Les jurés du Prix Goncourt ont récompensé cette année Eric Vuillard pour L’Ordre du jour (Actes Sud). Ils ont ainsi salué un excellent livre d’un excellent écrivain – phrase qu’on n’aurait pas écrit chaque année. Il faut lire le neuvième ouvrage de cet auteur, bref, terrible, et parfois d’une terrible drôlerie. Vuillard y raconte par le menu deux épisodes importants de la montée en puissance du nazisme, la réunion qui acte le soutien des grands patrons allemands à Hitler, et la triomphale et ridicule entrée de l’armée du Reich en Autriche.
Les rapports entre le pouvoir politique et les grandes puissances économiques, l’inclination de l’Autriche pour un pouvoir autoritaire, les manipulations du show politique et le ridicule des plus grands dirigeants: autant de thèmes (parmi d’autres) qui sont loin de ne concerner que les années 30 en Europe. Slate
>>> JUIL2017. Raymond Aron avait raison, hélas ! Au siècle dernier, il valait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec lui. Que reste-t-il du philosophe mort en 1983 ? Quelle serait sa lecture de l’élection de Trump ou de Macron ? Celui qui pensait que l’histoire était faite par les hommes se définissait par cet entre-deux politique : «Ni réalisme pur ni moralisme absolu.» Un décalque de notre époque ? Libération
>>> ARON. L'action raisonnable selon Raymond Aron, intellectuel engagé L'Express
>>> JAN2017. Ecrivains, dessinateurs, architectes... leurs bibliothèques idéales. A l'occasion de la réouverture du site historique de la Bibliothèque nationale après des années de travaux, “l'Obs” a demandé à quelques invités choisis d'imaginer la bibliothèque de leurs rêves. Bibliobs
"Il y a deux possibilités pour chacun de faire une autobiographie : on raconte sa vie de manière linéaire ou on la transforme et on en écrit un roman. Or dès qu'on se met à écrire, on écrit le premier mot, on est devenu écrivain et on est déjà dans le roman. Quelqu'un qui écrit son autobiographie s'efforce de ne rien changer aux faits, de rester précis, ponctuel, et je crois que c'est assez ennuyeux, monotone. Je préfère transformer ma vie en roman, ce n'est pas forcément intentionnel."
Le prix Nobel de littérature, auteur de «Etre sans destin» et «Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas», survivant des camps de concentration, est mort à l’âge de 86 ans.
L'occasion
de parler d'un livre d'Alexandra Laignel-Lavastine, dans lequel il est cité, aux côtés notamment
des célèbres Kafka, Kundera, Annah Arrendt, en tant que symbole de
cette partie de la culture européenne, pas très connue, provenant
d'Europe centrale.
Extrait
de Esprits d'Europe, d'Alexandra Laignel-Lavastine :
Que
ces intellectuels [d'Europe centrale] se réclament plutôt de la
phénoménologie, du marxisme critique, qu'ils s'inscrivent dans la
culture protestante ou relèvent de la condition juive [par exemple
Imre Kertész] , qu'ils soient fascinés par les hérésies
ou qu'ils mêlent ces différentes perspectives selon des dosages
variés, comme c'est souvent le cas, un fil rouge relie leurs
écrits : tous se sont efforcés de repenser de fonds en comble
les liens entre morale et politique, et tous ont haussé de façon
décisive le conflit entre l'individu et les Pouvoirs impersonnels au
rang de thème majeur de la culture européenne moderne.
En
cela, ils inaugurent quelque chose comme une modernité sceptique,
une sorte d' « antimodernité moderne » selon Milan
Kundera.
(…)
« En
ce qui concerne ses relations avec les systèmes totalitaires, la
plus grande faute que l'Europe occidentale pourrait commettre serait
de ne pas les comprendre tel qu'ils sont en dernière analyse,
c'est-à-dire comme un miroir grossissant de la civilisation moderne
en son entier et une invitation pressante – peut-être la dernière
– à une révision générale de la façon dont cette civilisation
se conçoit. » (Vaclav Havel, Essais politiqiques)
>>> Plateforme (extraits)
p317
-
Davantage d'argent pour quoi faire ? Articula Valérie avec
netteté. M'acheter des sacs Prada ? Partir en week-end à
Budapest ? Manger des truffes blanches en saison ? J'ai
gagné beaucoup d'argent, je n'arrive même plus à me souvenir de ce
que j'en ai fait (…)
Ce
n'est pas moi qui suis bizarre, c'est le monde autour de moi. Est-ce
que tu as vraiment envie de t'acheter un cabriolet Ferrari ? Une
maison de week-end à Deauville – qui sera, de toute façon,
cambriolée ? De travailler quatre-vingt-dix heures par semaine
jusqu'à l'âge de soixante ans ? De payer la moitié de ton
salaire en impôts pour financer des opérations militaires au Kosovo
ou des plans de sauvetage des banlieues ? On est bien, ici ; il y
a ce qu'il faut pour vivre.
p319
Qu'avais-je,
pour ma part, à reprocher à l'Occident ? Pas grand-chose, mais
je n'y étais pas spécialement attaché. La vie était chère en
Occident, il y faisait froid ; la prostitution y était de
mauvaise qualité. Il était difficile de fumer dans les lieux
publics, presque impossible d'acheter des médicaments et des
drogues ; on travaillait beaucoup, il y avait des voitures et du
bruit, et la sécurité dans les lieux publics était très mal
assurée. En somme, cela faisait pas mal d'inconvénients. (…)
L'idée que j'étais solidaire de ce milieu ne m'avait jamais
effleuré.
>>> Jésus, l'encyclopédie
Bibliobs
de Collectif (Auteur), Joseph Doré
(Sous la direction de) Amazon

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