Toujours d’après le live du Monde, meilleur quotidien français pour la couverture de la guerre en Ukraine.
- L’armée russe est entrée sur le territoire ukrainien il y a exactement trois semaines, et après une avancée sur plusieurs fronts, les lignes se sont stabilisées, jeudi 17 mars. Une progression stoppée, et donc une utilisation massive de missiles : la Russie aurait tiré plus de 980 missiles depuis le début de la guerre. Les crimes de guerre, eux, se poursuivent.
- Accusé de « crimes de guerre » par l’Union européenne et les Etat-Unis, le Kremlin a rejeté la décision de la Cour internationale de justice lui ordonnant de suspendre son offensive. A Marioupol, 30 000 personnes ont été évacuées en une semaine. Et au moins 27 personnes sont mortes jeudi sous les frappes russes, dans la région de Kharkiv. Le nombre de réfugiés s’élève à plus de 3 millions
21:43 Marioupol
19:51 Joe Biden va menacer Xi Jinping de représailles si la Chine envoie de l’aide militaire à la Russie
Le président des Etats-Unis, Joe Biden, va menacer vendredi son homologue chinois, Xi Jinping, de représailles si la Chine devait « soutenir l’agression russe » contre l’Ukraine, notamment par l’envoi d’aide militaire à Moscou, a déclaré jeudi le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken.
« Nous sommes préoccupés par le fait qu’ils envisagent d’assister directement la Russie avec de l’équipement militaire (…). Le président Biden va parler au président Xi demain, et lui dira clairement que la Chine portera une responsabilité pour tout acte visant à soutenir l’agression russe, et que nous n’hésiterons pas à lui imposer des coûts », a-t-il dit devant la presse.
C’est l’avertissement le plus clair lancé par les Etats-Unis à la Chine depuis le début de l’invasion de l’Ukraine.
Depuis le le 24 février, le régime chinois, privilégiant sa relation avec Moscou et partageant avec la Russie une profonde hostilité envers les Etats-Unis, s’est abstenu d’appeler Vladimir Poutine à retirer ses troupes d’Ukraine. Mais l’« amitié sans limite » professée par Pékin et Moscou est mise à l’épreuve par la guerre en Ukraine, le régime du président Xi Jinping semblant avoir été surpris par la résistance ukrainienne à l’offensive russe et par la vigueur des sanctions occidentales.
19:33 L’UE et les Etats-Unis accusent la Russie de « crimes de guerre »
L’Union européenne (UE) condamne les « graves violations du droit humanitaire » et les « crimes de guerre » commis par la Russie en Ukraine.
« L’UE condamne dans les termes les plus fermes les forces armées russes (…), qui continuent de cibler la population civile et les infrastructures civiles ukrainiennes », a déclaré le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, dans un communiqué. Le théâtre de Marioupol (dans le sud-est du pays) « a été lourdement bombardé mercredi, bien qu’il ait servi d’abri bien connu et clairement identifié pour les civils », a-t-il dénoncé.
Par ailleurs, selon l’ONG Human Rights Watch, les forces russes ont attaqué la ville de Mykolaïv avec des roquettes à sous-munitions lors de trois attaques distinctes, rappelle le communiqué. « De telles attaques délibérées contre des civils et des infrastructures civiles sont honteuses, répréhensibles et totalement inacceptables », a encore accusé Josep Borrell. « Les auteurs de ces graves violations et crimes de guerre, ainsi que les dirigeants gouvernementaux et les chefs militaires seront tenus pour responsables », a-t-il assuré.
Le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a annoncé le 2 mars l’ouverture d’une enquête sur la situation en Ukraine et sur de possibles crimes de guerre, après avoir reçu l’aval de 39 Etats parties de la CPI.
Le président américain, Joe Biden, a pour la première fois qualifié mercredi le président russe, Vladimir Poutine, de « criminel de guerre ». « Cibler intentionnellement des civils est un crime de guerre. Après tant de destructions ces trois dernières semaines, je trouve difficile de conclure que les Russes font autre chose que cela », a déclaré de son côté le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, jeudi.
19:15 Macron dénonce « la responsabilité funeste » de Poutine « pour son pays »
18:46 A Marioupol, le reportage glaçant des deux derniers journalistes d’Associated Press présents sur place
La ville de Marioupol, assiégée depuis seize jours, est devenue le symbole de l’enfer que vivent les civils depuis le début de la guerre en Ukraine. Un enfer qu’ont décrit deux journalistes d’Associated Press (AP), agence de presse américaine, les seuls reporters étrangers à être restés sur place ces trois dernières semaines.
