’a précisé très clairement le Président, ces efforts ne viennent pas en substitution de l’alliance atlantique mais visent au contraire à la compléter et à la renforcer. L’objectif est de construire un pilier européen au sein de l’OTAN. Le Président a d’ailleurs souligné que les États Unis demeureraient un allié historique et majeur de la France. »

George Pagoulatos, professeur, directeur général du groupe de réflexion Hellenic Foundation for European and Foreign Policy (ELIAMEP), a déclaré à EURACTIV Grèce qu’il s’agissait d’un «  accord historique  ».

«  Il contribuera à la dissuasion défensive de la Grèce contre l’escalade des armements et la militarisation de la Turquie  », a déclaré le professeur, expert en matière de questions étrangères.

Les réactions en Turquie ont jusqu’à présent été négatives, la presse turque suggérant qu’Athènes vise une «  course aux armements  ».

Euractiv

 

 REP TCHEQUE

>>> La France va vendre 52 canons d'artillerie à la République tchèque

Cette vente intervient au lendemain de l'annonce de la signature d'un contrat d'achat de trois frégates françaises par la Grèce pour un montant d'environ trois milliards d'euros.

Emmanuel Macron, qui plaide pour une plus grande autonomie de la défense européenne, a estimé lundi que l'Europe devait "sortir de la naïveté" lorsqu'il s'agit de défendre ses intérêts et de bâtir sa propre capacité de défense.

"Cet accord intervient dans un contexte de rapprochement avec la République tchèque ces dernières années marqué par un rapprochement tant sur le plan stratégique et une vision de plus en plus proche de ce qui est l'Europe de la Défense, ce qu'elle doit être et ce qu'elle doit nous apporter", a souligné ce responsable du ministère.

La ministre française des Armées Florence Parly doit se rendre jeudi à Prague pour la signature du nouveau contrat.

La plupart des canons seront assemblés en République tchèque.

La République tchèque fait par ailleurs partie des neuf pays fournissant des soldats dans le cadre des opérations dans la région du Sahel où quelque 5.000 forces antiterroristes françaises combattent des militants islamistes. 

Challenges

 

SUEDE

>>> La France et la Suède ont l’intention de développer davantage leur coopération militaire

L’actualité – dense – de ces derniers jours a fait passer au second plan la réunion, tenue à Stockholm, le 24 septembre, des pays membres de l’Initiative européenne d’intervention [IEI], lancée par la France en 2018 afin de favoriser l’émergence d’une culture stratégique commune.

Pourtant, à cette occasion, la France et la Suède sont convenues de renforcer leur coopération militaire, via une lettre d’intention signée par Florence Parly, la ministre française des Armées, et Peter Hultqvist, son homologue suédois.

Et cela, un peu moins de trois mois après que la Direction générale de l’armement [DGA] et l’admnistration suédoise du matériel de défense [Försvarets materielverk – FMV] ont annoncé un projet de partenariat dans le domaine des missiles anti-char, sur la base du Missile Moyenne Portée [MMP] de MBDA.

Par ailleurs, la Suède a déployé des forces spéciales au Sahel, via le groupement européen « Takuba », dont elle devrait prendre prochainement le commandement si rien n’est changé d’ici-là [tout dépendra de l’arrivée – ou non – de mercenaires russes à Bamako, ndlr].

Le texte de cette lettre d’intention signée par Mme Parly et M. Hultqvist a été publié par le gouvernement suédois. Dans le détail, il y est question « d’intensifier le dialogue stratégique sur les question de défense et de sécurité » et de « développer le partage d’informations », les analyses de « prospective stratégique » ainsi que la « coopération en matière de developpement des capacités de défense ».

En outre, il s’agira également d’améliorer l’interopérabilité entre les forces françaises et suédoises et la capacité de mener des opérations conjointes. Enfin, il est fait mention de la « possibiité de coopérer dans les domaines de la lutte contre les menaces hybrides […] en coordination avec l’Otan et l’Union européenne ».

« La France et la Suède sont des partenaires avec des valeurs, une histoire et des intérêts, communs. Lorsque les institutions et les normes internationales sont contestées, nous soulignons notre engagement envers la démocratie, les droits de l’homme, le multilatéralisme et le droit international. […] Notre objectif est de travailler ensemble plus efficacement, de renforcer notre interopérabilité, de favoriser les synergies dans le développement des capacités et de développer une culture stratégique commune afin de pouvoir se déployer côte à côte dans des opérations militaires en cas de besoin », avaient expliqué Mme Parly et M. Hultqvist dans une tribune publiée avant la signature de cette lettre d’intention.

Les deux ministres ont, dans ce texte, fait valoir que les « défis géopolitiques d’aujourd’hui sont plus aigus et complexes qu’au cours des dernières décennies ». Et de citer le cas de la Méditerranée, où des « actions unilatérales mettent en péril la stabilité régionale et minent l’unité de l’Occident », ou encore ceux de la Chine [qui étend sa présence militaire mondiale] et de la Russie, qui « se prépare à un conflit à long terme avec l’Occident », sleon sa stratégie de sécurité nationale dévoilée en juillet dernier. Enfin, le terrorisme, notamment au Sahel, n’a pas été oublié…

En tout cas, pour la Suède, pays membre de l’UE [mais pas de l’Otan, ndlr], la menace la plus proche est incarnée par la Russie, ce qui a récemment motivé sa décision d’augmenter ses dépenses militaires de +40% d’ici 2025.

En outre, Stokholm est en quête constant de coopérations militaires, notamment avec ses proches voisins. Mais pas seulement puisque le pays scandinave s’est rapproché des États-Unis et du Royaume-Uni. D’ailleurs, il a rejoint, en 2017, la Joint Expeditionary Force [JEF] créée par Londres ainsi que le programme Tempest, qui vise à développer un avion de combat de 6e génération.

Opex360

 

 



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