samedi 26 décembre 2015

International

Géorgie 

>>> DEC2020 La Géorgie décroche une place de choix à la Cour pénale internationale

Un diplomate géorgien a été élu juge à la Cour pénale internationale, une première pour un pays qui attend les résultats d’une enquête portant sur des crimes de guerre présumés au cours du conflit éclair avec la Russie en 2008. Euractiv

 

Accord de libre-échange panasiatique

>>> NOV2020 Tout comprendre à l'accord de libre-échange panasiatique, le plus important du monde. Ce Partenariat régional économique signé par 15 pays d'Asie et du Pacifique devient l'accord commercial le plus important du monde en termes de Produit intérieur brut. Lexpress

 

 Pendant que ça tergiverse en Europe, l'Asie agit :

>>> NOV2020 L’Asie s’invente un avenir basé sur la coopération et le libre-échange Lopinion

 

  Haut-Karabakh (Arménie)

>>> NOV2020 Vu d’Ukraine. Non, le Haut-Karabakh n’est pas le Donbass

Depuis l’aggravation du conflit dans le Caucase, de nombreux médias ukrainiens se sont mis à comparer ces événements à l’annexion de la Crimée et aux affrontements dans le Donbass. Une comparaison erronée, voire néfaste pour Kiev, estime Oukraïnska Pravda.

(…) Pourquoi ne peut-on comparer le Haut-Karabakh ni à la Crimée ni au Donbass ? À la différence de ces régions ukrainiennes occupées par la Russie, le conflit dans le Karabakh n’est pas artificiel. CI

 

Chine

>>> SEPT2020 La Chine se dit prête pour une guerre contre les Etats-Unis dans une vidéo. Dans cette vidéo de propagande, la Chine semble bombarder une base américaine importante, située dans l’océan Pacifique. Lobs

 
Chine

>>> SEPT2020 « Une évolution profonde et durable se dessine au Moyen-Orient : l’émergence de la Chine » . Dans sa chronique, Alain Frachon, éditorialiste au « Monde », relève que, sans se froisser avec aucun des pays de la région, pourtant féroces les uns avec les autres, la Chine a réussi à se faire une place de choix dans cette partie du monde. Lemonde

>>> SEPT2020 La Chine est-elle déjà la première puissance mondiale ?
OPINION. Les États-Unis redoutent de voir la Chine leur passer devant et s’imposer comme la première puissance mondiale. Pourtant, dans bien des domaines, c’est déjà le cas… Par Eric Martel, Docteur en Sciences de Gestion/Chercheur associé au LIRSA au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM) LaTribune


Biélorussie
>>> AOUT2020 Pourquoi la Biélorussie de 2020 n'est pas l'Ukraine de 2014
La rue conteste la réélection du dictateur Loukachenko, mais ne cible pas l'allié russe. Après l'annexion de la Crimée il y a six ans, Moscou souhaite cette fois éviter une intervention militaire. Lexpress

>>> AOUT2020 En Biélorussie, face aux marées humaines, Loukachenko se tourne vers Moscou. Les estimations du nombre de manifestants, dimanche, vont de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de milliers de personnes. Un tournant dans la mobilisation. Lemonde

>>> AOUT2020 Biélorussie : Loukachenko rejette la médiation offerte par des pays européens, la Russie propose une « aide » sécuritaire. Plusieurs milliers de manifestants sont à nouveau rassemblés samedi à Minsk. Le président Alexandre Loukachenko, qui s’est entretenu avec Vladimir Poutine, a évoqué [mais comme d'hab, on s'en fout de ce que dit Poutine] des « éléments d’interférence extérieure » dans la contestation qui vise sa réélection. Lemonde

>>> FEV2020 Syrie : Ankara convoque un conseil de sécurité d'urgence sur Idleb
(...) "En violation des accords de Sotchi, la partie turque continue de soutenir des groupes armés illégaux dans la zone de désescalade d'Idleb par des tirs d'artillerie", a déclaré le ministère, indiquant que la Turquie avait également recours à des drones. (LExpress)
Et en matière de violation d’accord, la Russie s’y connaît…

>>> FEV2020 C’est l’ancien monde qui agonise à Idlib
CHRONIQUE. Faute d’une stratégie cohérente et conséquente, le monde assiste impuissant au calvaire d’un million de civils au cœur de l’hiver syrien. Une tragédie qui marque la fin d’une idée, longtemps défendue par la France, le « droit d’ingérence humanitaire », note Pierre Haski. Lobs


>>> DEC2019 Syrie: plus de 235.000 déplacés du fait des récents combats dans le nord-ouest, selon l'ONU (Lemonde)
Les neuneus poutinolâtres pourront remercier leur idole lorsque des migrants viendront trouver refuge en Europe...

Alliance orientale :
>>> DEC2019 L’Iran, la Chine et la Russie vont mener un exercice naval en mer d’Oman Opex360



>>> DEC2019 Syrie: Trump appelle Moscou, Damas et Téhéran à cesser le «carnage» de civils à Idleb LeFigaro 
C'est sûr : Moscou, Damas et Théhéran vont avoir très peur !



>>> DEC2019 « L’inauguration du gazoduc géant Power of Siberia constitue une étape essentielle du rapprochement entre la Chine et la Russie » Lemonde

>>> DEC2019 Vladimir Poutine et Xi Jinping inaugurent le premier gazoduc russo-chinois
Les deux dirigeants ont salué un projet "historique", qui connectera à terme via 3000km de tuyaux les gisements de Sibérie orientale et la frontière chinoise.
Le président russe Vladimir Poutine et son homologue chinois Xi Jinping ont salué ce lundi le lancement "historique" du premier gazoduc reliant les deux pays, lors de la cérémonie d'inauguration de ce tube baptisé "Force de Sibérie". 
C'est "un événement véritablement historique, non seulement pour le marché mondial de l'énergie, mais avant tout pour vous et moi, pour la Russie et la Chine", a déclaré Vladimir Poutine lors d'une vidéo-conférence en duplex retransmise à la télévision russe. Ce projet "portera la coopération stratégique russo-chinoise à un tout autre niveau", a-t-il ajouté. Lexpress

>>> DEC2019 « Nixon, Clinton, Trump et le souffle de la destitution »
A l’aune de ce qui a été reproché à ses plus récents prédécesseurs ayant fait l’objet d’un « impeachment », l’actuel président américain a commis un forfait autrement plus grave, analyse dans sa chronique Alain Frachon, éditorialiste au « Monde ».
Chronique. Washington, juillet 1974. Richard Nixon vit ses dernières semaines à la Maison Blanche, traqué, épuisé, émotionnellement vidé. La procédure de destitution lancée contre le 37président américain va aboutir, assurait-on dans la capitale fédérale. Le républicain vient d’être mis en accusation par une commission de la Chambre des représentants. Le Sénat va le destituer, le chasser de la Maison Blanche, accomplir cet acte politique fracassant : défaire le verdict du suffrage universel – au nom du comportement « hautement délictuel » du président.

Plutôt que subir cette humiliation, Nixon, le 9 août, préférera démissionner. Mais la procédure de destitution menée contre lui passe aujourd’hui pour avoir été un « modèle », la référence, l’impeachment tel que l’ont voulu les rédacteurs de la Constitution, et très exactement tout ce que ne sera pas la procédure menée ces jours-ci à l’encontre du 45e président, Donald Trump. Pourquoi ? Lemonde

>>> DEC2019 Un gazoduc à 55 milliards de dollars, symbole de la nouvelle entente entre Pékin et Moscou Lopinion



>>> NOV2019 En visite en Autriche, Loukachenko veut rapprocher le Bélarus de l'UE 
(...) Alexandre Loukachenko est passé maître dans l'art de louvoyer entre les Occidentaux et la Russie, avec qui il discute depuis des années d'une hypothétique unification des deux pays.
Ses relations avec Vladimir Poutine traversent régulièrement des périodes de frictions. Le Bélarus s'est ainsi récemment brouillé avec Moscou sur une question de modification de la politique fiscale russe et M. Loukachenko avait critiqué l'annexion de la Crimée par Moscou. Lobs


>>> NOV2019 Jeux vidéo, cinéma, médias, réseaux sociaux : comment la Chine étend sa censure en Occident.   Les censeurs de Pékin ont accru leurs exigences depuis l’arrivée au pouvoir de Xi Jinping. Et trouvent du répondant dans de nombreuses firmes occidentales. Lemonde

23 juillet 2019
>>> Le Programme frontières de l'Union Africaine
Plus de 26 frontières africaines ont été re-délimitées par le Programme frontières de l'Union Africaine depuis 2007. Pourquoi et comment sommes-nous en train d'assister à une re-délimitation des frontières de l'Afrique ?