Ils dépeignent une ville où l’électricité s’épuise, où l’eau et la nourriture sont rares, et où les Russes « étouffent lentement la vie ». Ils font le récit glaçant des trois semaines qui ont fait de Marioupol une cité où « la mort est partout », où des corps de civils sont entassés avec des dizaines d’autres dans une fosse commune, jonchent les rues ou s’accumulent dans les sous-sols d’un hôpital. Beaucoup sont des femmes et des enfants, certains âgés de seulement quelques mois, voire quelques jours.
« [Dans la fosse commune] il y a Kirill, 18 mois, dont la blessure à la tête provoquée par des éclats d’obus était trop importante pour son corps de bébé. Il y a Iliya, 16 ans, dont les jambes ont été arrachées par une explosion survenue sur le terrain d’une école, où se déroulait un match de football. Il y a aussi la fillette de 6 ans tout au plus, vêtue de son pyjama orné de licornes, parmi les premiers enfants de Marioupol tués par un obus russe », énumère AP, dressant la liste édifiante des cibles russes : « la maternité, la caserne des pompiers, des habitations, une église, un terrain devant une école ».
Le bombardement, la semaine dernière, de la maternité de la ville, avait suscité un tollé international. En réponse aux condamnations, les responsables russes ont affirmé que le bâtiment avait été pris par les forces ukrainiennes d’extrême droite et leur servait de base. Ces affirmations ont été réfutées par l’agence de presse américaine : « Les journalistes d’AP à Marioupol qui ont documenté l’attaque en vidéo et en photos n’ont rien qui indiquerait que l’hôpital était autre chose qu’un hôpital. »
Le bilan des victimes du siège reste sous-estimé, souligne AP. Les autorités de Marioupol ont dénombré plus de 2 500 morts, mais les informations sont difficiles à réunir en raison des bombardements incessants.
Serhiy Orlov, adjoint au maire de la ville, a affirmé à l’agence de presse que Marioupol se défendrait « jusqu’à la dernière balle ». Mais, selon lui, le pire est à venir : « Des gens meurent sans eau ni nourriture, et je pense que dans les prochains jours nous compterons des centaines et des milliers de morts. »
18:30 Kharkiv (nouveau bilan). Des frappes russes dans la région de Kharkiv font au moins 27 morts
18:17 Le marché de Barabachovo, à Kharkiv, bombardé
17:13 La France va débloquer 300 millions d’euros pour l’Ukraine
>>> Kiev va devenir « citoyenne d’honneur » de Paris. La décision, symbolique, alors que la guerre fait rage en Ukraine, devrait être adoptée mardi 22 mars par le Conseil de Paris.(article)
>>> A Kiev, le président du Comité international de la Croix-Rouge déplore un manque de soutien des Européens. En visite à Kiev pour la première fois depuis l’invasion du pays par Moscou, Peter Maurer regrette le manque d’intérêt pour relayer les messages du CICR et défendre les conventions de Genève. Il a rappelé à la Russie comme à l’Ukraine leurs obligations vis-à-vis des lois de la guerre. article
15:18 Une frappe russe près de Kharkiv fait une vingtaine de morts
Des tirs d’artillerie russes ont fait jeudi au moins vingt et un morts et vingt-cinq blessés dans la localité de Merefa, près de la ville assiégée de Kharkiv, dans l’est de l’Ukraine, a annoncé le parquet régional. « Des militaires russes ont procédé à des tirs d’artillerie sur la ville de Merefa (…) vers 3 h 30, heure locale (2 h 30, heure de Paris) jeudi. Une école et un centre culturel ont été détruits. Vingt et une personnes ont été tuées et vingt-cinq blessées dont dix sont dans un état grave », a annoncé le parquet de la région de Kharkiv sur son compte Facebook.
14:46 La mission ExoMars suspendue à la suite de l’arrêt de la coopération avec la Russie, annonce l’Agence spatiale européenne . L’Agence spatiale européenne (ESA) a acté la suspension de la mission russo-européenne ExoMars et la recherche d’alternatives pour le lancement de quatre autres missions, à la suite de l’arrêt de la coopération avec l’agence spatiale russe Roskosmos en raison de la guerre en Ukraine, a-t-elle annoncé jeudi par communiqué à l’issue de son conseil. (dans ce domaine comme dans d’autres, quel incroyable manque d’anticipation de la part de l’Europe ! article)
14:45 L’Unesco va fournir à des journalistes des casques et des gilets pare-balles . Reporters sans frontières dénonce des attaques délibérées contre la presse (article)
14:27 Facebook supprime un « deepfake » de Volodymyr Zelensky
Le président ukrainien est apparu, mercredi 16 mars, sur la chaîne de télévision ukrainienne Ukraine 24. Derrière son habituel pupitre, le président ukrainien… a annoncé qu’il avait quitté Kiev et qu’il demandait aux Ukrainiens de cesser de se battre. Bien sûr, la vidéo est un faux grossier, un deepfake : une version en images artificielles du président ukrainien qui n’a, en réalité, jamais tenu de tels propos.
