jeudi 28 juillet 2022

Jeudi 28 juillet 2022. Cent-cinquante-cinquième jour de guerre

Live Lemonde

 >>> Macron fait encore honte à la France

Le prince héritier saoudien est reçu ce jeudi soir 28 juillet à l'Élysée. Une visite qui entérine la réhabilitation de Mohamed ben Salman sur la scène internationale. Il était diplomatiquement tenu à l'écart depuis la mort de l'opposant Jamal Khashoggi en 2018. Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International, revient pour nous sur l’implication de cette visite dans le contexte actuel de guerre en Ukraine.

(...) De votre point de vue, cette visite est donc une preuve de faiblesse de Paris face à Riyad ou simplement une mauvaise décision diplomatique ?

Les deux. Tout d’abord, c'est une preuve de faiblesse sur le court terme dans un système géopolitique où il faut au contraire se montrer fort. Ensuite, c'est un manque de vision sur le long terme qui est particulièrement flagrant lorsqu’on entend les discours politiques actuels sur l’agression russe en Ukraine. On ne peut pas mettre au banc la Russie pour l'horrible agression qu'elle est en train de faire contre l'Ukraine, tout en renforçant notre amitié avec un autre État, l'Arabie saoudite, qui commet des crimes de guerre au Yémen depuis plusieurs années.

Malheureusement, ce n’est pas nouveau de voir les diplomaties occidentales fermer les yeux sur certaines pratiques de leurs alliés.

Tout à fait. Le deux poids deux mesures, ce n’est pas une caractéristique de 2022. Cependant, dans le passé, il y a une dizaine d'années, les démocraties occidentales étaient prêtes à parler de façon beaucoup affirmée et plus systématique des violations des droits humains et à en faire l'un des points centraux de leur démarche diplomatique. Elles ne s'autocensuraient pas de la même façon qu'elles le font maintenant.

La Russie, la Chine et d'autres États prônent eux une refonte du système, afin que les valeurs que l'on appelle « les valeurs occidentales », les valeurs démocratiques, soient mises de côté. Alors pourquoi faciliter leur victoire ? Parce que c'est ce qu'on est en train de faire.

Justement, est-ce que l’invasion russe en Ukraine a été l’occasion d’un réveil sur ces questions ?

Non, c’est un échec. Pour l’instant, les valeurs ne sont pas remises au centre de nos démarches. On voit un deux poids deux mesures permanent. On l'a vu avec les politiques américaines, on le voit avec les politiques européennes. Les discours ne suffisent pas, il faut entrer dans l'action aussi, et ce n'est pas le cas pour le moment.

Il faudrait notamment tenter de créer une coalition forte autour de ces valeurs. Ça n’a pas eu lieu. Nous ne faisons que négocier avec l'Arabie saoudite, Israël et quelques autres États qui ont accès au pétrole.

Donc, nous n’avons pas de coalition contre l'agression russe. Nous n’avons qu’une coalition très faible qui ne va pas nous permettre de nous opposer à la Russie sur le long terme. C'est très inquiétant pour nous. C'est très inquiétant pour tous ceux qui croien
t en ces valeurs et qui croient en la victoire ukrainienne contre la Russie.

C'est une victoire qui ne peut pas seulement être militaire. Elle se joue aussi sur les valeurs. Quand on met le tapis rouge pour les dictateurs à travers le monde, on perd à tous les niveaux. Donc, de mon point de vue, ce qui se passe en ce moment est très inquiétant pour l'avenir : l'avenir de notre système international, l'avenir de la gouvernance internationale et l'avenir de notre planète. 

RFI

 

 

 

16:00 Cinq morts et 25 blessés dans une frappe russe dans le centre de l’Ukraine

Au moins cinq personnes ont été tuées et 25 autres blessées, dont des militaires, jeudi dans une frappe russe sur deux hangars à Kropyvnytskyï, dans le centre de l’Ukraine, a affirmé le gouverneur régional. Cité par l’agence Interfax-Ukraine, il a précisé qu’il y avait 12 militaires parmi les blessés et que les frappes ont endommagé du « matériel aéronautique », un avion civil An-26 et des avions d’entraînement, ainsi que des bâtiments avoisinants.