Le partage de l’Afrique commencé à la fin du XIXe siècle n’est toujours pas terminé. L’histoire de ces frontières créées à la hâte dans des chancelleries européennes avec une connaissance quasi inexistante des États africains est pourtant relativement bien connue. Cette méconnaissance des réalités africaines par les Européens du XIXe siècle a conduit à une délimitation souvent grossière (mais pas toujours) des colonies africaines, tant sur le plan juridique que pratique, et a encore des conséquences aujourd’hui.
Pourtant, les frontières entre les différents empires coloniaux ont été délimitées de manière relativement précise par des traités internationaux au début du XXe siècle. Le travail pratique des commissions des frontières était particulièrement important pour l’érection de points de repère physiques le long des frontières internationales. Cependant, beaucoup de ces points de repère ont disparu aujourd’hui. En outre, les frontières coloniales créées au sein des empires coloniaux ont rarement été délimitées avec précision et leur localisation peut s’avérer difficile. Par exemple, la frontière entre le Niger et le Nigéria était mieux définie que celle entre le Niger et le Mali. La première séparait une colonie française et britannique (voir ce que j’ai écrit sur le Borno) tandis que la seconde n’était qu’une limite entre deux colonies françaises.

Lorsque les pays africains sont devenus indépendants entre les années 1950 et 1970, les dirigeants nouvellement élus ont difficilement remis en question cet héritage et des limites coloniales mal définies sont devenues des frontières internationales. Malgré l’importance des idées panafricanistes dans quelques pays et parmi la diaspora, les frontières coloniales sont restées intactes. Créée en 1963, l’Organisation de l’unité africaine (OUA), malgré son nom, a consacré leur existence. La résolution de 1964 de l’OUA au Caire « déclare ainsi solennellement que tous les Etats membres s’engagent à respecter les frontières existant au moment où ils ont accédé à l’indépendance ». Les frontières créées à la hâte en Europe à des fins coloniales deviennent ainsi en quelques années des frontières internationales.
Afin de préserver ces frontières, l’OUA a toujours déclaré que ses États membres devaient affecter une partie de leur budget à leur démarcation des frontières. Cependant, cet engagement n’a pas réellement porté ses fruits. Les difficultés économiques et politiques ont rendu ce projet irréalisable jusqu’au début du XXIe siècle. C’est la raison pour laquelle l’organisation qui a succédé à l’OUA, l’Union africaine (UA), a créé le Programme frontières de l’Union africaine à Addis-Abeba (Éthiopie) en 2007.
Comme les deux tiers des frontières africaines n’ont jamais été délimitées avec précision sur le terrain, sa tâche est colossale. Des progrès ont déjà été constatés et à la fin de 2018, plus de 26 frontières africaines avaient été délimitées par ce Programme frontières (4 700 km sur 83 500 km). De plus, le Programme frontières a créé une dynamique pour ses États membres qui ont signé un nombre considérable de traités, de protocoles d’entente et de protocoles depuis 2007.
Tout comme pour l’UA en général, la résolution des conflits et le maintien de la paix sont des objectifs évidents pour le Programme frontières et l’un de ses principaux objectifs est de prévenir les différends frontaliers. Le Programme frontières entend empêcher des différents frontaliers entre Etats membres de l’UA. Par exemple, l’existence présumée de ressources en gaz naturel et minérales à la frontière entre le Mali et le Burkina Faso aurait été à l’origine de deux guerres courtes en 1974 et en 1985. Le conflit a été réglé par la Cour internationale de Justice en 1986. Le Programme frontières aurait donc pour but d’empêcher les institutions internationales de s’immiscer dans les affaires africaines. Son rôle dépasse la simple technicité apparente de la démarcation des frontières.
Les dimensions développementales et économiques du Programme frontières sont extrêmement claires. Le Programme frontières n’hésite pas à utiliser un langage inspiré par le consensus de Washington et cherche à promouvoir le libre-échange. Les frontières ne doivent pas être considérées comme un obstacle, mais doivent offrir des opportunités économiques aux communautés et aux États frontaliers. Ses activités sont principalement axées sur les populations vivant dans les zones commerciales des régions déchirées par des conflits. Par exemple, la région frontalière entre l’Ouganda et la République démocratique du Congo.
L’UA et son Programme frontières sont officiellement responsables pour la diffusion de la conception dite westphalienne des frontières et de la souveraineté. Cette conception qui tire son origine d’Europe et du traité de Westphalie de 1648 revient à faire rentrer les pays africains dans un système international. Cette intégration politique et économique qui rappelle l’Union européenne n’est pas une coïncidence, le Programme frontières étant financé par la coopération allemande (Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit ou GIZ). Avec plus de 47 millions d’euros investis dans le Programme frontières, les Allemands et donc les Européens continuent toujours à influencer la création des frontières en Afrique même si à la différence de la fin du XIXe siècle, les décisions sont prises maintenant par les dirigeants africains membres du Programme frontières.




4 juillet 2019 (Iran)
>>> "Le 7 juillet", l'Iran enrichira l'uranium "autant que nécessaire"
L'Iran a annoncé mercredi qu'il mettrait à exécution dès dimanche sa menace d'enrichir l'uranium à un degré supérieur à la limite fixée par l'accord international sur son programme nucléaire. Challenges
L’Iran considère, avec raison, qu’un accord international, ça ne vaut rien.
On l’a vu avec la Russie qui a annexé des territoires de l’Ukraine. Un accord international – la mémorandum de Budapest en l’occurrence - avait pourtant été signé par les grandes puissances, qui lui garantissait ses frontières, en échange de la destruction de son arsenal nucléaire. On voit ce qu’il en est aujourd’hui. La Russie a violé l’accord qu’elle avait signé, et les autres puissances signataires ne sont quasiment pas intervenues pour la protéger.
On l’a vu avec Les Etats-Unis. Un accord international avait été signé entre l’Iran et les grandes puissances de ce monde. Trump s’est retiré.

Alors, oui, un accord international, le droit international, ça ne vaut hélas plus rien aujourd’hui. C’est inquiétant, c’est regrettable, mais c’est la réalité.

17 juin 2019 (alliance sino-russe)
>>> Salon du Bourget : la menace sino-russe plane sur le duopole Airbus-Boeing LaTribune

4 juin 2019 (alliance sino-russe)
>>> Xi Jinping et Vladimir Poutine, « best friends » avec bénéfices partagés.
 La valeur des échanges commerciaux entre la Russie et la Chine s’est élevée à 108,28 milliards de dollars l’an dernier, contre 88,84 milliards en 2013 Lopinion

26 mars 2019 (Chine)
>>> La Chine, magistrale stratège de l’ambiguïté (Lemonde)

26 mars 2019 (Golan)
>>> Golan : à l'ONU, 5 pays européens rejettent la décision américaine.
"Nous ne les considérons pas comme faisant partie du territoire de l'Etat d'Israël", ont insisté les ambassadeurs de l'Allemagne, de la France, du Royaume-Uni, de la Belgique et de la Pologne.
(...)  En application des résolutions de l'ONU, "nous ne reconnaissons pas la souveraineté d'Israël sur les territoires occupés par Israël depuis juin 1967, incluant le plateau du Golan", ont souligné les ambassadeurs de ces pays européens. (Lobs)
Trump fait du Poutine : il s'assoit sur le droit international. Quelques pays européens sauvent heureusement l'honneur de l'Occident.

