dimanche 23 mai 2021

Biélorussie : des opposants traqués de la même façon qu'en Russie poutinienne

Noter que la Biélorussie est désormais sous contrôle de Poutine, donc qui dit Biélorussie dit en réalité poutinistes au pouvoir.

>>> En Biélorussie, les opposants face à torture et à la répression. Des militants jetés en prison et torturés, des élections truquées, et un avion détourné en plein cœur de l’Europe pour arrêter un opposant… La répression qui sévit actuellement en Biélorussie est de plus en plus violente. (podcast Le Monde)

 

 >>> Un opposant biélorusse se poignarde avec un stylo en plein tribunal 

Stepan Latypov a grimpé sur un banc dans la cage réservée à l'accusé «pour empêcher les gardes de l'atteindre» puis «s'est poignardé la gorge avec un objet ressemblant à un stylo», selon l'ONG Viasna. (...) Avant de passer à l'acte, l'opposant de 41 ans avait averti son père, qui venait de témoigner, qu'on l'avait menacé de poursuivre ses proches et sa famille en justice s'il ne reconnaissait pas sa culpabilité, selon la même source. (...) L'opposant et ancien candidat à l'élection présidentielle Andreï Sannikov, en exil en Pologne, a évoqué sur Twitter «un acte de désespoir» et affirmé que Stepan Latypov était «battu et torturé depuis longtemps». «Encore une preuve de la nature meurtrière du régime de Loukachenko», a-t-il ajouté. (LeFigaro)

 

>>> colère (lol) des États européens après l'interception d'un avion de ligne transportant un opposant politique

Plusieurs pays européens dont la France se sont indignés à la suite de l'atterrissage forcé d'un avion de la compagnie Ryanair à Minsk, où le militant Roman Protassevitch a été arrêté.

 «Inacceptable». La France a dénoncé dimanche le «détournement» par les autorités de la Biélorussie d'un avion transportant un opposant biélorusse et réclamé une «réponse ferme et unie» des 27 États membres de l'UE. «Le détournement par les autorités biélorusses d'un vol de Ryanair est inacceptable. Une réponse ferme et unie des Européens est indispensable», a déclaré le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian sur Twitter.  [inacceptable? Mais si, c'est acceptable. Pour un poutiniste, c'est très acceptable, puisqu'on le sait très bien : à part protester, éventuellement bruyamment (le plus souvent c'est mollement), l'UE ne fera rien. Comme d'hab]

L'avion «a redécollé à l'instant de Minsk» à destination de la Lituanie, a annoncé sur Twitter la commissaire européenne en charge des Transports, Adina Valean, vers 17Hh5. Elle n'a pas évoqué le sort du militant d'opposition Roman Protassevitch, arrêté après l'atterrissage forcé de l'appareil à Minsk.

L'avion, qui assurait la liaison Athènes-Vilnius, a été dévié de sa trajectoire et forcé à atterrir d'urgence, escorté par un chasseur biélorusse. Le déroutage a eu lieu suite à une « bagarre » déclenchée par des agents des services de sécurité biélorusses, présents à bord et qui affirmaient qu'un engin explosif se trouvait dans l'appareil. A l'atterrissage à Minsk, l'opposant Roman Protassevitch a été interpellé à son arrivée par les services de sécurité du régime d'Alexandre Loukachenko. L'aéroport, cité par l'agence de presse officielle Belta, a affirmé que l'alerte à la bombe s'était révélée «erronée» après une fouille du Boeing. Contactée par l'AFP, une porte-parole des aéroports lituaniens a dit avoir reçu comme première explication de le part de l'aéroport de Minsk un conflit entre des passagers et l'équipage.

