Géorgie
>>> DEC2020 La Géorgie décroche une place de choix à la Cour pénale internationale
Un diplomate géorgien a été élu juge à la Cour pénale internationale, une première pour un pays qui attend les résultats d’une enquête portant sur des crimes de guerre présumés au cours du conflit éclair avec la Russie en 2008. Euractiv
Accord de libre-échange panasiatique
>>> NOV2020 Tout comprendre à l'accord de libre-échange panasiatique, le plus important du monde. Ce Partenariat régional économique signé par 15 pays d'Asie et du Pacifique devient l'accord commercial le plus important du monde en termes de Produit intérieur brut. Lexpress
Pendant que ça tergiverse en Europe, l'Asie agit :
>>> NOV2020 L’Asie s’invente un avenir basé sur la coopération et le libre-échange Lopinion
Haut-Karabakh (Arménie)
>>> NOV2020 Vu d’Ukraine. Non, le Haut-Karabakh n’est pas le Donbass
Depuis l’aggravation du conflit dans le Caucase, de nombreux médias ukrainiens se sont mis à comparer ces événements à l’annexion de la Crimée et aux affrontements dans le Donbass. Une comparaison erronée, voire néfaste pour Kiev, estime Oukraïnska Pravda.
(…) Pourquoi ne peut-on comparer le Haut-Karabakh ni à la Crimée ni au Donbass ? À la différence de ces régions ukrainiennes occupées par la Russie, le conflit dans le Karabakh n’est pas artificiel. CI
Chine
>>> SEPT2020 La Chine se dit prête pour une guerre contre les Etats-Unis dans une vidéo. Dans cette vidéo de propagande, la Chine semble bombarder une base américaine importante, située dans l’océan Pacifique. Lobs
>>> SEPT2020 « Une évolution profonde et durable se dessine au Moyen-Orient : l’émergence de la Chine » . Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », relève que, sans se froisser avec aucun des pays de la région, pourtant féroces les uns avec les autres, la Chine a réussi à se faire une place de choix dans cette partie du monde. Lemonde
>>> AOUT2020 En Biélorussie, face aux marées humaines, Loukachenko se tourne vers Moscou. Les estimations du nombre de manifestants, dimanche, vont de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers de personnes. Un tournant dans la mobilisation. Lemonde
>>> AOUT2020 Biélorussie : Loukachenko rejette la médiation offerte par des pays européens, la Russie propose une « aide » sécuritaire. Plusieurs milliers de manifestants sont à nouveau rassemblés samedi à Minsk. Le président Alexandre Loukachenko, qui s’est entretenu avec Vladimir Poutine, a évoqué [mais comme d'hab, on s'en fout de ce que dit Poutine] des « éléments d’interférence extérieure » dans la contestation qui vise sa réélection. Lemonde
>>> FEV2020 Syrie : Ankara convoque un conseil de sécurité d'urgence sur Idleb
Alliance orientale :
>>> DEC2019 L’Iran, la Chine et la Russie vont mener un exercice naval en mer d’Oman Opex360
>>> DEC2019 Syrie: Trump appelle Moscou, Damas et Téhéran à cesser le «carnage» de civils à Idleb LeFigaro
C'est sûr : Moscou, Damas et Théhéran vont avoir très peur !
>>> DEC2019 « L’inauguration du gazoduc géant Power of Siberia constitue une étape essentielle du rapprochement entre la Chine et la Russie » Lemonde
>>> DEC2019 Vladimir Poutine et Xi Jinping inaugurent le premier gazoduc russo-chinois
>>> NOV2019 En visite en Autriche, Loukachenko veut rapprocher le Bélarus de l'UE
(...) Alexandre Loukachenko est passé maître dans l'art de louvoyer entre les Occidentaux et la Russie, avec qui il discute depuis des années d'une hypothétique unification des deux pays.
Ses relations avec Vladimir Poutine traversent régulièrement des périodes de frictions. Le Bélarus s'est ainsi récemment brouillé avec Moscou sur une question de modification de la politique fiscale russe et M. Loukachenko avait critiqué l'annexion de la Crimée par Moscou. Lobs
>>> NOV2019 Jeux vidéo, cinéma, médias, réseaux sociaux : comment la Chine étend sa censure en Occident. Les censeurs de Pékin ont accru leurs exigences depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping. Et trouvent du répondant dans de nombreuses firmes occidentales. Lemonde
23 juillet 2019
Lorsque les pays africains sont devenus indépendants entre les années 1950 et 1970, les dirigeants nouvellement élus ont difficilement remis en question cet héritage et des limites coloniales mal définies sont devenues des frontières internationales. Malgré l’importance des idées panafricanistes dans quelques pays et parmi la diaspora, les frontières coloniales sont restées intactes. Créée en 1963, l’Organisation de l’unité africaine (OUA), malgré son nom, a consacré leur existence. La résolution de 1964 de l’OUA au Caire « déclare ainsi solennellement que tous les Etats membres s’engagent à respecter les frontières existant au moment où ils ont accédé à l’indépendance ». Les frontières créées à la hâte en Europe à des fins coloniales deviennent ainsi en quelques années des frontières internationales.
