lundi 18 avril 2022

L’Allemagne paie 20 ans de complaisance vis-à-vis de Poutine

Et cette complaisance aura fait le plus grand mal à la construction européenne. On peut d'ailleurs se demander si l'UE a vraiment un bel avenir devant lui. D'une part, l'Allemagne a montré son égoïsme et sa mollesse face à la Russie. D'autre part, la moitié des électeurs français sont prêts à accepter une collaboration avec la Russie. Que faire, à titre individuel, lorsqu'on se sent si loin de cette France, si loin de cette Allemagne, bref si loin de cette Europe ? Faut-il partir et s'installer dans un pays anglo-saxon ? La question revient, lancinante.

La volte-face historique de Berlin le 27 février devait rompre avec la sacro-sainte neutralité diplomatique. Sept semaines plus tard, les concrétisations se font attendre. Pas facile d’enterrer vingt années de liens commerciaux et d’indulgence vis-à-vis de la Russie.

« Contre la haine et le harcèlement », « La vérité et la diversité d’opinions plutôt que la propagande »… Ce sont d’immenses bandeaux noirs aux inscriptions blanches. Ils flottent au milieu des drapeaux blanc-bleu-rouge de la Fédération de Russie, certains ornés de l’aigle bicéphale, blason de l’Empire des tsars. Ces week-ends derniers, les avenues allemandes se sont remplies de manifestants descendus protester contre la « russophobie » au rythme du chant traditionnel russe « Kalinka ». A Francfort, capitale financière du pays, ils étaient 600 à être venus déposer des fleurs devant les grilles du cimetière principal, en hommage aux soldats soviétiques morts durant la Seconde Guerre mondiale. A Lübeck, dans le nord, un convoi affichait son « soutien à la guerre russe ».

A Berlin, 400 voitures en file indienne, parties des quartiers de l’est de la capitale, sont arrivées non loin de la gare centrale – où débarquent les réfugiés ukrainiens – et de la porte de Brandebourg − l’emblème de la ville resté pendant vingt-huit ans – de la construction du Mur à sa chute –, à l’époque de la guerre froide, dans un « no man’s land » gardé par des soldats de la République démocratique allemande (RDA). « Pour l’amour du ciel, comment avez-vous pu autoriser ce cortège de la honte ? », s’est étranglé Andrij Melnyk, l’ambassadeur d’Ukraine, dans un message adressé à la maire de Berlin. Son homologue russe, lui, s’est contenté d’applaudir : « Très bien. »

Lobs

 

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