Des propos anti européens de Michel Barnier ? Non, ce ne sont pas des propos anti européens ; au contraire, il s'agit de la survit de l'Europe. Ce qui est néfaste à l'Europe est une UE contrôlée par l'Allemagne qui s'occupe prioritairement de ses intérêts particuliers - même si c'est au dépens de ses prétendus partenaires - . Ce qui est néfaste à l'Europe, c'est un droit européen trop favorable à l'immigration arabo-musulmane. L'UE n'est pas assez protectrice de des peules européens, des frontières européennes, de la civilisation européenne .
>>> Michel Barnier provoque la consternation en Europe
Les propos sur la politique migratoire de l'ex-négociateur du Brexit en campagne électorale jeudi à Nîmes ont stupéfié les milieux européens. Le candidat à la présidentielle en France semble prêt à remettre en cause les règles et la justice européenne.
Alerte rouge sur la planète Europe. L'intervention de Michel Barnier, l'Européen de toujours, ex-commissaire et négociateur hors pair du Brexit, aujourd'hui candidat à la présidentielle en 2022 en France, a déclenché une onde de consternation unanime après les propos qu'il a tenus lors des journées parlementaires des Républicains , jeudi à Nîmes.
Son obsession d'une nécessaire reprise en main de la politique migratoire « incontrôlée » de la France n'est pas nouvelle. Il l'a détaillée dans une tribune publiée cet été . C'est plutôt sa méthode pour la juguler qui a choqué. Il propose de mettre en place un « moratoire » pour mettre « un coup d'arrêt aux dérives, au laisser-aller » . Une « pause de trois à cinq ans » durant laquelle les autorités donneraient un coup de frein aux régularisations « inconditionnelles », au regroupement familial, à la délivrance des visas long séjour, notamment. Concrètement, il appelle à « un référendum » qui serait organisé avec deux objectifs : un « contrôle parlementaire sur les quotas d'immigrés », et « un bouclier constitutionnel » pour « retrouver notre liberté de manoeuvre ».
Souveraineté juridique
L'enjeu de tout ce processus serait en effet de « garantir que les dispositions prises […] ne pourront être écartées par une juridiction française au motif des engagements internationaux de la France ». « Nous ne pouvons pas faire tout cela sans avoir retrouvé notre souveraineté juridique, en étant menacés en permanence d'un arrêt ou d'une condamnation de la Cour de justice européenne ou de la Convention des droits de l'homme, ou d'une interprétation de notre propre institution judiciaire » , a-t-il lancé jeudi à Nîmes. C'est cette remise en cause inattendue des règles et de la justice européenne qui a déclenché la colère de très nombreux observateurs car ce que veut faire Michel Barnier revient tout simplement à s'exonérer des traités européens et internationaux.
« Ce que propose Michel Barnier est intenable, à commencer par la mise en place d'un moratoire, qui serait immédiatement sanctionnée par l'Union européenne » explique Thibaut Fleury-Graff professeur de droit public à l'université Paris-Saclay. « Un Etat ne peut s'abriter derrière sa constitution pour se dispenser d'appliquer le droit européen ».
Accords bilatéraux
Le détricotage du droit européen dans le champ migratoire soulèverait des problèmes infinis. « Le droit d'asile, souligne le juriste, relève du droit européen mais il est aussi inscrit dans la constitution française et dans la convention européenne des droits de l'homme ». Il est donc impossible de s'en départir. Les traités européens n'autorisent d'ailleurs un Etat membre à s'affranchir d'un pan entier de la législation européenne.
Si le regroupement familial est pointé du doigt comme un vecteur privilégié des arrivées en France, il reste très compliqué pour un Etat de s'exonérer de ses obligations car le droit européen en la matière se double souvent, en particulier en France, d'accord bilatéraux avec les pays d'origine ou d'anciennes colonies, qui facilitent ces mouvements migratoires et se révèlent difficiles à dénoncer.
