jeudi 24 février 2022

Jeudi 24 février 2022, La guerre

 Et maintenant, toujours du blabla, ou enfin des actes ?

En France, le meilleur média à couvrir cette guerre reste Le Monde. Plusieurs journalistes écrivent depuis plusieurs années d’excellents articles. Il faut absolument se référer à ce journal et fuir les sites, tweet, et comptes facebook  bidons.

Pour ma part, je souhaite que la France et l’Europe soutiennent l’Ukraine au plus haut point, y compris en envoyant notre armée. Il ne faut pas s’y tromper. Si l’effort de guerre n’est pas fourni maintenant, c’est toutes les démocraties occidentales, déjà vacillantes, qui en paieront le prix fort dans les prochaines années.

>>> La Russie envahit l'Ukraine

L'armée russe est entrée en action contre l'Ukraine sur plusieurs fronts simultanés, ce jeudi vers 4 heures du matin. L'invasion tant redoutée et sans doute le pire conflit en Europe depuis 1945 a débuté. Les condamnations sont unanimes du côté des Occidentaux. LesEchos

>>> 5 h 05, les premières explosions retentissent à Kiev

La capitale ukrainienne s’est réveillée avec l’annonce de l’intervention militaire russe. Tout en proclamant la loi martiale sur l’ensemble du pays, le président Volodymyr Zelensky a appelé ses concitoyens à ne pas céder à la panique.(Lemonde)

>>> Le récit du début de la guerre en Ukraine, de l’annonce de Vladimir Poutine aux attaques de l’armée russe. Le président russe est intervenu à la télévision à 5 h 30 du matin et, dans les minutes qui ont suivi, explosions et sirènes ont été entendues dans plusieurs villes ukrainiennes.

Durant ses vingt-deux ans de règne à la tête de la Russie, M. Poutine, arrivé au pouvoir à la faveur du conflit en Tchétchénie, aura conduit plusieurs guerres. Aucune n’a été annoncée avec autant de netteté que la vaste opération lancée à l’aube contre l’Ukraine, guerre d’agression contre un « pays frère », menée par voie aérienne et terrestre. Aucune ne risque de laisser une trace aussi profonde sur le continent européen. Lemonde

 

>>> « Je mets mes enfants à l’abri et je reviens combattre » : à Kiev, des familles sur le départ (Lemonde)

>>> Editorial du « Monde ». La guerre, frontale, est de retour en Europe.

L’offensive déclenchée, à l’aube du 24 février, par les forces russes sur de multiples sites du territoire ukrainien constitue une agression militaire d’une ampleur inédite sur notre continent depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Elle est préméditée, soigneusement planifiée et assumée cette fois sans aucun faux-semblant.

Ce ne sont plus des soldats dépourvus d’insignes d’appartenance à une armée, comme en Crimée en 2014, qui sont entrés en action. Le déploiement de force ne se dissimule plus derrière les combattants des deux républiques fantoches du Donbass. La guerre est cette fois assumée dans chacun des mots du chef de l’Etat russe, Vladimir Poutine. Son objectif est limpide : briser l’Ukraine. Et ses menaces envers toute entrave à cette volonté sont également explicites :

« Quiconque entend se mettre sur notre chemin ou menacer notre pays et notre peuple doit savoir que la réponse russe sera immédiate et aura des conséquences jamais vues dans votre histoire », a-t-il martelé dans sa brève allocution marquant le déclenchement des opérations – de fait une déclaration de guerre.

Il faut l’écrire aussi clairement qu’il l’assume en paroles : Vladimir Poutine est bien le responsable de ce conflit majeur. Aucune maladresse occidentale, aucune erreur historique, aucun des arguments avancés par le régime russe et ses défenseurs depuis des années ne sauraient justifier l’attaque qui vient de commencer.

(…)

C’est donc bien le droit international qui est ici violé. C’est bien l’ordre européen de sécurité issu de la fin de la guerre froide qui est aujourd’hui défié. Que peut faire l’Occident ? Les pays démocratiques paient aujourd’hui la faiblesse de leur réaction aux précédentes violations du droit international par Vladimir Poutine.

