mercredi 26 janvier 2022

2022 : l’Europe ripostera-t-elle enfin aux attaques de ses ennemis, ou continuera-t-elle sa lente agonie ?

MAJ 24/02/2022 : LA GUERRE

>>> Raphaël Glucksmann : « 20 ans d’aveuglement sur la véritable nature du pouvoir russe nous ont menés au bord du gouffre ». Alors que Vladimir Poutine a déclenché une offensive militaire en Ukraine dans la nuit de jeudi, l’eurodéputé, président de la commission spéciale sur les ingérences étrangères au Parlement européen, appelle l’UE à « transformer son marché en puissance politique ». (Lobs).  Je suis pour , mais je n'y crois plus. Et le dernière réaction de l'Allemagne n'est pas faite pour rassurer (simple "suspension" de Nord Stream 2 ; opposition au bannissement de la Russie du système SWIFT , etc )

>>> 19/02/2022 Bientôt la guerre ? Ils n'ont rien voulu faire en 2014 : voilà le résultat. La France et l'Allemagne appellent leurs ressortissants à quitter le pays (Lemonde)

Il ne reste plus qu'un prétexte pour attaquer (dire par exemple que les russophones sont en danger. On se rappellera que pour justifier l'annexion de la Crimée, le prétexte était à peu près le même : des russophones en danger face aux "nazis de Kiev") , la propagande tournant à plein, influençant y compris les médias occidentaux et les simples d'esprit comme Mélenchon, Zemmour, Le Pen 'n co 

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« Américains et Européens ont compris qu’au-delà du sort de l’Ukraine, eux aussi sont attaqués »

Eh bien, espérons-le, qu'ils ont compris. Nul besoin d'être sorti de polytechnique pour le comprendre. Que Sarkosy ne l'ait pas compris, passe encore : ce n'est pas quelqu'un qui brille par son intelligence. Mais z'enfin, il n'est pas tout seul, Sarkosy. Après la Géorgie et surtout l'Ukraine, les dirigeants occidentaux auraient dû comprendre que ça n'allait pas s'arrêter là. Ils auraient dû s'appuyer sur l'histoire, qui a montré que les Daladier et Chamberlain n'étaient pas de fins négociateurs mais de lâches incompétents.

En tout cas, si certains ont finalement compris que la Russie de Poutine étaient en guerre aussi contre tout l'Occident, tant mieux. Mieux vaut tard que jamais. 

Mais apparemment, tous les européens, ne l'ont pas compris (voir par exemple cet article du monde). Macron est bien mou sur ce coup (il ferait bien de soutenir l'Ukraine de la même façon qu'il a soutenu la Grèce face à la Turquie d'Erdogan). Quant au chancelier Olaf Scholz, il est aussi "à l'ouest" que Merkel. Les réseaux de Scrhöder/Poutine  doivent être bien solides dans ce pays.

 >>> Après un flottement, les pays occidentaux ont pris conscience de l’impératif d’unité face à une Russie qui menace désormais tout l’équilibre européen, analyse Sylvie Kauffmann, éditorialiste au « Monde ». 

Chronique. Non, on ne rejouera pas à propos de l’Ukraine la grande fracture occidentale de 2003 sur l’invasion de l’Irak et ses prétendues armes de destruction massive. Il n’y aura pas de remake de la saga du « smoking gun », la fameuse preuve des turpitudes de Saddam Hussein que réclamaient en vain certains Européens aux Etats-Unis. En cette fin janvier 2022, après trois mois de tergiversations sur la nature de la menace russe à l’égard de l’Ukraine, le mot d’ordre est enfin clairement formulé parmi les alliés : unité !

Unité : le message a été répété dans toutes les langues après la réunion en vidéoconférence montée, lundi soir 24 janvier, par Washington pour rassembler les principaux dirigeants européens autour du président Joe Biden.

Le danger n’est pas passé loin. La semaine dernière encore, Paris s’étonnait qu’Américains et Britanniques ne lui communiquent pas les renseignements accréditant la thèse de l’imminence d’une invasion russe en Ukraine, « s’ils existent », et Berlin ne cachait pas ses divergences d’analyse avec Washington. A Londres, Boris Johnson, trop heureux de pouvoir mettre en œuvre la politique étrangère tonitruante promise par le Brexit et de s’extraire du feuilleton des fêtes interdites à Downing Street, rivalisait avec les Etats-Unis pour la place d’allié numéro un de l’Ukraine.

