mardi 31 mai 2022

Mardi 31 mai 2022. Quatre-vingt-dix-septième jour de guerre

 Live du Monde / de RFI


 >>> Le point sur la situation

  • La majeure partie de Sievierodonetsk contrôlée par les Russes

« La majeure partie » de Sievierodonetsk, ville-clé de l’est de l’Ukraine en proie à de violents combats entre Russes et Ukrainiens, est désormais sous contrôle de l’armée russe, a annoncé, mardi, le gouverneur de la région de Louhansk, Serhi Haïdaï. « Malheureusement, aujourd’hui, les soldats russes contrôlent la majeure partie de la ville », a-t-il fait savoir à la télévision ukrainienne, estimant Sievierodonetsk « détruite à 90 % ».

  • Un premier navire commercial a quitté Marioupol pour la Russie

Un premier navire commercial, chargé de métal, a quitté le port ukrainien de Marioupol, conquis par les forces russes, pour rejoindre Rostov-sur-le-Don en Russie, a annoncé, mardi, le dirigeant séparatiste prorusse Denis Pouchiline. « Ce nœud de transport est très important pour le Donbass », a-t-il ajouté. « C’est un port très important sur la mer d’Azov et le seul où l’on peut transborder tous types de marchandises y compris en hiver. »

  • Les forces ukrainiennes regagnent du terrain autour de Kherson

Les forces ukrainiennes ont affirmé, néanmoins, regagner du terrain notamment dans la région autour de Kherson, ville proche de la Crimée passée sous contrôle russe début mars. « L’ennemi a quitté le village de Mykolaïvka, dans le nord de la région de Kherson », affirme un bulletin de l’armée ukrainienne.

  • Des corps de combattants ukrainiens découverts dans l’usine Azovstal

L’armée russe a découvert les corps de 152 combattants ukrainiens dans l’aciérie Azovstal à Marioupol (sud-est), où les combats ont duré quasiment trois mois. Moscou est prêt à les remettre à l’Ukraine, a déclaré, mardi, le ministère russe de la défense.

  • Nouvelles sanctions européennes

Les dirigeants des 27 pays de l’Union européenne ont trouvé un accord qui devrait permettre de réduire de quelque 90 % leurs importations de pétrole russe d’ici à la fin de l’année, afin de tarir le financement de la guerre menée par Moscou. Cet embargo sur le pétrole brut dans les six mois et les produits raffinés dans les huit mois est la mesure-phare, mais aussi la plus épineuse, du sixième paquet de sanctions, bloqué jusqu’à présent par la Hongrie.

  • Des « corridors sécurisés » pour les céréales ukrainiennes

Le ministre des affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, se rendra le 8 juin en Turquie pour discuter de la mise en place de « corridors sécurisés » pour le transport des céréales ukrainiennes, a annoncé, mardi, son homologue turc, Mevlüt Cavusoglu. Les Européens accélèrent leurs efforts pour sortir les stocks de céréales bloqués en Ukraine, notamment en négociant avec Moscou un accès sécurisé au port d’Odessa, afin d’éviter une crise alimentaire mondiale.

  • Condamnation de deux soldats russes

Un tribunal ukrainien a condamné, mardi, à onze ans et demi de prison deux soldats russes accusés d’avoir bombardé au lance-missile multiple deux villages de la région de Kharkiv (nord-est). Ils ont été reconnus coupable de « violation des lois et coutumes de la guerre », selon l’agence Interfax-Ukraine qui précise qu’ils ont « totalement reconnu leur culpabilité ».

 

 22:35 Sievierodonetsk est « détruite sans pitié quartier par quartier », affirme son maire

Les forces russes ont pris le contrôle de la moitié de Sievierodonetsk, dans une « offensive frénétique », a déclaré le maire de la ville, Oleksandr Striuk, mardi.

« La ville est détruite sans pitié quartier par quartier », a poursuivi M. Striuk, ajoutant que d’importants combats de rue se déroulaient. Des barrages d’artillerie menacent également la vie des quelque 13 000 civils pris au piège de Sievierodonetsk, ville de plus de 100 000 habitants avant la guerre, a-t-il encore affirmé.

Toujours selon le maire, plus de 1 500 habitants sont morts – toutes causes confondues – depuis le début de l’invasion de l’Ukraine par les Russes.

Les civils meurent dans des frappes directes, de blessures causées par des débris ou bien ensevelis sous les décombres des immeubles détruits, vu que la plupart des habitants se cachent dans les caves et les abris.

L’électricité a été coupée et les civils ont besoin d’eau, de nourriture et de médicaments, a réclamé M. Striuk.

Plus tôt mardi, le gouverneur de la région de Louhansk, Serhi Haïdaï, avait annoncé à la télévision ukrainienne que « les soldats russes contrôl[aient] la majeure partie de la ville » de Sievierodonetsk, estimant que cette dernière était « détruite à 90 % ».

 

 

 20:33 Gazprom arrête les livraisons de gaz à plusieurs clients européens [ça , c'est très bien. Le mieux serait "à tous ses clients européens". Le mieux serait de parler d'ex-clients européens]

Le géant gazier russe Gazprom a annoncé, mardi, l’interruption à partir de mercredi des livraisons de gaz à plusieurs clients européens – dont la liste s’allonge – ayant refusé de payer en roubles, litige né de l’offensive militaire russe contre l’Ukraine. En réplique aux sanctions imposées par l’Union européenne (UE) à la suite de l’offensive russe en Ukraine, le président russe, Vladimir Poutine, a réclamé que les acheteurs de gaz russe de pays « inamicaux » payent en roubles depuis des comptes en Russie sous peine d’être privés d’approvisionnement, en dépit de contrats prévoyant des paiements en euros ou en dollars.

