dimanche 20 mars 2022

Dimanche 20 mars. Vingt-cinquième jour de guerre

Sources : le Live du Monde du 20/03/22

20:37 Marioupol. Un commandant de la flotte russe de la mer Noire tué dans les combats à Marioupol. Le commandant adjoint de la flotte russe de la mer Noire a été tué, ont annoncé des responsables russes dimanche. « Andreï Nikolaïevitch Paliï a été tué dans les combats visant à libérer Marioupol des nazis ukrainiens », a écrit sur Telegram Mikhaïl Razvojaïev, le gouverneur de Sébastopol. Cette ville de la péninsule ukrainienne de la Crimée, annexée en 2014 par la Russie, est le port d’attache de la flotte russe de la mer Noire. Selon les médias russes, Andreï Nikolaïevitch Paliï a été en 2020 commandant adjoint des forces russes en Syrie, où la Russie intervient militairement depuis septembre 2015 en soutien aux forces du régime de Bachar Al-Assad.

 

19:31 « Chaque maison est devenue une cible » : les récits de civils ayant fui Marioupol

Des journalistes d’AP ont rencontré des civils ayant fui Marioupol pour rejoindre Lviv, dans l’ouest de l’Ukraine. Tous décrivent une ville détruite et un quotidien infernal dans la cité assiégée.

« Ils ont commencé à détruire notre ville, complètement, maison après maison, raconte Olga Nikitina. Des batailles ont eu lieu dans chaque rue. Chaque maison est devenue une cible. »

« Il n’y a plus de ville », déclare Marina Galla, qui a fui la ville sans pouvoir prévenir sa famille. Pendant trois semaines, elle et son fils ont vécu dans le sous-sol du Palais de la culture de Marioupol pour s’abriter des bombardements russes incessants. « Nous n’avions pas d’eau, pas de lumière, pas de gaz, absolument aucune communication », raconte-t-elle. Lorsqu’elle a tenté de fuir, elle assure que les soldats russes aux points de contrôle lui ont suggéré d’aller dans la ville de Melitopol, occupée par les Russes, ou dans la péninsule de Crimée.

Les autorités municipales de Marioupol ont affirmé que plusieurs milliers d’habitants avaient été emmenés en Russie contre leur gré au cours de la semaine dernière. Dimanche, les séparatistes de l’est de l’Ukraine soutenus par la Russie ont déclaré que 2 973 personnes avaient été « évacuées » de Marioupol depuis le 5 mars, dont 541 au cours des dernières vingt-quatre heures. Les autorités de la ville estiment que près de 10 % des 430 000 habitants de la ville ont fui la semaine dernière, au péril de leur vie, dans des convois de voitures.

 

 18:30 A Marioupol, des combats autour de complexes industriels et une situation toujours dramatique pour les civils

Les soldats russes sont entrés samedi, les combats se poursuivent et la situation reste dramatique pour les civils. Les forces russes ont coupé l’accès des Marioupolitains à la mer d’Azov. Selon AP, une unité des forces spéciales de la garde nationale ukrainienne a déclaré que quatre navires de la marine russe avaient bombardé le port de la mer d’Azov dimanche. Les bombardements ont également endommagé l’usine sidérurgique et métallurgique Azovstal. « Une des plus grandes usines métallurgiques d’Europe est détruite. Les pertes économiques pour l’Ukraine sont immenses »

La situation humanitaire à Marioupol, comme dans plusieurs autres villes assiégées, est dramatique. Des familles ont raconté les cadavres gisant plusieurs jours dans les rues, la faim, la soif et le froid mordant des nuits passées dans des caves avec des températures inférieures à zéro. Dimanche, un bombardement de l’armée russe a touché l’école d’art de la ville où 400 personnes – femmes, enfants et personnes âgées – s’étaient réfugiées, selon les autorités locales. « Nous savons que le bâtiment a été détruit et que des gens pacifiques sont toujours sous les décombres. Le bilan concernant le nombre de victimes est en train d’être clarifié », a déclaré la municipalité sur Telegram. Ces affirmations ne pouvaient pas être vérifiées de manière indépendante dans l’immédiat.

Infliger « une chose pareille à une ville pacifique (...), c’est un acte de terreur dont on se souviendra même au siècle prochain », s’est indigné le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dénonçant un nouveau « crime de guerre ». L’Ukraine a aussi accusé la Russie d’avoir bombardé mercredi un théâtre de la ville où s’étaient réfugiés des centaines d’habitants dans un abri souterain. Les autorités ukrainiennes n’ont pas fait le point sur les recherches menées dans ce théâtre depuis vendredi, date à laquelle elles ont déclaré qu’au moins 130 personnes avaient été secourues et que 1 300 autres étaient piégées par les décombres.

Les inquiétudes se portent également depuis plusieurs jours sur un groupe de 19 enfants, pour la plupart orphelins, bloqués dans un sanatorium de Marioupol. Ils ont été évacués dimanche vers une des deux capitales des séparatistes prorusses dans l’est de l’Ukraine, ont déclaré leurs proches à l’Agence France-Presse. Agés de quatre à 17 ans, ils ont vécu pendant environ deux semaines dans les sous-sols gelés de ce sanatorium, des missiles russes étant tombés non loin de l’établissement.

