>>> « Des civils sont utilisés comme des otages » par Moscou. Dans un entretien au « Monde », Iryna Verechtchouk, la vice-première ministre ukrainienne, détaille le sort des prisonniers détenus par la Russie, et celui de plus de 2 000 enfants emmenés hors d’Ukraine en toute illégalité.
>>> Guerre en Ukraine : la clarification nécessaire de l’Elysée
Les
déclarations d’Emmanuel Macron sur son intention de ne pas « humilier
la Russie » ont été vivement critiqués par ses partenaires occidentaux.
L’Elysée a tenté de clore la polémique, en affirmant vouloir « la
victoire de l’Ukraine » et en ouvrant la voie à un déplacement du chef
de l’Etat. Une démarche indispensable. Edito Lemonde
>>> Les points essentiels :
► La Russie a remis samedi ses premiers passeports à des habitants de Kherson, ville occupée par les troupes de Moscou dans le sud de l'Ukraine. Selon l'agence gouvernementale russe TASS, 23 habitants de Kherson ont reçu au cours d'une cérémonie un passeport russe, une « procédure simplifiée » permise grâce à un décret signé fin mai par le président russe Vladimir Poutine.
► La France est prête à participer à une « opération » permettant de lever le blocus du port d'Odessa, ville du sud de l'Ukraine, et d'exporter les céréales ukrainiennes vers les pays qui en ont besoin, annonce vendredi la présidence française. « Nous sommes à disposition des parties pour au fond que se mette en place une opération qui permettrait d'accéder au port d'Odessa en toute sécurité, c'est-à-dire de pouvoir faire passer des bateaux en dépit du fait que la mer est minée », déclare un conseiller présidentiel.
► Les soldats ukrainiens livrent à Sievierodonetsk l'une des « batailles les plus difficiles » depuis le début de la guerre pour résister aux forces russes qui contrôlent désormais une grande partie de cette ville stratégique de l'Est où, selon le président Volodymyr Zelensky, se joue « le sort » de la région du Donbass.
► La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen est arrivée samedi à Kiev pour une nouvelle visite consacrée aux ambitions de l'Ukraine de rejoindre l'UE et à la reconstruction du pays.
Samedi, Andriy Yermak, chef du bureau du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a déclaré sur Telegram : « Les Russes bombardent les champs ukrainiens avec des bombes incendiaires. Ceux qui créent la crise alimentaire mondiale tentent de répéter l’Holodomor », une famine causée par l’homme en Ukraine soviétique de 1932 à 1933 et qui a tué des millions de personnes sous le régime soviétique. « Nos soldats éteignent les incendies, mais le “terrorisme alimentaire” doit être arrêté », a-t-il ajouté.
Vadym Boïtchenko, maire de cette ville portuaire du Donbass réduite à l’état de ruines après un siège de plusieurs mois par la Russie, a déclaré que les infrastructures sanitaires de Marioupol étaient détruites et que des cadavres pourrissaient dans les rues. « Il y a une épidémie de dysenterie et de choléra, a rapporté M. Boïtchenko à la télévision ukrainienne. La guerre, qui a emporté 20 000 habitants (…), malheureusement, avec ces infections, va coûter la vie à des milliers d’habitants supplémentaires. »
Le maire de Marioupol a appelé les Nations unies et le Comité international de la Croix-Rouge à mettre en place un couloir humanitaire pour permettre aux habitants encore sur place de quitter la ville désormais contrôlée par Moscou. Sur Telegram, il a raconté que « les occupants russes [avaient] transformé Marioupol en un ghetto avec des conditions de survie intolérables ».
11:36 Les missiles Harpoon pour desserrer l'étau sur le port d'Odessa
L'Ukraine assure avoir reçu des missiles anti-navires Harpoon. Cette arme américaine peut servir de batterie de défense côtière, et ainsi permettre de desserrer l'étau naval russe, qui bloque le port d'Odessa. Dans sa meilleure version, le Harpoon est en mesure de foudroyer un navire dans un rayon de 300 kilomètres. Il est bien plus inquiétant pour les Russes que les antédiluviens missiles ukrainiens Neptune (qui, malgré tout, sont déjà parvenus à couler le navire amiral Moskva).
