Note1 : il faudrait dire "Bélarus" et non pas "Biélorussie" ( (explications sur le Blog de Gilles)
Note2 : Depuis que le régime biélorusse a été pris en main par le régime criminel de Poutine, la répression n'a cessé de s'étendre. Avec persécutions et assassinats d'opposants partout où ils se trouvent (on connait ça avec les assassinats d'opposants à Poutine réfugiés en Occident)
Le corps de ce responsable d’une ONG aidant les réfugiés biélorusses a été retrouvé mardi. Ses collègues accusent le régime de Minsk, et la police ukrainienne soupçonne un « meurtre camouflé en suicide ».
Vitali Chychov, responsable d’une ONG biélorusse aidant celles et ceux qui ont fui le régime d’Alexandre Loukachenko, a été retrouvé pendu dans un parc de Kiev, en Ukraine, mardi 3 août.
Selon la police locale, le ressortissant biélorusse était porté disparu depuis la veille, alors qu’il était sorti faire un jogging. « Vitali Chychov a été retrouvé pendu (…) à proximité du lieu où il habitait », dit-elle dans un communiqué. Une enquête pour meurtre a été ouverte, car, aux yeux des enquêteurs, il s’agirait d’un « meurtre camouflé en suicide ».
Selon des membres de son ONG, Maison bélarusse, « il ne fait aucun doute » que Vitali Chychov, âgé de 26 ans et exilé en Ukraine depuis les manifestations massives d’opposants en 2020, a été assassiné par le régime biélorusse. Sur la chaîne Telegram de l’ONG, consultée par l’Agence France-Presse, on peut lire :
« Il s’agit d’une opération planifiée par les membres du service de sécurité pour liquider [une personne] véritablement dangereuse pour le régime biélorusse. Vitali était surveillé et la police [ukrainienne] en avait été notifiée. Nous avions été avertis à plusieurs reprises, à la fois par des sources locales et par des personnes en Biélorussie, de toutes sortes de provocations allant jusqu’à l’enlèvement et la liquidation. »
Yury Shchuchko, un membre de Maison bélarusse à Kiev interrogé par Associated Press, affirme que Vitali Chychov a été retrouvé avec des marques de blessures à son visage : « Rien n’a été volé (…), il n’avait que son téléphone sur lui. » « On nous avait prévenus qu’il s’agissait d’être plus vigilants, car un réseau d’agents du KGB biélorusse opérait ici. Vitali m’avait demandé de prendre soin de ses proches, il avait un mauvais pressentiment », a-t-il ajouté.
Perquisitions, arrestations et emprisonnements à un rythme effrénéL’Ukraine, comme la Pologne et la Lituanie, a historiquement accueilli les exilés biélorusses – opposants, membres d’ONG, journalistes ou militants – fuyant cette ex-république soviétique. Le cinquième mandat présidentiel d’Alexandre Loukachenko, remporté frauduleusement en 2020, et la répression massive des manifestations contestataires ont accéléré ce phénomène. Vitali Chychov avait lui-même quitté son pays pour l’Ukraine après avoir participé à la contestation dans la ville de Gomel.
Ces derniers mois, perquisitions, arrestations parfois spectaculaires et emprisonnements se sont succédé à un rythme effréné.
- En mai, l’opposant Roman Protassevitch était arrêté après le détournement de son vol Ryanair vers Minsk. Depuis, il a été transféré, avec sa femme, en résidence surveillée.
- Au début de juillet, Viktor Babaryko, ancien banquier et principal rival d’Alexandre Loukachenko, en prison depuis août 2020, a été condamné à quatorze ans de prison pour corruption.
- En juillet, une série de perquisitions et d’arrestations a visé la presse indépendante et d’opposition. Onze étudiants et un professeur ont écopé de lourdes peines de prison pour avoir manifesté contre le régime. Deux chercheuses, qui avaient participé à différents projets de recherche financés par l’Europe, ont été arrêtées, sans que l’on connaisse les charges retenues contre elles.
- Le 4 août s’ouvrira le procès de Maria Kolesnikova, l’une des trois grandes opposantes de la contestation de 2020. Selon elle, les forces de sécurité l’ont enlevée en septembre pour l’exiler en Ukraine. Mais, comme elle a résisté, elle a finalement été arrêtée, incarcérée et inculpée pour « complot visant à s’emparer du pouvoir ».
Les dernières cibles du régime sont celles qu’Alexandre Loukachenko appelle les « sales ONG » cultivant « la terreur ». Plusieurs dizaines d’entre elles ont été liquidées sur ordre du gouvernement biélorusse. Selon l’ONG Viasna, elle-même concernée, il s’agit d’organisations de défense des droits humains, d’enseignement des langues, d’aide aux handicapés ou d’aide à l’emploi pour les jeunes, ainsi que de l’Association des journalistes biélorusses et le bureau biélorusse de PEN, l’association de défense des écrivains.
Au printemps, l’Union européenne et les Etats-Unis ont pris de nouvelles sanctions, économiques et individuelles, visant de hauts responsables biélorusses et des hommes d’affaires, ainsi que des secteurs-clés de l’économie. La Biélorussie a riposté en annonçant, le 28 juin, la suspension de sa participation au Partenariat oriental de l’UE et le rappel de son ambassadeur à Bruxelles.
>>> JO de Tokyo 2021 : Kristina Timanovskaïa, l’athlète biélorusse qui voulait fuir son pays, en route pour la Pologne (Lemonde)
>>> L’opposant biélorusse Roman Protassevitch fait des aveux filmés « sous la menace ». VIDÉO. Le dissident, arrêté la semaine dernière après que son vol a été dérouté, reconnaît, face caméra, sa culpabilité, et dit vouloir corriger ses erreurs. Ses proches des ONG dénoncent des aveux téléguidés. (Lobs)
>>> Le régime biélorusse, honte de l’Europe (édito du Monde)
C'est vrai, ce que fait l'Europe, ou plutôt ce qu'elle ne fait pas, est une honte. Mais nul ne sera surpris par cet aplaventrisme. Depuis 2014 et son inaction face à la Russie qui a annexé la Crimée et réprimé dans le sang les manifestants de Maïdan, Poutine et les siens ont bien compris le message : ils peuvent tout se permettre (menaces, humiliations, meurtres, répression, etc). Ils ont bien compris que l'Europe ne fera rien à part "dénoncer" et "appeler au dialogue" ! . Et quand je parle d'inaction, il faudrait même parler de collaboration avec le régime criminel de Poutine, comme nous l'a montré l'Allemagne et son Nord Stream 2 , faisant un véritable bras d'honneur à l'UE, à ses prétendus partenaires, et aux valeurs qu'elle prétend défendre. L'Allemagne est pire que la Hongrie à qui elle prétend donner des leçons. Beaucoup plus vicieuse, beaucoup plus hypocrite.
>>> La peur des exilés biélorusses après la mort suspecte d’un opposant à Kiev. Comme des milliers de ses concitoyens, Vitali Chichov avait fui la répression dans son pays et animait, depuis, un réseau d’entraide. Son corps a été retrouvé, pendu à un arbre dans un parc ukrainien. Lemonde
>>> A Minsk, les illusions perdues du « square du changement ». Un an après le vaste soulèvement en Biélorussie contre la réélection
frauduleuse, le 9 août 2020, d’Alexandre Loukachenko, la répression
continue des autorités a sapé les espoirs des manifestants. Lemonde . C'était hélas prévisible, comme je l'ai déjà écrit dans ce blog
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