25 mars 2019 (Chine)
>>> « Pékin continue d'entrer par les points faibles et les angles morts de l'Europe »
Pour les Européens, poursuivre les relations avec la Chine sans se coordonner davantage, c'est prendre le risque de s'affaiblir, explique François Godement, conseiller pour l'Asie à l'Institut Montaigne. (LesEchos)
>>> L'Italie est le premier pays membre du G7 à y participer. Son président du conseil Giuseppe Conte a déclaré vouloir « saisir toutes les opportunités pour rééquilibrer notre balance commerciale déficitaire avec Pékin en se rapprochant de la Chine ». Il a surtout accentué un peu plus l'isolement de l'Italie qui a nourri les craintes de ses alliés historiques sans les consulter sur ce dossier. De Washington à Berlin en passant par Paris, on s'est inquiété de l'ingénuité et de l'impréparation d'un gouvernement italien qui ouvre en grand les portes à un rival commercial et de plus en plus géostratégique de l'Occident. (LesEchos)

24 mars 2019 (Chine)
>>> Comment la Chine manipule l'information dans le monde. Le rapport que rendra public Reporters sans frontières sur la désinformation chinoise, lundi, est accablant pour le régime de Xi Jinping. (LeJDD)


20 mars 2019 (Chine)
>>> « La Commission européenne appelle enfin un chat un chat et la Chine un “rival systémique” »
A la veille de l’arrivée de Xi Jinping, l’UE prend enfin la mesure du défi chinois, mais sans pouvoir s’appuyer sur les Etats-Unis, qui jouent solo, constate, dans sa chronique, Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ». Lemonde

28 février 2019 (Venezuela)
>>> Veto russe et chinois à une résolution de l'Onu sur le Venezuela (LaTribune)

18 février 2019 (monde post-occidental)
>>> Trump, Bolsonaro, Poutine: la diplomatie de Netanyahou mise sur les régimes autoritaires. Trump, Bolsonaro, Poutine, ou encore Orban, la diplomatie de Netanyahou mise sur de nouveaux alliés, les régimes autoritaires, et se détourne de l'Europe occidentale. Demain, mardi 19 février, les pays du groupe de Visegrad, invités à Jérusalem, sont à l'honneur. (Challenges)
>>> Bienvenue dans un monde post-occidental.
CHRONIQUE. Le conflit syrien, plus que nul autre événement, a servi de révélateur à la reformulation des équilibres mondiaux, note Pierre Haski.
Comment nommer notre époque ? Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, nous avons traversé la "guerre froide", l'"après-guerre froide", puis le temps du "monde unipolaire" ou, pour reprendre le mot d'Hubert Védrine, celui de l'"hyperpuissance" américaine… Et maintenant ?
Les analystes hésitent entre la "fin de l'après-guerre froide", ou carrément l'"après-après-guerre froide", ou l'émergence d'un "monde multipolaire", voire bientôt "bipolaire" (Etats-Unis - Chine). Mais l'expression la plus juste serait sans doute le "monde post-occidental" ; car s'il est une donnée fondatrice de cette période historique, c'est la fin du monopole du pouvoir occidental. Ce n'est pas venu du jour au lendemain, et nous n'en avons pris conscience que progressivement. L'Obs


7 février 209
>>> La France annonce son entrée en guerre au Tchad contre des groupes armés venus de Libye OuestFrance

1er février 2019 (Alliance occidentale)
>>> Les États-Unis et l’UE renforcent leur coopération en matière de cybersécurité (Euractiv)

01/02/2019
>>> Comment l’UE veut commercer avec l’Iran, en échappant aux sanctions américaines
Un « canal financier » complexe, baptisé Instex, a été créé en France, sera dirigé par un Allemand et aura pour actionnaire le Royaume-Uni.
La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont officialisé, jeudi 31 janvier, la mise en place d’un système permettant de poursuivre le commerce avec l’Iran tout en échappant aux sanctions décrétées par les Etats-Unis. Le mécanisme, baptisé Instex (l’acronyme anglais pour « instrument de soutien aux échanges commerciaux »), sera enregistré en France et localisé à Paris. La structure sera dirigée par un banquier allemand, Per Fischer. (Lemonde)


>>> JAN2019. Syrie : les clés pour comprendre la revanche de Bachar el-Assad.
DÉCRYPTAGE - Au début du conflit syrien, Bachar el-Assad était un pestiféré, pour qui les jours étaient comptés. Huit ans plus tard, épaulé par l'Iran et la Russie, le raïs de Damas a reconquis les deux tiers du territoire, fait figure de sauveur pour les Kurdes et normalise ses relations diplomatiques. LeFigaro

>>> JAN2019. Le désastre kurde en Syrie. Le pari occidental sur une milice kurde pour lutter contre Daech en Syrie était voué à l’échec, un échec qui s’avère aujourd’hui désastreux. Filiu

>>> DEC2018. Sciences: comment la Chine vise l'excellence. Depuis 1995, le gouvernement chinois investit massivement dans ses facs pour qu’elles atteignent l’excellence en matière de recherche. Et les résultats sont làChallenges

>>> DEC2018. La Russie pousse ses pions au Liban.
Après avoir soutenu militairement jusqu'au bout Bachar El-Assad en Syrie, Moscou mène une offensive de charme chez son voisin libanais. LeJDD

>>> DEC2018. La France mise hors jeu dans le conflit syrien.
 Alors que les Kurdes syriens lui demandent un soutien diplomatique, voire une protection militaire, la France n’a jamais semblé autant isolée sur ce dossier. Lemonde
Pas vraiment une surprise. Dans le monde actuel, la France seule est une puissance moyenne, qui pèse peu en comparaison des grands "blocs" mondiaux. Au moins, le retrait américain a clarifié les choses.
D'où l'absolue nécessité d'opérer au niveau européen. Et donc de créer une armée européenne.

>>> DEC2018. Syrie: l'armée de Bachar al-Assad répond à l'appel à l'aide des Kurdes. La décision du régime de Damas illustre un revirement d'alliance accéléré par l'annonce du retrait des forces américaines. L'Obs



>>> DEC2018. Vienne veut que l’Europe investisse plus en Afrique.
Le chancelier autrichien a réclamé le 18 décembre plus d’investissements européens en Afrique pour ne pas abandonner le continent aux mains de la Chine. Un article d’Euroefe.

Le monde est ainsi fait. L'UE a des ennemis, qu'elle le veuille ou non. Alors, soit elle se défend, soit elle finira par éclater (ce qui a déjà commencé avec le Brexit). Pour le moment, elle ne se défend pas ; elle « discute », « condamne », « appelle à respecter les traités ». Pendant ce temps, la Russie se bidonne. La Chine fera peut-être de même prochainement.
>>> DEC2018. L’Union européenne a été massivement parité par des hackers selon le New York Times.
Le Service européen d’action extérieure européen a été piraté selon le New York Times jeudi. Le réseau diplomatique de l’UE a été infiltré par des hackers qui pourraient servir les intérêts chinois selon le quotidien américain. OuestFrance

>>> DEC2018. Forte hausse des violences contre les journalistes dans le monde.
(…) "Les violences contre les journalistes atteignent un niveau inédit cette année ; tous les voyants sont au rouge", déclare Christophe Deloire, le secrétaire général de RSF, dans le communiqué de présentation du rapport.
"La haine contre les journalistes proférée, voire même revendiquée, par des leaders politiques, religieux ou des businessmen sans scrupules a des conséquences dramatiques sur le terrain (...)", souligne-t-il.
"Démultipliés par les réseaux sociaux, qui portent à cet égard une lourde responsabilité, ces sentiments haineux légitiment ces violences et affaiblissent, un peu plus chaque jour, le journalisme et, avec lui, la démocratie." Challenges


>>> DEC2018. Les Etats-Unis se retirent de Syrie : une "énorme erreur" aux lourdes conséquences.
(…) Les grands gagnants du retrait américain sont donc les djihadistes, le régime syrien d'Assad, la Russie, l'Iran et la Turquie d'Erdogan.
(…) Au Congrès aussi, les réactions négatives ne se sont pas fait attendre, jusque dans les rangs républicains du président, déjà ulcérés par le soutien apporté par l'administration aux dirigeants saoudiens malgré le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi. L'Obs



>>> NOV2018. Jack Ma, roi du capitalisme et… communiste.
Le fondateur d'Alibaba et première fortune de Chine est, pour la première fois, officiellement identifié comme membre du Parti communiste chinois. LesEchos

>>> NOV2018. "Nouvelles routes de la soie": un business sans frontières.
Avec les « Nouvelles routes de la soie », la Chine étend sa zone d’influence à bon compte. En plaçant sous sa coupe les pays fragiles et en défiant l’ordre libéral. Challenges
Alors que la Chine avance ses pions pour améliorer les interconnexions entre l'Asie et l'Europe, deux camps se dégagent au sein de l'UE : les États signant des accords bilatéraux avec l'empire du Milieu, et ceux préférant que les négociations soient menées à l'échelon communautaire. (Lefigaro)

