mercredi 4 mai 2022

Mercredi 4 mai 2022. Soixante-dixième jour de guerre

 Lives du jour : celui du Monde ici, celui de RFI ici


 21:17  Le lieutenant-colonel Denys Prokopenko, qui commande les soldats du régiment Azov retranchés dans l’usine Azovstal, a publié une nouvelle vidéo dans laquelle il évoque la bataille en cours : « Pour le deuxième jour d’affilée, l’ennemi a pénétré sur le territoire de l’usine. Des combats sanglants sont en cours. Je suis fier de mes soldats, qui font des efforts surhumains pour contenir l’assaut de l’ennemi. Merci pour le soutien que nous recevons à travers le monde. »

De son côté, Zelensky a demandé à Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, d’intercéder en faveur des blessés. « La vie des gens qui restent là-bas est en danger (…). Nous demandons votre aide pour les sauver », a précisé M. Zelensky, cité par son service de presse, lors d’un entretien téléphonique avec M. Guterres.

L’ONU a déjà participé, dimanche, à l’organisation de l’évacuation d’une centaine de civils piégés à Azovstal avec les militaires ukrainiens qui défendent cette dernière poche de résistance dans le port qui est presque entièrement contrôlé par les forces russes.

 

>>> L’UE propose un embargo sur le pétrole russe pour « faire payer le prix fort » à Poutine. Cet embargo progressif doit être approuvé par tous les pays membres, mais la Hongrie dit ne pas avoir de « garantie » pour sa sécurité énergétique. Parmi les autres sanctions prévues, l’exclusion de Sberbank, la plus grande banque russe, du réseau Swift. Article  [Soulignons le très bon travail d'Ursula von der Leyen. Elle fait honneur à l'Europe. Et regrettons la règle absurde de l'unanimité pour que l'UE prenne une décision]

 

>>> « Les “couloirs humanitaires” piégés de Vladimir Poutine, signe de son usage tactique de la cruauté » Article

 

>>> Associated Press parle d'un bilan de de 600 morts pour la frappe du théâtre de Marioupol

Une enquête vidéo de l’agence Associated Press (AP) a interrogé 23 survivants et secouristes. Pour son enquête, l’agence a utilisé deux ensembles de plans des étages du théâtre, des photos et des vidéos prises à l’intérieur avant, pendant et après le bombardement.

AP considère que le bombardement du 16 mars est l’attaque le plus meurtrière depuis le début du conflit, tuant près de 600 personnes à l’intérieur et à l’extérieur du bâtiment. C’est le double du nombre de victimes évoqué jusqu’à présent. Pour de nombreux survivants interrogés par AP, le chiffre est encore plus élevé.

Les témoins ont déclaré qu’au moins 100 personnes se trouvaient dans une cuisine de campagne à l’extérieur du bâtiment lors du bombardement et qu’aucune n’a survécu. Ils ont également déclaré que les pièces et les couloirs à l’intérieur du bâtiment étaient bondés. Les survivants estiment qu’environ 1 000 personnes se trouvaient à l’intérieur du bâtiment lors de la frappe aérienne, mais que 200 personnes, au maximum, en sont sorties.

L’enquête d’AP réfute aussi les affirmations russes selon lesquelles le théâtre a été démoli par les forces ukrainiennes ou a servi de base à l’armée ukrainienne. Aucun des témoins n’a vu des soldats ukrainiens opérer à l’intérieur du bâtiment.

 

17:37 Les pays européens refusant un embargo sur le pétrole russe seront « complices » de crimes de guerre, selon le chef de la diplomatie ukrainien [Allez zou, Victor, va falloir quitter les salons dorés de Budapest et passer par la case TPI, en compagnie de ton copain le crétin du Kremlin]

16:47 La Hongrie rejette, « dans sa forme actuelle », la proposition d’un embargo européen progressif sur le pétrole russe [Et l'Europe, quand, enfin, rejettera-t-elle la Hongrie ? ]

 

16:28 Les Pays-Bas pourraient fournir des armes lourdes à l'Ukraine

Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte déclare que son pay réfléchit à la possibilité de rejoindre l'Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni dans la livraisons d'armes lourdes à l'Ukraine.