L’Elysée s’insurgeait contre les interprétations négatives, notamment dans la presse britannique, d’une phrase du discours du président Macron au Parlement européen sur le rôle des Européens et sur un possible dialogue avec la Russie. Le magazine Der Spiegel rapportait que le chancelier Olaf Scholz avait décliné une invitation de Joe Biden à lui rendre visite à Washington…

« Crise existentielle »

On ferme le ban. Cette semaine, le camp occidental serre les rangs. Le conseiller diplomatique de M. Macron, Emmanuel Bonne, a fait un aller-retour à Washington vendredi pour « échanger sur la situation sur le terrain » avec son homologue Jake Sullivan et, depuis, l’Elysée n’évoque plus que des « nuances » dans l’analyse. On s’y dit désormais « satisfaits du partage de l’information » avec les Américains : « il y a une coordination, c’est clair ».

Même si les Britanniques maintiennent des positions « très alarmistes », on fera ce qu’il faut pour rester « en phase ». Les dirigeants de l’Union européenne (UE), ainsi que le président polonais, ont été invités à participer à la réunion virtuelle avec Joe Biden : voilà, l’UE a sa place. Et le porte-parole du département d’Etat américain défie quiconque de déceler « une lueur » de divergence entre les alliés.

 Lemonde

 

 

Poutine est encore plus idiot que je ne le pensais. Croit-il vraiment qu'en faisant la guerre à ses voisins, en pourrissant l'Occident, et en épuisant les ressources de son pays avec ses "manoeuvres" militaires, il va reconstruire l'URSS ? Apparemment, il le pense.

>>> « Il y a un fossé entre les interventions militaires de la Russie et la reconstruction de l’URSS »

La façon dont le pays reprend pied a de quoi inquiéter, mais le fantôme de l’URSS a toutes les chances d’en rester un, estime Cyrille Bret, chercheur associé à l’Institut Jacques Delors. 

Tribune. Projection de troupes au Kazakhstan en 2022, interposition militaire entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan en 2021, relance de l’union avec la Biélorussie en 2020 ou encore déstabilisation de l’Ukraine depuis 2014 : la Fédération de Russie réinvestit, économiquement et militairement, plusieurs anciennes républiques socialistes soviétiques (RSS). Trente années exactement après la dissolution de l’URSS, le 25 décembre 1991, la nostalgie de la puissance se mue-t-elle en projet d’empire ?

Depuis une décennie, les relations entre la Russie et les Occidentaux ont repris la physionomie d’un affrontement larvé, multiforme et indirect, mais persistant. En deux mots, une « guerre froide ». Les tentatives de coopération au sein du partenariat avec l’Union européenne (1994) et dans le Conseil OTAN-Russie (2002) ne séduisent plus Moscou. La Russie a repris l’initiative dans ses anciennes RSS depuis la guerre avec la Géorgie, en 2008. Les tensions militaires sont soigneusement entretenues sur tous les théâtres : en mer Baltique, avec l’enclave de Kaliningrad [région située entre la Pologne et la Lituanie isolée du reste de la Russie] ; en mer Noire, à partir de la Crimée, annexée en 2014 ; dans le Caucase, depuis sa médiation dans le conflit au Haut-Karabakh, en 2020.

Lorsque l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) s’est élargie en intégrant d’anciennes démocraties populaires, comme la Pologne, la Hongrie ou la Tchéquie, et d’anciennes RSS (les trois Etats baltes), la Russie a reconstruit son complexe militaro-industriel, rénové ses réseaux d’alliance, repensé son « soft power » médiatique et ses tactiques. Qu’elle mène des « guerres hybrides », selon la terminologie forgée par l’OTAN, ou qu’elle suive la « doctrine Guerassimov » [général ayant théorisé la guerre informationnelle et l’action des forces spéciales], selon l’expression en vogue à Moscou, la Russie essaie de reprendre pied militairement, économiquement, diplomatiquement et médiatiquement dans ce qui reste de l’espace post-soviétique.