Ukraine 24 a bien reconnu avoir été piratée et Volodymyr Zelensky a posté sur son compte Telegram une vidéo, vue plus de cinq millions de fois, pour démentir et riposter à cette manipulation. Dans la foulée, Facebook a annoncé avoir supprimé la vidéo sur sa plate-forme en vertu de ses règles contre les images manipulées. Cependant, selon le Digital Forensic Lab de l’Atlantic Council, qui fait référence dans les questions de propagande en ligne, la vidéo continuait à être partagée sur le réseau social russe Vkontakte.
Il y a quelques jours, le Centre pour les communications stratégiques, un organe du gouvernement ukrainien dédié à la guerre de l’information incitait justement les Ukrainiens à se méfier d’un scénario identique à celui qui s’est produit mardi, celui d’un deepfake du président ukrainien annonçant une fausse capitulation.
14:15 Ecoeurant et désespérant : Des femmes et enfants victimes de la guerre se retrouvent la proie de prédateurs trafiquants d’êtres humains !
Le Conseil de l’Europe alerte sur le risque de trafic de réfugiés
Le Conseil de l’Europe a alerté jeudi contre le risque pour les réfugiés ukrainiens fuyant l’invasion de leur pays par la Russie de tomber dans des réseaux de trafic d’êtres humains, exhortant ses Etats membres à les protéger « de toute urgence ». Le Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains du Conseil (Greta) craint qu’ils « soient victimes de traite des êtres humains et d’exploitation », alors que « le flux de réfugiés en Europe connaît sa plus importante augmentation depuis la seconde guerre mondiale », indique dans un communiqué l’organisation de défense des droits de l’homme.
Depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, le 24 février, « environ trois millions de personnes ont été contraintes de fuir l’Ukraine, pour se réfugier dans les pays voisins puis à travers l’Europe », rappelle le Greta, selon lequel « 90 % d’entre eux seraient des femmes et des enfants ». Les « enfants fuyant l’Ukraine sans parents », notamment, seraient ciblés par des trafiquants, « et beaucoup d’entre eux sont actuellement introuvables », s’alarment les experts du Greta.
14:12 L’Ukraine demande à l’UE de considérer Poutine comme un « criminel de guerre » [c’est bien ce qu’il est] (…) plus de 400 écoles, 110 hôpitaux et 1 000 blocs d’habitation à travers l’Ukraine ont été détruits au cours des trois semaines qui ont suivi le lancement de l’invasion par Vladimir Poutine.
14:00 Biélorussie
Le gouvernement ukrainien craint une opération de provocation russe mettant en scène une attaque de l’Ukraine contre la Biélorussie, qui contraindrait Minsk à entrer directement en guerre aux côtés des troupes russes. Vendredi dernier déjà, des explosions ont été entendues dans des localités proches de la frontière, côté biélorusse, et les autorités ukrainiennes ont annoncé une entrée imminente des troupes biélorusses en Ukraine qui ne s’est finalement pas matérialisée.
La défection du chef d’état-major général des forces armées de Biélorussie, Victor Gulevitch, n’est pas confirmée même si l’idée d’une entrée en guerre du pays passe, selon les spécialistes que nous avons pu consulter, pour très impopulaire au sein d’une armée par ailleurs loin d’être aguerrie. Elle est aussi extrêmement impopulaire dans l’opinion. Selon nos informations, le président biélorusse, Alexandre Loukachenko, ferait de son mieux pour éviter un tel développement qui marquerait la perte définitive de ce qui reste d’autonomie à la Bielorussie vis à vis de Moscou.
13:31 En Europe, y’a pas que la France qui devrait avoir honte !
Dix pays européens ont continué à livrer de l’équipement militaire à la Russie jusqu’en 2020, selon « Mediapart »
La France a continué à livrer des équipements militaires à la Russie jusqu’en 2020, après l’embargo sur les ventes d’armes décidé par l’Union européenne (UE), a dévoilé lundi le média en ligne Disclose. Mediapart révèle jeudi que neuf autres pays de l’UE en ont fait de même.
En s’appuyant sur les données du Conseil européen chargé de l’exportation des armes conventionnelles (COARM), analysées par Investigate Europe (IE), le média d’investigation affirme que la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Autriche, la Bulgarie, la République tchèque, la Croatie, la Finlande, la Slovaquie et l’Espagne ont livré pour 346 millions d’euros d’équipement militaire à la Russie entre 2015 et 2020. Ces Etats ont également accordé plus d’un millier d’autorisations d’exportations d’armes.