Afin de préserver ces frontières, l’OUA a toujours déclaré que ses États membres devaient affecter une partie de leur budget à leur démarcation des frontières. Cependant, cet engagement n’a pas réellement porté ses fruits. Les difficultés économiques et politiques ont rendu ce projet irréalisable jusqu’au début du XXIe siècle. C’est la raison pour laquelle l’organisation qui a succédé à l’OUA, l’Union africaine (UA), a créé le Programme frontières de l’Union africaine à Addis-Abeba (Éthiopie) en 2007.
4 juillet 2019 (Iran)
17 juin 2019 (alliance sino-russe)
4 juin 2019 (alliance sino-russe)
>>> Xi Jinping et Vladimir Poutine, « best friends » avec bénéfices partagés.
La valeur des échanges commerciaux entre la Russie et la Chine s’est élevée à 108,28 milliards de dollars l’an dernier, contre 88,84 milliards en 2013 Lopinion
26 mars 2019 (Chine)
26 mars 2019 (Golan)
>>> Golan : à l'ONU, 5 pays européens rejettent la décision américaine.
"Nous ne les considérons pas comme faisant partie du territoire de l'Etat d'Israël", ont insisté les ambassadeurs de l'Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de la Belgique et de la Pologne.
(...) En application des résolutions de l'ONU, "nous ne reconnaissons pas la souveraineté d'Israël sur les territoires occupés par Israël depuis juin 1967, incluant le plateau du Golan", ont souligné les ambassadeurs de ces pays européens. (Lobs)
Trump fait du Poutine : il s'assoit sur le droit international. Quelques pays européens sauvent heureusement l'honneur de l'Occident.
25 mars 2019 (Chine)
24 mars 2019 (Chine)
>>> Comment la Chine manipule l'information dans le monde. Le rapport que rendra public Reporters sans frontières sur la désinformation chinoise, lundi, est accablant pour le régime de Xi Jinping. (LeJDD)
20 mars 2019 (Chine)
>>> Veto russe et chinois à une résolution de l'Onu sur le Venezuela (LaTribune)
18 février 2019 (monde post-occidental)
>>> Trump, Bolsonaro, Poutine: la diplomatie de Netanyahou mise sur les régimes autoritaires. Trump, Bolsonaro, Poutine, ou encore Orban, la diplomatie de Netanyahou mise sur de nouveaux alliés, les régimes autoritaires, et se détourne de l'Europe occidentale. Demain, mardi 19 février, les pays du groupe de Visegrad, invités à Jérusalem, sont à l'honneur. (Challenges)
7 février 209
1er février 2019 (Alliance occidentale)
>>> Les États-Unis et l’UE renforcent leur coopération en matière de cybersécurité (Euractiv)
01/02/2019
>>> JAN2019. Syrie : les clés pour comprendre la revanche de Bachar el-Assad.
DÉCRYPTAGE - Au début du conflit syrien, Bachar el-Assad était un pestiféré, pour qui les jours étaient comptés. Huit ans plus tard, épaulé par l'Iran et la Russie, le raïs de Damas a reconquis les deux tiers du territoire, fait figure de sauveur pour les Kurdes et normalise ses relations diplomatiques. LeFigaro
>>> JAN2019. Le désastre kurde en Syrie. Le pari occidental sur une milice kurde pour lutter contre Daech en Syrie était voué à l’échec, un échec qui s’avère aujourd’hui désastreux. Filiu
>>> DEC2018. Sciences: comment la Chine vise l'excellence. Depuis 1995, le gouvernement chinois investit massivement dans ses facs pour qu’elles atteignent l’excellence en matière de recherche. Et les résultats sont là. Challenges
>>> DEC2018. La Russie pousse ses pions au Liban.
Après avoir soutenu militairement jusqu'au bout Bachar El-Assad en Syrie, Moscou mène une offensive de charme chez son voisin libanais. LeJDD
>>> DEC2018. La France mise hors jeu dans le conflit syrien.
Alors que les Kurdes syriens lui demandent un soutien diplomatique, voire une protection militaire, la France n’a jamais semblé autant isolée sur ce dossier. Lemonde
Pas vraiment une surprise. Dans le monde actuel, la France seule est une puissance moyenne, qui pèse peu en comparaison des grands "blocs" mondiaux. Au moins, le retrait américain a clarifié les choses.
D'où l'absolue nécessité d'opérer au niveau européen. Et donc de créer une armée européenne.
>>> DEC2018. Vienne veut que l’Europe investisse plus en Afrique.
Le monde est ainsi fait. L'UE a des ennemis, qu'elle le veuille ou non. Alors, soit elle se défend, soit elle finira par éclater (ce qui a déjà commencé avec le Brexit). Pour le moment, elle ne se défend pas ; elle « discute », « condamne », « appelle à respecter les traités ». Pendant ce temps, la Russie se bidonne. La Chine fera peut-être de même prochainement.
>>> NOV2018. Jack Ma, roi du capitalisme et… communiste.
