Il serait temps de s'en rendre compte. Que de temps perdu, quel manque d'anticipation incroyable de la part de Sarkosy, Hollande, et Macron !
>>> De la guerre en Ukraine à l'affrontement contre l'Occident
Le secrétaire général de l'ONU était à Moscou ce mardi dans l'espoir de négocier des corridors humanitaires avant de se rendre mercredi à Kiev. Le Kremlin est de plus en plus menaçant sur ses intentions dans une guerre qui risque de se prolonger.
Si les Occidentaux tentent de circonscrire le conflit Ukrainien en continuant d'armer le pays pour qu'il se défende contre l'agression de Moscou, le discours russe sur sa guerre contre l'Ouest devient de plus en plus audible.
Selon le général russe Rustam Minnikayev, « nous sommes maintenant en guerre avec le monde entier, comme pendant la grande guerre patriotique, quand toute l'Europe, le monde entier étaient contre nous. C'est la même chose aujourd'hui, ils n'ont jamais aimé la Russie », a rapporté le « Financial Times ».
« Ce qui définit la guerre actuelle, c'est une crispation néo-impérialiste, locale, à base de révision de l'histoire qui se greffe sur un combat global contre l'Occident aux côtés de la Chine, explique Michel Duclos, de l'Institut Montaigne, auteur d'une note récente sur la guerre de Vladimir Poutine. Dans l'esprit de Poutine, la Troisième Guerre mondiale est commencée depuis un certain temps. »
« Depuis son discours de Munich de 2007 , c'est une réalité pour les Russes. Les élites se sont intoxiquées de ce discours dans lequel l'Occident s'est arrogé tous les droits et cherche à humilier la Russie, explique Tatiana Kastoueva-Jean, chercheuse à l'Ifri. Ils savent que ce conflit est dirigé contre l'influence occidentale, l'Otan et l'Union européenne. Dans cette confrontation, l'Ukraine est la plus petite des poupées russes, la grande matriochka étant la guerre contre l'Occident. »
En recevant mardi à Moscou le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov était dans ce même état d'esprit, affirmant que « l'Ukraine a été utilisée par les Occidentaux pour irriter la Russie » et que « les Etats-Unis veulent rendre éternel leur monde unipolaire. Ce temps est révolu. Il faut désoccidentaliser », a affirmé le chef de la diplomatie russe.
« Nos positions sont très différentes », a constaté António Guterres qui a proposé la création d'un groupe de contact Russie-Ukraine sous l'égide de l'ONU pour sortir les civils de Marioupol.
Continuer à armer l'Ukraine
Les ministres de la Défense d'une quarantaine de pays se sont retrouvés mardi en Allemagne, à l'invitation des Etats-Unis, pour renforcer l'aide militaire à l'Ukraine sur la base aérienne américaine de Ramstein. L'Allemagne, de son côté, a annoncé la livraison de chars de type Gepard. Les armes lourdes envoyées en Ukraine deviennent une « cible légitime », a prévenu Sergueï Lavrov.
« Il n'y a qu'une défaite militaire qui arrêtera Poutine, estime Tatiana Kastoueva-Jean. Cela va être un conflit long, avec des phases de stop-and-go. Il y aura d'autres paliers. Une Ukraine libre ne sera pas tolérée par ce régime et il va devenir menaçant pour d'autres Etats, comme la Moldavie. »
Mardi, deux détonations ont endommagé une tour radio et, lundi, un bâtiment officiel avait été la cible d'une attaque au lance-roquettes dans la capitale séparatiste de Transnistrie, Tiraspol, à la frontalière de l'Ukraine. La Moldavie a organisé ce mardi une réunion en urgence de son Conseil de sécurité.
« Poutine sait que chaque défaite militaire a été fatale au régime en place dans son pays, observe Michel Duclos. L'inclination de Poutine sera de maintenir un degré élevé de tension. Jusqu'à présent, il a conditionné l'opinion russe, il ne l'a pas mobilisée. »
Mais la propagande vis-à-vis de l'Occident marche à plein. Sergueï Lavrov a évoqué lundi une Troisième Guerre mondiale et a rappelé le risque d'une guerre nucléaire : « Le danger est sérieux, le danger est réel et il ne devrait pas être sous-estimé », a-t-il dit.
« Nous sommes dans une phase très incertaine qui n'exclut pas les scénarios de l'extrême », souligne l'experte de l'Ifri. Ni une contagion à d'autres territoires. « Pour Poutine, la guerre contre l'Occident ne se déroule pas qu'en Ukraine. Après le Mali, le Cameroun est aussi un théâtre de guerre pour lui. Il faudrait aussi qu'on se mobilise sur l'Afrique », prévient Michel Duclos.
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