Kropyvnytskyï avait déjà été visée samedi par des frappes russes qui avaient fait trois morts, dont un militaire, et blessé neuf autres soldats. Celles-ci ciblaient alors des infrastructures ferroviaires et un aérodrome militaire. La ville de Kropyvnytskyï comptait avant l’invasion russe environ 220 000 habitants. Elle est située à environ 300 kilomètres au sud de Kiev, la capitale ukrainienne.




15:33 Une base militaire a été détruite en partie par des missiles russes près de Kiev, selon l’état-major ukrainien



13:35 En Ukraine, sur les pas des chasseurs de saboteurs russes

Ici, dans la région de Kharkiv, deuxième ville d’Ukraine, 30 % du territoire est toujours occupé par les troupes russes. Pour préparer l’invasion, des militaires se sont introduits clandestinement du côté ukrainien, quelques mois avant le début de la guerre.

Ces « saboteurs » étaient des dizaines, certains sont venus en couple, tous n’ont sans doute pas encore été identifiés. Un traumatisme, voire une faute que paient aujourd’hui les autorités locales. Aujourd’hui, les membres de la défense territoriale ukrainienne tentent ainsi de déjouer les opérations d’infiltration russe. Lemonde



18:01 En Ukraine, « se marier pendant la guerre est le pas le plus courageux et le plus difficile à faire » témoigne Vitali, 25 ans


 

16:38 Amende pour la journaliste russe Marina Ovsiannikova pour avoir de nouveau dénoncé la guerre en Ukraine


12:30 Paris accuse la Russie de vouloir dresser un « rideau de sang » entre elle et l’Europe

Avec la guerre en Ukraine, la Russie veut créer un « rideau de sang » entre elle et ses voisins européens, a regretté jeudi la secrétaire d’Etat française chargée de l’Europe, Laurence Boone, lors d’un débat bilan à l’Assemblée nationale sur la présidence française de l’Union européenne (UE), qui s’est achevée fin juin.

C’est en saluant l’octroi, fin juin, du statut de candidat à l’adhésion à l’UE à l’Ukraine et la Moldavie, « vitale » pour ces pays, qu’elle a avancé :

Il ne peut pas y avoir de demi-mesure quand la Russie choisit d’établir un rideau de sang entre elle-même et son voisinage.

L’Ukraine, théâtre de « crimes innommables » des forces russes, est prise dans « une guerre qu’elle doit gagner parce qu’il y va de son avenir et du nôtre », a déclaré Mme Boone. La secrétaire d’Etat s’est félicité que les Vingt-Sept aient « répondu collectivement par des sanctions inédites, sans précédent par leur ampleur », à l’invasion russe.

L’objectif, a-t-elle poursuivi, est de « rendre la guerre économiquement, financièrement et militairement insoutenable pour la Russie ». Elle a aussi estimé que l’UE avait « brisé un tabou majeur » en finançant des armements pour Kiev. Pour l’UE, « le temps de l’innocence stratégique est révolu », a souligné Laurence Boone lors de son intervention devant les députés.



12:21 La Russie intensifie ses frappes dans la région de Tchernihiv

Les forces russes intensifient jeudi leurs frappes sur la région de la ville de Tchernihiv (située légèrement au nord de la capitale), zone qui n’a pas été touchée par des frappes depuis des semaines, comme Kiev, alors que l’Ukraine a lancé ces derniers jours une contre-offensive dans les régions occupées du Sud.

Le gouverneur de Tchernihiv, Viacheslav Chaus, a rapporté que plusieurs missiles avaient été tirés depuis le territoire de la Biélorussie sur le village de Honcharivska. Les troupes russes se sont retirées des régions de Tchernihiv comme de Kiev il y a des mois, après avoir échoué à capturer l’une et l’autre ville.

Les frappes renouvelées sur deux zones surviennent un jour après le chef de la République populaire de Donetsk, autoproclamée et soutenue par la Russie, Denis Pouchiline, a publiquement appelé les forces russes à « libérer les villes russes fondées par le peuple russe – Kiev, Tchernihiv, Poltava, Odessa, Dnipropetrovsk, Kharkiv, Zaporijia, Loutsk. »

Kharkiv, la deuxième plus grande ville d’Ukraine, a également été bombardée pendant la nuit, a déclaré son maire, Ihor Terekhov. La ville méridionale de Mykolaïv a aussi été la cible de tirs, et une personne a été blessée. Pendant ce temps, l’armée ukrainienne a continué de contre-attaquer dans la région du sud occupée de Kherson, après avoir frappé mercredi un pont-clé d’accès à la ville.