>>> Récit. « Je n’ai plus de passé et aucun avenir » : Anna, Igor et Maja, brisés par la guerre en Ukraine. Comme trois millions d’Ukrainiens, ils ont fui leur maison et leur terre devant la menace des bombes russes et la mort. « Ouest France » a rencontré trois familles au destin foudroyé par cette guerre menée en Europe. Poussées à l’exode, elles ont trouvé refuge en Pologne, pays frère devenu un carrefour de ces vies qui ont basculé. OuestFrance
13:05 Le Royaume-Uni déploiera en Pologne un système de défense antimissiles
12:55 « L’armée russe est bien loin de l’image qu’elle a projetée au cours des dix dernières années » [et les ridicules photos du crétin du Kremlin à cheval avec son poignard entre les dents n’y changent rien]
Trois semaines après le début de sa guerre en Ukraine, l’armée russe est à la peine. L’invasion de l’Ukraine montre les faiblesses de l’outil militaire russe, malgré les efforts déployés par Vladimir Poutine pour convaincre de sa toute-puissance, analyse Isabelle Facon, directrice adjointe à la Fondation pour la recherche stratégique et spécialiste des politiques de sécurité et de défense russes dans une tribune au « Monde », dont voici quelques extraits :
Confrontée à une résistance inattendue, tant de l’armée que de la population ukrainiennes, et subissant une importante usure de ses ressources humaines et matérielles, l’armée russe est bien loin de l’image qu’elle a projetée au cours des dix dernières années.
La modernisation de l’outil militaire russe, bien réelle et accompagnée d’un vrai soutien budgétaire, n’a pu être que progressive et sélective – car si la Russie reste parmi les pays consacrant une part significative (environ 4 % par an en moyenne entre 2010 et 2020) de leur produit intérieur brut (PIB) à leurs dépenses de défense, la faiblesse relative de celui-ci se traduit par une contrainte financière persistante.
L’institution militaire n’a pas non plus complètement remédié à une faiblesse chronique : la ressource humaine. Elle compte aujourd’hui deux fois plus de contractuels (kontraktniki) que d’appelés, mais, en raison de leur coût, ils sont moins nombreux que ce que souhaiterait le Kremlin.
Le Kremlin veut faire valoir des succès militaires avant d’entrer dans tout processus sérieux de négociations. Dans cette guerre, il ne peut s’appuyer ni sur une armée de haute technologie, ni sur l’ancienne armée de masse dans laquelle les ressources humaines étaient presque sans limites. Il doit faire avec une armée à plusieurs vitesses qui n’a réalisé qu’une modernisation partielle.
12:41 A Voznessensk, dans le sud de l’Ukraine, un assaut russe défait par la résistance ukrainienne
Certains combats se jouent loin des grandes villes que sont Kiev, Kharkiv, Marioupol, ou Odessa, mais n’en sont pas moins décisives sur le plan militaire et symbolique. C’est le cas de la bataille de Voznesensk, qui s’est déroulée les 2 et 3 mars et que raconte le Wall Street journal (WSJ) dans un article paru mercredi. Cette ville de 35 000 habitants du sud de l’Ukraine est une position stratégique au nord de la ville de Mykolaïv, voie d’accès par le sud à la centrale nucléaire de Konstantinovka, et porte d’entrée par le nord du grand port d’Odessa qui se prépare à une attaque venue de la mer Noire.
Une victoire russe dans cette ville aurait été lourde de conséquences pour le contrôle du sud de l’Ukraine mais, raconte le WSJ, l’armée de Vladimir Poutine y a subi « l’une des déroutes les plus complètes » depuis le début de l’offensive, le 24 février.
Environ 400 soldats russes ont pris part à l’attaque de Voznessensk, d’après les officiers ukrainiens. Selon Vadym Dombrovsky, commandant du groupe de reconnaissance des forces spéciales ukrainiennes dans la région et résident de Voznessensk, les militaires ukrainiens et les volontaires de la défense territoriale n’avaient « pas un seul char contre [les Russes], seulement des lance-roquettes, des missiles Javelin et l’aide de l’artillerie ». Les combats ont pourtant tourné à l’avantage des Ukrainiens.
Face aux répliques des forces ukrainiennes qui ont touché les blindés adverses, les Russes ont battu en retraite, abandonnant une trentaine de leurs 43 véhicules – chars, blindés, lance-roquettes multiples, camions – ainsi qu’un hélicoptère abattu, selon des responsables ukrainiens de Voznessensk. Une centaine de soldats russes auraient été tués durant la bataille, selon la même source.
