mercredi 6 octobre 2021

La Russie avance ses pions en Algérie, au Mali, en Turquie

 Un peu tendu en ce moment entre la France et l'Algérie, et entre la France et le Mali, et entre la France et la Turquie (mais on s'en fout un peu). En revanche, ces trois pays -Algérie, Mali, Turquie- aiment beaucoup la Russie. Un amour réciproque. 

RUSSIE + TURQUIE

 >>> Erdogan affiche son intention d’approfondir la coopération militaire avec la Russie

Après sa rencontre avec Vladimir Poutine à Sotchi, le président turc affirme que les deux pays pourraient coopérer pour la construction d’avions de combat et de sous-marins. 

Dans l’avion qui le ramenait de Sotchi, en Russie, où il s’est entretenu, mercredi 29 septembre, avec son homologue Vladimir Poutine, Recep Tayyip Erdogan s’est épanché sur l’avenir qu’il entrevoit en matière de coopération militaire entre les deux pays. « Nous avons parlé de ce que nous pourrions faire concernant la construction des moteurs d’avions et à propos des avions de combat. (…) Un autre domaine dans lequel nous pouvons agir ensemble est la construction de navires. Si Dieu le permet, nous pouvons même prendre des dispositions communes pour des sous-marins », a-t-il ainsi déclaré, selon la presse turque.

Cette annonce intervient alors que la question du système de défense antiaérienne S-400 fait toujours l’objet de tensions entre Ankara et Washington. En déplacement quelques jours auparavant à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, le président turc n’a pas été reçu par Joe Biden, en dépit des attentes turques. Devant la presse, il concédait alors lui-même que les relations avec son allié de l’OTAN n’avaient « pas bien commencé ».

Faute de contact direct avec son homologue américain, Recep Tayyip Erdogan a donc multiplié les messages par l’intermédiaire des médias. Lors d’un entretien télévisé sur la chaîne CBSNews, pour l’émission « Face the Nation », il a ainsi réitéré son intention de poursuivre le programme d’acquisition des S-400 russes s’exposant à de nouvelles sanctions américaines. Vendredi 1er octobre, les Etats-Unis ont réagi.

LeMonde

 

 

RUSSIE + ALGERIE

>>> Les forces terrestres russes et algériennes engagées pour la première fois dans un exercice conjoint en Ossétie du Nord

Dans le domaine militaire, l’Algérie et la Russie entretiennent des relations très étroites et anciennes, en particulier au niveau des équipements, le complexe militaro-industriel russe étant le premier fournisseur de l’Armée nationale populaire [ANP] algérienne. Ainsi, selon le Stockholm International Peace Research Institute [SIPRI], le montant des acquisitions d’armements d’Alger auprès de Moscou a augmenté de 64% entre 2016 et 2020.

En revanche, et malgré des équipements communs, la coopération opérationnelle entre les forces russes et algériennes était jusqu’à présent inexistante. Ce n’est plus le cas désormais.

En effet, depuis le 3 octobre, 80 militaires de l’ANP prennent part à un exercice organisé sur le polygone de Tarskoïe, en Ossétie du Nord par le ministère russe de la Défense, lequel a mobilisé, pour l’occasion, autant de soldats issus d’unités de l’infanterie motorisée de la 58e armée, basée dans le nord du Caucase.

Il s’agit des premières manoeuvres réunissant les forces russes et algériennes.

La tenue de cet exercice avait été annoncé en avril dernier par Moscou. À l’époque, il fut avancé qu’il porterait sur des « actions tactiques pour rechercher, détecter et détruire des groupes armés illégaux ». Un domaine que l’ANP connaît bien, après des années de lutte contre le Groupe islamique armée [GIA], puis le Groupe salafiste pour la prédication et le combat [GSPC] et, enfin, al-Qaïda au Maghreb islamique [AQMI], dont le chef, Abdelmalek Droukdel, a été tué dans le nord du Mali par la force française Barkhane, en juin 2021.

Justement, cet exercice russo-algérien est organisé alors que le Mali ne cache plus son intention de recourir aux services de la société militaire privée [SMP] russe Wagner, proche du Kremlin, et qu’Alger a interdit l’accès de son espace aérien aux avions militaires français se rendant au Sahel, afin de protester contre des propos tenus par le président Macron.

En outre, et dans le même temps, l’Algérie et le Maroc connaissent de vives tensions, Alger ayant reproché à Rabat de soutenir le Mouvement pour l’autodétermination de la Kabylie [MAK], récemment classé parmi les organisations terroristes par les autorités algériennes.

Quoi qu’il en soit, la semaine passée, le général Said Chanegriha, le chef d’état-major de l’ANP, a fait valoir que l’Algérie doit être « capable de jouer pleinement son rôle indéniable en tant que puissance régionale, crainte de ses ennemies, lui assurant en permanence une supériorité stratégique dans la région ».

Quant à l’exercice actuellement en cours en Ossétie du Nord [et qui doit durer une semaine], le ministère russe de la Défense a expliqué, ce 5 octobre, que les militaires algériens ont été formés aux pratiques russes en matière « de radioprotection, de protection chimique et biologique » et qu’ils ont effectué leurs premiers tirs avec le nouveau fusil d’assaut AK-12.

Opex360

 

 RUSSIE + MALI

>>> Mali, RCA... Pourquoi la Russie s’intéresse-t-elle de plus en plus à l'Afrique subsaharienne?

Après le sommet de Sotchi en 2019, les accords de coopération bilatérale entre la Russie et des pays d'Afrique subsaharienne se sont multipliés... Après la Centrafrique, le Mali est au centre de toutes les attentions, avec notamment la livraison jeudi dernier de quatre hélicoptères russes et les discussions avec le groupe Wagner. On parle également de possibles accords avec la Mauritanie. Un intérêt accru de la Russie pour les pays d'Afrique subsaharienne qui pose question.

 RFI

 

 

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