Live Lemonde

16:34 L’ambassadrice britannique en Ukraine appelle à « une investigation » sur ce qui s’est produit à Olenivka
Le président ukrainien a qualifié vendredi soir de « crime de guerre russe délibéré » le bombardement vendredi d’une prison à Olenivka, dans l’oblast de Donetsk, sur le territoire occupé dans l’est de l’Ukraine.
Dans un premier temps, c’est Moscou qui avait mis en cause Kiev, le comité d’enquête russe ayant accusé les forces ukrainiennes d’avoir « tiré sur la prison où sont détenus les membres du régiment Azov, utilisant des projectiles américains du système Himars » (lance-roquettes multiples). Le régiment Azov s’était illustré dans la défense de Marioupol, port stratégique du sud-est de l’Ukraine. Après de longues semaines de siège et de résistance sur le site sidérurgique Azovstal, quelque 2 500 combattants ukrainiens s’étaient rendus en mai à l’armée russe.
Le chargé des droits humains ukrainien, Dmytro Lubinets, a annoncé samedi avoir demandé à la Croix-Rouge, qui avait supervisé le retrait des défenseurs d’Azovstal, d’avoir accès à Olenivka. Selon lui, le CICR n’a « pour l’instant » pas obtenu l’autorisation des Russes. Il a déclaré à la télévision nationale :
Actuellement, nous ne pouvons analyser que la vidéo que nous avons. Premièrement, cette caserne a été construite séparément – pour nous, c’est un indicateur qu’il s’agissait d’une opération militaire russe préméditée. Selon les données préliminaires, nous supposons que l’explosion s’est produite à l’intérieur.
Selon lui, cette version est confirmée par le fait que « la caserne située à proximité n’a pas été endommagée, même les fenêtres n’ont pas été brisées. De même, par miracle, les soldats russes n’ont pas été blessés », a-t-il poursuivi. L’ambassadrice britannique en Ukraine, Melinda Simmons, a pour sa part écrit dans un tweet :
Cela semble faire partie d’un schéma de plus en plus inquiétant des pires types de violations des droits humains, et éventuellement de crimes de guerre, commis en toute impunité dans l’est occupé de l’Ukraine.
15:14 L’Ukraine fustige les appels russes à « pendre » les combattants d’Azov
L’Ukraine a dénoncé samedi les appels russes à « pendre » ou infliger une autre « mort humiliante » aux combattants du régiment ukrainien Azov, au lendemain d’une frappe contre une prison où étaient détenus certains d’entre eux, et qui a fait plus de cinquante morts.
« Lisez ceci quand ils vous disent que la Russie ne doit pas être isolée. Il n’y a aucune différence entre les diplomates russes appelant à l’exécution des prisonniers de guerre ukrainiens et les troupes russes le faisant à Olenivka. Ils sont tous complices de ces crimes de guerre et doivent en être tenus responsables », a déclaré sur Twitter le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Oleg Nikolenko.
Il réagissait au tweet posté vendredi soir en anglais de l’ambassade russe au Royaume-Uni, qui a été marqué comme ayant « enfreint les règles de Twitter relatives aux conduites haineuses », mais reste toutefois disponible comme pouvant « présenter un intérêt pour le public ». « Les combattants d’Azov méritent d’être exécutés, mais pas par un peloton d’exécution, par pendaison. Ce ne sont pas de vrais soldats. Ils méritent une mort humiliante », peut-on lire dans ce tweet.
« La Russie est un Etat terroriste. Au XXIe siècle, seuls les sauvages et les terroristes peuvent dire au niveau diplomatique que les gens méritent d’être exécutés par pendaison », a pour sa part réagi sur Telegram Andriy Yermak, le chef du cabinet du président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
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>>> Zelensky dénonce un «crime de guerre russe» après le bombardement de la prison d’Olenivka . Vendredi matin, un bombardement a frappé des baraquements de la prison d’Olenivka, dans la partie du Donbass occupée par la Russie, où étaient détenus des prisonniers de guerre ukrainiens, ayant défendu l’usine Azovstal de Marioupol. Au moins 53 d’entre eux ont été tués. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a qualifié les faits de « crime de guerre russe », tandis que Moscou accuse l'Ukraine.