>>> OCT2018. Affaire Khashoggi : la honte de l’Amérique. ÉDITO. Pour pouvoir conclure le contrat d’armement du "siècle", l’administration Trump semble jusqu’ici prête à fermer les yeux sur le meurtre de Jamal Khashoggi. Un calcul aux lourdes conséquences. L'Obs
>>> OCT2018. Khashoggi : recherches dans une forêt, une crise majeure se profile entre Ryad et ses alliés L'Obs
>>> OCT2018. 8 questions sur la disparition du journaliste saoudien. Il aurait été assassiné au consulat de son pays à Istanbul. Les tueurs auraient été envoyés par l'Arabie saoudite (L'Obs). Torturé en musique, décapité : un enregistrement révèle l'horreur de l'assassinat de Khashoggi. L'Obs
>>> OCT2018. Arabie saoudite : pourquoi Jamal Khashoggi était un homme à abattre pour Riyad. Issu du sérail saoudien mais critique du régime, hostile à la guerre au Yémen, Jamal Khashoggi était à la fois défenseur de la liberté d’expression et proche des Frères musulmans. Des positions qui lui ont sans doute coûté la vie. L'Obs



>>> OCT2018. Brésil : la percée du «Donald Trump des tropiques»
 (...) Dans un monde où, comme l'observait Guy Debord en 1993, «les actuels moutons de l'intelligentsia (…) ne connaissent plus que trois crimes inadmissibles, à l'exclusion de tout le reste: racisme, antimodernisme, homophobie», il a suffi à Jair Bolsonaro de s'afficher raciste, sexiste, homophobe et xénophobe pour écraser ses adversaires. Ne rions pas trop haut. Cela pourrait nous arriver un jour prochain. Lefigaro
>>> OCT2018. Sanctions et armement : la realpolitik des Etats-Unis.
L'inde et la Russie vont finaliser la vente de systèmes S-400 à l'occasion de la visite jeudi et vendredi à New Delhi du président russe Vladimir Poutine. Les Etats-Unis vont-ils sanctionner l'Inde ou lui accorder une dérogation en contradiction avec la loi CAATSA? Latribune
>>> OCT2018. Le chômage américain au plus bas depuis 1969. Sur les neuf premiers mois de l’année, 211 000 emplois ont été créés en moyenne, en net progrès par rapport aux 182 000 de 2017. Lemonde

>>> OCT2018. Pourquoi une "guerre froide" Etats-Unis - Chine se profile . L'Obs

>>> SEPT2018. Multilatéralisme : vers la fin de l'ordre occidental.
ANALYSE. L'assemblée générale des Nations unies s'ouvre ce lundi à New York sans les dirigeants chinois, indien et russe. Un signe supplémentaire que l'ordre international tel que nous le connaissons a vécu : son épicentre se déplace vers l'est, avec de nouvelles règles et un nouvel acteur majeur, la Chine. Lesechos
>>> SEPT2018. L’Union européenne va créer une entité pour commercer avec l’Iran.
Le dispositif pourrait agir comme une bourse d’échanges permettant aux entreprises concernées d’échapper aux sanctions de Washington. Lemonde


>>> AOUT2018. Le Drian: "America first se transforme en America alone" L'Express
>>> AOUT2018. La Chine creuse l'écart dans le nucléaire de nouvelle génération Lesechos
>>> AOUT2018. Pékin teste son premier porte-avions made in China Lesechos

>>> AOUT2018. Ubu Trump. Cerné par les affaires, Trump s'en prend à son ministre de la Justice, qui réplique. L'Obs

>>> AOUT2018. En une liste de lectures, Barack Obama ridiculise Donald Trump.
L'ex-président qui lit des livres s'adresse, de manière voilée, au président qui n'en lit pas.
Visiblement repu de son été, Barack Obama est venu cruellement rappeler aux Américains qu'il fut un temps où ils étaient gouvernés par un lettré. (… ) Si son bilan n'est pas parfait, on ne peut pas lui enlever ses manières de gentlemen, jusque dans le trolling. Il rappelle simplement que la connaissance est une des clés de la gouvernance. Encore faut-il que l'adversaire comprenne qu'il est insulté. L'Obs

>>> AOUT2018. Iran : les Etats-Unis menacent les pays européens.
Pour faire plier les pays européens, qui s'opposent aux sanctions économiques unilatérales américaines, le conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, John Bolton a expliqué qu'ils devaient choisir entre Téhéran ou Washington. LaTribune


>>> AOUT2018. La “grande bête” a parlé : Donald Trump par John Irving. Bibliobs

>>> AOUT2018. Donald Trump isolé sur la scène internationale.
Tensions avec la Turquie, conflit commercial avec la Chine, Iran...Donald Trump, dans une interview accordée lundi depuis la Maison blanche, dessine un monde conflictuel où les Etats-Unis apparaissent bien isolés. L'Opinion

>>> AOUT2018. Pourquoi Trump veut briser le Rafale.
Le fleuron de l’armement français et ses équipements intègrent des composants américains dont Washington pourrait interdire l’exportation.
 A la veille de sa rencontre avec Vladimir Poutine à Helsinki mi-juillet, Donald Trump s’est fendu d’une phrase que les industriels français n’ont pas oubliée : « L’Union européenne est un ennemi (…) et profite vraiment des Etats-Unis. » Les mots du président de la première puissance mondiale ne sont pas que provocateurs : une véritable épée de Damoclès est suspendue au-dessus du secteur de la défense, et elle se nomme Itar. LePoint



>>> AOUT2018. Guerre commerciale contre la Chine : Trump a-t-il raison ?
Machines à laver chinoises devenues subitement chères aux Etats-Unis contre steaks de bœuf américains hors de prix en Chine. Les raisons d’un tel emballement dans les supermarchés des deux pays ? Un affrontement bien particulier entre Washington et Pékin : une guerre commerciale. Initiée par Donald Trump, qui entend réduire le déficit de son pays, elle consiste à imposer des taxes pour l’importation de certains produits. Mais alors, que peut exactement espérer gagner M. Trump en rendant le marché américain plus difficile d’accès aux produits étrangers ? A l’inverse, quels sont les risques d’une telle politique pour l’économie des Etats-Unis ? Les réponses en vidéo. LeMonde

>>> JUIL2018. Face à Trump, l'UE et le Japon scellent un accord commercial "historique" LeFigaro
>>> JUIL2018. Donald Trump triomphe avec une croissance trimestrielle du PIB de 4,1 % Lemonde

>>> JUIN2018. Trump aurait proposé à Macron de quitter l'Union européenne. Lors de leur rencontre à Washington, le président américain a évoqué l'idée d'une sortie de l'UE de la France pour signer un accord bilatéral avec les États-Unis. L'Express
Comme Poutine, Trump aimerait beaucoup faire éclater l'UE ! 


>>> JUIN2018. La guerre commerciale entre Chine et USA va-t-elle dégénérer en troisième guerre de l’opium ? [Un bon article, au ton satirique bienvenu]
(…) Les Marines sauront bien contraindre les chinois à boire du café Starbucks,  se goinfrer dans les McDonald's jusqu’à l’obésité, aller voir les innombrables suites de "Star Wars", et, pourquoi pas, absorber les médicaments opioïdes qui ravagent les États-Unis, pour le plus grand profit de quelques compagnies pharmaceutiques. L'Obs

>>> JUIN2018. "Trump veut saper l'Union européenne" . L'historien Thomas Snégaroff, spécialiste des Etats-Unis, analyse la stratégie de Trump quand il critique Angela Merkel. L'Express
>>> JUIN2018. Donald Trump, le démolisseur de l'idéal américain L'Express

>>> JUIN2018. Acier: l'UE riposte aux Etats-Unis, une guerre commerciale mondiale débute. L'Union européenne a lancé vendredi sa contre-offensive dans le conflit commercial qui l'oppose à Donald Trump en imposant des droits de douane additionnels sur des dizaines de produits américains, comme les jeans, le bourbon ou les motos. Challenges