Indignations en chaîne

Plusieurs pays européens dont l'Allemagne et la Pologne se sont également indignés. Les dirigeants de l'UE ont appelé de concert la Biélorussie à laisser repartir l'avion de Ryanair dérouté et forcé d'atterrir dimanche à Minsk, et de permettre à «tous ses passagers» de poursuivre leur voyage, fustigeant «une action complètement inacceptable».
«Nous tenons le gouvernement de la Biélorussie responsable de la sécurité de tous les passagers et de l'appareil. TOUS les passagers doivent pouvoir poursuivre immédiatement leur voyage», a twitté le chef de la diplomatie de l'UE, Josep Borrell.

«Du terrorisme d'État»

«Nous avons besoin d'une explication immédiate de la part du gouvernement du Bélarus sur le déroutage, à l'intérieur de l'Union européenne, d'un vol Ryanair vers Minsk et l'arrestation supposée d'un journaliste», a déclaré un haut responsable du ministère allemand des Affaires étrangères, Miguel Berger, sur Twitter. «Un acte de terrorisme d’État», pour le premier ministre polonais Mateusz Morawiecki qui écrit sur Twitter : «Je condamne dans les termes les plus forts l'arrestation de Roman Protassevitch par les autorités biélorusses, après qu'un vol de passagers de Ryanair a été détourné.»

«J'en parlerai au sommet de l'UE à Bruxelles», la semaine prochaine, a quant à lui fait savoir Gitanas Nauseda, le président lituanien qui a qualifié dimanche d'«acte abject» l'arrestation de l’opposant Roman Protassevitch. «Il a été arrêté, le régime est derrière cet acte abject» a écrit le président Gitanas Nauseda sur Twitter, avant d'ajouter : . «J'exige la libération d'urgence de Roman Protassevitch !», a-t-il poursuivi, appelant l'Otan et l'Union européenne, dont la Lituanie est membre, à «immédiatement réagir à la menace qu'a fait courir le régime biélorusse à l'aviation civile internationale», a en outre déclaré M. Nauseda dans un communiqué distinct diffusé par son bureau.

Exil en Lituanie

La Lituanie a accordé le statut de réfugié à Roman Protassevitch, un ancien collaborateur de Nexta, un média ayant joué un rôle de premier plan dans la grande vague de contestation de la réélection en 2020 du président biélorusse Alexandre Loukachenko, qui occupe ces fonctions depuis 1994. La protestation s'est ensuite progressivement essoufflée face à des arrestations massives, des violences policières ayant fait au moins quatre morts, un harcèlement judiciaire permanent et de lourdes peines de prison infligées à des militants et à des journalistes. La figure de l'opposition biélorusse Svetlana Tikhanovskaïa vit aussi en exil en Lituanie.

 Le Figaro

 

 >>> Roman Protassevitch "paniqué" par son avion détourné par le Belarus . “Il s’est tourné vers les gens et a dit qu’il risquait la peine de mort”, témoigne un passager du vol détourné (HP)

>>> Dublin dénonce un acte de « piraterie » après le détournement d’un avion Ryanair par la Biélorussie (Lobs)

 

26/05/2021

>>> Avion dérouté: la France estime que la Russie cautionne les agissements de la BiélorussieSelon le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, les complicités entre Minsk et Moscou « se manifestent » à travers l’incident, qui a permis l’arrestation de l’opposant Roman Protassevitch (Lopinion)

C'est une évidence, c'est toujours bon à dire, mais ensuite... toujours la même question : quid des réactions concrètes ? Nada, comme d'hab. Et dans deux jours, on n'en parlera plus. Comme pour les nombreuses exactions russes.

28/05/2021

>>> « Nous avons vu ce que Loukachenko est capable de faire » En Lituanie, de l’autre côté du rideau de fer. Située à quelques kilomètres de la frontière biélorusse, Vilnius est devenue la principale destination de ceux qui fuient le régime d’Alexandre Loukachenko. Alors que l’Union européenne vient de suspendre tous les vols, la voie terrestre est déjà inaccessible. Lemonde

03/06/2021

>>> Bélarus: indignation occidentale après l'interview "sous la contrainte" d'un dissident CI



