jeudi 21 avril 2022

Jeudi 21 avril. Cinquante-septième jour de guerre

 Live du jour : ici

>>> Le Canada envoie des armes lourdes à l’Ukraine

19:45 L’architecte britannique Norman Foster propose de reconstruire Kharkiv

L’architecte britannique Norman Foster, connu pour avoir restauré le palais du Reichstag en Allemagne et pour avoir imaginé le Millenium Bridge à Londres, a offert son aide pour reconstruire la ville ukrainienne de Kharkiv, en partie détruite après l’invasion russe.

La Fondation de l’architecte de 86 ans a rapporté que Norman Foster s’était entretenu lundi par visioconférence avec Ihor Terekhov, le maire de la deuxième ville d’Ukraine, située dans l’Est. M. Foster lui a présenté un plan pour reconstruire sa ville, connue pour son architecture dans le style Art nouveau et dont le quart des bâtiments a été détruit depuis que la Russie a envahi l’Ukraine, le 24 février. Située près de la frontière avec la Russie, la ville de Kharkiv a été le théâtre d’âpres combats au début de l’offensive russe mais est restée sous contrôle ukrainien.

M. Foster a assuré vouloir « rassembler les meilleurs esprits avec les meilleurs talents du monde en termes de planification, d’architecture, de design et d’ingénierie », afin de commencer à travailler « immédiatement » pour permettre « la renaissance de la ville de Kharkiv ».

Il a affirmé que la première étape constituerait à dessiner un plan pour une « ville du futur », qui « combinerait l’héritage du passé le plus apprécié et vénéré avec des infrastructures et des bâtiments les plus désirables et écologiques ».

Selon Ihor Terekhov, la ville a besoin de nouveaux hôpitaux, de nouvelles écoles et crèches ainsi que de bureaux pour son secteur de la tech, en plein essor. Tous ces bâtiments doivent être équipés d’abris antibombes, a-t-il précisé, soulignant que les immeubles d’habitation devraient aussi avoir des parkings souterrains ayant une « double fonction » et pouvant être convertis en abri en cas d’urgence.

 

19:26 Zelensky demande l’aide du Portugal en évoquant la « révolution des œillets »

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, s’est adressé au Parlement portugais pour demander le soutien de ce pays, qui fêtera lundi le 48e anniversaire de la « révolution des œillets », venue mettre fin à des décennies de dictature fasciste et treize années de guerre coloniale.

Votre peuple, qui va bientôt célébrer l’anniversaire de la “révolution des œillets”, qui vous a libéré de la dictature, sait très bien ce que nous sentons. (…) Vous savez ce que la mort et la dictature apportent à l’Ukraine.

Comme à son habitude lors de précédentes interventions similaires devant des assemblées occidentales, dont le Parlement européen et les Nations unies, M. Zelensky est apparu en chef de guerre, assis devant le drapeau de son pays, s’exprimant dans sa langue avec une traduction simultanée.

« Nous ne nous battons pas uniquement pour notre indépendance, mais pour notre survie », a-t-il plaidé, lors d’un discours par visioconférence, avant de réclamer l’envoi d’« armements lourds » ou le soutien de Lisbonne à une nouvelle vague de sanctions contre Moscou.

Alors que M. Zelensky a également demandé le soutien du Portugal à une future adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, le président du Parlement portugais, Augusto Santos Silva, a souligné dans son intervention que le pays ibérique « se bat toujours pour le maintien de l’unité, essentielle à l’efficacité des décisions » de l’UE ou de l’OTAN, dont il est membre fondateur.

18:13 Volodymyr Zelensky remercie Joe Biden et les Etats-Unis pour leur aide financièr. « Je suis reconnaissant envers le président des Etats-Unis et le peuple américain pour leur leadership dans le soutien au peuple ukrainien face à l’agression russe. Cette aide est aujourd’hui plus que nécessaire »

16:37 Le président américain juge « contestable » le contrôle de Marioupol par la Russie

16:36 Joe Biden annonce une nouvelle aide militaire de 800 millions de dollars pour l’Ukraine

16:03 Trois bus d’évacués de Marioupol sont arrivés à Zaporijia

15:49 Washington annonce une aide économique de 500 millions de dollars supplémentaires à l’Ukraine

15:45 Les parlements letton et estonien reconnaissent un « génocide » en Ukraine

 

15:37 L’Espagne envoie « 200 tonnes » de matériel militaire à l’Ukraine

14:58 L’Ukraine va bientôt recevoir des armes lourdes de la part de pays d’Europe de l’Est pour l’aider à contrer l’offensive russe, a déclaré jeudi la ministre de la défense allemande, Christine Lambrecht.

