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L’appel désespéré d’un soldat ukrainien à Marioupol. « Nous vivons peut-être nos derniers jours, voire nos dernières heures », affirme dans un message publié sur Facebook, ce matin, Serguiy Volyna, un commandant ukrainien de la 36e brigade de la marine nationale, retranché dans le vaste complexe sidérurgique d’Azovstal à Marioupol (sud-est de l’Ukraine), assiégé par les forces russes. « L’ennemi est dix fois plus nombreux que nous », déclare-t-il. « Nous appelons et supplions tous les dirigeants du monde de nous aider. Nous leur demandons d’utiliser la procédure d’extraction et de nous emmener sur le territoire d’un pays tiers », a-t-il ajouté. Selon le commandant Volyna, l’armée russe a « l’avantage dans les airs, en artillerie, en forces terrestres, en équipement et en chars ». « Nous défendons seulement un point – l’usine Azovstal – où en plus des militaires se trouvent aussi des civils devenus victimes de cette guerre », a-t-il poursuivi.
Le point sur la situation à 21 heures
- Les combats s’intensifiaient mercredi dans l’est et le sud de l’Ukraine où l’armée russe semblait près de s’emparer du port stratégique de Marioupol. La Russie, qui a lancé plusieurs ultimatums aux défenseurs de Marioupol, est déterminée à prendre ce port qui lui permettrait de faire la jonction entre la Crimée, qu’elle a annexée en 2014, et les républiques séparatistes du Donbass.
- « Nous ferons tout notre possible pour vous soutenir et pour faire en sorte que l’Ukraine gagne la guerre », a déclaré à Kiev le président du Conseil européen, Charles Michel, venu rencontrer le président Volodymyr Zelensky. Il a notamment promis que des sanctions cibleraient bientôt les exportations russes de pétrole et de gaz.
- M. Zelensky a, pour sa part, évoqué la situation tragique à Marioupol, où les derniers militaires ukrainiens retranchés dans une usine, pilonnée et assiégée, ont, avec eux, « des centaines de blessés » et « environ un millier de civils, femmes et enfants ».
- Le couloir pour évacuer, mercredi, des civils depuis Marioupol « n’a pas fonctionné », a déclaré la vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, en accusant les Russes d’avoir violé le cessez-le-feu et bloqué les cars.
- « Cette nouvelle phase » de la guerre, comme l’a qualifiée, mardi, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, s’annonce acharnée. D’autant que l’Ukraine reçoit, désormais, des armes lourdes que les Occidentaux hésitaient à lui fournir auparavant.
- Le président russe, Vladimir Poutine, a annoncé, mercredi, un essai réussi d’un nouveau missile balistique « qui fera réfléchir à deux fois ceux qui essayent de menacer notre pays ». Ce tir était un essai de « routine » et ne constituait « pas une menace » pour les Etats-Unis ni leurs alliés, a relativisé le Pentagone.
- Les négociations russo-ukrainiennes, censées continuer en ligne depuis la dernière séance physique à Istanbul à la fin de mars, semblent au point mort. Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé mercredi que les Ukrainiens « ne cessent de se retirer de ce sur quoi il y avait des ententes ». « La balle est dans leur camp », après que Moscou leur a remis « un projet de document », a-t-il ajouté sans préciser le contenu de ce texte.
- L’invasion russe a déjà poussé vers les pays voisins de l’Ukraine – à commencer par la Pologne – plus de cinq millions d’Ukrainiens, un record depuis la seconde guerre mondiale.
20:00 Le Pentagone revient sur ses annonces d’hier et affirme que l’Ukraine n’a pas reçu d’« avions entiers »
L’annonce semblait marquer un tournant dans l’attitude des Occidentaux, mais les Etats-Unis viennent de revenir dessus. L’Ukraine a bien reçu des pièces détachées pour ses avions de chasse, afin de renforcer son armée de l’air, mais pas des appareils entiers, a corrigé, mercredi, le porte-parole du Pentagone, John Kirby. « J’avais compris que l’offre d’un autre pays de la région de fournir des avions entiers à l’Ukraine… avait été mise en œuvre. Ce n’est pas le cas, a déclaré le porte-parole à la presse. Je regrette cette erreur. »
« Cela dit, les Ukrainiens ont reçu (…) suffisamment de pièces détachées et d’équipements supplémentaires pour rendre opérationnels davantage d’avions » qu’il y a trois semaines, a-t-il ajouté.