>>> JUIN2018. Chine: Einstein avait tout faux.
(...) Einstein était un grand savant mais il était bien médiocre en géopolitique : il ne pouvait imaginer que les Chinois auraient déjà en 2018, 10 points de quotient intellectuel de plus que les Occidentaux. Et puisque 50 % des jeunes Chinois se disent favorables à l'augmentation du QI des enfants en agissant sur les foetus, le leadership technologique chinois pourrait bien s'accentuer. L'Express

>>> JUIN2018. Tous les pays sanctionnés par l’Europe listés sur une carte du monde LaCroix



>>> MAI2018. Iran : l’UE bloque les sanctions américaines contre les entreprises européennes. Réunis à Sofia, les dirigeants européens ont décidé de remettre au goût du jour un texte de 1996 qui permet de protéger leurs entreprises des sanctions que Washington veut leur infliger si elles poursuivent leurs activités en Iran. CI

Etats-Unis

>>> MAI2018. Nucléaire iranien: après le retrait américain, l’Europe face à ses défis. (...) Avec le retrait américain de l’accord sur le nucléaire iranien, une nouvelle étape est franchie. En choisissant de quitter l’accord, les Etats-Unis s’assoient sur l’un des principes les plus fondamentaux du droit international, un principe tellement ancien qu’il est désigné par une locution latine – pacta sunt servanda –, qui veut que les engagements pris soient respectés.  RFI
Le droit international ne vaut-il que pour les pays de seconde zone ? On peut s'interroger, avec la Russie qui bafoue à son gré le droit international suscitant bien peu de réactions (autres que verbales... mais de cela tout le monde s'en moque), et maintenant avec les Etats-Unis qui ne respectent pas leurs propres engagements.



>>> MARS2018. Guerre commerciale : Washington exempte l’UE des taxes sur l’acier et l’aluminium. Après deux jours d’intenses tractations avec l’administration américaine, la commissaire européenne au commerce a décroché une exemption totale pour l’UE. Lemonde
>>> MARS2018. Avec Trump à la Maison-Blanche, l'Europe et les Etats-Unis sont-ils encore alliés ?  L'Obs
>>> NOV2017. Donald Trump précipite le déclin de la puissance américaineDepuis son élection il y a un an, le président des Etats-Unis affaiblit son pays et sa stature dans le monde. Pour le plus grand bonheur de la Chine et de Xi Jinping.
C'est l’ancien Premier ministre australien Kevin Rudd qui a trouvé la formule la plus assassine, la plus juste aussi : "En moins d’un an, l’Amérique de Donald Trump est devenue la risée ["the laughing stock", en anglais, NDLR] du monde entier", écrit-il dans un article du réseau Project Syndicate.
Le plus grave dans cette description cruelle est que Rudd évoque "l’Amérique de Donald Trump", pas la personne du président. Car si le personnage du milliardaire-devenu-commandant en chef de la première puissance mondiale fait régulièrement rire ou sourire, parfois de manière grinçante, ce qui se produit aux Etats-Unis est d’une autre nature. L'Obs

>>> Trump, une bonne nouvelle pour Moscou

>>> Donald Trump président : un tremblement de terre géopolitique
L’Europe se réveille en se demandant, effarée, si le Grand Frère qui l’a protégée depuis 1945 continuera à assurer sa défense. La panique va probablement s’emparer des pays frontaliers de la Russie, en particulier, les Baltes, l’Ukraine et la Pologne. Non seulement Donald Trump a menacé de réduire l’engagement américain vis-à-vis de l’Otan mais il n’a jamais clairement dit qu’il s’opposerait vigoureusement à une nouvelle aventure militaire de Vladimir Poutine sur ses flancs occidentaux.
(…) Avec l’élection, inimaginable il y a seulement quelques mois, de Donald Trump, le monde entre donc dans l’une des périodes les plus dangereuses depuis les années 60. C'est l'ambassadeur de France aux Etats-Unis Gérard Araud qui le dit (dans un tweet qu'il a depuis supprimé) :
"Après le Brexit et cette élection, tout est désormais possible. Un monde s'effondre sous nos yeux. Un vertige".

>>> Trump ou la revanche des “white trash”
>>> Trump élu président des Etats-Unis : ces incendies qui guettent le monde
>>> Militants, trolls, bots… comment la mobilisation en ligne des pro-Trump a pesé







Chine
La nouvelle route de la soie. Les relations Chine-Europe

>>> AVR2018. L’UE envisage une plainte à l’OMC contre la Chine sur la propriété intellectuelle.
Les pratiques discutables de la Chine en matière de propriété intellectuelle chiffonnent l’exécutif européen.
Pour une société européenne, accéder au marché chinois revèle du parcours du combattant : il lui faut trouver une société locale, créer une structure commune (joint-venture) avant de pouvoir vendre ne serait-ce qu’un verre à dent.
A l’inverse, l’UE est très ouverte aux sociétés chinoises, au point qu’un certain nombre de rachats ont eu lieu ces derniers temps, notamment en Allemagne. Une tendance qui inquiète hommes d’affaires et politiciens : les transferts de propriété intellectuelle liés au rachat de 120 entreprises allemandes par la Chine depuis 2016 pourraient être massifs. Euractiv

>>> AOUT2017. Les « nouvelles routes de la soie » : les ambitions planétaires de Xi Jinping (série de 8 articles)  Lemonde
>>> AOUT2017. Sur les nouvelles routes de la soie, un voyage en cinq étapes LeFigaro

>>> JUIN2017. Macron esseulé sur le contrôle des investissements chinois. Le contrôle des investissements étrangers est une question «très sensible politiquement», a concédé mardi la commissaire européenne au Commerce Cecilia Malmström qui défend une UE ouverte et libre-échangiste, surtout face au protectionnisme prôné par Donald Trump. Certains opposants à cette proposition, comme la Grèce ou le Portugal, ont besoin de ces investissements pour faire tourner leur économie; d’autres, comme la République tchèque ou les pays nordiques, sont attachés à l’ouverture des marchés. Euractiv

>>> MAI2017. Chine : les enjeux d'influence des nouvelles routes de la soie LesEchos
Les navires géants porte-conteneurs qui transportent les très nombreuses marchandises entre la Chine et l'Europe doivent compter avec un nouveau concurrent : le train. Plus cher que le maritime mais beaucoup plus rapide, ce mode de transport s'installe à grands pas dans le paysage.

Des parcours de 10.000 à 13.000 kilomètres selon les lignes, effectués en deux semaines ou un peu plus, sept fuseaux horaires et pas mal de frontières à franchir, via le Kazakhstan, la Russie et la Biélorussie : le chemin de fer est en train de repousser les limites de l'impossible. Alors que le considérable volume de marchandises entre la Chine et l'Europe (393 milliards d'euros l'an dernier dans les deux sens) est quasi entièrement trusté par la voie maritime - et, marginalement par l'avion, nettement plus rapide mais beaucoup plus cher -, le mode ferroviaire, présent depuis 2011-2012, commence à se faire une place au soleil et à détourner une partie du trafic. Nouvelles lignes, nouvelles villes de départ en Chine, fréquence des trains accrue : chaque semaine ou presque donne lieu à des annonces de la part des cinq opérateurs principaux. De quoi relancer le mythe de la route de la soie, ce trait d'union commercial entre l'Orient et l'Occident, dont le parcours était situé bien plus au sud et qui était tombé en sommeil au XVe siècle, miné par la nouvelle route maritime des Indes.
Dans les nouvelles caravanes qui sillonnent les steppes d'Asie centrale, fini soie, laques, épices et pierres précieuses qui transitaient jadis via Samarkand et Boukhara : actuellement, on compte plutôt dans les convois de conteneurs des écrans à cristaux liquides, des produits textiles aux couleurs du Mondial de football, des pneus pour avions (Dunlop Taikoo) ou pour camions (Aeolus), des équipements automobiles pour Fiat ou BMW, du matériel médical (Mindray), des jeux de plage (Set Pool), des moules en plastique, des équipements industriels, et tout ce que compte le rayon bazar de certains hypermarchés français... Un inventaire à la Prévert.