Alors que la Chine avance ses pions pour améliorer les interconnexions entre l'Asie et l'Europe, deux camps se dégagent au sein de l'UE : les États signant des accords bilatéraux avec l'empire du Milieu, et ceux préférant que les négociations soient menées à l'échelon communautaire. (Lefigaro)
>>> OCT2018. Affaire Khashoggi : la honte de l’Amérique. ÉDITO. Pour pouvoir conclure le contrat d’armement du "siècle", l’administration Trump semble jusqu’ici prête à fermer les yeux sur le meurtre de Jamal Khashoggi. Un calcul aux lourdes conséquences. L'Obs
>>> OCT2018. Brésil : la percée du «Donald Trump des tropiques»
(...) Dans un monde où, comme l'observait Guy Debord en 1993, «les actuels moutons de l'intelligentsia (…) ne connaissent plus que trois crimes inadmissibles, à l'exclusion de tout le reste: racisme, antimodernisme, homophobie», il a suffi à Jair Bolsonaro de s'afficher raciste, sexiste, homophobe et xénophobe pour écraser ses adversaires. Ne rions pas trop haut. Cela pourrait nous arriver un jour prochain. Lefigaro
>>> OCT2018. Sanctions et armement : la realpolitik des Etats-Unis.
>>> OCT2018. Le chômage américain au plus bas depuis 1969. Sur les neuf premiers mois de l’année, 211 000 emplois ont été créés en moyenne, en net progrès par rapport aux 182 000 de 2017. Lemonde
>>> OCT2018. Pourquoi une "guerre froide" Etats-Unis - Chine se profile . L'Obs
>>> SEPT2018. Multilatéralisme : vers la fin de l'ordre occidental.
>>> AOUT2018. Ubu Trump. Cerné par les affaires, Trump s'en prend à son ministre de la Justice, qui réplique. L'Obs
>>> AOUT2018. En une liste de lectures, Barack Obama ridiculise Donald Trump.
>>> AOUT2018. Iran : les Etats-Unis menacent les pays européens.
>>> AOUT2018. Donald Trump isolé sur la scène internationale.
Tensions avec la Turquie, conflit commercial avec la Chine, Iran...Donald Trump, dans une interview accordée lundi depuis la Maison blanche, dessine un monde conflictuel où les Etats-Unis apparaissent bien isolés. L'Opinion
>>> AOUT2018. Pourquoi Trump veut briser le Rafale.
Le fleuron de l’armement français et ses équipements intègrent des composants américains dont Washington pourrait interdire l’exportation.
A la veille de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Helsinki mi-juillet, Donald Trump s’est fendu d’une phrase que les industriels français n’ont pas oubliée : « L’Union européenne est un ennemi (…) et profite vraiment des Etats-Unis. » Les mots du président de la première puissance mondiale ne sont pas que provocateurs : une véritable épée de Damoclès est suspendue au-dessus du secteur de la défense, et elle se nomme Itar. LePoint
>>> AOUT2018. Guerre commerciale contre la Chine : Trump a-t-il raison ?
Machines à laver chinoises devenues subitement chères aux Etats-Unis contre steaks de bœuf américains hors de prix en Chine. Les raisons d’un tel emballement dans les supermarchés des deux pays ? Un affrontement bien particulier entre Washington et Pékin : une guerre commerciale. Initiée par Donald Trump, qui entend réduire le déficit de son pays, elle consiste à imposer des taxes pour l’importation de certains produits. Mais alors, que peut exactement espérer gagner M. Trump en rendant le marché américain plus difficile d’accès aux produits étrangers ? A l’inverse, quels sont les risques d’une telle politique pour l’économie des Etats-Unis ? Les réponses en vidéo. LeMonde
>>> JUIN2018. "Trump veut saper l'Union européenne" . L'historien Thomas Snégaroff, spécialiste des Etats-Unis, analyse la stratégie de Trump quand il critique Angela Merkel. L'Express
>>> JUIN2018. Donald Trump, le démolisseur de l'idéal américain L'Express
>>> JUIN2018. Chine: Einstein avait tout faux.
(...) Einstein était un grand savant mais il était bien médiocre en géopolitique : il ne pouvait imaginer que les Chinois auraient déjà en 2018, 10 points de quotient intellectuel de plus que les Occidentaux. Et puisque 50 % des jeunes Chinois se disent favorables à l'augmentation du QI des enfants en agissant sur les foetus, le leadership technologique chinois pourrait bien s'accentuer. L'Express
>>> JUIN2018. Tous les pays sanctionnés par l’Europe listés sur une carte du monde LaCroix
>>> MAI2018. Iran : l’UE bloque les sanctions américaines contre les entreprises européennes. Réunis à Sofia, les dirigeants européens ont décidé de remettre au goût du jour un texte de 1996 qui permet de protéger leurs entreprises des sanctions que Washington veut leur infliger si elles poursuivent leurs activités en Iran. CI
Le droit international ne vaut-il que pour les pays de seconde zone ? On peut s'interroger, avec la Russie qui bafoue à son gré le droit international suscitant bien peu de réactions (autres que verbales... mais de cela tout le monde s'en moque), et maintenant avec les Etats-Unis qui ne respectent pas leurs propres engagements.