Les Ukrainiens n’ont pas dévoilé le bilan des pertes parmi les militaires, mais des témoins ont rapporté des morts, notamment dans les rangs de la défense territoriale. Les autorités locales ont aussi fait état d’une dizaine de civils tués lors des frappes aériennes. « Les Russes ne s’attendaient pas à ce que nous soyons si forts. C’était une surprise pour eux », a encore affirmé Vadym Dombrovsky au WSJ. Une quinzaine de chars et autres véhicules russes seraient réutilisables, selon M. Dombrovsky. « Nous sommes prêts à frapper les Russes avec leurs propres armes », a-t-il ajouté.
Depuis le début de la guerre, la présidence ukrainienne a diffusé un bilan officiel de 1 300 militaires tués, alors que la Russie n’a diffusé, le 2 mars, qu’un seul et unique bilan jusqu’ici : 498 soldats tués. Les services de renseignement américains estiment que les pertes humaines réelles de l’armée russe avoisinent les 7 000 soldats, selon le New York Times.
>>> Après l’invasion russe de l’Ukraine, les pays nordiques repensent leur sécurité. Depuis quelques semaines, l’opinion publique en Suède et en Finlande a basculé en faveur d’une adhésion à l’OTAN, tandis que les gouvernements mettent en avant l’importance de l’Europe de la défense. Lemonde
12:32 Human Rights Watch demande à l'Ukraine de cesser de mettre en scène les prisonniers de guerre russe car cela viole les conventions de Genève. « Les autorités ukrainiennes devraient cesser de poster sur les réseaux sociaux et messageries des vidéos de soldats russes prisonniers pour les exposer en public, notamment ceux qui sont humiliés ou menacés », selon un communiqué. (LesEchos direct)
>>> La Russie fait « semblant de négocier » un cessez-le-feu en continuant à « faire parler les armes ». Comme à Alep (Syrie) ou Grozny (Tchétchénie), la « logique russe repose sur le triptyque habituel : des bombardements indiscriminés, des soi-disant + corridors + humanitaires conçus pour accuser ensuite l'adversaire de ne pas les respecter et des pourparlers sans autre objectif que de faire semblant de négocier », dit Jean-Yves Le Drian dans une interview au quotidien Le Parisien. (12:10 , Direct LesEchos)
(…) Si la Russie venait à employer des « moyens chimiques ou bactériologiques » en Ukraine, cela « constituerait une escalade intolérable et entraînerait en réponse des sanctions économiques absolument massives et radicales, sans tabou » (12:21 Lemonde) [ça, tout le monde a compris, y compris le crétin du Kremlin. Ce qui importe dorénavant, c’est le militaire : armes, engins, troupes. L’économie, le crétin du Kremlin n’en a rien à carrer ! On le sait depuis bien longtemps.]
11:50 Le chancelier allemand salue les « paroles percutantes » de Volodymyr Zelensky au Bundestag, sans répondre à ses critiques [Eh oui, Scholz est le « digne » successeur de Merkel!]
Olaf Scholz, le chef du gouvernement allemand, a remercié le président ukrainien pour son discours en visioconférence devant les députés allemands. « Nous le voyons bien : la Russie poursuit chaque jour sa guerre cruelle, avec des pertes terribles », a-t-il dit sur Twitter.
Nous nous sentons tenus de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour donner une chance à la diplomatie et mettre fin à la guerre.
Il n’a, en revanche, pas répondu aux critiques de M. Zelensky, qui a regretté les étroites relations économiques entre Berlin et Moscou ces dernières années, surtout en matière énergétique. « Pour certains, c’est de la politique, mais ce sont aussi des pierres, ce sont des pierres pour le nouveau Mur », a-t-il dit. L’Ukraine était, par exemple, fermement opposée au gazoduc Nord Stream 2 reliant la Russie et l’Allemagne, finalement suspendu.
Cher peuple allemand, comment est-ce possible que, quand nous vous avons dit que Nord Stream 2, c’est une sorte de préparation à la guerre, nous ayons entendu comme réponse "c’est purement économique, c’est l’économie, l’économie
Avant son intervention par visioconférence devant les députés, le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, a reçu jeudi matin une ovation debout du Bundestag allemand. Au lendemain d’un discours en vidéo devant le Congrès américain, le dirigeant ukrainien a exhorté jeudi l’Allemagne à abattre le nouveau « mur » érigé en Europe contre la liberté depuis l’invasion russe de l’Ukraine.
11:15 Un homme pleure à côté du corps de sa mère
Parmi les points les plus sensibles que nous ayons à traiter figure en effet la question des photos de corps de civils ou de militaires tués lors des combats et des bombardements. Que faut-il montrer ? Nous assumons de publier des photos de morts, pour dire la réalité de la guerre. Nous le faisons dans le respect des règles que s’est toujours fixées Le Monde : sans complaisance ni sensationnalisme ou voyeurisme. Notre devoir est de montrer à nos lecteurs ce que nos photojournalistes voient sur le terrain, même si ces images peuvent parfois déranger ou choquer.