Gazprom a annoncé, mardi matin, avoir « cessé totalement ses livraisons de gaz à la société GasTerra B.V. [Pays-Bas] du fait du non-paiement en roubles ». GasTerra avait refusé, réclamant le respect d’obligations contractuelles et notant que des versements tels que le réclamait le Kremlin présentaient « un risque de violation des sanctions élaborées par l’UE ». Dans la soirée, Gazprom a ajouté que les livraisons à Orsted (Danemark) et Shell Energy Export seraient interrompues dès mercredi pour la même raison. Gazprom a signalé avoir été informé par les deux sociétés du fait qu’elles n’ont « pas l’intention d’effectuer de paiements en roubles pour le gaz fourni », et les avoir en retour notifiées de « la suspension des livraisons de gaz (…) à compter du 1er juin » sauf réception des paiements en roubles.

« Shell n’a pas accepté les nouvelles conditions de paiement définies par Gazprom », a signalé un porte-parole de Shell. « Nous nous efforcerons de continuer à approvisionner nos clients en Europe grâce à notre portefeuille diversifié d’approvisionnement en gaz. Shell continue de travailler sur un retrait progressif des hydrocarbures russes. » La Russie avait déjà coupé le gaz pour la même raison à la Finlande, à la Bulgarie et à la Pologne.

 

>>> « L’appui tacite des Etats d’Asie centrale à la Russie est un revers pour les droits humains » Article


 

14:10 L'Ukraine a identifié « quelques milliers » d'affaires de crimes de guerre dans le Donbass 

La justice ukrainienne a identifié « quelques milliers » d'affaires de crimes de guerre dans le Donbass, a déclaré la procureure générale lors d'une conférence de presse à La Haye, alors que les forces russes progressent dans cette région de l'est, leur priorité stratégique. « Nous avons identifié quelques milliers d'affaires sur ce que nous voyons dans le Donbass », a déclaré la procureure générale ukrainienne Iryna Venediktova lors d'une conférence à La Haye (Pays-Bas), où elle a rencontré des homologues internationaux.

 

12:15 L'oléoduc Droujba, une voie importante d'acheminement de pétrole russe vers l'UE 

Les 27 membres de l’Union européenne se sont mis enfin d’accord pour un arrêt progressif d’ici la fin de l’année des importations de pétrole russe transporté par bateau. Une exemption temporaire a été prévue pour le pétrole acheminé par l’oléoduc Droujba, afin de lever le veto de la Hongrie qui assure l’essentiel de ses approvisionnements. Des discussions auront ensuite lieu pour l'extension de l'embargo aux livraisons par Droujba qui est une voie importante d’acheminement de pétrole vers les pays européens. 

Droujba, qui en russe signifie amitié, assure environ un tiers des approvisionnements européens en pétrole, et jusqu’à 65% de la consommation de la Hongrie, pays enclavé sans accès à la mer.  Droujba est le plus le plus long oléoduc du monde, soit 4 000 km. Il a été mis en service au début des années 1960 pour approvisionner en brut les pays d’Europe centrale, à l’époque considérés comme pays frères par l’Union soviétique. Environ un million de barils par jour y transite, soit près du dixième de la production russe. Il traverse d’abord la Biélorussie ou il se dédouble, la branche nord dessert l’Allemagne, l’Autriche et la Pologne, et la branche sud la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie. Même s'ils n'y sont pas contraints, Berlin et Varsovie se sont par ailleurs engagés à arrêter leurs importations via cet oléoduc. Par conséquent, 90% des exportations de pétrole russe vers l'Union européenne seront donc arrêtées d'ici la fin de l'année.

 

11:45 Frappe sur la ville de Slovyansk, dans la région du Donbass


 

09:15 Mykolaïv, modèle de résistance citoyenne à l’invasion russe

Des dames arborant chapeau de paille et lunettes de soleil discutent gentiment sur la place du village. On se croirait un jour de marché à Lymany, à quelques kilomètres de Mykolaïv, dans le sud de l’Ukraine. La veille, le 27 mai, toute la commune a reçu le même SMS :

« Attention, Lymany va être bombardée. Vous avez jusqu’au 30 mai pour fuir ou rallier les forces russes. La victoire sera de notre côté. » 

Plusieurs tirs ont déjà éventré la mairie en avril, puis l’école d’un bourg voisin, et fait deux morts dans un immeuble de la commune. Personne, pourtant, ne paraît s’affoler. « Encore de la propagande pour semer la panique », coupe Natalia Panachy, maire et professeure de physique, du ton qu’on prendrait pour parler d’une publicité envahissante. Article

 

 >>> Donbass: la colère des soldats ukrainiens du front. Depuis plusieurs semaines, l’armée russe jette toutes ses forces pour prendre le contrôle total du Donbass, dans l’est du pays. Depuis plusieurs jours, la grande ville de Sievierodonestk est bombardée en continu par la Russie. Dans cette partie la plus active du front, située dans la région de Louhansk, l’armée ukrainienne est sur le recul. Et un mouvement de grogne est en train de naître parmi les soldats, qui se plaignent du manque de moyens et du manque de soutien de leur hiérarchie. RFI


 

 


 

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