>>> MARS2018. Guerre commerciale : Washington exempte l’UE des taxes sur l’acier et l’aluminium. Après deux jours d’intenses tractations avec l’administration américaine, la commissaire européenne au commerce a décroché une exemption totale pour l’UE. Lemonde
Chine
La nouvelle route de la soie. Les relations Chine-Europe
>>> AOUT2017. Les « nouvelles routes de la soie » : les ambitions planétaires de Xi Jinping (série de 8 articles) Lemonde
>>> AOUT2017. Sur les nouvelles routes de la soie, un voyage en cinq étapes LeFigaro
>>> JUIN2017. Macron esseulé sur le contrôle des investissements chinois. Le contrôle des investissements étrangers est une question «très sensible politiquement», a concédé mardi la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström qui défend une UE ouverte et libre-échangiste, surtout face au protectionnisme prôné par Donald Trump. Certains opposants à cette proposition, comme la Grèce ou le Portugal, ont besoin de ces investissements pour faire tourner leur économie; d’autres, comme la République tchèque ou les pays nordiques, sont attachés à l’ouverture des marchés. Euractiv
Des parcours de 10.000 à 13.000 kilomètres selon les lignes, effectués en deux semaines ou un peu plus, sept fuseaux horaires et pas mal de frontières à franchir, via le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie : le chemin de fer est en train de repousser les limites de l'impossible. Alors que le considérable volume de marchandises entre la Chine et l'Europe (393 milliards d'euros l'an dernier dans les deux sens) est quasi entièrement trusté par la voie maritime - et, marginalement par l'avion, nettement plus rapide mais beaucoup plus cher -, le mode ferroviaire, présent depuis 2011-2012, commence à se faire une place au soleil et à détourner une partie du trafic. Nouvelles lignes, nouvelles villes de départ en Chine, fréquence des trains accrue : chaque semaine ou presque donne lieu à des annonces de la part des cinq opérateurs principaux. De quoi relancer le mythe de la route de la soie, ce trait d'union commercial entre l'Orient et l'Occident, dont le parcours était situé bien plus au sud et qui était tombé en sommeil au XVe siècle, miné par la nouvelle route maritime des Indes.
Dans les nouvelles caravanes qui sillonnent les steppes d'Asie centrale, fini soie, laques, épices et pierres précieuses qui transitaient jadis via Samarkand et Boukhara : actuellement, on compte plutôt dans les convois de conteneurs des écrans à cristaux liquides, des produits textiles aux couleurs du Mondial de football, des pneus pour avions (Dunlop Taikoo) ou pour camions (Aeolus), des équipements automobiles pour Fiat ou BMW, du matériel médical (Mindray), des jeux de plage (Set Pool), des moules en plastique, des équipements industriels, et tout ce que compte le rayon bazar de certains hypermarchés français... Un inventaire à la Prévert.
Un schéma complexe
Si la présence de certains acteurs ne doit rien au hasard, découlant par exemple d'une ambitieuse relation commerciale entre les chemins de fer allemands (DB Schenker) et russes (RZD), d'autres ont connu une genèse plus inattendue : « Il y a trois ans, travaillant chez Compal Electronics [un fabricant informatique taïwanais qui assemble pour de grandes marques, NDLR], je cherchais un fournisseur de transport, mais je n'arrivais pas à trouver ce que je voulais. Nous nous sommes alors lancés là-dedans, en nous associant à la firme polonaise de transports HA Trans et à deux sociétés chinoises », explique Sofiane Rachedi, un entrepreneur français qui a monté ses premiers trains réguliers en mai 2013, avec l'aide des autorités locales de Chengdu, en direction de Lodz, plate-forme logistique du centre de la Pologne. La société qu'il préside, YHF Logistics, passe des contrats avec de grands noms de la logistique comme DHL, Schenker, Gefco ou UPS, qui ne possèdent pas le matériel ferroviaire mais trouvent directement les clients et leur marchandise. « Aujourd'hui, le marché décolle, affirme-t-il; en 2014, notre activité devrait être de deux à cinq fois supérieure à celle de l'an dernier. » Et le jeune opérateur prévoit de passer bientôt à deux convois par semaine. « La ligne Chongqing-Duisburg [Allemagne] opère plus de trains que nous, mais nous sommes les plus réguliers, les plus rapides, et nous avons déjà travaillé pour plus de 315 firmes mondiales », se félicite le patron, qui a demandé à ses équipes de ramener dès cette année le temps de parcours à seulement onze ou douze jours.Sur le plan opérationnel, le schéma est plus complexe qu'il n'y paraît. Car, quel que soit le parcours emprunté (la route nord par la ligne du Transsibérien ou celle au sud via l'immense Kazakhstan), ce n'est pas un train unique qui effectue le parcours total, mais trois ! La raison : l'écartement des voies sur le réseau de l'ex-URSS, plus large qu'en Europe et en Chine (1,52 mètre contre 1,43). Du coup, tous les conteneurs sont transbordés sur un deuxième train à la frontière entre Chine et Kazakhstan, puis sur un troisième à la sortie de Biélorussie. Soit six heures d'immobilisation minimum à chaque fois. Une fois arrivé à Lodz, au bout de treize ou quatorze jours, tout le monde descend : chaque conteneur est chargé sur un camion, puis dispatché vers son client final. Toute l'Europe est ainsi accessible en un ou deux jours de route supplémentaires. Les autres opérateurs appliquent le même plan de transport, en fixant le terminus des trains dans d'autres villes comme Duisburg, Hambourg, Varsovie ou Rotterdam.