Lorsque, sur ordre de M. Poutine, les forces russes ont occupé une partie du territoire géorgien en 2008, cette agression est restée impunie. Lorsque, en 2014, sur ordre de M. Poutine, la Russie a annexé la Crimée puis est intervenue dans le Donbass en appui aux séparatistes prorusses, la riposte européenne et américaine à cette violation flagrante de la souveraineté et de l’intégrité du territoire ukrainien s’est limitée à des sanctions certes inconfortables mais calculées, pour ne pas causer de dégâts majeurs aux économies occidentales.

On le constate aujourd’hui, ces sanctions ont échoué. Elles n’ont pas détourné Vladimir Poutine de son dessein profond, qui est de redessiner la carte de l’Europe en se réappropriant une sphère d’influence. Les démocraties occidentales doivent aujourd’hui prendre acte de cet échec et adopter contre le régime de M. Poutine des mesures beaucoup plus fortes, en assumant le coût qu’elles auront pour leurs propres économies. C’est le prix minimum à payer si l’on veut vraiment faire respecter les principes fondamentaux du droit international.

Lemonde , Jérôme Fenoglio(Directeur du "Monde")

 

>>> Le récit en photos (Lemonde

>>> Ce que les images montrent de l’ampleur de l’attaque et de son impact sur les civils (Lemonde)

>>> Des centaines de manifestants hostiles au conflit arrêtés en Russie, des rassemblements dans le monde entier (Lemonde)

 

 

QUELQUES REACTIONS


>>> 13h40 : « La France se tient aux côtés de l’Ukraine »

Dans une courte allocution télévisée, le président Emmanuel Macron a affirmé que l’invasion de l’Ukraine « contrevient à tous les engagements russes » et est une « violation de la charte de l’ONU et des principes fondateurs de l’ordre européen et international ».

« En reniant sa parole, en refusant la voie diplomatique, en choisissant la guerre, le président Poutine n’a pas seulement attaqué l’Ukraine, il a décidé d’en bafouer la souveraineté, il a décidé de porter l’atteinte la plus grave à la paix, à la stabilité de l’Europe, depuis des décennies », a-t-il déploré. Le président a promis une réponse « sans faiblesse » et des sanctions « à la hauteur », et précisé qu’il s’adresserait demain au Parlement.


13h35 : Un avion militaire ukrainien s’écrase près de Kiev avec 14 personnes à bord

Un avion militaire ukrainien s’est écrasé jeudi près de Kiev avec 14 personnes à bord, a annoncé le service d’Etat pour les situations d’urgence. L’appareil est tombé près du village de Trypillia, à une cinquantaine de kilomètres au sud de la capitale ukrainienne, selon la même source.

13h30 : L’exode des civils de Kiev

Des milliers de civils tentent de quitter Kiev, alors que les blindés russes sont entrés en Ukraine dans la nuit et ont effectué une percée vers la capitale dans la matinée.

(Lobs)

- "Nous condamnons fermement l'attaque injustifiée de l'Ukraine par la Russie. En ces heures sombres, nos pensées vont à l'Ukraine et à ses femmes, hommes et enfants innocents qui font face à cette attaque non-provoquée et craignent pour leurs vies", a déclaré la présidentde de la Commission européenne Ursula von der Leyen.

- France -

"La Russie a fait le choix de la guerre. La France condamne dans les termes les plus forts le déclenchement de ces opérations", a dénoncé l'ambassadeur de France à l'ONU, Nicolas de Rivière.

Cette décision, "au moment même où ce Conseil est réuni, illustre le mépris dans lequel la Russie tient le droit international et les Nations unies", a-t-il ajouté. (LObs)


- Yannick Jadot favorable à ce que l’Union européenne « donne à l’Ukraine les moyens de se défendre » Enfin une position courageuse

- la présidente du groupe du Parti socialiste à l’Assemblée nationale, Valérie Rabault, a estimé sur Twitter qu’« il ne doit plus y avoir d’hésitation. L’Europe a les moyens de bloquer le système bancaire russe et de soutenir logistiquement et militairement l’Ukraine ». Oui. Dommage qu’on agisse, une fois de plus, dans l’urgence, alors que l’on aurait dû anticiper cela depuis au moins 2014

- L’ancien premier ministre François Fillon, qui siège désormais au conseil d’administration du géant russe de la pétrochimie Sibur, s’est attiré de nouvelles critiques ce matin après avoir déploré « le refus des Occidentaux » d’entendre les revendications russes concernant l’OTAN.

