jeudi 31 mars 2016

Lectures. Divers

>>> NOV2017. S'il y a bien un livre que vous devriez lire, c'est le dernier Prix Goncourt, signé Eric Vuillard.
Les jurés du Prix Goncourt ont récompensé cette année Eric Vuillard pour L’Ordre du jour (Actes Sud). Ils ont ainsi salué un excellent livre d’un excellent écrivain – phrase qu’on n’aurait pas écrit chaque année. Il faut lire le neuvième ouvrage de cet auteur, bref, terrible, et parfois d’une terrible drôlerie. Vuillard y raconte par le menu deux épisodes importants de la montée en puissance du nazisme, la réunion qui acte le soutien des grands patrons allemands à Hitler, et la triomphale et ridicule entrée de l’armée du Reich en Autriche.
Les rapports entre le pouvoir politique et les grandes puissances économiques, l’inclination de l’Autriche pour un pouvoir autoritaire, les manipulations du show politique et le ridicule des plus grands dirigeants: autant de thèmes (parmi d’autres) qui sont loin de ne concerner que les années 30 en Europe. Slate



>>> JUIL2017. Raymond Aron avait raison, hélas ! Au siècle dernier, il valait mieux avoir tort avec Sartre que raison avec lui. Que reste-t-il du philosophe mort en 1983 ? Quelle serait sa lecture de l’élection de Trump ou de Macron ? Celui qui pensait que l’histoire était faite par les hommes se définissait par cet entre-deux politique : «Ni réalisme pur ni moralisme absolu.» Un décalque de notre époque ? Libération
>>> ARON. L'action raisonnable selon Raymond Aron, intellectuel engagé L'Express

>>> JAN2017. Ecrivains, dessinateurs, architectes... leurs bibliothèques idéales. A l'occasion de la réouverture du site historique de la Bibliothèque nationale après des années de travaux, “l'Obs” a demandé à quelques invités choisis d'imaginer la bibliothèque de leurs rêves. Bibliobs
 >>> L’écrivain hongrois Imre Kertész, Prix Nobel de littérature
"Il y a deux possibilités pour chacun de faire une autobiographie : on raconte sa vie de manière linéaire ou on la transforme et on en écrit un roman. Or dès qu'on se met à écrire, on écrit le premier mot, on est devenu écrivain et on est déjà dans le roman. Quelqu'un qui écrit son autobiographie s'efforce de ne rien changer aux faits, de rester précis, ponctuel, et je crois que c'est assez ennuyeux, monotone. Je préfère transformer ma vie en roman, ce n'est pas forcément intentionnel."

Le prix Nobel de littérature, auteur de «Etre sans destin» et «Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas», survivant des camps de concentration, est mort à l’âge de 86 ans. 





 
L'occasion de parler d'un livre d'Alexandra Laignel-Lavastine, dans lequel il est cité, aux côtés notamment des célèbres Kafka, Kundera, Annah Arrendt, en tant que symbole de cette partie de la culture européenne, pas très connue, provenant d'Europe centrale.

Extrait de Esprits d'Europe, d'Alexandra Laignel-Lavastine :

Que ces intellectuels [d'Europe centrale] se réclament plutôt de la phénoménologie, du marxisme critique, qu'ils s'inscrivent dans la culture protestante ou relèvent de la condition juive [par exemple Imre Kertész] , qu'ils soient fascinés par les hérésies ou qu'ils mêlent ces différentes perspectives selon des dosages variés, comme c'est souvent le cas, un fil rouge relie leurs écrits : tous se sont efforcés de repenser de fonds en comble les liens entre morale et politique, et tous ont haussé de façon décisive le conflit entre l'individu et les Pouvoirs impersonnels au rang de thème majeur de la culture européenne moderne.

En cela, ils inaugurent quelque chose comme une modernité sceptique, une sorte d' « antimodernité moderne » selon Milan Kundera.

(…)

« En ce qui concerne ses relations avec les systèmes totalitaires, la plus grande faute que l'Europe occidentale pourrait commettre serait de ne pas les comprendre tel qu'ils sont en dernière analyse, c'est-à-dire comme un miroir grossissant de la civilisation moderne en son entier et une invitation pressante – peut-être la dernière – à une révision générale de la façon dont cette civilisation se conçoit. » (Vaclav Havel, Essais politiqiques)










>>> Plateforme (extraits)

p317
- Davantage d'argent pour quoi faire ? Articula Valérie avec netteté. M'acheter des sacs Prada ? Partir en week-end à Budapest ? Manger des truffes blanches en saison ? J'ai gagné beaucoup d'argent, je n'arrive même plus à me souvenir de ce que j'en ai fait (…)
Ce n'est pas moi qui suis bizarre, c'est le monde autour de moi. Est-ce que tu as vraiment envie de t'acheter un cabriolet Ferrari ? Une maison de week-end à Deauville – qui sera, de toute façon, cambriolée ? De travailler quatre-vingt-dix heures par semaine jusqu'à l'âge de soixante ans ? De payer la moitié de ton salaire en impôts pour financer des opérations militaires au Kosovo ou des plans de sauvetage des banlieues ? On est bien, ici ; il y a ce qu'il faut pour vivre.

p319
Qu'avais-je, pour ma part, à reprocher à l'Occident ? Pas grand-chose, mais je n'y étais pas spécialement attaché. La vie était chère en Occident, il y faisait froid ; la prostitution y était de mauvaise qualité. Il était difficile de fumer dans les lieux publics, presque impossible d'acheter des médicaments et des drogues ; on travaillait beaucoup, il y avait des voitures et du bruit, et la sécurité dans les lieux publics était très mal assurée. En somme, cela faisait pas mal d'inconvénients. (…) L'idée que j'étais solidaire de ce milieu ne m'avait jamais effleuré.






>>> Jésus, l'encyclopédie Bibliobs
de Collectif (Auteur),‎ Joseph Doré (Sous la direction de) Amazon










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