MAJ 11/04/2022. Société Générale a annoncé qu'elle arrêtait les frais en Russie. Tant mieux.
Rappelons que ces entreprises ne découvrent pas aujourd'hui qui est Poutine. Son accession au pouvoir s'est faite dans le sang. Et depuis, assassinats d'opposants et de journalistes, guerres, menaces, intimidations, chantage, désinformation, corruption, espionnage, provocations, se sont accumulés au fil des ans. Donc dans ce climat-là, investir en Russie était une faute grave, dès le départ. Aujourd'hui, ne pas se retirer, c'est criminel !
Dénonçons à nouveau :
- Auchan et Leroy Merlin. A Kiev, au milieu du centre commercial bombardé : « Les bénéfices de Leroy-Merlin sont tachés de sang »
- EDF
- TotalEnergies gaz et électricité (ex-Total Direct Energie) . Voir le fiche Wikipédia , et noter que cette entreprise a d’étroits liens avec l’extrême droite française. Par exemple, l’ ex-pédégé de DirectEnergie, Xavier Caïtucoli, donne aujourd’hui du fric à Zemmour.
>>> Selon un inventaire tenu à jour par une équipe de l'université de Yale à l'initiative d'un professeur de gestion, Jeffrey Sonnenfeld, plus de 300 grandes entreprises ont désormais quitté la Russie depuis l'offensive de Vladimir Poutine le 24 février dernier. En riposte, Russie menace de nationaliser les actifs des entreprises qui quittent son pays.
Parmi ces entreprises, on retrouve de grands symboles de la culture américaine comme McDonald's, Coca-Cola ou Starbucks, mais aussi des piliers du luxe français comme LVMH, Hermès et Chanel ou encore les plus accessibles Sandro, Maje, Claudie Pierlot et Fursac (SMCP). Danone ou Total ont, quant à elles, fait le choix de rester, et assument.
Nous avons décidé de suspendre tous les projets d’investissement en Russie, mais nous maintenons actuellement notre production et notre distribution de produits laitiers frais et de nutrition infantile, afin de répondre aux besoins alimentaires essentiels de la population locale", déclarait le secrétaire général de Danone, Laurent Sacchi, sur le réseau social LinkedIn le 3 mars dernier. Une des deux usines de la multinationale alimentaire française en Ukraine a dû fermer en raison de la situation dans le pays.
Le groupe a également a fait don de 500.000 euros à la Croix-Rouge "pour soutenir l'aide humanitaire, qui est la priorité immédiate", et "pour fournir de l’eau, de la nourriture et des médicaments", précise Laurent Sacchi dans son communiqué, avant d'ajouter qu' "en outre, Danone financera chaque euro donné par nos employés pour les efforts humanitaires". Challenges
>>> Auchan, Total, Renault… Plus de 500 sociétés hexagonales opèrent en Russie. A l’heure où de nombreuses entreprises internationales plient bagage, la plupart des françaises demeurent. Lobs
>>> Ces entreprises françaises peu pressées de prendre leurs distances avec la Russie. Peu de grandes entreprises françaises ont pour l’instant annoncé leur intention de se retirer de Russie, et le gouvernement français dose prudemment ses messages vis-à-vis de la communauté d’affaires.
Les britanniques BP, Shell et Land Rover, les américains ExxonMobil et Disney, l’allemand Daimler Truck, le norvégien Equinor, le constructeur suédois Volvo ou encore les géants de la tech américaine Microsoft et Meta... de nombreuses multinationales ont pris leur distance avec la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine.
En France, le mouvement est plus timide. LaVoixDuNord
>>> « Les entreprises européennes qui continuent à faire du business comme si de rien n’était en Russie pendant la guerre prennent un risque réputationnel, qui pourrait être coûteux à moyen terme, surtout si les entreprises sont cotées en Bourse. » (…) De tous les secteurs présents en Russie, il en est un qui continue de se maintenir. C’est celui du luxe. Si Hermès a annoncé ce vendredi fermer temporairement ses points de vente en Russie, les autres entreprises du haut de gamme, comme LVMH ou Kerring, restent encore mutiques. OuestFrance
>>> 05/03/2022 A contre-courant de nombreuses multinationales, de grandes entreprises françaises veulent rester en Russie. Si les groupes de luxe se retirent du pays, d’autres comme Renault ou Danone ne sont pas encore sur le départ et les bateaux de TotalEnergies continuent à livrer du gaz russe en Europe.
(…) C’est sur la pointe des pieds qu’Hermès a, le premier, vendredi 4 mars au matin, annoncé sa décision de suspendre son activité en Russie. (…) Dans la soirée, Chanel a pris une décision analogue en raison « de la complexité à opérer » dans le pays. Les deux plus gros acteurs français du luxe ont suivi, quelques heures après : Kering, le groupe présidé par François-Henri Pinault, et LVMH, le numéro un mondial du secteur, détenu par Bernard Arnault, première fortune de France, ont également annoncé fermer « temporairement leurs boutiques ».