« François Fillon est un employé de Vladimir Poutine » et « il va falloir mettre un terme à toutes ces trahisons », a affirmé sur BFM-TV l’eurodéputé Raphaël Glucksmann (Place publique). La députée Yaël Braun-Pivet (La République en marche), présidente de la commission des lois, a estimé sur Twitter que « non, il n’y a pas de mais. La guerre est le fait de celui qui décide de la mener. Cette demi-condamnation ne vous honore pas ». Hier soir sur LCI, le candidat écologiste, Yannick Jadot, avait lui qualifié François Fillon d’« allié d’un dictateur qui engage la guerre en Europe »

A noter qu’il n’est pas le seul ancien responsable politique étranger à siéger au sein du conseil d’administration d’une grande entreprise russe. Christian Kern, chancelier fédéral d’Autriche entre mai 2016 et décembre 2017, était membre du conseil de surveillance de la société ferroviaire nationale russe, jusqu’à sa récente démission. « Depuis cette nuit, la RZD prend part à une logistique de guerre. Je le regrette profondément », a-t-il expliqué.

J’avais écrit Fillon il y a quelques semaines : « Fillon est un putain de traître qui déshonore son pays ». Je l’avais dit et je le redis. Content qu’aujourd’hui de hauts responsables politiques disent la même chose.

(Live Lemonde)

 

- Le processus de consultation des alliés prévu par l’article 4 en cas d’agression extérieure devait être activé dès jeudi matin, à la demande de plusieurs capitales d’Europe centrale et orientale, ainsi que de Paris. Il s’agit notamment d’examiner les plans de défense établis pour les pays de l’OTAN frontaliers de la Russie ou voisins de l’Ukraine, susceptibles de se sentir menacés par l’offensive lancée par le Kremlin : la Pologne et les Etats baltes sur le flanc est de l’Alliance, ainsi que la Roumanie et la Bulgarie.

L’Ukraine n’étant pas membre de l’Alliance, la clause d’assistance mutuelle du traité de l’Atlantique Nord (article 5) ne peut pas être invoquée pour voler militairement à son secours. Cependant, certaines voix, dont celles du président de la commission de la défense de la Chambre des communes britanniques, le très écouté Tobias Ellwood, ont appelé l’OTAN à envoyer des armes à l’Ukraine. Sans attendre, Boris Johnson, le premier ministre britannique, s’apprêtait par ailleurs à annoncer dans la journée la fourniture d’aides militaires supplémentaires à Kiev, à titre bilatéral.

- « Président Poutine, au nom de l’humanité, ramenez vos troupes en Russie ! », [Hélas, on le sait, pourtant, que pour Poutine la vie humaine n’a pas de valeur ; on le sait que les crimes contre l’humanité, il s’en balance. Ce que Poutine fait, c’est tout sauf une surprise] a lancé Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations unies, juste après l’annonce des opérations militaires russes au beau milieu d’une session du Conseil de sécurité. « C’est le moment le plus triste de mon mandat de secrétaire général des Nations unies », a-t-il ajouté. Lemonde

 

>>> Les bombardements russes s’accompagnent de cyberattaques Lemonde

 

 >>> Courte allocution de Macron


Au cours de son discours, Emmanuel Macron s'est engagé à durcir les sanctions contre le régime de Vladimir Poutine dans les prochains jours. Le président a assuré qu'elles seraient "à la hauteur de l'agression dont la Russie se rend coupable". Elles devraient porter sur "le plan militaire et économique", mais aussi sur le "domaine de l'énergie". On verra très vite. On est si habitué aux grandes annonces suivies de minuscules actes que l’on peut être sceptique. J’espère que Macron tiendra parole et qu’il y aura bien de lourdes conséquences militaires, économiques, et énergétiques pour la Russie. Ce pays doit devenir le paria du monde.

Lemonde

 

25/02/2022


 

 

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