Visas économiques
Enfin, notent les experts de la politique migratoire, le droit européen n'est pas si contraignant pour les Etats membres. Il suffit de jeter un oeil vers la Hongrie ou la Pologne pour constater que leur appartenance à l'Union européenne n'a pas conduit à un déferlement de migrants. En particulier, les Etats membres sont entièrement maîtres du nombre de visas qu'ils accordent aux migrants économiques.
Les propositions de Michel Barnier dénotent tout particulièrement venant d'un homme qui vient de passer quatre ans à négocier avec le Royaume-Uni des milliers de règles et de normes que les Européens s'évertuent maintenant à faire appliquer à la lettre par Londres. Celui qui a été unanimement loué pour ses qualités de négociateur sait mieux que personne le rôle central de la règle de droit dans la vie de l'Union européenne.
Ambiance délétère
L'eurodéputée socialiste, Sylvie Guillaume, ne cache pas sa colère : « Les propos de Michel Barnier sont très choquants car ils reviennent à contester la primauté du droit européen sur les droits nationaux. C'est très lourd de sens, politiquement et cela le discrédite complètement ».
L'intervention de l'ex-commissaire européen inquiète d'autant dans les milieux européens qu'elle intervient dans un contexte délétère de contestation de l'autorité européenne dans certains pays. En Allemagne où la Cour de Karlruhe a mis en cause la politique de la Banque centrale européenne et le plan de relance des Vingt-sept. Et surtout à l'est de l'Europe, en Hongrie et en Pologne, gouvernées par des partis ouvertement nationalistes et souverainistes. Les idées de Michel Barnier sont du pain béni pour le gouvernement polonais qui affirmait récemment « ne pas reconnaître » le jugement de la Cour de justice européenne, le qualifiant d' « agression » envers son pays.
Catherine Chatignoux, LesEchos
>>> Wauquiez soutien Barnier (et c'est très bien)
LR : pourquoi Wauquiez soutient Barnier. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes espère que 2022 sera l’occasion d’un grand coup de balai à droite pour dégager l’horizon vers 2027.
Ancien président des Républicains, Laurent Wauquiez s’est taillé un franc succès à l’applaudimètre lors de la réunion militante qui a suivi les journées parlementaires LR de Nîmes, la semaine dernière. Le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, qui a renoncé à se présenter à une éventuelle primaire de la droite pour mieux préparer la présidentielle de 2027, a pu mesurer que sa popularité auprès des militants Lobs
LA TRIBUNE - Vous avez surpris tout le monde il y a 15 jours
en annonçant un référendum sur l'immigration et en prenant vos distances
avec les règles migratoires européennes. Pourquoi courir après cette
thématique de l'extrême-droite, du RN à Eric Zemmour. Est-ce que vous
n'avez pas intérêt à vous différencier par rapport à ces candidatures à
la présidentielle ?
MICHEL BARNIER-
Je ne cours après personne. Surtout pas après ceux que vous avez cités,
qui n'ont pas les mêmes valeurs, ni les mêmes idées que moi. Avec
lesquels il n'y aura jamais aucune faiblesse ni aucune compromission. Je
regarde les problèmes de mon pays, tels que les gens les vivent. Et
parmi ces problèmes qui sont graves, au point de causer des ruptures, de
grandes tensions, pas seulement dans les banlieues, il y a cette
question de l'immigration qui n'est plus maîtrisée. Notre politique nationale de l'immigration ne fonctionne pas. Pas plus que ne fonctionne la politique européenne.
Si vous êtes candidat à la présidentielle, vous devez, si vous êtes sérieux, regarder les problèmes, les comprendre et proposer des réponses. C'est ce que j'ai fait et pas seulement depuis 15 jours. J'ai annoncé mes idées, mes projets sur cette question avant l'été. Je les ai confirmées dans un article du Figaro en juillet. Il n'y pas de surprise. Nous devons donner un coup d'arrêt au laisser-faire, au laissez-passer. Remettre à plat les procédures pour qu'elles fonctionnent correctement. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Traiter ces questions de manière humaine et rigoureuse. Nous avons aussi besoin de nous protéger contre une accumulation de jurisprudences, du Conseil constitutionnel, du Conseil d'Etat, de la Cour de Justice européenne, de la Convention européenne des droits de l'Homme pour, dans certains cas, prendre des mesures sous notre propre responsabilité et dans le cadre de notre souveraineté.