>>> «Atterrissage forcé de l’avion de Ryanair à Minsk: le point de non-retour a été franchi». La chronique de Manfred Weber  [NON ! Le point de non-retour a déjà été franchi en 2014, lorsque la Russie a annexé la Crimée ukrainienne. Et il y avait déjà eu des signes avant-coureurs avec la guerre menée par la Russie à la Géorgie. C'est à ce moment-là qu'il fallait agir. Poutine et sa clique, devant l'inaction et/ou la peur des puissances occidentales a compris qu'il pouvait faire ce qu'il voulait. La suite lui a donné raison, hélas]

 « Plus personne ne pourra désormais prétendre ignorer le caractère hostile du pouvoir biélorusse et de son allié russe à l’égard de l’Union européenne ​»

Dimanche dernier, nous apprenions stupéfaits, l’arraisonnement par un avion militaire biélorusse d’un avion de ligne reliant deux capitales européennes, son atterrissage forcé à Minsk, et l’arrestation à bord du jeune journaliste d’opposition Roman Protassevitch et de sa compagne Sofia Sapega.

Par cet acte inouï de terrorisme d’Etat, le pouvoir biélorusse a démontré que son obsession d’étouffer toute opposition n’avait désormais plus aucune limite et qu’il était prêt à tout pour cela – à faire fi du droit international, à prendre en otage des citoyens européens, à leur faire prendre un risque majeur pour la sécurité aérienne, sans même s’embarrasser de préserver les apparences vis-à-vis de l’Union européenne.

Cet acte sans précédent, est la provocation de trop, le point de non-retour dans les relations entre l’UE et son voisinage de l’Est.

Devant la gravité des faits, plus personne ne pourra désormais prétendre ignorer le caractère hostile du pouvoir biélorusse et de son allié russe à l’égard de l’Union européenne.

L’Europe ne pouvait pas laisser passer cela, sous peine pour les Européens de perdre toute crédibilité sur la scène étrangère.

En fermant l’espace aérien de l’UE aux avions de Belavia et en annonçant un nouveau train de sanctions économiques à l’encontre du régime de Loukachenko, les Vingt-sept ont fort heureusement pris la mesure des enjeux.

Je salue la fermeté du message adressé par l’Union européenne. Mais il faut aller plus loin.

Valeurs. Dans les geôles biélorusses, Roman Protassevitch subit très certainement des actes de torture et il risque la peine de mort. Les Européens ne peuvent plus détourner le regard. Nous devons nous montrer à la hauteur des valeurs de l’Union européenne en exigeant la libération immédiate de Roman Protassevitch, de sa compagne, mais aussi de tous les prisonniers politiques derrière les barreaux au Bélarus.

Par ailleurs, n’oublions pas que Viktor Loukachenko ne doit sa survie politique qu’au soutien économique, militaire et politique de Moscou. A ce titre, la Russie est coresponsable de la répression très sévère qui sévit au Bélarus depuis les dernières élections.

Le soutien sans faille de Poutine à Loukachenko dans cette affaire, réitéré ce vendredi, démontre une nouvelle fois que Moscou représente une menace, non seulement pour les pays baltes et l’Europe de l’Est, mais pour l’UE dans son ensemble – le précédent du vol MH17 abattu par des séparatistes pro-russes, le soutien russe à Bachar El-Assad en Syrie, l’assassinat d’opposants politiques sur le territoire de l’UE, et les différentes manœuvres de déstabilisation des démocraties européennes menées depuis la Russie sur les réseaux sociaux, n’en sont que quelques exemples.

Il est temps pour l’Union européenne de cesser de se voiler la face et de revoir fondamentalement sa stratégie vis-à-vis de la Russie pour, enfin, être mieux préparée à répondre à l’agression russe.

Manfred Weber est député allemand au Parlement européen, président du groupe Parti populaire européen (PPE). Retrouvez sa chronique chaque semaine sur lopinion.fr en alternance avec celle de Dacian Ciolos, président du groupe Renew Europe.      L'Opinion

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