mercredi 9 septembre 2026

L’Europe face aux attaques hybrides russes : des bruits de bottes à bas bruit

La Russie mène une guerre, plus insidieuse qu’ouverte, contre les pays occidentaux. Ces États tentent de se protéger contre toute action hostile qui contribuerait à affaiblir la cohésion nationale, à paralyser l’activité économique et à neutraliser les réseaux vitaux (eau, électricité, internet). 

Depuis des mois, Moscou laisse planer la menace d’actions de vive force que pourrait lancer l’armée russe contre l’Ouest, de la Finlande aux pays riverains de la mer Noire. De telles menaces militaires conventionnelles à grande échelle restent hypothétiques : l’armée russe a été saignée à blanc en Ukraine et ne peut guère courir le risque d’une confrontation massive avec l’Otan. "Les Russes n’ont jamais déclaré officiellement la guerre à l’Europe, mais elle a lieu depuis longtemps d’une certaine manière »," assurait pourtant dans le quotidien autrichien Der Standard du 2 septembre l’ancien haut diplomate allemand Wolfgang Ischinger. L’ex-président de la Conférence de Munich sur la sécurité mettait en garde contre un automne à risques avec un potentiel d’escalade. Le 27 août, la porte-parole ⁠du ‌ministère russe des ‌Affaires étrangères n’a-t-elle pas déclaré que ‌Moscou pourrait s’en ⁠prendre à des "cibles militaires" et des intérêts britanniques en Ukraine et en ‌dehors de ce pays, voire sur le territoire britannique. Un avertissement en réplique à la fourniture par Londres de missiles Storm Shadow utilisés lors des frappes ukrainiennes menées sur le territoire ‌russe. 

Ces menaces russes sont prises au sérieux ; elles mobilisent même d’importants moyens militaires alliés, dans le domaine de la contre-ingérence, du renseignement et de la surveillance aéroportée en particulier. Par ailleurs, de nombreuses actions hybrides ont déjà été décelées dans plusieurs pays d’Europe centrale et de l’ouest. Ces sabotages, intrusions, survols de sites sensibles et cyberattaques visent des infrastructures militaires mais aussi civiles, comme des entreprises liées à la Défense et des fournisseurs d’eau, d’électricité et d’accès internet. Ainsi, le 3 septembre, le renseignement danois (PET) a prévenu (suite sur OF (payant)

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