(…) Ces groupes de luxe deviennent ainsi les premières grandes entreprises tricolores à prendre de telles décisions, depuis que la Russie a envoyé ses chars en Ukraine. Ailleurs en Europe et aux Etats-Unis, chaque jour depuis le début de la guerre menée par Vladimir Poutine, des multinationales prennent leurs distances avec la Russie. Les groupes pétroliers britanniques BP et Shell et l’américain ExxonMobil, les constructeurs automobiles Jaguar Land Rover, Volvo, Toyota et Volkswagen, l’assureur italien Generali, Ikea, ou encore Apple, Disney, Microsoft et Meta ont tour à tour décidé de quitter le pays, de suspendre leurs activités ou de fermer leur bureau de représentation.
A contre-courant, les groupes tricolores avaient jusqu’alors cherché à se maintenir en Russie, à l’image de TotalEnergies (ex-Total). Vendredi, des bateaux opérés par la compagnie, chargés de gaz russe, continuaient à assurer des livraisons vers l’Europe. Les intérêts de Total dans le pays sont nombreux. Le groupe est actionnaire du géant russe du gaz Novatek à 19,4 % – où il côtoie, au capital, un proche de Vladimir Poutine, Guennadi Timtchenko, visé par les sanctions européennes et américaines. TotalEnergies est par ailleurs actif dans plusieurs projets importants, notamment en Sibérie. En 2020, 17 % de sa production pétrogazière et 24 % de ses réserves se trouvaient sur le territoire russe.
Après avoir reconnu qu’« il y a désormais un problème de principe à travailler avec toute personnalité politique ou économique proche du pouvoir russe », le ministre de l’économie, Bruno Le Maire, s’est entretenu mercredi avec le PDG de TotalEnergies, sans que rien ne filtre de leur échange. Le même jour, sur l’antenne de France Inter, le vice-président de la Commission européenne, Frans Timmermans, a incité le groupe à cesser ses activités en Russie. Une position également défendue par plusieurs parlementaires français, de gauche comme de droite. Sous pression, le groupe dirigé par Patrick Pouyanné s’est contenté d’assurer qu’il n’engagerait pas de nouveau projet en Russie et qu’il « condamne l’agression militaire de la Russie envers l’Ukraine ». L’attitude de Total a surpris dans le monde de l’énergie, où plusieurs observateurs soulignent que l’entreprise bénéficie dans de nombreux pays du soutien de la diplomatie et du renseignement français, notamment dans des zones de conflit comme le Mozambique ou le Yémen. (Lemonde)
>>> Des ONG dénoncent la dépendance de la France vis-à-vis de la Russie dans le domaine nucléaire D'après des ONG, EDF et Orano (ex-Areva) ont des contrats avec des entreprises russes pour "recycler" de l'uranium issu du traitement des combustibles usés des centrales françaises. Franceinfo, 08/03/22
>>> Total. Doit payer le prix de sa complicité, passée et présente avec le régime criminel de Poutine.
La lenteur du géant français à quitter la Russie, contrairement à d'autres groupes comme BP ou Shell, s'explique par le fait qu'il a profondément misé sur la Russie et sur son gaz. TotalEnergies est, en fait, davantage un groupe gazier que pétrolier. Il a investi plus de 40 milliards d'euros dans deux énormes champs de gaz naturel au-delà du cercle polaire et à la rentabilité prometteuse. Une stratégie voulue par son ex-PDG, Christophe de Margerie, mort dans un accident d'avion à Moscou - l'homme d'affaires français était devenu un ami personnel de Vladimir Poutine - et que la guerre décidée par le président russe remet aujourd'hui profondément en question. (FranceTVinfo, 23/03/22)
>>> Leroy Merlin. Comment le groupe contrôlé par la famille Mulliez (propriétaire d'Auchan et Decathlon) s'est retrouvé au cœur de la polémique.
Comment la pression s'accentue pour que Leroy Merlin cesse ses activités en Russie
Arrêtez les ventes en Russie." C'est le message posté lundi 21 mars sur le compte Instagram de Leroy Merlin en Ukraine par des salariés. Celui-ci s'accompagne d'un lien vers une pétition en ligne demandant à Adeo, la maison-mère de l'enseigne de bricolage, de mettre fin à ses activités en Russie.
"Leroy Merlin est devenue la première entreprise au monde à financer le bombardement de ses propres magasins et à tuer ses propres employés", a accusé le ministère de la Défense ukrainien.
le groupe français avait déjà été accusé de profiter de l'invasion de l'Ukraine. "Ce genre d'entreprises n'a pas de droit moral d'exister. L'hypocrisie et le cynisme de la manière dont ils font de l'argent sont juste ahurissants. Ils sont d'accord avec le fait de s'enrichir alors que le sang d'enfants ukrainiens coule", avait déclaré une députée ukrainienne au quotidien britannique.