« Il s’agit de chars de combat, de véhicules blindés ou d’autres possibilités [de matériel] que les pays peuvent céder » à l’Ukraine, a expliqué Mme Lambrecht lors d’une interview à la chaîne d’information continue N-TV. Ce matériel sera livré « dans les prochains jours » alors que les experts militaires disent que « les deux prochaines semaines seront décisives » quant au tournant pris par la guerre en Ukraine, a-t-elle dit.

L’Allemagne sera impliquée dans ces approvisionnements, car elle s’engage à compenser les matériels que les autres pays fourniront à Kiev. Un échange est ainsi en cours avec la Slovénie, ont fait savoir à l’AFP des sources gouvernementales allemandes, confirmant des informations de médias allemands. Selon ces deniers, le pays d’ex-Yougoslavie va envoyer à Kiev un grand nombre de ses chars d’assaut soviétiques T-72 et devrait obtenir en contrepartie des chars allemands de type Marder et des véhicules blindés de transports de troupes Fuchs.

Plusieurs pays de l’OTAN ont déjà donné leur feu vert à des livraisons d’armes lourdes, comme les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la République tchèque, les Pays-Bas et la Slovaquie.

>>> Les petits agriculteurs : ces héros oubliés de la guerre en Ukraine.  La guerre en Ukraine a suscité des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire, tant dans le pays déchiré par la guerre qu’ailleurs dans le monde. Toutefois, la clé pour assurer l’approvisionnement alimentaire de l’Ukraine pourrait bien se trouver entre les mains d’acteurs inattendus : les petits et moyens agriculteurs. Euractiv

12:15 L’Italie devrait cesser « bientôt » d’acheter du gaz russe

L’Italie prévoit de cesser d’acheter du gaz russe, dont les revenus servent à financer la guerre en Ukraine, d’ici à dix-huit mois, a fait savoir le ministre de la transition écologique, Roberto Cingolani, dans un entretien publié ce matin par le quotidien La Stampa. « A mon avis, nous devrions bientôt interrompre pour des raisons éthiques les livraisons de gaz russe », a-t-il déclaré.

Le ministre effectue actuellement avec son homologue des affaires étrangères, Luigi Di Maio, un périple de deux jours en Angola et au Congo pour conclure de nouveaux contrats d’approvisionnement et réduire ainsi la dépendance italienne au gaz russe, qui représente 45 % de ses fournitures.
« Nous sommes en train de diversifier avec une grande rapidité nos sources » d’approvisionnement, a-t-il insisté. « Il est clair que l’Europe tout entière est fortement dépendante de la Russie pour le gaz, et cela représente une grave erreur géopolitique commise au cours des vingt dernières années. »

« Il est inutile de penser pouvoir la résoudre en un mois. Mais d’un certain point de vue, c’est beaucoup d’argent, avec l’énergie nous donnons presque 1 milliard d’euros par jour à la Russie, et vous comprenez bien que nous finançons indirectement la guerre », a-t-il fait valoir.

Le gouvernement s’est, en outre, attelé à mettre sur pied « l’opération thermostat », qui vise à faire baisser le chauffage d’un degré dans les écoles et administrations, et adopter une mesure équivalente pour cet été avec la climatisation. Cette règle, qui s’appliquerait aussi aux foyers et aux sociétés privées, pourrait faire économiser quatre milliards de mètres cubes (m3) de gaz par an, soit environ 14 % du gaz importé de Russie, selon La Stampa.

 

>>> Derrière la chute de Marioupol, une défaite russe

Si les Russes sont proches de faire tomber la ville martyre ukrainienne après des semaines de lutte, le calvaire qu’ils ont infligé aux habitants aura fini de convaincre les Occidentaux d’alourdir les sanctions à l’encontre du Kremlin.  