Le coût d'un conteneur complet : environ 9.000 dollars pour dix-huit jours de parcours, selon Trans Eurasia Logistics, une société commune créée dès 2008 entre Deutsche Bahn et le russe RZD. Un temps de transit raisonnable, comparé à celui du bateau (de 35 à 45 jours). D'autant plus que les marchandises provenant de la Chine de l'intérieur (qui compte de plus en plus d'usines exportatrices) réclament souvent trois jours de camion avant de parvenir dans les grands ports de la côte est.
Du coup, le portefeuille s'élargit rapidement. Au départ, les premiers trains étaient entièrement réservés par les constructeurs informatiques. « Historiquement, la première connexion Chongqing-Duisburg ouverte en 2012 était surnommée la ligne "DB Schenker-HP" », se souvient un professionnel, en référence à la grosse usine d'ordinateurs portables et d'imprimantes de Hewlett-Packard basée à Chongqing. Vinrent ensuite d'autres services réguliers, pour Compal ou pour Foxconn, assembleur d'Apple, de Sony ou de Nokia. « Notre train, je l'avais fait pour l'informatique; mais, à présent, il y a de tout là-dedans, du chewing-gum à la crème à raser ! », sourit Sofiane Rachedi.
Si, à l'heure actuelle, le chemin de fer ne capte qu'à peine 1 % du trafic total au départ d'Asie, il éveille néanmoins un intérêt croissant. L'an dernier, le nombre de conteneurs circulant par rail entre la Chine et la Russie a progressé de 7 %, à 407.800 « boîtes », puis à nouveau de 8 % au premier trimestre 2014. « Il y a un espace d'opportunité pour le ferroviaire, avec un temps de transit qui se rapproche de l'aérien, selon Gilles Roucolle, partner chez Oliver Wyman. L'offre va se structurer autour d'une combinaison rail-route, comme cela s'est fait massivement sur les parcours entre le Canada et les Etats-Unis. Sur l'axe Chine-Europe, ce marché encore latent pourrait représenter 2 milliards d'euros en valeur, à comparer aux 430 milliards d'euros, tous modes confondus, de 2012. Mais nous sommes encore dans une période où tout le monde n'est pas convaincu par le rail. Celui-ci est plus adapté pour des machines électriques que pour des marchandises à faible densité ou à bas coût », tempère le consultant.
La SNCF hors course
Dans cette âpre bataille transcontinentale qui se met en place, les Français ont surtout regardé passer les trains. Fin 2008, le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, se faisait fort de lancer en trois ans des services de fret ferroviaire entre la Chine et l'Europe (dix jours de voyage maximum, se hasardait-il à l'époque). Depuis, rien. Les tenaces foyers de pertes de Fret SNCF ont ramené l'entreprise publique à la raison et, aujourd'hui, « les Allemands sont de loin les plus gros investisseurs sur ces axes », constate un opérateur. Et une contre-attaque n'est pas pour demain. « Largement assaini, Fret SNCF devrait reprendre son développement vers 2015-2016, qui passera vers l'international. Mais ce sera plutôt sur le proche Europe », glisse une source interne.Si des sociétés françaises sont présentes sur ces corridors du bout du monde, c'est à moindres frais en termes d'immobilisations financières. Commissionnaire de transport, la petite société mosellane Elisana achète et revend des capacités à bord du train d'YHF originaire de Chengdu, indique son gérant, Mathieu Tinnes : « Ce qui nous a plu, c'est la fréquence, et l'accompagnement dans la solution, notamment informatique. » Idem pour Gefco, le groupe de logistique récemment cédé par PSA Peugeot Citroën au russe RZD, présent en Chine en tant qu'intégrateur, mais sans engager de moyens propres.
« Nous voulons développer le mode ferroviaire sur les flux entre l'Europe et la Russie, comme sur ceux entre la Chine et l'Europe. Des clients nous poussent à étudier ces solutions, explique Luc Nadal, président du directoire de Gefco. Mais, dans le second cas, il n'existe pas actuellement de vrais trains réguliers, ayant déjà atteint un équilibre économique. Le trafic va certes se développer, cependant le modèle est encore fragile. Le problème, c'est le déséquilibre des flux : pour moi, il n'y aura pas de Chine-Europe s'il n'y a pas une base de trafic Europe-Chine. »
Car, pour l'instant, pour se rapprocher des conditions tarifaires du maritime, les autorités municipales des mégalopoles de l'intérieur, comme Wuhan, Chengdu, Zhengzhou, subventionnent massivement les expéditions ferroviaires vers l'Europe, sans réciprocité aucune. Du coup, les marchandises envoyées sont transportées de 30 à 50 % moins cher que celles reçues du Vieux Continent. Et la plupart des conteneurs rentrent à vide vers l'empire du Milieu. Pour corriger le tir, une des pistes consiste à utiliser les conteneurs réfrigérés initialement prévus pour les... tablettes et ordinateurs portables made in China : des exportations de vin français, de porc polonais, de composants automobiles, sont déjà calées vers la Chine. Pas assez cependant pour combler le déséquilibre des flux.
