>>> MARS2020 L’Allemagne veut tout faire pour empêcher une nouvelle vague migratoire
La fermeté désormais affichée par le gouvernement d’Angela Merkel, cinq ans après la « crise des réfugiés », divise l’opinion. Lemonde
La fermeté désormais affichée par le gouvernement d’Angela Merkel, cinq ans après la « crise des réfugiés », divise l’opinion. Lemonde
Conséquences
de la double-erreur de Merkel : la montée de l'extrême droite depuis 2015
>>>
SEPT2017. Allemagne : à Berlin, les sympathisants de l'AfD votent
contre "les étrangers". REPORTAGE - Pour
la première fois depuis 1945, il y aura un parti d'extrême-droite
au Parlement allemand.
Des électeurs de l'AfD nous expliquent les raison de leur
vote. LeJDD
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JAN2016. La position d'Angela Merkel a évolué sur la question des
migrants. Pour Merkel, beaucoup de réfugiés devraient rentrer chez
eux à moyen terme, c'est à dire lorsque la Syrie sera pacifiée et
les islamistes vaincus LeMonde
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DEC2015. En 2015, plus d'un million de migrants sont arrivés en
Europe. Libé
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OCT2015. Migrants : la popularité d'Angela Merkel au plus bas depuis
deux ans. LeMonde
>>>
OCT2015. Allemagne : le dossier des migrants est devenu un handicap
pour Angela Merkel. Geopolis
La
"double erreur" de Merkel (septembre 2015) [un an après la grosse erreur de l'UE (le renoncement face à le Russie!)]
>>> SEPT2015. La "double erreur" de Merkel (Bruno Le Maire, Septembre 2015)
>>> SEPT2015. La "double erreur" de Merkel (Bruno Le Maire, Septembre 2015)
Angela
Merkel a commis "une double erreur" en ouvrant en grand les
portes de l'Allemagne aux réfugiés, avant de faire volte-face, a
estimé lundi l'ancien ministre Bruno Le Maire (Les Républicains).
"Vous
connaissez mon attachement au peuple allemand et mon respect pour
Angela Merkel. Mais je pense que sur cette question des réfugiés,
Angela Merkel a fait une double erreur. Elle a fait une erreur en
décidant seule et elle a fait une erreur en laissant entendre que
l'UE pourrait accueillir tous les réfugiés venus de Syrie et
d'ailleurs", a déclaré M. Le Maire sur France Inter.
"On
voit bien à quoi cela conduit. Cela crée forcément un appel d'air
pour tous ces hommes, ces femmes, ces familles qui fuient les
bombardements, les crimes de Daesh et de Bachar al-Assad et n'ont
d'autre moyen que de quitter leur pays", a poursuivi le député
de l'Eure.
Quant
à François Hollande, "le drame, c'est qu'il est à la remorque
de l'Allemagne". "Ce qui a manqué, c'est un contrepoids
par rapport à l'Allemagne face à la décision unilatérale d'Angela
Merkel", a estimé l'ancien ministre de Nicolas Sarkozy.
L'Allemagne
a réintroduit dimanche les contrôles à ses frontières pour
"contenir" l'afflux de dizaines milliers de réfugiés,
suspendant la libre circulation dans l'espace européen, alors que se
tient lundi une réunion cruciale à Bruxelles des ministres de
l'Intérieur des 28 consacrée aux quotas.
Pour
M. Le Maire, "nous avons besoin d'une approche commune",
"que tous les Européens soient capables de définir ce qu'ils
veulent faire pour les réfugiés, comment les accueillir, combien
ils peuvent en accueillir" et "contrôler nos frontières
extérieures".
"Je
propose qu'on mette en place cette force civilo-miliaire qui existe
dans l'Union européenne", "elle peut aider au règlement
de cette crise pour mieux contrôler les frontières extérieures de
l'Union et ne pas laisser les états décider seuls comme le fait
aujourd'hui la Hongrie", a prôné M. Le Maire.
Par
ailleurs, "il est urgent que nous ayons un conseil européen
rassemblant l'ensemble des chefs d'Etat pour définir une politique
commune pour définir une politique de long terme face à cet afflux
de réfugiés", a dit M. Le Maire.
LaCroix,
14/09/2015
Angela
Merkel, de moins en moins consensuelle
La
chancelière allemande est passée du statut de dame de fer à celui
de “Mutti” en se montrant aussi ferme dans ses négociations avec
la Grèce que dans sa volonté d’accueillir les réfugiés.
A-t-elle dépassé ses propres frontières ? Longtemps louée par ses pairs et ses concitoyens pour son implacable rationalité, Angela Merkel a, paradoxalement, été élue « personnalité de l’année » par le magazine américain Time pour avoir pris l’une de ses décisions les plus surprenantes depuis son arrivée au pouvoir, en 2005 : l’accueil sans limite de réfugiés à partir du mois de septembre 2015.