Les images qui circulent dans les chaînes Telegram font vraiment froid dans le dos. Des dizaines de corps démembrés, calcinés, sur le site d'un centre pénitentiaire où avaient été transférés les prisonniers de guerre d'Azovstal, auxquels le Comité international de la Croix-Rouge n'avait aucun accès. Très vite, la partie russe a incriminé un bombardement ukrainien [comme d'hab] effectué avec des missiles américains Himars, visant à effacer les crimes du bataillon Azov. « Cette provocation scandaleuse vise à effrayer les soldats ukrainiens et à les dissuader de se rendre », a assuré le ministère russe de la Défense.
Tortures
Mais l'armée ukrainienne et l'Association des familles d'Azovstal ont quant à elles dénoncé un crime de guerre russe visant à effacer les traces de tortures et d'exécutions sur les prisonniers ukrainiens. Toute enquête indépendante sera impossible à Olenivka sur le territoire de la République autoproclamée de Donetsk. Mais ce carnage intervient dans un contexte où ces dernières heures, plusieurs autres crimes de guerre russes ont été documentés, notamment une vidéo authentifiée absolument abominable d'un soldat russe en train de castrer un prisonnier de guerre ukrainien avec un couteau avant de l’abattre froidement.
>>> Bain de sang dans la prison d’Olenivka, située dans la zone occupée par la Russie Lemonde
06:10 Ce qu’il faut savoir ce matin du 30 juillet 2022
- Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a qualifié de « crime de guerre russe délibéré » le bombardement vendredi d’une prison de l’est de son pays qui a fait, selon lui, « plus de 50 morts ». « J’ai reçu aujourd’hui des informations sur l’attaque des occupants contre Olenivka, dans la région de Donetsk. C’est un crime de guerre russe délibéré, un meurtre de masse délibéré de prisonniers de guerre ukrainiens » a-t-il dit dans son message quotidien.
- Pour la première fois depuis le 15 février Antony Blinken et Sergueï Lavrov, chefs de la diplomatie des Etats-Unis et de la Russie, ont eu un entretien téléphonique. Le responsable américain a accusé la Russie de préparer des « référendums truqués » pour tenter de « démontrer faussement » que les personnes vivant dans ces territoires ukrainiens « cherchent à faire partie de la Russie ». Avant d’ajouter que le monde ne reconnaîtrait de toute façon « jamais » l’annexion par la Russie de territoires ukrainiens.
- La deuxième plus grande ville d’Ukraine, Kharkiv, a été touchée vendredi matin par des bombardements russes, selon le maire de la ville, Ihor Terekhov.
- Un bombardement russe a touché un arrêt de bus à Mykolaïv, et fait au moins cinq morts et plus d’une dizaine de blessés, a annoncé le maire de la ville, Oleksandr Senkevich, sur Telegram.
- Au moins quarante prisonniers de guerre ukrainiens, capturés lors des combats de Marioupol par l’armée russe, auraient été tués et cent trente blessés, vendredi, par un bombardement ukrainien sur une prison de la ville d’Olenivka, selon Danil Bezsonov, porte-parole des séparatistes soutenus par la Russie dans la région de Donetsk, sur Telegram. L’armée de Kiev a, de son côté, démenti cette accusation.
- Sur une grande partie du territoire ukrainien, le pilonnage de l’armée russe ne faiblissait pas jeudi. Ainsi, au moins cinq personnes ont été tuées et vingt-cinq autres blessées, dont douze militaires, dans une frappe sur deux hangars à Kropyvnytsky, dans l’oblast de Kirovohrad (centre du pays), a annoncé le gouverneur de la région administrative, Andriy Raikovych. Au total huit morts et une trentaine de blessés ont été comptés.
- Dans son intervention vidéo quotidienne jeudi soir, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a remercié « les sénateurs américains qui ont approuvé à l’unanimité la résolution appelant le département d’Etat américain à reconnaître la Russie comme Etat parrain du terrorisme ».
- La journaliste russe Marina Ovsiannikova dénonce à nouveau le conflit et reçoit une amende. Célèbre pour avoir interrompu un journal télévisé avec une affiche contre l’invasion russe, elle a été condamnée à une amende de 50 000 roubles (800 euros) pour « discréditation » des forces armées russes.







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