Un point en tout cas semble rassurer des clients qui pouvaient se montrer craintifs au départ : la sécurité de ces trains semble assurée. Souci qui est loin d'être mineur, étant donné la valeur des cargaisons : bien rempli, un conteneur de 13 tonnes d'ordinateurs peut valoir jusqu'à 2,4 millions de dollars... Or, « sur nos 50 premiers trains, qui convoyaient 1.900 conteneurs, nous avons eu zéro vol, se réjouit Sofiane Rachedi. Tout juste une palette d'aspirateurs endommagée par la pluie et un gars qui est entré dans un conteneur pour y dormir... » Plusieurs solutions ont été mises en place pour éviter que la marchandise ne s'évanouisse dans la nature : système de verrouillage des conteneurs, de « tracking » électronique par satellite... Si les convois subissent quelques aléas, rien à voir avec les attaques de diligence : ici, un train retardé de 48 heures au départ, après un tremblement de terre à Chengdu. Un autre jour, une « boîte » bloquée à la frontière polonaise parce que l'expéditeur avait déclaré en douane 2.000 jeans au lieu des 20.000 soigneusement pliés... Peu de choses au vu des volumes transportés, qui ont augmenté de 25 % au cours des cinq dernières années.
La Chine inaugure sa «Nouvelle route de la soie» (et le trajet en train le plus long du monde) --> à lire sur Slate, 23/11/2014
Faisons le pari de la nouvelle route de la soie
Ce récit collectif rappelle l'âge d'or des Tang, tout en offrant un cadre souple pour répondre aux défis majeurs du pays : l'internationalisation de son économie et le renforcement du rôle mondial de sa monnaie dans les échanges mondiaux, le rééquilibrage du développement au profit des provinces de l'intérieur et de la consommation des ménages, la coopération internationale pour résoudre les tensions islamistes parmi les Ouïghours du Xinjiang.
Mais c'est aussi un nouveau récit collectif pour le monde, en panne de projet commun depuis la fin de la guerre froide et l'échec de la démocratisation libérale à marche forcée. Il s'agit de combler le vide, humain, politique et économique, qui sépare les deux pôles de prospérité du Vieux Monde, Europe et Asie orientale, ainsi que le Moyen-Orient riche en ressources énergétiques, voire plus loin l'Afrique, à travers de nombreux projets d'infrastructures, portuaires, ferroviaires, autoroutières, mais aussi financières et de communication. La France a trois bonnes raisons de s'y intéresser.
C'est une vision économique qui transpose la planification à la chinoise à la coopération économique internationale. Dans un monde financier volatil et instable, il est urgent de prendre en main les projets de long terme, à travers de nouveaux outils multilatéraux, à l'image du Fonds asiatique et à travers une nouvelle évaluation du risque des projets. Les Chinois souhaitent des partenariats entre groupes européens et chinois pour conquérir des parts de marché le long de cette route, pour créer des synergies dans les capacités technologiques, administratives et commerciales. C'est une chance pour l'Europe dans les projets de transports et les services urbains, où la France est en pointe (eau potable, électricité, éclairage, hôtels), ainsi que pour des partenariats communs à destination de pays tiers, africains par exemple. L'Europe prendrait la mesure de ce défi en s'efforçant d'articuler le plan Juncker d'investissement de 300 milliards d'euros à une feuille de route définie en commun autour du thème de la route de la soie.
C'est une vision politique qui lutte contre la propagation de l'islamisme du Moyen-Orient au nord du Caucase jusqu'à l'Asie centrale par le développement. C'est également un outil pour articuler la relation nouvelle entre la Chine et la Russie, à l'heure du mégacontrat gazier de 400 milliards de dollars et de nombreux projets communs, notamment en Sibérie. Se tourner vers l'ouest, c'est se donner le choix de sa politique, éviter le face-à-face avec les Etats-Unis et contourner l'endiguement par le « collier de perles ».
Troisième raison, c'est une matrice pour un nouveau multilatéralisme. D'une part, il s'agit de créer de nouvelles institutions multilatérales à projet, qui seront jugées sur leurs résultats. D'autre part, c'est l'occasion d'ouvrir des cercles existants, comme l'Organisation de coopération de Shanghai, à des pays européens pour renouveler le dialogue. Cela peut permettre aussi de trouver des cadres de discussion et de projets plus souples entre l'Europe et la Russie, notamment pour trouver les 30 milliards nécessaires à la stabilisation de l'Ukraine.
Ce fil entre Est et Ouest reste à saisir. Ce sera faire de la politique autrement, par la force des projets économiques, en donnant un cap à nos entreprises. C'est une tâche qui doit mobiliser l'Union européenne, les Etats, mais aussi les collectivités locales, les chambres de commerce, les entreprises, sans oublier les universités et les think tanks.
La politique étrangère chinoise prend la route de la soie
La Nouvelle Route de la soie --> HuffingtonPost, 06/03/2015
Au cœur de la « nouvelle route de la soie », --> LeMonde, 14/08/2015
Doc. Arte : Vers Une Nouvelle route de la soie.
L'Union européenne et la Chine sur les nouvelles routes de la soie
En quatre décennies, la carte de l'Eurasie a été profondément transformée, ce qui est devenu l'Union européenne un an après la désintégration de l'URSS se compose de 28 Etats membres formant la première économie du monde, et la Chine a progressivement retrouvé une position de centralité au sein d'un monde multipolaire.
