mardi 31 août 2021

L’Autriche mise sur l’Asie centrale pour limiter le flux de réfugiés en provenance d’Afghanistan

Eh bien oui, ça semble être une bonne solution

L’Autriche accueille une conférence sur la sécurité avec l’Asie centrale pour mettre fin aux migrations et favoriser l’aide aux migrants sur place. Les ministères autrichiens de l’Intérieur et des Affaires étrangères ont organisé ce lundi une conférence sur la sécurité en collaboration avec les États d’Asie centrale (Ouzbékistan, Tadjikistan et Turkménistan), les ministres de la migration de Grèce et du Danemark, ainsi que le secrétaire d’État allemand au ministère de l’Intérieur, afin de discuter de la stratégie à adopter face à la situation en Afghanistan et de prévenir une éventuelle crise migratoire.

« Il y a un intérêt européen commun à lutter contre l’immigration illégale », a déclaré le ministre de l’Intérieur Karl Nehammer lors d’une conférence de presse à Vienne, ajoutant qu’il est «  nécessaire et important  » que l’UE signale à ses partenaires d’Asie centrale qu’elle est « sérieusement disposée à coopérer avec eux » afin de stabiliser la région.

Le ministre des Affaires étrangères Alexander Schallenberg a ajouté que la crise en Afghanistan peut potentiellement «  destabiliser toute la région  » et que l’Europe doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour éviter que l’Afghanistan ne devienne «  le trou noir de la sécurité internationale  ».

La conférence sur la sécurité a pour objectif de dresser un tableau de la situation actuelle dans les pays d’Asie centrale voisins de l’Afghanistan et d’évaluer les moyens de les aider dans les domaines de la protection des frontières, de la lutte contre le crime organisé et du terrorisme, afin de prévenir les « flux migratoires  » vers l’Europe et d’«  aider sur place  », a déclaré M. Nehammer.

«  Il est désormais nécessaire, non seulement de parler de prévention, mais de faire également en sorte que les mots soient suivis d’actions  », a-t-il ajouté.

M. Nehammer a également profité de l’occasion pour reprocher à la commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson, qui n’a pas assisté à la conférence par manque de temps, de ne pas se concentrer suffisamment sur la stabilisation de la région entourant l’Afghanistan.

«  Elle se concentre actuellement sur la critique des pays frontaliers extérieurs de l’UE comme la Grèce pour leur gestion de la protection des frontières, au lieu de se concentrer sur la stabilisation de la région et sur l’aide à apporter sur le terrain  », a critiqué M. Nehammer.

Cependant, l’Autriche est également au centre des critiques pour sa position sévère à l’égard des réfugiés afghans. La ministre italienne des Affaires régionales, Maria Stella Gelmini, a critiqué ce dimanche l’Autriche pour son refus d’accueillir des réfugiés afghans, ajoutant que « sans solidarité européenne, il n’y a pas d’avenir  ».

En outre, l’Autriche n’est que l’un des trois pays de l’UE à ne pas avoir suivi l’appel de l’administration Biden à demander aux talibans de permettre aux Afghans de quitter le pays après la fin du retrait des troupes internationales prévu aujourd’hui, par crainte d’une augmentation des flux migratoires. (Oliver Noyan | EURACTIV Allemagne)

 Euractiv

 

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