10:55 Abris anti bombes. L’Ukraine dispose de milliers de structures de ce type, héritées de la guerre froide. A Kiev, il y en aurait environ 4 500. La mairie les répertorie depuis décembre 2021, craignant une potentielle offensive de la Russie. Une carte officielle montrant l’emplacement des abris a été publiée sur Internet par les autorités locales et partagée massivement sur les réseaux sociaux. Reportage
10:18 L’abri antibombe du théâtre de Marioupol bombardé n’a pas été détruit, selon deux députés ukrainiens
Le Théâtre dramatique, dans le centre-ville de Marioupol, qui a été bombardé par l’aviation russe, mercredi, selon la mairie, a été détruit mais l’abri anti-bombe, dans lequel « plus d’un millier » de civils s’étaient réfugiés, est intact, selon deux députés ukrainiens.
Sur sa page page Facebook, Sergiy Taruta dit que « les gens sortent vivants ».
« Après une terrible nuit d’incertitude au matin du 22e jour de guerre, enfin de bonnes nouvelles de Marioupol ! L’abri antibombes a survécu. »
Dmytro Gurin, autre député cité par la BBC et dont les parents étaient dans l’abri, dit : « Nous venons de recevoir l’information que l’abri a tenu et que les gens ont survécu. On ne sait pas encore combien de personnes sont blessées ou tuées. Mais on dirait que la majorité d’entre eux vont bien. »
Les secours fouillaient les décombres depuis mercredi après-midi, et le bilan de cette attaque était donc inconnu, selon la mairie. Human Rights Watch a dit, mercredi, ne pas pouvoir « exclure la possibilité d’une cible militaire ukrainienne dans la zone du théâtre, mais nous savons que le théâtre abritait au moins 500 civils ». La Russie dément avoir bombardé le lieu et accuse le régiment Azov, formation d’extrême droite ukrainienne, sur qui il avait déjà rejeté la responsabilité de l’attaque d’une maternité.
10:18 Dans un abri antiatomique à Lviv
9:57 Volodymyr Zelensky reçoit une ovation du Bundestag
Avant son intervention par visioconférence devant les députés, le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, a reçu jeudi matin une ovation debout du Bundestag allemand. Au lendemain d’un discours en vidéo devant le Congrès américain, le dirigeant ukrainien a exhorté jeudi l’Allemagne à abattre le nouveau « mur » érigé en Europe contre la liberté depuis l’invasion russe de l’Ukraine.
« Cher Monsieur le Chancelier (Olaf) Scholz, détruisez ce mur, donnez à l’Allemagne le rôle de leader qu’elle mérite. »
Le président ukrainien a regretté dans son discours les étroites relations économiques tissées ces dernières années entre Berlin et Moscou, en matière énergétique notamment. Ces projets menés par l’Allemagne et la Russie, « c’était le ciment pour le nouveau mur », a fustigé M. Zelensky. Volodymyr Zelensky a ainsi noté l’hésitation de l’Allemagne lorsqu’il s’agissait d’imposer certaines des sanctions les plus sévères à la Russie, de peur que cela ne nuise à l’économie allemande.
Le dirigeant ukrainien a également critiqué le soutien du gouvernement allemand au projet de gazoduc Nord Stream 2 – au point « mort » désormais, selon les Etats-Unis – destiné à acheminer du gaz naturel de Russie. L’Ukraine, comme les Etats-Unis et d’autres pays, s’était notamment opposée au projet, avertissant qu’il mettait en danger la sécurité ukrainienne et européenne.
Notre correspondant en Allemagne, Thomas Wieder, a suivi cette intervention :
Selon l’institut économique IfW Kiel, la guerre en Ukraine va nettement ralentir la reprise économique allemande et diviser par deux à 2,1 % la croissance attendue du PIB en 2022. Les conséquences du conflit devraient amputer le PIB du pays de « quelque 90 milliards d’euros cette année et l’année prochaine » et « retarder au second semestre le retour au niveau d’avant Covid » de la première économie européenne, a-t-il estimé jeudi.
9:56 checkpoint.
Sur un checkpoint à l’est de Lviv
C’est un point de passage inévitable pour celui qui emprunte les routes de l’Ukraine en guerre. Dans l’ouest, le sud, l’est et le nord du pays, dans les zones qui n’ont pas été prises par les forces armées russes depuis le début de l’invasion lancée par Vladimir Poutine le 24 février, les checkpoints dominent les axes routiers. Plantés à intervalles réguliers, ces barrages de toutes les tailles contrôlent les automobilistes à la recherche des groupes d’infiltrés russes qui tenteraient d’attaquer les villes.