La veille, M. Kirby avait affirmé que les Ukrainiens avaient « à leur disposition plus d’avions de chasse qu’il y a deux semaines », affirmant qu’ils avaient « reçu des appareils supplémentaires et des pièces détachées pour accroître leur flotte ». Il n’avait pas précisé le type des appareils fournis à l’armée ukrainienne, qui réclamait des avions de guerre depuis des semaines, mais avait laissé entendre qu’il s’agissait d’appareils de fabrication russe. « D’autres nations qui ont l’expérience de ce genre d’avions ont pu les aider à avoir plus d’appareils en service », avait-il dit.
Il avait aussi précisé que les Etats-Unis, qui ne veulent pas apparaître comme pays belligérant dans ce conflit, avaient facilité l’envoi de pièces détachées vers le territoire ukrainien mais n’y avaient pas acheminé d’avions.
>>> Le chancelier allemand Scholz critiqué au sein de sa coalition. Les critiques se concentrent sur ses réticences à livrer des armes
lourdes à Kiev et la proximité de plusieurs membres du Parti
social-démocrate avec la Russie. Article
19:40 Le président ukrainien estime qu’Emmanuel Macron doit choisir entre « l’argent » et « la lutte pour les droits humains, la liberté et la vie »
Volodymyr Zelensky a dénoncé les liens entre la France et la Russie, mercredi, lors d’une interview accordée à BFM-TV. « Les élites russes sont toujours venues se reposer en France, à Nice, à Cannes, ils ont des yachts, des villas sur la côte. On comprend l’influence de l’argent des oligarques russes en France. Je comprends la pression intérieure qui doit être assez importante, mais le président [Emmanuel] Macron doit choisir, puisque c’est la guerre, entre le business, l’argent et la lutte pour la liberté, pour les droits humains, pour la vie. »
19:15 Le président du Conseil européen, Charles Michel, a assuré mercredi, à Kiev, que l’Union européenne (UE) ferait « tout son possible » pour que l’Ukraine « gagne la guerre » contre la Russie de Vladimir Poutine. « L’objectif principal est de faire en sorte que les sanctions soient douloureuses pour le régime » russe, a poursuivi M. Michel, promettant de cibler prochainement les exportations russes de pétrole et de gaz, comme le réclame le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
« Nous travaillons très dur pour pouvoir prendre les décisions qui s’imposent (…) afin d’atteindre cet objectif commun », a déclaré M. Michel, alors que l’UE reste dépendante des livraisons énergétiques russes. Il a estimé qu’il sera pour autant « extrêmement difficile » de « changer le comportement du Kremlin ».
« Nous avons deux outils : le soutien à l’Ukraine et les sanctions. Ce sont les outils que nous devons utiliser pour être sûrs que l’Ukraine gagnera la guerre », a-t-il insisté. Plus tôt, mercredi, le président du Conseil européen s’était rendu à Borodianka, près de Kiev, théâtre de « massacres » de civils par les troupes russes, selon les autorités ukrainiennes. Il y a dénoncé des « crimes de guerre » de Moscou.
14:08 Le point sur la situation à la mi-journée
- Les derniers combattants de Marioupol ont lancé un appel à l’aide : « Nous vivons peut-être nos derniers jours, voire nos dernières heures (…). Nous appelons et supplions tous les dirigeants du monde de nous aider », a demandé un commandant de militaires ukrainiens assiégés à Marioupol, port stratégique du sud-est de l’Ukraine, dont Moscou pourrait très prochainement prendre le contrôle.
- Toujours à Marioupol, un accord a été trouvé avec la Russie sur un couloir humanitaire pour évacuer depuis la ville portuaire des femmes, enfants et personnes âgées vers la ville ukrainienne de Zaporijia, au sud du pays, a indiqué une responsable ukrainienne. Mardi soir, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait renouvelé son appel à une évacuation des civils encore présents.