La ville ukrainienne de Marioupol va tomber aux mains des Russes. C’est une question de jours, voire d’heures. Eminemment stratégique pour Moscou car son port lui permettra de déverrouiller l’accès à la mer d’Azov et d’organiser une sorte de continuité territoriale avec la Crimée, sa chute devrait logiquement être une victoire pour la Russie. Et pourtant ce ne sera pas le cas. Marioupol aura tenu de très longues semaines face à ce que l’on croyait être une des plus puissantes armées du monde. Sa capacité de résistance aura souligné la faiblesse militaire russe et l’aura consacrée symbole héroïque de cette guerre absurde. Plus elle résistait, malgré la violence des bombardements qui l’ont peu à peu réduite à l’état de ruines, plus elle suscitait l’émotion des Occidentaux, les poussant à durcir leurs sanctions et à intensifier leurs livraisons d’armes. Vladimir Poutine pensait annihiler la résistance ukrainienne d’un claquement de doigts sous l’œil impuissant, voire indifférent des Européens, c’est tout le contraire qui s’est produit. Au point qu’il n’est plus illusoire, espérons-le, de voir tôt ou tard ces derniers décréter un embargo sur le pétrole et le gaz russes, seule initiative susceptible d’affaiblir véritablement le Kremlin. Au point que les Américains ont accédé aux demandes de Kyiv et renforcé les capacités de sa flotte aérienne, idée inacceptable au début de la guerre. Au point que Finlandais et Suédois examinent désormais avec intérêt une possible entrée dans l’Otan. Au point que le président ukrainien s’invite dans toutes les capitales occidentales alors que son homologue russe est vu comme un paria. Volodymyr Zelensky, qui aura beaucoup fait pour maintenir le moral des troupes ukrainiennes, s’est même payé le luxe de s’inviter dans la campagne électorale française laissant transparaître, dans une interview à BFM, sa nette préférence pour Emmanuel Macron avec qui il espère «maintenir le lien». Ce lien, que Poutine sera parvenu à resserrer entre l’Ukraine et l’Occident. Libération

 

>>> Cyberattaques : les "Five Eyes" se préparent à une vaste offensive des hackers russes. En riposte au soutien armé et financier des pays Occidentaux pour l'Ukraine, des réseaux de hackers russes seraient sur le point de lancer des attaques informatiques de grande ampleur, selon plusieurs services de renseignements coalisés. Latribune

 

09:00 Neuf corps de civils retrouvés à Borodianka, certains avec des « signes de torture »

Les corps de neuf civils ont été retrouvés mercredi à Borodianka, près de Kiev. « Ces personnes ont été tuées par les occupants [russes] et certaines des victimes présentent des signes de torture », a accusé sur Facebook le chef de la police locale, Andriy Nebytov.

Borodianka a été, selon Kiev, le théâtre de « massacres de civils » durant le mois de mars, lorsque les forces russes occupaient la ville. « Dans une fosse, il y avait deux hommes de 35 ans, et à côté d’eux, une adolescente de 15 ans », a précisé M. Nebytov. Avant d’ajouter : « Dans une autre, les forces de l’ordre ont découvert les corps de six personnes : quatre hommes et deux femmes » qui « ont pu être identifiées comme des habitants de la ville ».

« Les militaires russes ont sciemment abattu des civils qui ne leur opposaient aucune résistance », a-t-il fustigé, précisant que les corps des victimes avaient été « emmenés dans des morgues de la région de Kiev pour être expertisés ». Des médecins légistes et des enquêteurs ont également inspecté les deux fosses, selon M. Nebytov.

Depuis le retrait des forces de Moscou il y a trois semaines de la région de Kiev, des centaines de corps de civils ont été retrouvés par les autorités ukrainiennes, qui dénoncent avec les Occidentaux des « crimes de guerre » des soldats russes qui occupaient la ville. Une accusation formellement rejetée par la Russie.

08:50 Le premier ministre espagnol arrivé à Kiev avec son homologue danoise 

Le premier ministre espagnol Pedro Sanchez est arrivé ce matin avec son homologue danoise, Mette Frederiksen, à Kiev où ils doivent tous deux rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a annoncé le gouvernement espagnol. M. Sanchez avait déclaré hier qu’il transmettrait au président ukrainien, lors de ce déplacement, « l’engagement sans faille, clair, de l’Union européenne » et de l’Espagne « pour la paix ».