9:34 Un JT de 21 heures ordinaire à la télévision d’Etat russe
Le journal, qui décrit quotidiennement l’« aide » russe et les « nazis » ukrainiens, n’a pas dérogé à ses habitudes au lendemain de l’irruption en direct sur le plateau de la journaliste Marina Ovsiannikova pour dénoncer « l’opération spéciale » en Ukraine.
9:14 L’« épuisante » inquiétude des femmes enceintes en Ukraine
« Vous vous inquiétez à la fois pour vous et pour votre bébé », explique Alina Bondarenko, allongée sur le lit de la maternité de Mykolaïv. Elle vient d’accoucher, et s’inquiète de l’éventualité que les Russes bombardent l’établissement médical. « Nous avons été témoins de cas où les bombardements ont continué malgré la croix rouge peinte sur le toit », explique, en effet, Andri Hryvanov, le médecin-chef de la maternité.
« Aucune convention n’est respectée », s’agace le soignant. Les patientes de la maternité multiplient les allers-retours entre les étages et le sous-sol, où elles se mettent à l’abri dès que les sirènes d’alerte aériennes retentissent. Mais lorsque l’heure d’accoucher sonne, les futures mamans doivent remonter, et ainsi être davantage vulnérables aux attaques russes. « Notre personnel essaie d’effectuer les opérations le plus vite possible et de mettre des rideaux lourds aux fenêtres pour atténuer la lumière » et ne pas se faire remarquer de l’armée russe, explique Andri Hryvanov.
Ces précautions sont indispensables, car tout le monde au sein de la maternité de Mykolaïv a entendu parler de l’attaque de celle de Marioupol, le 9 mars. Une femme enceinte y a perdu la vie et son bébé est mort-né, selon les informations rapportées par l’agence de presse American Press. Alina Bondarenko craint que le scénario se répète. « Si on est touchés par un missile, il ne restera plus rien », s’inquiète-t-elle, tandis que son compagnon berce leur nouveau-né.
9:09 Navires marchands du Panama attaqués
Un navire marchand battant pavillon panaméen a bien été coulé par des tirs de missiles russes en mer Noire, et deux autres ont été endommagés, selon l’Autorité maritime du Panama. Les équipages sont sains et saufs.
Une dizaine de bateaux battant pavillon panaméen qui assurent notamment le transport de céréales, et environ 150 hommes d’équipage de ces navires, sont bloqués en mer Noire. « La marine de guerre russe » interdit à près de 300 navires de différentes nations de « sortir de la mer Noire », a dit l’administrateur de l’Autorité maritime panaméenne.
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7:59 Le point sur la situation
L’armée russe est entrée sur le territoire ukrainien il y a exactement trois semaines, et après une avancée sur plusieurs fronts, les lignes se sont stabilisées. « Les forces russes n’ont plus lancé d’attaques de grande ampleur depuis le 4 mars », résume Michel Goya, ancien militaire et historien sur son compte Twitter. Les services de renseignement et de défense américains font le même constat : une progression stoppée, et donc une utilisation massive de missiles. Selon des sources citées par le New York Times, la Russie aurait tiré plus de 980 missiles depuis le début de la guerre.
Marioupol assiégée, bombardée et privée de couloirs
humanitaires
L’Ukraine a accusé l’aviation russe
d’avoir visé le Théâtre dramatique, dans le centre-ville, dans
lequel « plus d’un millier » de civils
s’étaient réfugiés, selon la mairie. « Des gens se
cachaient là-bas. Certains ont eu la chance de survivre, mais
malheureusement ils n’ont pas tous été chanceux », a
dit le maire de la ville, Vadym Boïtchenko. Aucun bilan n’a pour
l’instant été donné, car les secours ne peuvent encore fouiller
les décombres.
Des images diffusées par des responsables ukrainiens montrent le bâtiment de trois étages pulvérisé. Maxar Technologies, spécialisée dans l’imagerie satellite, a diffusé une autre photo, prise lundi selon elle, où l’on voit le mot « enfants » écrit sur le sol, en immenses lettres blanches et en russe.
Human Rights Watch a dit ne pas pouvoir « exclure la possibilité d’une cible militaire ukrainienne dans la zone du théâtre, mais nous savons que le théâtre abritait au moins 500 civils ». La Russie dément avoir bombardé le lieu et accuse le bataillon d’extrême droite ukrainien Azov, sur qui il avait déjà rejeté la responsabilité de l’attaque d’une maternité.