Les Harpoon, assure Élie Tenenbaum, chercheur à l'Ifri, sont donc capables de maintenir au large la marine russe. Mais à eux seuls, ils ne régleront pas le blocus d'Odessa.
Cela amène des capacités d'interdiction depuis la terre, sur le littoral, qui sont importantes. Ça repousse la perspective d'un assaut amphibie sur Odessa. Cela accroît la sanctuarisation de ce petit cône sud du littoral ukrainien. Pour autant, ce n'est pas de nature à pouvoir déloger la contre-position de l'île aux Serpents, qui est véritablement problématique à court, moyen et long terme. Est-ce que l'île aux Serpents va devenir un véritable verrou, qui bloquerait non seulement évidemment le trafic maritime à destination ou depuis le port d'Odessa, mais également les bouches du Danube ?
11:10 La Russie utiliserait des armes plus meurtrières dans sa guerre
Des responsables ukrainiens et britanniques ont averti samedi que les forces russes s'appuient sur des armes susceptibles de faire de nombreuses victimes, alors qu'elles tentent de progresser dans le Donbass et que des combats acharnés épuisent les ressources des deux côtés.
Les bombardiers russes ont probablement lancé en Ukraine des missiles antinavires lourds datant des années 1960 parce qu'elle est à court de missiles modernes plus précis affirme le ministère britannique de la Défense. Les missiles Kh-22 étaient principalement conçus pour détruire les porte-avions à l'aide d'une ogive nucléaire. Lorsqu'ils sont utilisés dans des attaques au sol avec des ogives conventionnelles, ils « sont très imprécis et peuvent donc causer de graves dommages collatéraux et faire des victimes », déclare le ministère.
Les deux parties ont dépensé de grandes quantités d'armes dans ce qui est devenu une guerre d'usure pour la région orientale de l'Ukraine appelée Donbass, mettant à rude épreuve leurs ressources et leurs stocks.
Le chef adjoint du renseignement militaire ukrainien, Vadym Skibitsky, a de son côté déclaré au journal The Guardian que l'Ukraine utilisait 5 000 à 6 000 munitions d'artillerie par jour et qu'elle dépendait désormais de ce que l'Occident lui fournirait.
10:42 Les premiers passeports russes remis aux habitants du sud de l'Ukraine, selon les agences de presse russes
La Russie a remis samedi ses premiers passeports à des habitants de Kherson, ville occupée par les troupes de Moscou dans le sud de l'Ukraine, ont rapporté les agences de presse russes. Selon l'agence gouvernementale russe TASS, 23 habitants de Kherson ont reçu au cours d'une cérémonie un passeport russe, une « procédure simplifiée » permise grâce à un décret signé fin mai par le président russe Vladimir Poutine.
Selon les autorités prorusses de Kherson, la date de la délivrance de ces premiers passeports russes a été choisie pour coïncider avec la fête du Jour de la Russie, le 12 juin, un jour férié célébrant l'indépendance du pays.
10h07 : Le chancelier allemand Olaf Scholz demande à la Serbie d'adopter des sanctions contre la Russie
08h43 : Ursula von der Leyen en visite à Kiev pour parler d'intégration européenne
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen est arrivée samedi à Kiev pour une nouvelle visite consacrée aux ambitions de l'Ukraine de rejoindre l'UE et à la reconstruction. « Je suis de retour à Kiev pour rencontrer le président (Volodymyr) Zelensky et le Premier ministre (Denys) Chmygal. Nous ferons le point sur le travail commun nécessaire à la reconstruction et sur les progrès accomplis par l'Ukraine sur la voie de l'Europe », indique-t-elle aux journalistes l'accompagnant dans sa visite.
08h25 : L'Ukraine réclame des armes et une aide humanitaire face au choléra
L'Ukraine demande aux Occidentaux d'accélérer leurs livraisons d'armes pour résister aux pilonnages de l'armée russe dans le Donbass et à la communauté internationale de lui fournir une aide humanitaire face à la propagation de maladies comme le choléra à Marioupol.
La guerre dans le Donbass, principal objectif stratégique de Moscou plus de trois mois et demi après le début de son opération d'invasion, est désormais principalement une bataille d'artillerie dans laquelle l'Ukraine est largement surpassée en termes de puissance de feu, affirment les responsables ukrainiens.