 

18:13 A Krasylivka, à l’est de Kiev


 17:43 A Tchernihiv, dans le nord de l’Ukraine, le maire parle d’une « catastrophe humanitaire absolue »

Dans le nord du pays, près de la frontière biélorusse, la ville de Tchernihiv est le théâtre d’une « catastrophe humanitaire absolue », selon le maire de la ville, Vladislav Atroshenko.

« Les tirs d’artillerie indiscriminés dans les quartiers résidentiels se poursuivent, des dizaines de civils sont tués, des enfants et des femmes, a-t-il raconté à la télévision. Il n’y a pas d’électricité, pas de chauffage ni d’eau, l’infrastructure de la ville est complètement détruite. » Dans un hôpital bombardé, « les patients opérés gisent dans les couloirs par une température de 10 degrés », a-t-il affirmé.

 

17:31 « Ils m’ont battu. Ils m’ont humilié. » Le témoignage d’un journaliste enlevé

Le journaliste Oleh Baturin, qui avait été enlevé le 12 mars à Kakhovka, dans la région de Kherson, a été libéré, dimanche. Il raconte ses huit jours de captivité sur le compte Facebook de sa sœur :

J’ai perdu beaucoup de poids. Très sale. Fatigué. Le 12 mars, à 17 heures, j’ai été arrêté à la gare routière de Kakhovka. Ils m’ont battu. Ils m’ont humilié. Ils m’ont menacé. Ils ont dit qu’ils allaient me tuer. Presque huit jours. Cent quatre-vingt-sept heures de captivité. Pratiquement pas de nourriture. Quelques jours presque sans eau. Pas de savon, pas de vêtements de rechange. Ne pas comprendre où je suis. Mais ils savaient clairement pourquoi [ils faisaient ça]. Ils voulaient me casser, me piétiner. Montrez ce qui arrivera à chaque journaliste : vous serez écrasés. Vous serez tués. Pendant près de huit jours, je suis resté assis, la tête basse ou couverte. Ils avaient peur que je voie leur visage. Mais je n’ai pas peur de montrer le mien, petite sœur. »

Les enlèvements se multiplient depuis plusieurs jours dans les régions occupées par les Russes, qui tentent d’imposer leur pouvoir par la force face à la résistance de la population.

 

 17:22 Des manifestations dans plusieurs villes d’Ukraine occupées par les Russes

Des rassemblements contre l’occupation russe semblent se tenir dans plusieurs villes de la région de Kherson, comme le montrent plusieurs vidéos diffusées par des médias ukrainiens. Certaines images montrent des véhicules militaires russes reculer face aux protestations des habitants, comme dans la ville de Kherson. Egalement à Enerhodar, où les manifestants demandent aux troupes russes la libération de leur maire, enlevé la veille. A Berdiansk, située sur la côte à l’ouest de Marioupol, où certains manifestants auraient été arrêtés par les forces russes.
 
16:55 A Kiev, un obus explose devant un immeuble et blesse cinq personnes

 16:30 La population de Kherson manifeste contre les occupants russes



 15:50 Huit cent cinquante millions d’euros d’avoirs russes immobilisés en France

Yachts, appartements, comptes bancaires… La France a immobilisé près de 850 millions d’euros d’avoirs d’oligarques russes sur son territoire en raison de la guerre en Ukraine, a affirmé le ministre de l’économie et des finances français, Bruno Le Maire, au « Grand Jury RTL-Le Figaro-LCI ».

Nous avons immobilisé (…) 150 millions d’euros de comptes de particuliers, de lignes de crédit en France, dans des établissements français. (…) Nous avons immobilisé pour 539 millions d’euros de biens immobiliers sur le territoire français, correspondant à une trentaine de propriétés ou d’appartements, et nous avons immobilisé deux yachts pour 150 millions d’euros.

En pratique, une immobilisation des biens revient à ce que leurs propriétaires ne puissent « plus en avoir l’usage, les revendre ou les monétiser », a précisé M. Le Maire. « En revanche, ils ne sont pas saisis, au sens où l’Etat en deviendrait propriétaire et pourrait ensuite les revendre. Pour qu’il y ait une saisie, il faut qu’il y ait une infraction pénale. »

 

15:05 Guérilla. L'armée ukrainienne, beaucoup moins équipée que l’armée russe, évite les confrontations directes pour davantage viser les lignes logistiques (approvisionnement en essence, notamment) et frapper à distance les véhicules. Cette technique est assimilable à une technique de guérilla, en mieux organisée et avec plus de moyens. Lors d’un récent tchat sur Lemonde.fr, l’historien et ancien militaire Michel Goya répondait :

L’aide occidentale est très importante, surtout pour la consolidation d’une guérilla qui peut tenir très longtemps les bastions urbains et harceler les forces russes sur la longue durée. (…) La menace principale pour la Russie est l’existence d’une guérilla permanente. (…) A long terme, on voit mal comment l’armée russe pourrait se sortir du piège d’une guérilla généralisée.