De
Bagdad à Kaboul, la chancelière allemande a fini par apparaître
comme une héroïne. Elle est devenue celle qui ouvre aux persécutés
les portes d’un des pays les plus prospères du monde. Plus d’un
million de réfugiés ont déposé en 2015 une demande d’asile en
Allemagne, contre environ 200 000 les années précédentes. Sa
décision n’est pas qu’une bravade, elle découle d’une
véritable vision du monde à venir.
Une certaine vision de la mondialisation
Elevée
en Allemagne de l’Est, la chancelière sait mieux que quiconque
qu’aucun mur ne résiste à la pression populaire. Pour cette fille
de pasteur, les 500 millions d’Européens ne peuvent plus se
permettre d’ignorer la misère et les souffrances à leur porte. La
pression des réfugiés politiques et économiques aujourd’hui et
des réfugiés climatiques demain est devenue telle que murer
durablement l’Union n’est pas une solution.
Par
ailleurs, aux yeux d’Angela Merkel, adepte du libre-échange
économique et de la libre circulation des personnes, ces réfugiés
incarnent, à leur corps défendant, la mondialisation. En en
accueillant des milliers, l’Allemagne paie finalement son dû à
une globalisation qui, depuis des décennies, fait la fortune du made
in Germany.
Ce
faisant, elle a pris un risque politique considérable. Portée aux
nues par la presse internationale, pressentie un temps pour le Nobel
de la paix, elle se retrouve de fait sur la défensive. Si une partie
des Allemands, notamment les chefs d’entreprise, voient d’un bon
œil ces réfugiés qui peuvent, à moyen terme, combler le
déficit démographique du pays, d’autres s’inquiètent.
Les plus modestes craignent une baisse de leurs prestations sociales. Même les plus optimistes jugent l’arrivée de centaines de milliers de jeunes hommes célibataires problématique à terme. Déjà, des parents hésitent à laisser sortir seules leurs filles le soir… « Tous mes amis sont partagés, observe un responsable de la Fondation Friedrich-Ebert, proche du Parti social-démocrate (SPD). D’un côté, ils sont pour l’accueil des réfugiés, de l’autre, ils disent que c’est une folie. »
Les plus modestes craignent une baisse de leurs prestations sociales. Même les plus optimistes jugent l’arrivée de centaines de milliers de jeunes hommes célibataires problématique à terme. Déjà, des parents hésitent à laisser sortir seules leurs filles le soir… « Tous mes amis sont partagés, observe un responsable de la Fondation Friedrich-Ebert, proche du Parti social-démocrate (SPD). D’un côté, ils sont pour l’accueil des réfugiés, de l’autre, ils disent que c’est une folie. »
Et
de pointer une conséquence de cette politique : «
On va avoir en Allemagne un parti populiste à la droite de la CDU.
» Sorte de Front national
allemand, le mouvement Alternative pour l’Allemagne (AfD) est
crédité d’environ 10 % dans les sondages. De plus, plus de
800 attaques ont été dénombrées en 2015 contre des foyers de
réfugiés. Quatre fois plus qu’en 2014.
Des alliés traditionnels déroutés
Si
Angela Merkel refuse toujours de fixer une limite au nombre de
réfugiés que l’Allemagne peut accueillir, elle a lâché du lest
lors du congrès de la CDU. La chancelière a précisé qu’il
fallait désormais « réduire l’afflux
de réfugiés » car « l’Etat
comme la société » risquent
d’être « trop
sollicités ». Une inflexion est
donc en cours…
Angela
Merkel s’est aussi mis à dos ses alliés, les conservateurs
européens, qui goûtent peu sa politique migratoire. Sans parler des
pays d’Europe de l’Est qui, jusqu’à présent, suivaient à peu
près la politique européenne de l’Allemagne, et figurent
désormais parmi ses plus farouches adversaires. La tentative
d’Angela Merkel de répartir «
équitablement » les réfugiés
en Europe s’est même soldée par un fiasco.
Certes,
en Allemagne, la popularité de la chancelière n’a pas plongé.
Elle a même été acclamée comme jamais par son parti lors du
congrès du 14 décembre. Mais elle a suffisamment régressé dans
l’opinion pour qu’une quatrième candidature de « Mutti » à la
chancellerie soit désormais loin d’être une évidence. Héroïne,
peut-être. Consensuelle, de moins en moins.
Lire
aussi :
>>>
L'impuissance de l'Europe, en direct du Livre de Paris
L'Union
européenne est confrontée à de graves crises : la question des
migrants, les difficultés de la zone euro, les enjeux de sécurité
face au terrorisme et aux violences liées aux conflits, la montée
des populismes, le BREXIT... Avec G. Kepel, P. Hassner et T.
Gomart. FranceCulture,
19/03/2016
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Angela
Merkel vend l'Europe au sultan turc
L'Union
européenne, face à la première crise d'ampleur historique de son
histoire, est prise en défaut.
L’Europe
a fait rêver plusieurs générations de Français.