11:38 « A Kharkiv, on n’est en sécurité nulle part », avance le maire de la ville

« Les agresseurs essayent de transformer Kharkiv en une ville lamentable, similaire à celles qu’ils ont en Russie », assène le maire de la deuxième ville d’Ukraine, Ihor Terekhov, dans un entretien à l’Agence France-Presse. « Mais ils n’y parviendront pas », jure-t-il.

L’édile de 55 ans, élu en novembre 2021, quelques mois avant l’invasion russe de l’Ukraine, avance : « Nous avons neuf quartiers dans la ville et ils sont tous frappés avec une intensité variable et à des moments différents. Donc on peut dire qu’aucun endroit de Kharkiv n’est sûr ».

Kharkiv, ville majoritairement russophone à quelques dizaines de kilomètres de la frontière, s’est trouvée en première ligne dès le 24 février et a été le théâtre d’intenses bombardements et combats. Mais les Russes n’ont jamais pu l’occuper, et ont reculé face à l’armée ukrainienne à partir de la mi-avril. A la fin mars, près d’un tiers des habitants de Kharkiv, qui comptait environ 1,4 million d’habitants avant guerre, avait fui vers l’Ouest.

La ville a connu un bref répit début mai, lorsque les forces russes ont reculé et que les principaux combats se sont concentrés sur la bataille du Donbass, dans l’Est. A cette période, quelque 2 000 personnes revenaient à Kharkiv quotidiennement, les magasins rouvraient et les habitants commençaient à quitter leurs abris. Mais la trêve a été de courte durée.

L’édile souligne que quelque 30 % des maisons et appartements de la ville ont été détruits, et que la ville compte environ 150 000 sans-abri. Par ailleurs, « 101 maternelles, 110 écoles, 53 établissements médicaux et un centre périnatal ont été détruits », énumère-t-il.

Plusieurs responsables municipaux craignent aujourd’hui une nouvelle tentative des forces russes de s’emparer de Kharkiv. « Nous nous y préparons, notre armée s’y prépare, nous défendrons notre ville », déclare M. Terekhov.



09:23 A Mykolaïv, une contre-offensive en préparation




08:19 Mykolaïv a été touchée par des tirs de roquettes, selon le maire de la ville




08:18 « La contre-offensive ukrainienne à Kherson prend de l’ampleur », estime le ministère de la défense britannique

Dans son bulletin publié jeudi matin sur Twitter, le ministère de la défense britannique déclare que « la contre-offensive ukrainienne à Kherson prend de l’ampleur ». Le ministère ajoute :

Leurs forces ont très probablement établi une tête de pont au sud de la rivière Ingoulets, qui forme la frontière nord de Kherson occupée par la Russie. L’Ukraine a utilisé sa nouvelle artillerie à longue portée pour endommager au moins trois des ponts sur le fleuve Dnipro sur lesquels la Russie compte pour approvisionner les zones sous son contrôle. L’un d’eux, le pont Antonivsky, 1 000 mètres de long, près de la ville de Kherson, a été endommagé la semaine dernière. L’Ukraine l’a encore frappé le 27 juillet 2022, et il est fort probable que le point de passage soit désormais inutilisable. La 49e armée russe est stationnée sur la rive ouest du fleuve Dnipro et semble désormais très vulnérable. De même, la ville de Kherson (…) est désormais pratiquement coupée des autres territoires occupés. Sa perte saperait gravement les tentatives de la Russie de présenter l’occupation comme un succès.

>>> « Notre rôle est de tenir les positions » : dans la région de Kherson, la contre-offensive village par village (Lemonde)



07:31 Au nord de Kiev, le district de Vychhorod a été attaqué à la roquette, selon le gouverneur régional



06:14 Bombardements sur les civils en Ukraine : bavures ou stratégie de la terreur ?

Le Kremlin est accusé d’ajouter une dose de terreur à la guerre d’usure qu’il mène contre l’Ukraine depuis cinq mois. Huit attaques au missile de longue portée ont causé la mort de près de 300 civils ukrainiens depuis mai dans des villes éloignées des zones de combat. La fréquence des attaques s’est accrue depuis la fin juin (quatre attaques en un mois), ce qui incite les autorités et les médias ukrainiens à parler de « campagne de terreur ». La Russie n’est plus seulement qualifiée d’envahisseur, mais dorénavant d’« Etat terroriste ».