Lundi 21 mars, des salariés de Leroy Merlin en Ukraine demandent à leur tour, sur Instagram, au groupe ainsi qu'aux autres enseignes de la famille Mulliez – Auchan et Decathlon – de "cesser les ventes en Russie". Cela "privera l'agresseur de l'opportunité de financer" l'offensive russe en Ukraine, précise la pétition postée en lien de la publication.
En France, du côté de l'enseigne, c'est le silence radio. Sollicitée par l'AFP, la communication d'Adeo et de Leroy Merlin n'a pas souhaité réagir. Un silence qui exaspère Jean-Marc Cicuto, délégué syndical CFTC à Leroy Merlin. Celui-ci s'est dit "extrêmement en colère" vis-à-vis de sa direction. "On est en colère que l'entreprise se mue dans un silence profond, même en interne, a-t-il déclaré sur franceinfo.
Pour l'instant, seul Décathlon, marque également contrôlée par la famille Mulliez, a annoncé avoir "gelé" ses activités sur place pour "ne pas exposer" ses 150 salariés "à une situation qui ne garantit pas totalement leur sécurité". Auchan, sollicité par l'AFP, s'est borné de son côté à "appeler à la paix dans cette zone" sans plus de commentaire. FranceTVinfo
>>> EDF et Orano. Greenpeace met en demeure EDF et Orano de couper les ponts avec la Russie
« De toute évidence, la guerre de l’État russe à l’Ukraine - en violation des droits humains et du droit international humanitaire - ainsi que la mainmise russe sur les centrales nucléaires ukrainiennes avec la complicité de Rosatom, violent toutes les règles de sûreté et de sécurité nucléaire au niveau international, européen et national », estime Greenpeace dans ses lettres.
EDF et Orano se rendent « complices » de ces violations en ne mettant pas fin à leurs relations commerciales, selon l’ONG. « On ne peut que regretter le cynisme de Greenpeace qui instrumentalise le drame que vit le peuple ukrainien pour promouvoir son idéologie antinucléaire », a réagi un porte-parole d’Orano, qui n’avait pas encore eu accès à la mise en demeure. SudOuest
Que Greepeace se saisisse du sujet « nucléaire » est une chose. Mais contrairement à ce que racontent Orano, le problème n’est pas tant le « nucléaire » mais le fait que la Russie soit un état criminel, et que continuer à travailler avec cet Etat criminel, c’est en être complice.
>>> EDF
Entre la France et la Russie, malgré la guerre, les affaires continuent dans le nucléaire
Le géant russe Rosatom pourrait acquérir 20 % des turbines nucléaires Arabelle, aux côté d’EDF. Actuellement, la moitié du carnet de commandes de l’usine de Belfort, où elles sont fabriquées, est assurée par le client russe.
Pendant la guerre, les affaires continuent… tant que les sanctions européennes ne tombent pas. EDF et Rosatom sont en négociations pour la reprise par le conglomérat russe de l’industrie nucléaire d’une partie de la société fabricant des turbines à vapeur Arabelle qui équipent les centrales françaises et des centrales d’autres pays, écrit Le Figaro, dans son édition du 9 mars.
EDF et Rosatom ont, selon le quotidien, approuvé un pacte d’actionnaires prévoyant que le groupe russe acquière 20 % de l’activité, les 80 % restants étant contrôlés par son partenaire français. « L’entreprise ne fait pas de commentaire », indique un porte-parole d’EDF. « Dans tous les cas, nous nous plierons aux décisions de l’Etat actionnaire », ajoute un de ses dirigeants. Jusqu’à présent, le secteur nucléaire n’a pas été frappé par les sanctions européennes, pas plus que le pétrole et le gaz.
L’Etat actionnaire va-t-il donner son feu vert ou mettre son veto ? Au ministère de l’économie, on indique que l’accord entre EDF et GE pour reprendre une partie de l’activité turbines à vapeur de l’américain « n’oblige en rien à faire monter Rosatom au capital de GEAST ». « Il n’y a pas d’accord signé avec Rosatom ni de discussions aujourd’hui pour son entrée au capital de GEAST », ajoute-t-on. Le gouvernement n’a donc pas, selon Bercy, à mettre son veto à une telle opération. LeMonde
>>> TotalEnergies
22/03/2022. TotalEnergies stoppe ses achats de pétrole et produits pétroliers russes
TotalEnergies a annoncé mardi après Bourse sa décision d'arrêter tout achat de pétrole ou produits pétroliers russes, "au plus tard à la fin de l'année 2022". Néanmoins, le groupe tricolore refuse pour l'heure de céder ses participations dans ses actifs gaziers, ceux-ci étant éminemment stratégiques. (LaTribune)

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