- La Russie a annoncé mardi avoir mené une dizaine de frappes aériennes et de missiles dans l’est de l’Ukraine, entamant une « nouvelle phase » de la guerre, selon le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Les combats « sont incessants » dans plusieurs villes, a déclaré de son côté le gouverneur ukrainien de la région de Louhansk, Serhi Haïdaï, appelant les habitants à fuir.
- La Norvège a donné une centaine de missiles antiaériens de conception française à l’Ukraine, selon le gouvernement. L’Ukraine a également reçu des avions de chasse et des pièces détachées pour renforcer son armée de l’air, a indiqué pour sa part, mardi, le porte-parole du Pentagone. Ces déclarations témoignent d’un changement d’attitude des Occidentaux, qui ont pendant plus d’un mois refusé de fournir à l’Ukraine des armements lourds pour éviter toute escalade du conflit.
- « L’histoire n’oubliera pas les crimes de guerre » en Ukraine, a déclaré mercredi le président du Conseil européen, Charles Michel, en visite à Borodianka, près de Kiev, où des civils ont été victimes de « massacres » commis par les Russes, selon les autorités ukrainiennes.
- Plus de cinq millions d’Ukrainiens ont fui leur pays depuis le début de l’invasion russe le 24 février, selon de nouveaux chiffres publiés mercredi par l’ONU sur la plus importante crise des réfugiés en Europe depuis la seconde guerre mondiale.
12:36 Comment les maires de la région de Kiev ont résisté à l’envahisseur russe
Ciblés par les militaires russes pour contraindre les populations à les soutenir, les élus de villes comme Makariv, Borodianka ou Boutcha ont résisté. Certains en ont perdu la vie. Article
12:11 Entreprises collabos
L’équipementier automobile Continental a fait savoir ce matin qu’il allait relancer « temporairement » sa production en Russie, après l’avoir suspendue au début de mars en raison de l’invasion de l’Ukraine.
« Nos employés risquent de lourdes sanctions pénales si nous renonçons à répondre à la demande locale », a déclaré un porte-parole de l’entreprise. « Pour
protéger nos collaborateurs en Russie de toute poursuite judiciaire,
nous reprenons donc temporairement, en cas de besoin, la production de
pneus de voitures, destinés au marché local, dans notre usine de
Kalouga », poursuit-il.
Le groupe, qui dit « soutenir et respecter toutes les sanctions en vigueur », précise n’avoir « pas l’intention de réaliser de bénéfices ».
En
Allemagne, les entreprises ayant maintenu leur activité en Russie sont
de plus en plus rares. Les grands groupes automobiles Volkswagen, BMW,
Mercedes ont notamment mis fin à leur production locale et aux
exportations vers ce pays. Mardi, le fabricant de détergents et colles
Henkel a annoncé son retrait de Russie alors qu’il avait défendu il y a
moins de deux semaines le maintien de ses activités au nom de sa « responsabilité » envers les employés.
Les
magasins du grossiste Metro y restent ouverts, le géant de l’agrochimie
Bayer continue d’approvisionner le pays en semences et produits
pharmaceutiques.
>>> Dans la ville occupée de Kherson, « les Russes créent une atmosphère de terreur »
La révélation des atrocités commises par l’armée russe à Boutcha pousse
de nombreux habitants de cette ville du Sud à rejoindre la zone libre.
Mais certains refusent d’abandonner leur cité à l’occupant, au risque
d’être victimes d’exactions. Article
10:16 La Norvège donne des missiles antiaériens à l’Ukraine
08:48 La Russie renforce ses troupes à la frontière avec l’Ukraine
Marioupol,
dans le sud-est de l’Ukraine, n’est pas le seul front que les Russes
pilonnent. Moscou a également lancé cette semaine une nouvelle offensive
militaire dans l’est du pays, rassemblant des troupes le long du
Donbass. C’était le sujet du briefing des renseignements britanniques, publié ce matin sur Twitter par le ministère de la défense.