La nostalgie de l’URSS ne se cache pas aujourd’hui en Russie : le président russe déplore sa disparition comme une « tragédie », une partie des élites politiques regrette sa grandeur et les célébrations historiques lui font une grande place dans la mémoire collective. Exploitant les retraits américains d’Asie centrale et prenant de vitesse une Union européenne encore maladroite géopolitiquement, la Russie redevient aujourd’hui la puissance militaire de référence dans les espaces baltiques, caucasiens et d’Asie centrale. Lemonde

 

 

>>> JAN2022 « Il est préoccupant que l’Union européenne n’ait pas une politique étrangère unique à l’égard de la Russie ». Les discussions sur la sécurité en Europe se tiennent à Genève entre négociateurs russes et américains sans les principaux intéressés, déplorent, dans une tribune au « Monde », Christian Lequesne, professeur de science politique, et Tomasz Orlowski, ancien ambassadeur de Pologne. Lemonde.  

Hélas, la France (immuable, le Macron ! ) , et surtout l'Allemagne, sont à côté de la plaque. Macron veut une Europe solidaire ? Qu'il le montre, en soutenant sans ambiguïté l'Europe de l'est ; et en condamnant la mollesse allemande face  à Poutine


>>> JAN2022 Crise en Ukraine : les Etats-Unis écartent une exigence russe. Il s’agissait d’une des principales demandes de Moscou. Toutefois, Washington assure avoir proposé une « voie diplomatique » pour éviter un conflit armé. Lemonde

C'est très bien que les Etats-Unis ne cèdent pas au chantage. Poutine n'est pas propriétaire de l'Ukraine. L'Ukraine peut choisir librement ses alliées ; elle peut choisir librement d'être candidate à une entrée dans l'UE ; elle peut choisir librement d'être candidate à une entrée dans l'OTAN. Biden, avec tous ses défauts, est quand même mieux, face à Poutine, qu'Obama et Trump

 

>>> Ukraine : l’Europe devant ses responsabilités. En menaçant l’Ukraine par une pression militaire ostensible, Moscou met les Européens au défi de réagir. Si l’UE est mal équipée pour parler d’une seule voix, il est crucial qu’elle adopte les mesures de fermeté qui s’imposent dans cette crise. Lemonde

>>> Crise en Ukraine : l’Allemagne accusée de manquer de solidarité avec ses alliés.Le gouvernement d’Olaf Scholz est critiqué en Ukraine et aux Etats-Unis, notamment pour son refus de livrer des armes au gouvernement ukrainien. Lemonde

 Le manque de solidarité de l'Allemagne n'est hélas pas nouveau. Scholz poursuit la (mauvaise) voie de Merkel

 

 

>>> 2022 : le « cercle de feu » continue de brûler autour de l’Europe Euractiv


>>> 2022 : les trois guerres de l'Europe, par Marion Van Renterghem

Cette année, l'Union européenne sera sous le feu des attaques : de l'extérieur avec Poutine ; de l'intérieur avec Orban et Morawiecki ; et entre amis, autour du nouveau trio Macron-Scholz-Draghi.

(...)

La guerre de l'extérieur a un nom : Vladimir Poutine. Le président russe s'est toujours attaché à affaiblir l'Union européenne - en soutenant systématiquement les partis et dirigeants anti-européens, en donnant son feu vert implicite à des cyberattaques contre des Etats membres, en affichant son mépris à l'adresse des institutions de Bruxelles. Il n'accepte pas que l'Ukraine, entité naturelle du monde russe à ses yeux, bénéficie du "partenariat oriental" conclu par Kiev avec l'UE, ni qu'elle manifeste le désir d'un rattachement à la démocratie libérale à l'occidentale, et, pire, d'une intégration à l'Otan.  

Il considère que la dissolution de l'URSS fut "la plus grande catastrophe du XXe siècle" et veut modifier l'ordre stratégique établi depuis sur le Vieux Continent. Après avoir annexé la Crimée en 2014 - au mépris des règles internationales qui stipulent le respect des frontières établies -, il menace à nouveau la souveraineté de l'Ukraine par un dispositif militaire installé à la frontière des deux pays.

L'UE se retrouve condamnée à assister, impuissante et humiliée, aux négociations menées sans elle entre Moscou et Washington sur l'architecture de sécurité en Europe, lesquelles concernent un possible conflit armé dans un pays, l'Ukraine, située à ses portes. C'est là un test et un défi gigantesque lancé sarcastiquement par Poutine à "l'Europe-puissance". Le même Poutine, aux côtés du leader nationaliste serbe bosnien Milorad Dodik, attise le feu mal éteint des guerres de l'ex-Yougoslavie. Et Poutine, encore lui, fait monter la pression sur l'UE d'autant plus facilement qu'il lui fournit un tiers de ses besoins en gaz et joue de son pouvoir sur les cours de l'énergie. 

LExpress

 

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