« Tout dépend désormais de ce que nous donne (l'Occident) », déclare le directeur adjoint du renseignement militaire ukrainien, Vadym Skibitsky, au quotidien britannique The Guardian. « L'Ukraine a une pièce d'artillerie pour 10 à 15 pièces d'artillerie russes. »
07h26 : La guerre en Ukraine, une guerre d'usure ?
L’offensive-éclair lancée par Vladimir Poutine qui prévoyait une chute de Kiev et du pouvoir ukrainien en trois jours est un échec acté. Pour autant, ce conflit, d’une sidérante intensité, est dans un entre-deux. Se dirige-t-on vers une guerre d’usure ?
Ce qui est certain, c’est que plus de trois mois après le début de l’invasion russe, le conflit est dans un clair-obscur sans vainqueur ni vaincu, où l’Ouest de l’Ukraine, comme la capitale Kiev, sont déjà dans une sorte de situation d’après-guerre, où la vie sociale et professionnelle tente, coûte que coûte, de reprendre ses droits, à marche forcée, le formidable élan de résistance collective début mars qui a stoppé l’offensive russe, s’étant mué en résilience et en volonté de reconstruction.
La région de Kiev, ses villes périphériques
martyres comme Boutcha, Hostomel et Irpin jusqu’à la frontière
biélorusse, où des milliers d’Ukrainiens ont vécu des semaines sous une occupation sanglante, tente malgré tout de panser ses plaies et d’aller de l’avant.
07h13 : Pas d'avancées des forces russes dans Sievierodonetsk, selon le Royaume-Uni
Les forces russes autour de la ville ukrainienne de Sievierodonetsk n'ont pas progressé dans le sud de la ville depuis vendredi, déclare samedi le ministère britannique de la Défense. « D'intenses combats de rue à rue sont en cours et les deux parties subissent probablement un nombre élevé de victimes », affirme le ministère dans une mise à jour des renseignements publiée sur Twitter. La Russie multiplie les tirs avec son artillerie et ses capacités aériennes, dans le but de submerger les défenses ukrainiennes, insiste le gouvernement britannique.
06h19 : Kherson, un « laboratoire des horreurs » russes, pour les États-Unis
Alors que les forces ukrainiennes continuent de résister à Sievierodonetsk, dans le Donbass, Kiev mène également une contre-offensive sur l'oblast de Kherson, dans le sud du pays. La région frontalière de la Crimée a été la première à tomber aux mains de Moscou, fin février. Aujourd'hui, l'objectif du Kremlin serait de l'intégrer définitivement à la Russie. Michael Carpenter détaille, à l'OSCE, la campagne russe menée pour « absorber » la ville et piétiner son système de gouvernance démocratique, ses médias et sa société civile. Aujourd'hui, près de 600 personnes seraient détenues dans les sous-sols de la région, soumises à la torture, dans ce que l'ambassadeur américain à l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) qualifie de « laboratoire des horreurs du Kremlin ».
Malgré la brutalité avec laquelle les Russes semblent imposer l'ordre, les récits de résistance se multiplient. Sur le site internet baptisé Centre national de la résistance, les autorités ukrainiennes revendiquent chaque jour des actions de sabotage : attaques de trains, assassinats de soldats et tracts appelant à la désobéissance.
Des affirmations impossibles à vérifier de manière indépendante, explique Oriane Verdier, du service international de RFI. Mais les éléments dont on dispose aujourd'hui ont convaincu de nombreux experts des conflits. L'Institut américain pour l'étude de la guerre a notamment intégré à ses cartes une « zone de guérilla de partisans », près de Kherson.
>>> « Mon Ivan avait un trou rouge, près de la poitrine »
« L’Obs » a retracé l’histoire de plusieurs enfants assassinés lors de
la guerre en Ukraine. Scolarisé au collège de Boutcha, Ivan venait tout
juste de fêter ses 15 ans. Le 4 mars, alors que lui et sa famille
prenaient la fuite en voiture, il a été touché par des tirs russes. Il
était encore conscient mais Irina, sa mère, blessée elle aussi, n’a pas
eu le choix. Pour sauver sa fille, elle a dû l’abandonner. Lobs




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