Selon Londres, « la présence militaire russe à la frontière orientale de l’Ukraine continue de se renforcer, tandis que les combats dans le Donbass s’intensifient, les forces russes cherchant à percer les défenses ukrainiennes ».
Le front ouvert dans le nord-est de l’Ukraine en début d’invasion, pour atteindre Kiev, n’est cependant pas en reste. Si « l’activité aérienne russe dans le nord de l’Ukraine devrait rester faible, (…) il existe toujours un risque de frappes de précision contre des cibles prioritaires dans toute l’Ukraine », poursuit le ministère de la défense britannique.
>>> Les habitants de Boutcha enterrent leurs morts à la chaîne. Alors que l’identification des corps se poursuit dans la ville ukrainienne, certains proches et familles de victimes trouvent la paix en enterrant celles et ceux qui ont perdu la vie durant l’occupation russe.
06:55 L’Italie se tourne vers le gaz africain pour ne plus dépendre de la Russie
Alors que la Russie fournit actuellement à l’Italie 45 % de son gaz, le premier ministre italien, Mario Draghi, souhaite diversifier au plus vite son portefeuille de fournisseurs. L’Algérie et l’Egypte avant Pâques ; le Congo et l’Angola cette semaine ; le Mozambique en mai : Rome s’est lancé dans une offensive diplomatique en Afrique pour sortir de sa dépendance au gaz russe.
« Nous ne voulons plus dépendre du gaz russe, parce que la dépendance économique ne doit pas devenir une sujétion politique », a affirmé M. Draghi dimanche dans un entretien au quotidien Il Corriere della Sera. « La diversification est possible et peut être mise en œuvre relativement rapidement, plus vite que nous le pensions il y a seulement un mois », a-t-il assuré.
Dans ce but, Mario Draghi devait se rendre mercredi à Luanda et jeudi à Brazzaville, pour y conclure de nouveaux contrats de fourniture mais, positif au Covid-19, il a été remplacé au pied levé par son ministre des affaires étrangères, Luigi Di Maio, accompagné de son collègue de la transition écologique, Roberto Cingolani.
Ces dernières semaines, Rome a déjà conclu des accords avec l’Algérie et l’Egypte. Alger, actuellement son deuxième fournisseur, contribue pour environ 30 % de sa consommation.
L’Italie est l’un des plus gros consommateurs européens de gaz, qui représente 42 % de sa consommation énergétique, et elle importe 95 % de son gaz. Le gouvernement espère aussi réduire cette dépendance en accélérant les investissements dans les énergies renouvelables, notamment en allégeant les obstacles bureaucratiques à l’installation d’éoliennes et de panneaux solaires.
06:21 L’état-major ukrainien annonce la destruction de douze tanks russes
Alors que l’est de l’Ukraine est particulièrement visé par les frappes russes, l’état-major des forces ukrainiennes a affirmé, dans la nuit de mardi à mercredi, que celles-ci avaient repoussé dix attaques russes et détruit notamment « douze tanks » au cours des dernières vingt-quatre heures dans les régions de Louhansk et de Donetsk. Une information qu’il n’est pas possible de vérifier pour l’heure.
05:31 L’appel désespéré d’un soldat ukrainien à Marioupol
« Nous vivons peut-être nos derniers jours, voire nos dernières heures », affirme dans un message publié sur Facebook, ce matin, Serguiy Volyna, un commandant ukrainien de la 36e brigade de la marine nationale, retranché dans le vaste complexe sidérurgique d’Azovstal à Marioupol (sud-est de l’Ukraine), assiégé par les forces russes.
« L’ennemi est dix fois plus nombreux que nous », déclare-t-il. « Nous appelons et supplions tous les dirigeants du monde de nous aider. Nous leur demandons d’utiliser la procédure d’extraction et de nous emmener sur le territoire d’un pays tiers », a-t-il ajouté. Selon le commandant Volyna, l’armée russe a « l’avantage dans les airs, en artillerie, en forces terrestres, en équipement et en chars ».
« Nous défendons seulement un point – l’usine Azovstal – où en plus des militaires se trouvent aussi des civils devenus victimes de cette guerre », a-t-il poursuivi.




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