C’est pourquoi il sera très difficile, pour Vladimir Poutine, de sortir vainqueur, d’une manière ou d’une autre, de cette guerre. Article

15:05 Six généraux russes tués depuis le début du conflit, selon un conseiller de Volodymyr Zelensky

 

11:16 Une école servant de refuge bombardée à Marioupol

L’armée russe est accusée d’avoir bombardé une école d’art servant de refuge à plusieurs centaines de personnes à Marioupol, dans le sud-est de l’Ukraine. « Hier [samedi], les occupants russes ont largué des bombes sur l’école d’art G12 située sur la rive gauche de Marioupol, où 400 habitants de Marioupol – des femmes, des enfants et des personnes âgées – s’étaient réfugiés », a déclaré la municipalité de cette cité portuaire assiégée par les forces de Moscou. « Nous savons que le bâtiment a été détruit et que des gens pacifiques sont toujours sous les décombres. Le bilan concernant le nombre de victimes est en train d’être clarifié », a-t-elle ajouté dans un communiqué publié sur Telegram. Ces déclarations ne pouvaient pas être vérifiées de manière indépendante dans l’immédiat.

 Marioupol, grande ville du sud-est de l’Ukraine, est la cible depuis plusieurs semaines de violents bombardements des forces russes et de leurs alliés séparatistes prorusses. Jeudi, l’Ukraine avait accusé Moscou d’avoir bombardé un théâtre de la ville où s’étaient réfugiés des centaines d’habitants, sans tenir compte du mot « Enfants » inscrit en russe au sol en lettres géantes à côté du bâtiment. Aucun bilan n’est encore disponible. Selon Kiev, plus de 2 100 personnes ont été tuées à Marioupol depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février.

 

11:17 A voir : petits graphiques pour connaître les positions des candidats à la présidentielle. Je pensais pas qu'il y avait autant de crapules obsédés par l'Otan parmi eux. Uniquement 3 candidats sauvent l'honneur : Jadot, Macron, Hidalgo

 

8:45 Un bâtiment dans lequel s’étaient réfugiées 400 personnes bombardé à Marioupol, selon les autorités ukrainiennes

Les forces russes ont bombardé une école d’art où s’étaient abritées 400 personnes à Marioupol, dans le sud-est du pays, a déclaré dimanche le conseil municipal de la ville portuaire. Aucun bilan n’a été communiqué, mais le conseil municipal de Marioupol affirme que le bâtiment a été détruit et qu’il y a des victimes sous les décombres. Il est impossible, pour l’heure, de vérifier ces informations.

 

7:32 Des orphelins évacués de Soumy

Les autorités ukrainiennes annoncent qu’elles ont réussi à déplacer 71 enfants d’un orphelinat de Soumy vers une zone plus sûre. Ces enfants étaient abrités dans un bunker ces dernières semaines. « A la première occasion d’évacuer par le couloir humanitaire, nous avons sorti les enfants de l’orphelinat spécialisé dans la zone de combat », a écrit sur Facebook Dmytro Zhyvytskyy, le gouverneur de la région.

 

5:41 Le maire de Marioupol accuse des soldats russes de déplacer de force des habitants en Russie

La nouvelle, qui n’a pas pu être vérifiée indépendamment, émane du compte Telegram de la mairie de Marioupol. Le communiqué, repéré par le média ukrainien The Kyiv Independent, fait savoir que :

Au cours de la semaine dernière, plusieurs milliers d’habitants de Mariupol ont été expulsés vers la Russie. Les occupants ont déplacé illégalement des personnes du quartier de la rive gauche et des abris dans un club de sport, où plus d’un millier de personnes (principalement des femmes et des enfants) se protégeaient des bombardements incessants. Des combats ont eu lieu dans ces zones. Pour sauver la vie des habitants de Marioupol, les forces armées ukrainiennes se sont retirées des endroits surpeuplés, qui ont été utilisés par l’agresseur.

On sait que les habitants capturés de Marioupol ont été emmenés dans des camps de filtration, où les occupants ont vérifié les téléphones et les documents des gens. Après l’inspection, certains habitants de Marioupol ont été redirigés vers des villes reculées de Russie, le sort des autres reste inconnu.

Le maire de Marioupol, Vadym Boïtchenko, ajoute :

Ce que font les occupants aujourd’hui est familier à l’ancienne génération, qui a vu les événements horribles de la seconde guerre mondiale, lorsque les nazis ont capturé des gens de force. Il est difficile d’imaginer qu’au XXIe siècle, des personnes seront expulsées de force vers un autre pays. Non seulement les troupes russes détruisent notre paisible Marioupol, mais elles sont allées encore plus loin et ont commencé à expulser les habitants. Tous les crimes de guerre russes doivent être sévèrement punis.

 

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