Bien sûr, on va nous expliquer en long en large et en travers (Darmanin a déjà commencé, Dupond-Moretti a vite suivi) que c'est à cause des procédures - judiciaires, administratives, etc etc- . Eh bien, c'est simple : cela montre, une fois de plus, que les procédures ne sont plus adaptées aux menaces d'aujourd'hui. L'angélisme, le déni, le laxisme, la naïveté, la lâcheté (on en a parlé récemment avec l'affaire Mila), les lenteurs juridico-administratives, ont des conséquences dramatiques prévisibles. Wauquiez et Barnier ont raison : « Nous avons sous les yeux les conséquences de nos lâchetés et de nos aveuglements » (Laurent Wauquiez) . « Ce drame aurait dû être évité » (Michel Barnier)
L’homme qui s’est accusé de ce crime, de nationalité rwandaise, est soupçonné de l’incendie en 2020 de la cathédrale de Nantes, dont il était bénévole. Une enquête pour « homicide volontaire » a été ouverte.
Un prêtre a été tué, lundi 9 août, en Vendée dans une communauté religieuse par un homme qui y était hébergé. Ce dernier s’est lui-même rendu ensuite à la gendarmerie pour se dénoncer, a-t-on appris de source policière et proche du dossier.
L’homme était sorti, le 29 juillet, de l’hôpital Georges-Mazurelle à La Roche-Sur-Yon où il avait été admis en soins psychiatriques pendant un mois, a-t-on précisé de source policière.
Ce « dramatique assassinat » a été annoncé sur Twitter à la mi-journée par le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin. « Tout mon soutien aux catholiques de notre pays après le dramatique assassinat d’un prêtre en Vendée », a tweeté le ministre, qui devait se rendre en fin d’après-midi sur place, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, à une quinzaine de kilomètres au sud de Cholet et à une dizaine de kilomètres du parc Le Puy du Fou.
Selon une source proche du dossier, citée par l’Agence France-Presse (AFP) « un homme s’est présenté en milieu de matinée à la brigade de gendarmerie de Mortagne-sur-Sèvre et a dit avoir tué un ecclésiastique ». Celui qui s’est accusé de ce crime, de nationalité rwandaise, avait été placé sous contrôle judiciaire dans le cadre de l’enquête sur l’incendie, en juillet 2020, de la cathédrale de Nantes, dont il était bénévole, a précisé cette source. Il était sorti le 29 juillet de l’hôpital Georges-Mazurelle à La Roche-sur-Yon, où il avait été en soins psychiatriques pendant un mois, toujours selon elle.
Selon les premiers éléments de l’enquête, le prêtre, âgé de 60 ans et membre de la communauté religieuse des montfortains, a succombé après avoir reçu des coups du suspect, qui le côtoyait « depuis plusieurs mois », selon une source policière. Une enquête pour « homicide volontaire » a été ouverte, selon le vice-procureur de La Roche-sur-Yon, selon qui « aucun mobile lié à un motif terroriste » n’apparaît à ce stade. La brigade de recherche de La Roche-sur-Yon et la section de recherche de Nantes en est saisie.
Selon le diocèse de Vendée, le père tué s’appelait Olivier Maire et était le supérieur provincial, c’est-à-dire le responsable national, des missionnaires montfortains, une congrégation bien implantée dans l’Ouest français ainsi que dans une trentaine de pays, axée sur la charité et l’hospitalité. Vincent Neymon, secrétaire général adjoint de la Conférence des évêques de France, joint par l’AFP, a exprimé sa « stupéfaction et profonde tristesse ».
A droite et à l’extrême droite, des accusations de « laxisme » [moi, je ne suis pas de droite ni d'extrême droite, mais j'observe que le laxisme et la naïveté concernant l'immigration existent bien dans ce pays]
Dans la foulée de l’annonce du meurtre, le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, a « exprim[é] toute sa sympathie » aux Montfortains, selon l’Elysée. Dans un message sur Twitter, il a ensuite rendu hommage « au nom de la nation (…) au père Olivier Maire » qui « portait jusque dans les traits de son visage la générosité et l’amour de l’autre ». Depuis le fort de Brégançon, M. Macron a eu des échanges avec des responsables de la Conférence des évêques de France, ainsi que le sénateur de la Vendée, Bruno Retailleau (LR).
De nombreux responsables de droite et d’extrême droite ont dénoncé le « laxisme » du gouvernement. Parmi eux, des candidats déclarés à l’élection présidentielle, comme Valérie Pécresse (Libres !, ex-LR), qui s’est demandée « par quelle cascade de défaillances en est-on arrivé à ce drame », ou Xavier Bertrand, qui a fait part de son « effroi » après cet assassinat « qui frappe au cœur les catholiques à quelques jours de l’Assomption ».
« Nous avons sous les yeux les conséquences de nos lâchetés et de nos aveuglements », a ajouté le président LR de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, tandis que Michel Barnier, ancien ministre, selon qui « ce drame aurait dû être évité », a assuré que « nous avons toutes les raisons d’être indignés ».
Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, a demandé au ministre de l’intérieur « de renforcer la surveillance et la protection des églises et des processions prévues le 15 août », jour de l’Assomption. « Mais que faisait encore cet individu en France ? », s’est pour sa part interrogé Bruno Retailleau.
La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, a également réagi sur Twitter, en déclarant :
« En France, on peut donc être clandestin, incendier la cathédrale de Nantes, ne jamais être expulsé et récidiver en assassinant un prêtre. Ce qui se passe dans notre pays est d’une gravité sans précédent : c’est la faillite complète de l’Etat et de Gérald Darmanin. »
Le ministre de l’intérieur a répliqué sans tarder : « Cet étranger n’était pas expulsable malgré son arrêté d’expulsion tant que son contrôle judiciaire n’était pas levé. » Il a accusé Marine Le Pen de « polémique[r] sans connaître les faits ».
La dernière attaque mortelle visant un membre de l’Eglise catholique en France remonte au 29 octobre 2020, lorsqu’un Tunisien de 21 ans avait tué au couteau deux fidèles et le sacristain de la basilique Notre-Dame-de-l’Assomption à Nice, Vincent Loquès, avant d’être grièvement blessé par des policiers municipaux.
En 2019, un prêtre de 90 ans, le père Roger Matassoli, avait été retrouvé, dans l’Oise, mort par asphyxie et avec la présence de traces de coups portés à l’abdomen, au crâne et au visage. Il avait fait l’objet d’une plainte pour « comportements inappropriés sur mineur » commis il y a plusieurs dizaines d’années, avait alors expliqué l’évêque de Beauvais. Le suspect était un homme de 20 ans.
En 2016, le père Jacques Hamel, prêtre de Saint-Etienne-du-Rouvray, en Seine-Maritime, avait été égorgé dans son église par deux hommes, qui avaient été abattus par la police. L’assassinat avait été revendiqué par l’organisation Etat islamique.
>>> Meurtre du Père Olivier Maire: «Il faut remettre de la cohérence dans le traitement pénal des étrangers en situation irrégulière»
FIGAROVOX/TRIBUNE - Ce 9
août, le Père Olivier Maire a été tué par l'homme d'origine rwandaise
qui avait incendié la cathédrale de Nantes un an plus tôt, et qu'il
avait accueilli. Il s'était vu notifier l'obligation de quitter le
territoire français, mais était resté en France. Le magistrat Charles
Prats met en lumière les incohérences de notre droit. Lefigaro
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