Un schéma complexe

Si la présence de certains acteurs ne doit rien au hasard, découlant par exemple d'une ambitieuse relation commerciale entre les chemins de fer allemands (DB Schenker) et russes (RZD), d'autres ont connu une genèse plus inattendue : « Il y a trois ans, travaillant chez Compal Electronics [un fabricant informatique taïwanais qui assemble pour de grandes marques, NDLR], je cherchais un fournisseur de transport, mais je n'arrivais pas à trouver ce que je voulais. Nous nous sommes alors lancés là-dedans, en nous associant à la firme polonaise de transports HA Trans et à deux sociétés chinoises », explique Sofiane Rachedi, un entrepreneur français qui a monté ses premiers trains réguliers en mai 2013, avec l'aide des autorités locales de Chengdu, en direction de Lodz, plate-forme logistique du centre de la Pologne. La société qu'il préside, YHF Logistics, passe des contrats avec de grands noms de la logistique comme DHL, Schenker, Gefco ou UPS, qui ne possèdent pas le matériel ferroviaire mais trouvent directement les clients et leur marchandise. « Aujourd'hui, le marché décolle, affirme-t-il; en 2014, notre activité devrait être de deux à cinq fois supérieure à celle de l'an dernier. » Et le jeune opérateur prévoit de passer bientôt à deux convois par semaine. « La ligne Chongqing-Duisburg [Allemagne] opère plus de trains que nous, mais nous sommes les plus réguliers, les plus rapides, et nous avons déjà travaillé pour plus de 315 firmes mondiales », se félicite le patron, qui a demandé à ses équipes de ramener dès cette année le temps de parcours à seulement onze ou douze jours.
Sur le plan opérationnel, le schéma est plus complexe qu'il n'y paraît. Car, quel que soit le parcours emprunté (la route nord par la ligne du Transsibérien ou celle au sud via l'immense Kazakhstan), ce n'est pas un train unique qui effectue le parcours total, mais trois ! La raison : l'écartement des voies sur le réseau de l'ex-URSS, plus large qu'en Europe et en Chine (1,52 mètre contre 1,43). Du coup, tous les conteneurs sont transbordés sur un deuxième train à la frontière entre Chine et Kazakhstan, puis sur un troisième à la sortie de Biélorussie. Soit six heures d'immobilisation minimum à chaque fois. Une fois arrivé à Lodz, au bout de treize ou quatorze jours, tout le monde descend : chaque conteneur est chargé sur un camion, puis dispatché vers son client final. Toute l'Europe est ainsi accessible en un ou deux jours de route supplémentaires. Les autres opérateurs appliquent le même plan de transport, en fixant le terminus des trains dans d'autres villes comme Duisburg, Hambourg, Varsovie ou Rotterdam.
Le coût d'un conteneur complet : environ 9.000 dollars pour dix-huit jours de parcours, selon Trans Eurasia Logistics, une société commune créée dès 2008 entre Deutsche Bahn et le russe RZD. Un temps de transit raisonnable, comparé à celui du bateau (de 35 à 45 jours). D'autant plus que les marchandises provenant de la Chine de l'intérieur (qui compte de plus en plus d'usines exportatrices) réclament souvent trois jours de camion avant de parvenir dans les grands ports de la côte est.
Du coup, le portefeuille s'élargit rapidement. Au départ, les premiers trains étaient entièrement réservés par les constructeurs informatiques. « Historiquement, la première connexion Chongqing-Duisburg ouverte en 2012 était surnommée la ligne "DB Schenker-HP" », se souvient un professionnel, en référence à la grosse usine d'ordinateurs portables et d'imprimantes de Hewlett-Packard basée à Chongqing. Vinrent ensuite d'autres services réguliers, pour Compal ou pour Foxconn, assembleur d'Apple, de Sony ou de Nokia. « Notre train, je l'avais fait pour l'informatique; mais, à présent, il y a de tout là-dedans, du chewing-gum à la crème à raser ! », sourit Sofiane Rachedi.
Si, à l'heure actuelle, le chemin de fer ne capte qu'à peine 1 % du trafic total au départ d'Asie, il éveille néanmoins un intérêt croissant. L'an dernier, le nombre de conteneurs circulant par rail entre la Chine et la Russie a progressé de 7 %, à 407.800 « boîtes », puis à nouveau de 8 % au premier trimestre 2014. « Il y a un espace d'opportunité pour le ferroviaire, avec un temps de transit qui se rapproche de l'aérien, selon Gilles Roucolle, partner chez Oliver Wyman. L'offre va se structurer autour d'une combinaison rail-route, comme cela s'est fait massivement sur les parcours entre le Canada et les Etats-Unis. Sur l'axe Chine-Europe, ce marché encore latent pourrait représenter 2 milliards d'euros en valeur, à comparer aux 430 milliards d'euros, tous modes confondus, de 2012. Mais nous sommes encore dans une période où tout le monde n'est pas convaincu par le rail. Celui-ci est plus adapté pour des machines électriques que pour des marchandises à faible densité ou à bas coût », tempère le consultant.

La SNCF hors course

Dans cette âpre bataille transcontinentale qui se met en place, les Français ont surtout regardé passer les trains. Fin 2008, le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, se faisait fort de lancer en trois ans des services de fret ferroviaire entre la Chine et l'Europe (dix jours de voyage maximum, se hasardait-il à l'époque). Depuis, rien. Les tenaces foyers de pertes de Fret SNCF ont ramené l'entreprise publique à la raison et, aujourd'hui, « les Allemands sont de loin les plus gros investisseurs sur ces axes », constate un opérateur. Et une contre-attaque n'est pas pour demain. « Largement assaini, Fret SNCF devrait reprendre son développement vers 2015-2016, qui passera vers l'international. Mais ce sera plutôt sur le proche Europe », glisse une source interne.
Si des sociétés françaises sont présentes sur ces corridors du bout du monde, c'est à moindres frais en termes d'immobilisations financières. Commissionnaire de transport, la petite société mosellane Elisana achète et revend des capacités à bord du train d'YHF originaire de Chengdu, indique son gérant, Mathieu Tinnes : « Ce qui nous a plu, c'est la fréquence, et l'accompagnement dans la solution, notamment informatique. » Idem pour Gefco, le groupe de logistique récemment cédé par PSA Peugeot Citroën au russe RZD, présent en Chine en tant qu'intégrateur, mais sans engager de moyens propres.
« Nous voulons développer le mode ferroviaire sur les flux entre l'Europe et la Russie, comme sur ceux entre la Chine et l'Europe. Des clients nous poussent à étudier ces solutions, explique Luc Nadal, président du directoire de Gefco. Mais, dans le second cas, il n'existe pas actuellement de vrais trains réguliers, ayant déjà atteint un équilibre économique. Le trafic va certes se développer, cependant le modèle est encore fragile. Le problème, c'est le déséquilibre des flux : pour moi, il n'y aura pas de Chine-Europe s'il n'y a pas une base de trafic Europe-Chine. »
Car, pour l'instant, pour se rapprocher des conditions tarifaires du maritime, les autorités municipales des mégalopoles de l'intérieur, comme Wuhan, Chengdu, Zhengzhou, subventionnent massivement les expéditions ferroviaires vers l'Europe, sans réciprocité aucune. Du coup, les marchandises envoyées sont transportées de 30 à 50 % moins cher que celles reçues du Vieux Continent. Et la plupart des conteneurs rentrent à vide vers l'empire du Milieu. Pour corriger le tir, une des pistes consiste à utiliser les conteneurs réfrigérés initialement prévus pour les... tablettes et ordinateurs portables made in China : des exportations de vin français, de porc polonais, de composants automobiles, sont déjà calées vers la Chine. Pas assez cependant pour combler le déséquilibre des flux.
Un point en tout cas semble rassurer des clients qui pouvaient se montrer craintifs au départ : la sécurité de ces trains semble assurée. Souci qui est loin d'être mineur, étant donné la valeur des cargaisons : bien rempli, un conteneur de 13 tonnes d'ordinateurs peut valoir jusqu'à 2,4 millions de dollars... Or, « sur nos 50 premiers trains, qui convoyaient 1.900 conteneurs, nous avons eu zéro vol, se réjouit Sofiane Rachedi. Tout juste une palette d'aspirateurs endommagée par la pluie et un gars qui est entré dans un conteneur pour y dormir... » Plusieurs solutions ont été mises en place pour éviter que la marchandise ne s'évanouisse dans la nature : système de verrouillage des conteneurs, de « tracking » électronique par satellite... Si les convois subissent quelques aléas, rien à voir avec les attaques de diligence : ici, un train retardé de 48 heures au départ, après un tremblement de terre à Chengdu. Un autre jour, une « boîte » bloquée à la frontière polonaise parce que l'expéditeur avait déclaré en douane 2.000 jeans au lieu des 20.000 soigneusement pliés... Peu de choses au vu des volumes transportés, qui ont augmenté de 25 % au cours des cinq dernières années.
Denis Fainsilber, LesEchos, 18/06/2014