Hier, le président du Conseil européen, Charles Michel, s’était également rendu à Kiev, pour défendre « une Europe libre et démocratique ».

Plusieurs dirigeants européens se sont déjà rendus dans la capitale de l’Ukraine depuis le début du conflit, notamment le premier ministre britannique, Boris Johnson, le chancelier autrichien, Karl Nehammer, le premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, ainsi que la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Les chefs de gouvernement de la République tchèque, de la Slovénie et de la Slovaquie ont aussi fait le déplacement.

M. Zelensky avait également invité le président des Etats-Unis, Joe Biden, et le chef de l’Etat français, Emmanuel Macron, à venir en Ukraine. Lundi, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, avait répondu sur Sud Radio que le président de la République française « ira[it] peut-être, si c’est utile. (…) On ne peut pas faire une visite seulement symbolique, il faut que ce soit une visite d’impact ». En ce qui concerne M. Biden, la Maison Blanche a précisé qu’il n’était pas prévu qu’il s’y rende.

 08:40 Quatre bus d’évacuation de civils ont réussi à quitter le port ukrainien de Marioupol, a déclaré ce matin la vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk.

Les évacuations, qui doivent se poursuivre aujourd’hui, interviennent alors que ce port stratégique de la mer d’Azov semble sur le point de tomber aux mains des Russes après presque de deux mois de siège.

 

08:00 Les forces russes ont détruit tous les entrepôts de nourriture à Sievierodonetsk, l’une des plus grande villes de la région administrative (oblast) de Louhansk, selon gouverneur de Louhansk 

 

06:44 Les combattants ukrainiens de Marioupol envisagent un départ sous conditions

Les derniers combattants ukrainiens de Marioupol refusent de se rendre, mais demandent à la communauté internationale des « garanties de sécurité », au moment où les forces russes comptent s’emparer de la totalité de cette ville stratégique du sud-est de l’Ukraine. « Nous sommes prêts à quitter Marioupol avec l’aide d’un tiers », munis d’armes, « afin de sauver les personnes qui nous ont été confiées », a fait savoir, ce matin sur Telegram, Sviatoslav Palamar, commandant adjoint du bataillon Azov.

Plusieurs centaines de civils, manquant de vivres et d’eau, sont retranchés dans l’usine sidérurgique et métallurgique d’Azovstal avec le 36e bataillon de l’armée ukrainienne et le régiment Azov, les deux dernières unités combattantes à Marioupol, selon les autorités ukrainiennes.

Sviatoslav Palamar a appelé le « monde civilisé » à se porter garant de « garanties de sécurité », tout en assurant que les deux bataillons n’acceptaient pas « les conditions de la Fédération de Russie concernant la remise des armes et la capture de nos défenseurs ».

« La situation est difficile, voire critique », a-t-il poursuivi, dans cette immense usine, dernier îlot de résistance de ce port à l’extrémité-sud du Donbass, où seraient également retranchés « environ un millier de civils, femmes et enfants », et « des centaines de blessés », selon le président ukrainien, Volodymyr Zelensky. Les civils bloqués à l’intérieur de l’usine, dont il était impossible de confirmer le nombre de manière indépendante, « ont peur à cause des bombardements constants », ajoute le commandant Palamar, plaidant pour un cessez-le-feu.

Plus tôt, Kiev avait fait une proposition. « Nous sommes prêts à tenir une “session spéciale de négociations” à Marioupol. Pour sauver nos gars, [le bataillon] Azov, les soldats, les civils, les enfants, les vivants et les blessés. Tout le monde », a imploré mercredi soir, sur Twitter, Mykhaïlo Podoliak, conseiller de la présidence ukrainienne et un des négociateurs avec la Russie.

Moscou, qui a lancé plusieurs ultimatums aux défenseurs de Marioupol, est déterminé à prendre ce port qui lui permettrait de faire la jonction entre la Crimée, qu’elle a annexée en 2014, et les républiques séparatistes prorusses du Donbass.

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