Dans quels cas ? Vous avez été critiqué par vos amis européens qui trouvent curieux de voir l'homme de la négociation du Brexit réclamer un Frexit partiel sur l'immigration...
C'est une vraie caricature. J'ai vu cette agitation de la « bulle bruxelloise ». J'ai été Européen avant beaucoup d'entre eux et je le serai après beaucoup d'entre eux. Je n'ai pas de leçon d'engagement européen à recevoir. C'est précisément parce que j'ai eu la responsabilité de gérer le Brexit que j'ai dit qu'il fallait en tirer les leçons. Je l'ai écrit dans mon livre. Il y a des choses à changer. Le Brexit, ce n'est pas un petit événement. C'est un événement extrêmement grave qu'un pays aussi important que le Royaume-Uni quitte l'UE. Tout au long des négociations, j'ai essayé de comprendre pourquoi cela s'est produit. Pourquoi 52% des Britanniques ont voté contre Bruxelles. Toutes les raisons ne sont pas à chercher à Bruxelles, mais une partie vient de Bruxelles, de cette forme d'arrogance des gens qui pensent qu'ils ont toujours raison, que rien ne doit changer. Les mêmes qui ont dit pendant 30 ans, il faut déréguler, ouvrir les portes et les fenêtres, alors que personne d'autre, ni les Chinois, ni les Américains, n'ont fait la même chose. C'est comme ça qu'on a désarmé la régulation financière, qui a conduit à la crise de 2007. Je peux en parler avec beaucoup de sérieux, car j'ai géré l'après-crise. On a laissé les banquiers faire n'importe quoi, avec des bonus insensés et des produits toxiques. Il faut faire attention.
C'est donc parce que je suis Européen en plus d'être patriote que je pense qu'il y a une discussion à avoir avec nos partenaires sur Schengen et les accords de Dublin. Le temps d'un moratoire, pour négocier avec les pays d'Afrique et remettre les choses à plat chez nous, de manière souveraine. Il y quelques années, l'Allemagne, par exemple, s'était dégagée des règles européennes en disant que pendant deux ans, ils allaient suspendre les règles de regroupement familial. Personne n'a rien dit.
Il y a quelques semaines, l'ancien Premier ministre de M. Macron, Edouard Philippe a dit à propos d'une décision de la Cour de Justice européenne concernant le temps de travail des militaires, qu'elle était inacceptable. Elle est scandaleuse, elle remet en cause nos valeurs nationales. Il ne faut pas l'accepter et personne n'a rien dit.
Je dis les choses calmement et simplement. Il y a beaucoup d'abus sur les questions migratoires, de procédures détournées ou abusées. Il faut mettre en place un bouclier constitutionnel qui nous mette à l'abri. Nous verrons pendant le temps du moratoire, les lois ou les directives que nous devrons corriger et à travers un référendum organisé au mois de septembre et dont les termes seront connus dès le mois de mai, lors des élections législatives, pour pouvoir consulter le Parlement tous les ans pour qu'il décide du quota de personnes qu'on souhaite accueillir chez nous. Pour prendre le temps de reconstruire un consensus national, mais aussi mieux accueillir les gens que nous accueillons chez nous.
Vous vous présentez comme le candidat de la réconciliation. Vous parlez de fraternité. Comment vous adresser au centre droit, aux gens qui peuvent être déçus par rapport à l'action du président actuel ?Concernant l'immigration, la mesure est prise par tout le monde. En France, des gens de droite et de gauche constatent que cela ne fonctionne pas. Je veux que cela fonctionne, nous devons assurer l'asile, c'est notre honneur. A condition que ce ne soit pas détourné. Il faut qu'on prenne le temps de mieux accueillir les gens que nous accueillons Latribune
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