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La Chine inaugure sa «Nouvelle route de la soie» (et le trajet en train le plus long du monde) --> à lire sur Slate, 23/11/2014


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Faisons le pari de la nouvelle route de la soie

La mondialisation change de forme et de centre de gravité et c'est à peine si nous nous en rendons compte, enfermés dans nos débats internes français et européens, engoncés dans une pensée de la mondialisation occidentale et libérale, emprisonnés par des outils financiers et économiques d'un autre temps.
Un projet symbolise ce basculement, c'est celui de la nouvelle route de la soie, dont la présidence de Xi Jinping a fait une priorité économique et diplomatique de la Chine.
Ce récit collectif rappelle l'âge d'or des Tang, tout en offrant un cadre souple pour répondre aux défis majeurs du pays : l'internationalisation de son économie et le renforcement du rôle mondial de sa monnaie dans les échanges mondiaux, le rééquilibrage du développement au profit des provinces de l'intérieur et de la consommation des ménages, la coopération internationale pour résoudre les tensions islamistes parmi les Ouïghours du Xinjiang.
Mais c'est aussi un nouveau récit collectif pour le monde, en panne de projet commun depuis la fin de la guerre froide et l'échec de la démocratisation libérale à marche forcée. Il s'agit de combler le vide, humain, politique et économique, qui sépare les deux pôles de prospérité du Vieux Monde, Europe et Asie orientale, ainsi que le Moyen-Orient riche en ressources énergétiques, voire plus loin l'Afrique, à travers de nombreux projets d'infrastructures, portuaires, ferroviaires, autoroutières, mais aussi financières et de communication. La France a trois bonnes raisons de s'y intéresser.
C'est une vision économique qui transpose la planification à la chinoise à la coopération économique internationale. Dans un monde financier volatil et instable, il est urgent de prendre en main les projets de long terme, à travers de nouveaux outils multilatéraux, à l'image du Fonds asiatique et à travers une nouvelle évaluation du risque des projets. Les Chinois souhaitent des partenariats entre groupes européens et chinois pour conquérir des parts de marché le long de cette route, pour créer des synergies dans les capacités technologiques, administratives et commerciales. C'est une chance pour l'Europe dans les projets de transports et les services urbains, où la France est en pointe (eau potable, électricité, éclairage, hôtels), ainsi que pour des partenariats communs à destination de pays tiers, africains par exemple. L'Europe prendrait la mesure de ce défi en s'efforçant d'articuler le plan Juncker d'investissement de 300 milliards d'euros à une feuille de route définie en commun autour du thème de la route de la soie.
C'est une vision politique qui lutte contre la propagation de l'islamisme du Moyen-Orient au nord du Caucase jusqu'à l'Asie centrale par le développement. C'est également un outil pour articuler la relation nouvelle entre la Chine et la Russie, à l'heure du mégacontrat gazier de 400 milliards de dollars et de nombreux projets communs, notamment en Sibérie. Se tourner vers l'ouest, c'est se donner le choix de sa politique, éviter le face-à-face avec les Etats-Unis et contourner l'endiguement par le « collier de perles ».
Troisième raison, c'est une matrice pour un nouveau multilatéralisme. D'une part, il s'agit de créer de nouvelles institutions multilatérales à projet, qui seront jugées sur leurs résultats. D'autre part, c'est l'occasion d'ouvrir des cercles existants, comme l'Organisation de coopération de Shanghai, à des pays européens pour renouveler le dialogue. Cela peut permettre aussi de trouver des cadres de discussion et de projets plus souples entre l'Europe et la Russie, notamment pour trouver les 30 milliards nécessaires à la stabilisation de l'Ukraine.
Ce fil entre Est et Ouest reste à saisir. Ce sera faire de la politique autrement, par la force des projets économiques, en donnant un cap à nos entreprises. C'est une tâche qui doit mobiliser l'Union européenne, les Etats, mais aussi les collectivités locales, les chambres de commerce, les entreprises, sans oublier les universités et les think tanks.
Dominique de Villepin, LesEchos, 27/02/2015

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La politique étrangère chinoise prend la route de la soie

La Chine veut recréer une «route de la Soie» entre l'Asie et l’Europe. Elle va construire des milliers de ponts, de routes, de chemins de fer et de ports à travers l'Asie centrale et le Moyen-Orient. 40 milliards de dollars d'investissements viennent d'être débloqués. Est-ce une arme économique ou diplomatique? Un expansionnisme commercial? Est-ce un nouveau plan Marshall ou un mirage?  --> à lire sur Slate, 29/03/2015


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La Nouvelle Route de la soie --> HuffingtonPost, 06/03/2015

Au cœur de la « nouvelle route de la soie », --> LeMonde, 14/08/2015




Doc. Arte : Vers Une Nouvelle route de la soie.



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L'Union européenne et la Chine sur les nouvelles routes de la soie