Une pourriture nommée « Oberscharführer Orban »

>>> Guerre en Ukraine: le cavalier seul de Viktor Orbán

Isolé sur la scène européenne, le Premier ministre hongrois a été lâché par sa plus proche conseillère, qui l’accuse de propos teintés de nazisme dans un discours où il a également détaillé sa vision géopolitique très favorable à la Russie. Il réclame la fin des livraisons d’armes à l’Ukraine et des négociations de paix entre Russes et Américains, sans représentants ukrainiens.

(…) Mardi, Zsuzsa Hegedüs, conseillère de longue date de l’homme fort de Budapest, a démissionné avec fracas. «Vous transformez votre position anti-migrants et anti-européiste en un pur discours nazi digne de Goebbels» (Libération)


On notera que même Giorgia Meloni, que les médias présentent parfois comme une proche d’Orban, ne lèche pas les bottes de Poutine ; au contraire elle est occidentale, soutien l’Ukraine, soutien la politique de sanction de Draghi (et de l’Occident) contre la Russie. Tout le contraire d’Orabn





06:06 Ce qu’il faut savoir ce jeudi 28 juillet

  • « Nous reconstruirons le pont Antonivsky », a assuré Volodymyr Zelensky, mercredi soir, dans son intervention vidéo quotidienne. Des frappes ukrainiennes ont partiellement détruit, mardi soir, ce pont de la banlieue de Kherson, ville occupée par les forces russes, ont annoncé mercredi les autorités d’occupation. Le pont Antonivsky est stratégique pour le ravitaillement, car il est le seul reliant la ville à la rive sud du Dniepr et au reste de la région de Kherson.

  • Les trois ports ukrainiens d’Odessa, de Tchornomorsk et d’Ioujne, désignés pour les exportations de céréales, ont « repris le travail », même s’il reste des efforts à faire pour assurer la sécurité des convois, a annoncé mercredi la marine ukrainienne sur Telegram. « La sortie et l’entrée des navires dans les ports maritimes se feront par la formation d’un convoi qui accompagnera le navire de tête », a-t-elle précisé. Kiev et Moscou se sont mis d’accord à Istanbul, grâce à une médiation de la Turquie et sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU), pour permettre l’exportation des quelque 25 millions de tonnes de céréales coincées dans les ports ukrainiens.

  • Kharkiv, deuxième ville d’Ukraine, située dans le nord-est du pays, a été touchée par une attaque à la roquette russe, mardi. « A 4 h 25, le quartier industriel de Kharkiv a été bombardé [par] deux missiles S-300 », a écrit le maire de la ville, Ihor Terekhov, sur Telegram.

  • Dans l’est de l’Ukraine, le bassin minier du Donbass a parallèlement été le théâtre d’intenses combats. Deux personnes ont été tuées et cinq blessées dans le bombardement d’un hôtel à Bakhmout, ont annoncé les services d’urgence ukrainiens. Des journalistes de l’Agence France-Presse présents dans cette cité, l’une des dernières du Donbass à rester sous contrôle ukrainien, ont entendu des tirs d’artillerie sporadiques et vu une maison touchée par un obus russe.

  • La nomination d’Andriy Kostin, un député du parti politique du président, au poste de procureur général du pays a été confirmé mercredi par le Parlement ukrainien. M. Kostin, un député de 49 ans, membre du parti de M. Zelensky, Serviteur du peuple, a obtenu le soutien de 299 des 450 parlementaires ukrainiens. La première tâche de M. Kostin, a souligné le président ukrainien, qui avait proposé sa nomination, sera de « faire tout ce qui est en son pouvoir pour prouver la responsabilité de la Russie dans la guerre », « en coopération avec la Cour pénale internationale ». Il remplace Iryna Venediktova, démise de ses fonctions de procureure générale au début du mois.

  • L’Ukraine va augmenter ses exportations d’électricité à l’Union européenne, a affirmé mercredi Volodymyr Zelensky. Le président ukrainien a déclaré vouloir ainsi aider ses partenaires européens à résister au chantage de la Russie avec le gaz. Les Vingt-Sept sont parvenus, mardi, à un accord sur une réduction de leur consommation cet hiver, de manière à limiter leur dépendance au gaz russe, après la nouvelle baisse sévère des livraisons du groupe industriel russe Gazprom, qui a annoncé diviser par deux ses livraisons quotidiennes à l’Europe par le gazoduc Nord Stream.



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