Assiégé, privé de couloirs humanitaires durables et bombardé sans cesse depuis seize jours, le grand port du sud de l’Ukraine a subi des destructions inimaginables pour ses habitants. Le Monde a pu joindre, mercredi au téléphone, deux habitantes tout juste évacuées. Ils seraient encore 300 000 à survivre dans des conditions terribles :
« Aujourd’hui, Marioupol est un enfer à ciel ouvert. Des quartiers entiers ont été rasés. C’est difficile de rendre compte de ce qui se passe. Les hôpitaux sont détruits, les écoles… Les bombes ont aussi écrasé des abris où se réfugiaient des milliers de personnes. Le centre-ville n’est pas plus épargné que le reste. »
Raids aériens à Kharkiv, fin de couvre-feu à Kiev. L’armée russe utilise depuis plusieurs semaines la même tactique – un encerclement progressif et un barrage continu de tirs d’artillerie – pour tenter de prendre le contrôle de la deuxième plus grande ville ukrainienne, où au moins 500 personnes ont été tuées depuis le 24 février, selon les responsables locaux. « Nous subissons de grandes pertes, 53 citoyens ont été tués hier », a dit le gouverneur Viacheslav Chaus, sans que ce bilan puisse être vérifié indépendamment.
La capitale devrait connaître la fin d’un couvre-feu en place depuis mardi soir, après avoir subi de nombreux tirs d’artillerie en début de semaine. Jeudi, les débris d’un missile sont tombés sur un immeuble résidentiel et ont tué une personne. Dans le Nord-Ouest, des combats continuent sporadiquement dans les localités d’Irpin, Boutcha et Hostomel.
« Le système de santé est devenu une cible » militaire. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) dit n’avoir jamais vu autant d’attaques militaires sur le système de santé qu’actuellement en Ukraine. Elle a authentifié 43 attaques contre des installations médicales ou des travailleurs de la santé. « Cela commence à faire partie de la stratégie et des tactiques de la guerre. C’est totalement inacceptable, c’est contraire au droit humanitaire international », a rappelé Michael Ryan, chef des urgences de l’OMS.
Le bilan humain. Près de 700 civils ont été tués depuis le début de la guerre et plus de 1 110 autres blessés, selon l’ONU. Mais ces chiffres étant très difficiles à vérifier, notamment lorsque sur le terrain les combats ou les bombardements ont encore lieu, l’ONU insiste sur le fait que ses bilans quotidiens sont probablement très inférieurs à la réalité. Près de 1 300 militaires ukrainiens ont été tués, selon le président ukrainien, alors que la Russie n’a diffusé, le 2 mars, qu’un seul et unique bilan : 498 soldats tués.
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6:52 Marioupol
Des témoignages de ceux qui ont pu fuir Marioupol, et de ceux qui y sont encore
Le Monde a pu joindre, mercredi par téléphone, deux habitantes tout juste sorties de la cité portuaire, encerclée depuis seize jours. Leurs témoignages suggèrent que l’armée russe vise son anéantissement. Ils seraient encore 300 000 à survivre dans des conditions terribles, sous des bombardements ininterrompus d’une intensité extrême.
Iryna Kokourina, 29 ans, employée municipale, dit qu’il « n’y a plus un seul instant ni aucun endroit où l’on se sente en sécurité ».
« Nous n’avions plus aucune information sur la situation ni la possibilité de parler à nos proches. C’est terrible. Tu ne sais pas qui est vivant, qui est mort. Tu ignores si tu peux fuir ou pas. Tu te sens complètement impuissant (…) Nous sommes aussi bombardés depuis la mer par des navires russes. Les tirs viennent de tous les côtés. »
Svitlana Chtenda résume la situation sur place : « Aujourd’hui, Marioupol est un enfer à ciel ouvert. »
« Des quartiers entiers ont été rasés. C’est difficile de rendre compte de ce qui se passe. Les hôpitaux sont détruits, les écoles… Les bombes ont aussi écrasé des abris où se réfugiaient des milliers de personnes. Le centre-ville n’est pas plus épargné que le reste. »
Deux journalistes d’Associated Press sont dans la ville depuis trois semaines et rapportent des scènes d’une violence inimaginable, avec des bombardements incessants – « parfois un toutes les minutes » – visant des maternités, des maisons, une église ou une école. La ville est encerclée, les routes alentour minées et le port bloqué.
« De nombreux décès documentés par AP sont des mères et des enfants, malgré les affirmations de la Russie qui dit ne pas cibler les civils, écrivent les journalistes. Les médecins ont dit aux familles de laisser les cadavres dans les rues, car il est trop dangereux d’organiser des funérailles. » La mairie évoque, depuis plusieurs jours, un bilan de près de 2 400 morts. Comme le reconnaît Piotr Andriouchtchenko, un conseiller du maire interrogé par le New York Times, le vrai chiffre pourrait être bien supérieur, avoisinant 20 000 morts.
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