D’abord
celle qui avait souffert dans sa chair de notre défaite et de
l’Occupation hitlérienne. Saisissant le caractère proprement
suicidaire de nos trois guerres consécutives avec l’Allemagne,
elle désirait ardemment mettre un terme à ce cycle infernal en
arrimant solidement l’un à l’autre nos deux pays au sein d’une
communauté de destin. Des hommes tels que Maurice Schumann,
ou François Mitterrand, ont mis en place, avec patience et
obstination, un processus cumulatif et irrévocable tendant à
imbriquer les économies des pays d’Europe occidentale. Il
s’agissait de partir de l’économie pour embrayer la
politique de créer des institutions afin d’enclencher
des politiques communes.
Car
cette Europe a été pensée sur le modèle allemand, celui d’une
« communauté de droit », plutôt que sur
le modèle français, basé sur la décision politique. C’est ainsi
que l’Union européenne est devenue un « procès sans
sujet » pour emprunter à Althusser. Une forme de
pilotage automatique par la norme et le droit. Ca marche bien par
temps calme, mais par temps calme seulement.
La
deuxième génération responsable de l’état présent de l’Europe,
c’est celle qu’on a nommée anti-totalitaire. Entendant l’appel
de nos frères séparés d’Europe centrale, ce « morceau
d’Occident kidnappé », selon l’expression si juste du Tchèque
Kundera, elle a désiré ardemment mettre à bas le Rideau de fer
imposé par l’Union soviétique. Cramponnée sur la défense
des droits de l’homme, elle en a fait l’alpha et
l’oméga de toute politique. C’est la génération de Kouchner
et de Michnik, celle des dissidents. On lui doit la démocratie
et l’élargissement à l’est. Mais les droits de l’homme sont
un minimum moral. Les puissances ont des intérêts. On ne bâtit
pas, sur la morale, une politique étrangère.
Ainsi
avons-nous hérité d’une Europe qui n’est guère en l’état
qu’un vaste marché, hyper-régulé car hyper-normé, piloté
par des institutions qui fuient devant la décision politique.
Une Europe qui refuse d’être guidée par ses intérêts, et se
prend pour une sorte de Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Une
Europe qui se croit sortie de l’histoire et se pense
post-moderne. Une Europe qui refuse d’admettre qu’en tant que
puissance, elle a des frontières et qu’il conviendrait peut-être
de les défendre. Une Europe qui ne veut pas vouloir.
C’est
pourquoi, aujourd’hui, elle est totalement prise au dépourvu par
la première crise grave – c’est-à-dire historique - qu’elle
traverse depuis sa création.
Tout
le monde est furieux contre la chancelière allemande. On a reproché
à Angela Merkel d’avoir ouvert en grand les
portes de l’Union européenne aux migrations sans consulter ses
partenaires. Mais devant le peu d’empressement de ceux-ci à
prendre leur part du fardeau de l’immigration, et la décision
unilatérale prise par certains de fermer leurs frontières, elle
fait machine arrière et s’en va négocier, sans prévenir
personne, avec le président turc.
C’est
une faute grave. Mais combien d’années aurait-il fallu à la
Commission, au Conseil et au Parlement européens pour que l’UE
définisse une politique commune de l’immigration et commence à la
mettre en œuvre ?
Reste
qu’Angela Merkel nous ridiculise aux yeux du monde, en se
vautrant devant le Sultan au moment même où son régime
prend un tournant autocratique et intolérant. Ainsi l’Union
européenne, parangon des droits de l’homme, décide-t-elle de
rouvrir les négociations d’adhésion avec la Turquie, alors
même qu’Ankara mène une répression violente contre la minorité
kurde et ferme les journaux d’opposition ! L’Union
européenne paye une rançon à la Turquie afin qu’elle
accepte le renvoi sur son sol des vagues migratoires qu’elle a
sciemment lancé vers les rivages grecs, l’an dernier.
Comment
pouvons-nous accepter que des réfugiés fuyant une atroce guerre
civile – je pense aux Syriens – soient renvoyés dans un pays, la
Turquie considéré comme « peu sûr » sur le plan des garanties
personnelles ? Puis, finalement réacceptés après avoir été
triés parmi les migrants économiques, qui ne justifient pas du
droit d’asile ? C’est kafkaïen et ça ne marchera
pas.
Aujourd’hui,
l’Europe fait peut-être rêver les jeunes Afghans, Erythréens, ou
Irakiens. Non pour ce qu’elle représente, mais pour sa
tranquillité et son niveau de vie. Quant aux nouvelles générations
européennes, cela fait longtemps qu’elle ne les fait plus rêver.
Et c’est bien regrettable, car nous n’avons pas d’autre
option disponible, sauf à faire nos adieux à l’histoire mondiale.
Les
conséquences de la décision de Merkel (et, au delà, la faiblesse
européenne sur la question de l'immigration), ce sont les murs, y
compris entre Etats membres de l'UE, et des réactions individuelles
d'Etats membres :
-
Hongrie
-
Autriche
-
Royaume-uni :
-
Finlande : des patrouilles contre les migrants LeFigaro
-
Finlande : La Finlande veut expulser 20.000 migrants LeFigaro
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