L'intégration certes complexe mais irréversible du continent européen et la renaissance de la civilisation chinoise sont, en un sens, les deux facteurs de changement les plus significatifs de notre temps, la juste articulation de ces deux processus ne peut être que mutuellement féconde et, par ailleurs, une source de croissance et de stabilité pour notre village global.
Le 40e anniversaire de l'établissement des relations diplomatiques entre l'Union européenne (UE) et la Chine est une occasion de reconnaître l'intensité sans précédent des échanges eurasiatiques, mais aussi de présenter, en une période de mutuations rapides, les moyens d'inverser ce qui apparaît comme la diminution relative de l'importance de la relation sino-européenne par rapport aux dynamiques qui relient d'autres pôles de puissance.
En quatre décennies, la carte de l'Eurasie a été profondément transformée, ce qui est devenu l'Union européenne un an après la désintégration de l'URSS se compose de 28 Etats membres formant la première économie du monde, et la Chine a progressivement retrouvé une position de centralité au sein d'un monde multipolaire.
Un commerce bilatéral atteignant 467 milliards d'euros l'an dernier est synonyme d'interdépendance économique entre Pékin et Bruxelles, l'UE est, en effet, le premier partenaire commercial de la République populaire de Chine, alors que cette dernière est, après les Etats-Unis d'Amérique, son deuxième partenaire économique.
Toutefois, la juste appréciation de ce qui a été accompli ne doit pas détourner des changements au sein des deux régions qui ont déjà modifié la façon dont elles se perçoivent et s'approchent par leur diplomatie.
Comme l'a illustré l'incapacité de l'UE à lever un embargo anachronique sur les armes en direction de Pékin, mais aussi l'échec de la coopération sino-européenne dans le domaine des systèmes de navigation par satellite, il a été souvent difficile pour Bruxelles de mettre en œuvre une politique autonome dans ses relations avec le Pays du Milieu.
Dans la conduite de sa politique extérieure, Pékin a intégré le fait qu'un groupe composé de 28 membres ne sera pas en mesure dans un futur prévisible de mener une diplomatie véritablement indépendante. Si le manque de cohésion de l'UE a érodé la puissance de l'UE, la montée de l'euroscepticisme qui a suivi la crise financière de 2008 affecte sa capacité à agir. Face à ces limitations intrinsèques et à ce qui ressemble de plus en plus à une paralysie de l'UE, les Etats-Unis sont le principal interlocuteur de Pékin sur les questions stratégiques, et, en ce qui concerne l'Europe, la Chine a réactivé ses relations avec les Etats membres à la grande satisfaction de Berlin, Paris, Londres ou Rome, mais contribuant aussi à l'éclipse de Bruxelles.
Aucune tension commerciale sérieuse ne complique les liens entre les deux continents dans la mesure où ce sont les échanges relativement équilibrés sino-allemands représentant 30% du commerce total sino-européen qui dominent les relations UE-Chine sur le plan économique.
Ces relations sont certes solidement ancrées dans la relation spéciale liant Berlin et Pékin, mais cette dernière leur fait aussi de l'ombre. L'Allemagne, leader réticent de l'Europe, ne pourra d'ailleurs pas se transformer au-delà des frontières de l'UE en un chef d' orchestre moteur des relations trans-continentales.
Avec le commerce sino-européen, le soutien de la Chine à la monnaie européenne depuis son entrée en circulation et la confiance continue de Pékin dans la zone euro aux pires moments de la crise de la dette souveraine grecque, créent une disproportion frappante entre le poids économique et financier des relations UE-Chine et leur légèreté, ou quasi insignifiance, politique et stratégique.
Alors que la promesse de l'émergence de Bruxelles comme un pôle indépendant de puissance politique n'a pas été tenue, la façon dont la Chine est perçue par Bruxelles évolue également. Préoccupé à l'est par la situation en Ukraine, inquiet du désordre politique au sud qui génère des pressions migratoires, et faisant face aux fragilités persistantes de la zone euro et aux incertitudes induites par le référendum britannique, Bruxelles a, pourrait-on dire, pivoté vers l'Europe au moment où d'autres déploient des stratégies globales.
Dans ce contexte, le risque est que Pékin ne soit plus considéré par l'UE comme l' une de ses premières priorités, le ralentissement économique de la Chine, renforçant indirectement ce pivot vers l'Europe de Bruxelles.
Pourtant, les fluctuations de court terme ne sont évidemment pas les tendances sur le long terme, c'est sur l'idée qu'en 2050 l'économie chinoise sera le double de l'économie américaine que l'attention des stratèges européens doit se fixer. La facilitation du commerce, la construction de la Nouvelle Route de la Soie et l'exploration d'une Nouvelle Route de la Soie numérique peuvent donner un nouvel élan aux relations UE-Chine.
Un accord sur l'investissement est clairement nécessaire, mais le commerce UE-Chine peut aussi être stimulé par la poursuite de l'ouverture réciproque des deux marchés. Alors que les conditions sont créées pour l' intensification du commerce trans-Pacifique et transatlantique, la Chine et l'UE doivent ouvrir un nouveau chapitre de leurs échanges économiques alors que Pays du Milieu est devenu le grand marché du monde.
C'est autour de la stratégie de la Nouvelle Route de la Soie avec l'objectif d'une meilleure connectivité en Eurasie et à travers l'océan Indien que le président chinois Xi Jinping a organisé son action diplomatique. Pékin et Bruxelles doivent se mobiliser afin de créer les conditions politiques et financières pour que leurs entreprises construisent ensemble les infrastructures qui feront de la Nouvelle Route de la Soie une réalité.
C'est dans ce cadre, qu'à côté du Fonds pour la Nouvelle Route de la Soie, de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures, de la Nouvelle banque de développement, la Chine et l'UE pourraient lancer un Fonds sino-européen pour la Nouvelle Route de la Soie.
Si Bruxelles ne répondait pas à l'appel de Pékin pour construire la Nouvelle Route de la Soie, la Chine poursuivrait son but seule ou avec d'autres partenaires pro-actifs et l'UE se retrouverait rapidement à la périphérie d'un réseau économique et diplomatique réalisé en des termes définis par le Pays du Milieu.
Google et Baidu, Twitter et WeChat, YouTube et Youku, eBay et Alibaba symbolisent les grandes découvertes du numérique qui ont ajouté une nouvelle dimension à la politique et à l'économie mondiale. Les Européens se sont contentés de regarder les Américains et les Chinois exploiter les e-terrae incognitae et ils ont été des spectateurs passifs du grand jeu numérique autour du Pacifique, mais si l'Europe veut être plus qu'un utilisateur du numérique américain et, bientôt, du numérique chinois, elle doit non seulement être attentive à la créativité de la Silicon Valley, mais il lui faut aussi trouver des synergies avec l'e-Chine sur une Nouvelle Route de la Soie numérique pas encore entravée par la cyber méfiance.
Un trio non-exclusif UE-Chine-Etats-Unis est une étape nécessaire vers une multipolarité organisée, ni le G2 sino-américain, ni l'alliance occidentale euro-américaine ne peuvent se substituer à un tel tripode géopolitique, source de stabilité et de prospérité sur le long terme. Mais ce trio restera inachevé si le partenariat UE-Chine n'est pas à la hauteur de la vitalité des liens euro-americains et sino-américains.
Lorsque la Chine et l'Europe coopèrent, c'est le dialogue entre deux anciennes civilisations qui est à l'œuvre. Dans un monde menacé par le choc des civilisations, les synergies sino-européennes sont la démonstration que les cultures peuvent se développer par des enrichissements mutuels.
Invitation à réinterpréter les nombreux sens de l'ancienne Route de la Soie, la Nouvelle Route de la Soie est aussi le projet de nouvelles fécondations croisées, la promesse d'harmonies futures.
  • Romano Prodi a été le président du Conseil des ministres de la République italienne (1996-1998, 2006-2008) et le président de la Commission européenne (1999-2004).
  • David Gosset, directeur de l'Academia Sinica Europaea à la China Europe International Business School (CEIBS), est fondateur du Forum Europe-Chine et de la New Silk Road Initiative.

HuffingtonPost, 19/10/2015


>>> DEC2016. Comment la Chine lance une "nouvelle route de la soie   L'Obs


Industrie et commerce international
>>> OCT2017. La Chine et la Russie défient Airbus et Boeing L'Opinion







Biélorussie

>>> L’UE lève ses sanctions contre la Biélorussie 
Les ministres des affaires étrangères des Etats membres de l’Union européenne ont décidé, lundi 15 février, de lever la quasi totalité des sanctions européennes frappant le régime autoritaire biélorusse. Cette décision prise à l’unanimité des Vingt-Huit ne faisait guère de doutes, mais elle entérine le tournant engagé ces derniers mois dans les relations entre Bruxelles et Minsk.

Trois entreprises et 170 personnalités biélorusses privées de visas et dont les avoirs étaient gelés dans l’UE sont concernées, en tête desquelles l’inamovible président Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994 et un temps qualifié de « dernier dictateur d’Europe » par la diplomatie américaine.
L’embargo sur les armes reste, lui, en vigueur pour une période de douze mois, de même que les mesures restrictives contre quatre individus liés aux disparitions non résolues de deux figures de l’opposition.

Rapprochement à la faveur de la crise ukrainienne

Cette décision européenne prise à l’unanimité est loin d’être une surprise. Le 29 octobre, Bruxelles avait suspendu pour une durée de quatre mois les mesures restrictives prises progressivement contre Minsk à partir du début des années 2000. Seule une dégradation soudaine de la situation des droits de l’homme dans le pays aurait pu entraîner un retour en arrière.
La décision des Vingt-Huit confirme surtout le succès de la stratégie engagée à la faveur de la crise ukrainienne par M. Loukachenko. Le président biélorusse s’est opposé à l’annexion de la Crimée par la Russie, avant de se rendre à la prestation de serment de son homologue ukrainien Petro Porochenko, et de s’imposer comme un intermédiaire incontournable en accueillant les négociations de paix sur le Donbass de septembre 2014 et février 2015. « Il a démontré qu’il avait une vraie politique extérieure, qu’il n’était pas une marionnette de Moscou », expliquait alors un diplomate européen pour justifier la « main tendue » de l’UE.

Les caisses sont vides

Pour parachever ce rapprochement et obtenir la suspension des sanctions, Minsk a aussi dû envoyer des signes de bonne volonté : le 22 août 2015, les six derniers prisonniers politiques détenus par le régime étaient libérés « pour raisons humanitaires » ; le 11 octobre, la réélection de M. Loukachenko (83,5 %), quoique jugée par l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) non conforme aux standards démocratiques, s’est déroulée dans le calme, loin des scènes de répression qui avaient suivi le scrutin de 2010.
Il ne s’agit pas pour Minsk de couper les ponts avec Moscou ou de chercher un renversement d’alliance, impossible tant l’économie biélorusse dépend de celle de son grand voisin, et que ne recherche pas non plus Bruxelles. Mais la politique ukrainienne de la Russie a effrayé les dirigeants biélorusses qui espèrent, en se rapprochant de l’UE, s’offrir de nouvelles marges de manœuvre dans les discussions avec le Kremlin. Le facteur économique joue un rôle non moins central : à Minsk, les caisses sont vides et Moscou distribue désormais ses subsides avec parcimonie. La levée des sanctions doit ouvrir à la Biélorussie l’accès aux crédits occidentaux.


















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