mardi 31 août 2021

La Pologne bloque la déclaration de l’UE sur la frontière entre la Pologne et la Biélorussie

Il est très intéressant de noter que dans cet article, le gouvernement polonais est mis en accusation, coupable de ne pas vouloir accueillir les migrants. Or, la Pologne est victime, et non coupable, de cette situation. Victime, car cette immigration est volontairement envoyée par Minsk (c'est à dire Poutine) pour déstabiliser le pays. Remettons les choses à l'endroit : le coupable, c'est Poutine et ses relais biélorusses ; la Pologne est victime, non pas coupable. Cette immigration est une des armes de déstabilisation employée par la Russie dans le cadre de la guerre hybride qu'elle mène contre l'Europe.

L'article ci-dessous, écrit par un journaliste polonais d'ailleurs, est donc à prendre avec des pincettes. C'est assez dégueu de sa part de conclure par : " La Pologne attendrait-elle son propre Alan Kurdi — l’enfant de trois ans dont le corps sans vie sur les rives de l’île grecque de Kos a secoué l’Europe en 2015 ? "

Constatons tout de même que la Commission européenne a bien compris la situation, puisqu'elle s’est rangée du côté du gouvernement polonais concernant la question de la guerre hybride.

Une coalition d’États membres menée par la Pologne a bloqué une déclaration concernant la situation à la frontière entre la Pologne et la Biélorussie à Usnarz Dolny, car le projet proposé par la présidence slovène du Conseil de l’UE était « trop faible » et ne comportait pas de références à la guerre hybride du président biélorusse Alexandre Loukachenko et à la nécessité de travailler sur les faiblesses de l’UE à cet égard. Les ministres de l’Intérieur se réunissent mardi (31 août) pour adopter une déclaration commune.

La Commission européenne s’est rangée du côté du gouvernement polonais concernant la question de la guerre hybride.

Cependant, la situation à Usnarz reste inchangée, ce qui signifie que la santé des migrants pris entre les deux pays continue de se détériorer. Le temps, lui aussi, se dégrade, puisqu’il fait froid et pluvieux, a informé la fondation Ocalenie.

« Mme Gul ne se lève pas. Elle a de la fièvre et une respiration superficielle. Nargies vomit. Le ruisseau qui était leur source d’eau s’est transformé en gadoue. Ils ont perdu l’accès à l’eau. Ils ont pris leur dernier repas — du pain sec — la veille au soir. Le pain a été reçu des gardes-frontières biélorusses, qui continuent de bloquer les migrants de l’autre côté », selon l’un des récits des migrants d’Usnarz.

Les migrants d’Usnarz restent largement déshumanisés et instrumentalisés par les politiciens polonais et les médias.

Selon le sociologue Jakub Bierzyński, « ces gens sont des otages. Alexandre Loukachenko et Jaroslaw Kaczyński les utilisent pour leurs objectifs politiques individuels. »  La Pologne attendrait-elle son propre Alan Kurdi — l’enfant de trois ans dont le corps sans vie sur les rives de l’île grecque de Kos a secoué l’Europe en 2015 ?

 Euractiv

 

 

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