Un commerce bilatéral atteignant 467 milliards d'euros l'an dernier est synonyme d'interdépendance économique entre Pékin et Bruxelles, l'UE est, en effet, le premier partenaire commercial de la République populaire de Chine, alors que cette dernière est, après les Etats-Unis d'Amérique, son deuxième partenaire économique.
Toutefois, la juste appréciation de ce qui a été accompli ne doit pas détourner des changements au sein des deux régions qui ont déjà modifié la façon dont elles se perçoivent et s'approchent par leur diplomatie.
Comme l'a illustré l'incapacité de l'UE à lever un embargo anachronique sur les armes en direction de Pékin, mais aussi l'échec de la coopération sino-européenne dans le domaine des systèmes de navigation par satellite, il a été souvent difficile pour Bruxelles de mettre en œuvre une politique autonome dans ses relations avec le Pays du Milieu.
Dans la conduite de sa politique extérieure, Pékin a intégré le fait qu'un groupe composé de 28 membres ne sera pas en mesure dans un futur prévisible de mener une diplomatie véritablement indépendante. Si le manque de cohésion de l'UE a érodé la puissance de l'UE, la montée de l'euroscepticisme qui a suivi la crise financière de 2008 affecte sa capacité à agir. Face à ces limitations intrinsèques et à ce qui ressemble de plus en plus à une paralysie de l'UE, les Etats-Unis sont le principal interlocuteur de Pékin sur les questions stratégiques, et, en ce qui concerne l'Europe, la Chine a réactivé ses relations avec les Etats membres à la grande satisfaction de Berlin, Paris, Londres ou Rome, mais contribuant aussi à l'éclipse de Bruxelles.
Aucune tension commerciale sérieuse ne complique les liens entre les deux continents dans la mesure où ce sont les échanges relativement équilibrés sino-allemands représentant 30% du commerce total sino-européen qui dominent les relations UE-Chine sur le plan économique.
Ces relations sont certes solidement ancrées dans la relation spéciale liant Berlin et Pékin, mais cette dernière leur fait aussi de l'ombre. L'Allemagne, leader réticent de l'Europe, ne pourra d'ailleurs pas se transformer au-delà des frontières de l'UE en un chef d' orchestre moteur des relations trans-continentales.
Avec le commerce sino-européen, le soutien de la Chine à la monnaie européenne depuis son entrée en circulation et la confiance continue de Pékin dans la zone euro aux pires moments de la crise de la dette souveraine grecque, créent une disproportion frappante entre le poids économique et financier des relations UE-Chine et leur légèreté, ou quasi insignifiance, politique et stratégique.
Alors que la promesse de l'émergence de Bruxelles comme un pôle indépendant de puissance politique n'a pas été tenue, la façon dont la Chine est perçue par Bruxelles évolue également. Préoccupé à l'est par la situation en Ukraine, inquiet du désordre politique au sud qui génère des pressions migratoires, et faisant face aux fragilités persistantes de la zone euro et aux incertitudes induites par le référendum britannique, Bruxelles a, pourrait-on dire, pivoté vers l'Europe au moment où d'autres déploient des stratégies globales.
Dans ce contexte, le risque est que Pékin ne soit plus considéré par l'UE comme l' une de ses premières priorités, le ralentissement économique de la Chine, renforçant indirectement ce pivot vers l'Europe de Bruxelles.
Pourtant, les fluctuations de court terme ne sont évidemment pas les tendances sur le long terme, c'est sur l'idée qu'en 2050 l'économie chinoise sera le double de l'économie américaine que l'attention des stratèges européens doit se fixer. La facilitation du commerce, la construction de la Nouvelle Route de la Soie et l'exploration d'une Nouvelle Route de la Soie numérique peuvent donner un nouvel élan aux relations UE-Chine.
Un accord sur l'investissement est clairement nécessaire, mais le commerce UE-Chine peut aussi être stimulé par la poursuite de l'ouverture réciproque des deux marchés. Alors que les conditions sont créées pour l' intensification du commerce trans-Pacifique et transatlantique, la Chine et l'UE doivent ouvrir un nouveau chapitre de leurs échanges économiques alors que Pays du Milieu est devenu le grand marché du monde.
C'est autour de la stratégie de la Nouvelle Route de la Soie avec l'objectif d'une meilleure connectivité en Eurasie et à travers l'océan Indien que le président chinois Xi Jinping a organisé son action diplomatique. Pékin et Bruxelles doivent se mobiliser afin de créer les conditions politiques et financières pour que leurs entreprises construisent ensemble les infrastructures qui feront de la Nouvelle Route de la Soie une réalité.
C'est dans ce cadre, qu'à côté du Fonds pour la Nouvelle Route de la Soie, de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures, de la Nouvelle banque de développement, la Chine et l'UE pourraient lancer un Fonds sino-européen pour la Nouvelle Route de la Soie.
Si Bruxelles ne répondait pas à l'appel de Pékin pour construire la Nouvelle Route de la Soie, la Chine poursuivrait son but seule ou avec d'autres partenaires pro-actifs et l'UE se retrouverait rapidement à la périphérie d'un réseau économique et diplomatique réalisé en des termes définis par le Pays du Milieu.
