mercredi 6 octobre 2021

Ukraine. L’UE envisage la mise en place d’une mission de formation militaire en Ukraine

 Enfin une initiative intéressante. Je note :

1/ que cette initiative intervient grâce à l'Europe de l'est et l'Europe du nord. L'Allemagne est quant à elle appelée à la soutenir. (on sait que ce pays défend avant tout son économie, y compris en faisant du business avec Poutine, donc on verra si Europe de l'est + Europe du nord pèsent plus que l'Allemagne)

2/ Que l'Italie, la Grèce, et Chypre ont les chocottes ( trois pays très prisés des touristes russes...). Mais la Grèce et Chypre doivent comprendre que s'ils attendent de l'Europe un soutien face aux turcs, l'Europe de l'est et du nord attendent un soutien face aux russes. Quant à l'Italie, souhaitons qu'elle soit moins naïve (l'épisode de l'espionnage n'a semble-t-il pas eu de conséquence).  Cette solidarité européenne devrait pourtant être assez simple à comprendre

3/ Qu'il n'est pas fait mention de la France. Espérons que Macron soit aussi volontariste pour montrer cette solidarité européenne, dont il aime tant parler, que pour soutenir la Grèce face à la Turquie

4/ Un mot, employé dans la dernière phrase du billet, a fait tilt : le mot "peur". On a l'impression que l'UE emmenée par l'Allemagne est en effet pétrifiée face à la Russie (mais aussi face aux autres puissances, grandes ou moyennes, comme la Chine ou la Turquie). Alors, répétons-le : on n'a pas besoin d'une UE qui a peur. On a besoin d'une UE puissante, crainte, qui se fasse respecter. C'est pourquoi il faut souhaiter ardemment que l'Allemagne perde le plus d'influence possible en Europe et que l'Europe de l'est en gagne. 

>>> L’UE envisage une mission de formation pour les officiers ukrainiens en raison des « activités militaires en cours » menées par la Russie, alors que les relations entre Kiev et Moscou restent tendues.

Un document de travail de l’UE, cité pour la première fois par le journal allemand Welt am Sonntag le dimanche 3 octobre, mentionne un programme de formation indépendant appelé Mission de conseil et d’entraînement militaire de l’UE en Ukraine (EU Military Advisory and Training Mission Ukraine en anglais, EUATM).

Selon le rapport du média, les ministres ukrainiens de la Défense et des Affaires étrangères ont formulé une demande pour cette mission de formation dans une lettre adressée à Josep Borrell, le haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, en juillet de cette année.

« Une mission militaire mettrait en évidence la visibilité et l’engagement envers les pays de l’initiative du Partenariat oriental », selon le document de travail du Service européen pour l’action extérieure (SEAE).

Le Partenariat oriental, lancé en 2009 dans le but de soutenir l’Ukraine, la Géorgie, la Moldavie, la Biélorussie, l’Arménie et l’Azerbaïdjan, n’a en effet pas de dimension militaire.

Cette mission militaire serait « une expression de solidarité avec l’Ukraine au vu des activités militaires actuelles de la Russie aux frontières de l’Ukraine et dans la Crimée illégalement annexée ».

Selon Kiev, le conflit dans l’est de l’Ukraine a fait 14 000 morts depuis 2014.

La Mission de conseil aux forces de sécurité intérieure ukrainiennes (European Union Advisory Mission Ukraine en anglais, EUAM Ukraine), chargée de la réforme du secteur de la sécurité civile, permet également d’améliorer les capacités militaires de l’Ukraine.

La demande de lancement de cette mission fait suite aux inquiétudes exprimées à plusieurs reprises par différents États membres au sujet des exercices militaires russes à proximité de leurs frontières et de celles de l’UE. Ces préoccupations surviennent notamment après l’exercice Zapad-2021 de septembre et le renforcement massif des troupes russes près de l’Ukraine en avril.

Moscou a démenti les allégations de Kiev et de ses alliés occidentaux selon lesquelles la Russie aurait renforcé ses troupes à sa frontière occidentale au printemps, en vue d’envahir l’Ukraine.

Toutefois, le président ukrainien Volodymyr Zelenskiy a déclaré en septembre qu’une guerre totale avec son voisin russe était possible.

Selon les rapports, ce sont majoritairement les Européens de l’Est qui plaident en faveur de la mission de formation militaire, mais les États membres nordiques tels que la Suède et la Finlande ont également exprimé leur soutien.

L’Italie, la Grèce et Chypre ont cependant appelé à éviter des « provocations inutiles » envers Moscou. La légitimité des missions et des opérations de l’UE repose actuellement sur le principe de l’unanimité, ce qui signifie que tous les États membres doivent s’accorder pour la mise en place de cette mission.

« L’Ukraine appelle les États membres de l’UE, et en particulier l’Allemagne, à lancer cette solide mission d’entraînement militaire le plus rapidement possible », a déclaré l’ambassadeur ukrainien en Allemagne, Andrij Melnyk, au journal Welt am Sonntag le lundi 4 octobre.

« Kiev espère que le gouvernement allemand actuel et futur soutiendra activement cette initiative historique et contribuera de manière significative à l’établissement d’un consensus au sein de l’UE », a-t-il ajouté.

L’Ukraine, qui a demandé à adhérer à l’OTAN en 2008, a sollicité l’alliance à plusieurs reprises afin d’accélérer l’adhésion du pays, affirmant que c’était le seul moyen de mettre fin aux combats avec les séparatistes pro-russes.

Toutefois, des membres influents de l’OTAN sont réticents à l’idée d’accepter l’Ukraine au sein de l’alliance, de peur d’aggraver les tensions avec Moscou.

 Euractiv


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