Google et Baidu, Twitter et WeChat, YouTube et Youku, eBay et Alibaba symbolisent les grandes découvertes du numérique qui ont ajouté une nouvelle dimension à la politique et à l'économie mondiale. Les Européens se sont contentés de regarder les Américains et les Chinois exploiter les e-terrae incognitae et ils ont été des spectateurs passifs du grand jeu numérique autour du Pacifique, mais si l'Europe veut être plus qu'un utilisateur du numérique américain et, bientôt, du numérique chinois, elle doit non seulement être attentive à la créativité de la Silicon Valley, mais il lui faut aussi trouver des synergies avec l'e-Chine sur une Nouvelle Route de la Soie numérique pas encore entravée par la cyber méfiance.
Un trio non-exclusif UE-Chine-Etats-Unis est une étape nécessaire vers une multipolarité organisée, ni le G2 sino-américain, ni l'alliance occidentale euro-américaine ne peuvent se substituer à un tel tripode géopolitique, source de stabilité et de prospérité sur le long terme. Mais ce trio restera inachevé si le partenariat UE-Chine n'est pas à la hauteur de la vitalité des liens euro-americains et sino-américains.
Lorsque la Chine et l'Europe coopèrent, c'est le dialogue entre deux anciennes civilisations qui est à l'œuvre. Dans un monde menacé par le choc des civilisations, les synergies sino-européennes sont la démonstration que les cultures peuvent se développer par des enrichissements mutuels.
Invitation à réinterpréter les nombreux sens de l'ancienne Route de la Soie, la Nouvelle Route de la Soie est aussi le projet de nouvelles fécondations croisées, la promesse d'harmonies futures.
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Romano Prodi a été le président du Conseil des ministres de la République italienne (1996-1998, 2006-2008) et le président de la Commission européenne (1999-2004).
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David Gosset, directeur de l'Academia Sinica Europaea à la China Europe International Business School (CEIBS), est fondateur du Forum Europe-Chine et de la New Silk Road Initiative.
>>> DEC2016. Comment la Chine lance une "nouvelle route de la soie L'Obs
>>> L’UE lève ses sanctions contre la Biélorussie
Les ministres des affaires étrangères des Etats membres de l’Union européenne ont décidé, lundi 15 février, de lever la quasi totalité des sanctions européennes frappant le régime autoritaire biélorusse. Cette décision prise à l’unanimité des Vingt-Huit ne faisait guère de doutes, mais elle entérine le tournant engagé ces derniers mois dans les relations entre Bruxelles et Minsk.
Trois entreprises et 170 personnalités biélorusses privées de visas et dont les avoirs étaient gelés dans l’UE sont concernées, en tête desquelles l’inamovible président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994 et un temps qualifié de « dernier dictateur d’Europe » par la diplomatie américaine.
L’embargo sur les armes reste, lui, en vigueur pour une période de douze mois, de même que les mesures restrictives contre quatre individus liés aux disparitions non résolues de deux figures de l’opposition.
Rapprochement à la faveur de la crise ukrainienne
Cette décision européenne prise à l’unanimité est loin d’être une surprise. Le 29 octobre, Bruxelles avait suspendu pour une durée de quatre mois les mesures restrictives prises progressivement contre Minsk à partir du début des années 2000. Seule une dégradation soudaine de la situation des droits de l’homme dans le pays aurait pu entraîner un retour en arrière.La décision des Vingt-Huit confirme surtout le succès de la stratégie engagée à la faveur de la crise ukrainienne par M. Loukachenko. Le président biélorusse s’est opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie, avant de se rendre à la prestation de serment de son homologue ukrainien Petro Porochenko, et de s’imposer comme un intermédiaire incontournable en accueillant les négociations de paix sur le Donbass de septembre 2014 et février 2015. « Il a démontré qu’il avait une vraie politique extérieure, qu’il n’était pas une marionnette de Moscou », expliquait alors un diplomate européen pour justifier la « main tendue » de l’UE.
Les caisses sont vides
Pour parachever ce rapprochement et obtenir la suspension des sanctions, Minsk a aussi dû envoyer des signes de bonne volonté : le 22 août 2015, les six derniers prisonniers politiques détenus par le régime étaient libérés « pour raisons humanitaires » ; le 11 octobre, la réélection de M. Loukachenko (83,5 %), quoique jugée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) non conforme aux standards démocratiques, s’est déroulée dans le calme, loin des scènes de répression qui avaient suivi le scrutin de 2010.Il ne s’agit pas pour Minsk de couper les ponts avec Moscou ou de chercher un renversement d’alliance, impossible tant l’économie biélorusse dépend de celle de son grand voisin, et que ne recherche pas non plus Bruxelles. Mais la politique ukrainienne de la Russie a effrayé les dirigeants biélorusses qui espèrent, en se rapprochant de l’UE, s’offrir de nouvelles marges de manœuvre dans les discussions avec le Kremlin. Le facteur économique joue un rôle non moins central : à Minsk, les caisses sont vides et Moscou distribue désormais ses subsides avec parcimonie. La levée des sanctions doit ouvrir à la Biélorussie l’accès aux crédits occidentaux.
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