Cette déclaration du chef de l'état néérlandais fait suite à un entretien téléphonique avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, au cours duquel il a loué la fermeté de l'Ukraine dans la bataille contre la Russie pour la région de Donbass. « Les Pays-Bas continueront à soutenir le combat de l'Ukraine pour défendre la démocratie et la souveraineté, à court et à long terme », ajoute-t-il sur Twitter. RFI

 

15:22 Un hélicoptère militaire russe viole à nouveau l’espace aérien de la Finlande

 Un hélicoptère de l’armée russe a violé l’espace aérien de la Finlande mercredi matin, a annoncé le ministère de la défense finlandais, au moment où Helsinki prépare une très probable candidature à l’OTAN. « L’appareil était un hélicoptère Mi-17 et la profondeur de la violation présumée était de quatre à cinq kilomètres » lors de cet incident enregistré à 9 h 40, heure française, a précisé un porte-parole à l’Agence France-Presse (AFP).

C’est la deuxième fois en un mois et la deuxième fois depuis le début de l’année qu’Helsinki dénonce une incursion d’un appareil russe dans son espace aérien, selon le ministère. Le 8 avril, un appareil de transport civil – mais appartenant à l’armée russe – était aussi brièvement entré dans l’espace aérien finlandais.

Les experts ont prévenu que des actes d’intimidation russes étaient à prévoir contre la Finlande et la Suède, alors que les deux pays envisagent de rejoindre l’OTAN pour mieux se protéger de Moscou. Quatre avions de combat russes avaient également violé l’espace suédois au début de mars au niveau de Gotland, île stratégique en mer Baltique. Vendredi soir, un avion de reconnaissance russe a également franchi la frontière aérienne près d’une base navale dans le sud du pays.

Des actes hostiles difficiles à attribuer, comme des attaques informatiques, sont également jugés probables, selon les analystes, qui écartent toutefois l’hypothèse d’une confrontation militaire directe. Le président finlandais, Sauli Niinstö, doit rendre publique le 12 mai sa position personnelle concernant une candidature de la Finlande à l’OTAN, mais un fort soutien de l’opinion et des députés au Parlement sont déjà acquis.

Selon des médias finlandais, la décision du gouvernement pourrait être prise dans les prochains jours.

 

14:14 En Lituanie, un train russe sous haute surveillance

Depuis le début de la guerre en Ukraine, Vilnius s’attache à maintenir et à sécuriser le train reliant chaque jour l’enclave russe de Kaliningrad [un jour , il faudra bien que ce territoire redevienne Königsberg] au reste de la Russie à travers son territoire afin d’éviter tout casus belli avec Moscou. Tous les jours, à 9 h 23, une voix jaillit des haut-parleurs de la gare de Vilnius. D’abord une annonce en lituanien, la langue locale : « Chers passagers, vous entendrez dans un instant une annonce en russe. Elle est destinée aux passagers à bord du train de transit russe. » La mise en place de ce transit depuis et vers Kaliningrad était l’une des conditions imposées à la Lituanie lors de son adhésion à l’Union européenne, en 2004. Depuis, quelque 400 000 personnes empruntent en moyenne cette voie chaque année. Article


 

 
 

13:59 Le maire de Marioupol dit avoir perdu le contact avec Azovstal

Le maire de Marioupol, Vadym Boïtchenko, a fait état mercredi de violents combats en cours au niveau de l’usine Azovstal et a reconnu qu’il avait perdu le contact avec les combattants ukrainiens qui résistent encore dans ce vaste complexe industriel où sont également réfugiés des civils. Vadym Boïtchenko, qui ne se trouve pas dans la ville portuaire du sud-est de l’Ukraine, sur la mer d’Azov, a précisé lors d’une intervention à la télévision ukrainienne qu’une trentaine d’enfants figuraient parmi les civils n’ayant pas pu être évacués du site. Cette usine est le dernier bastion de résistance ukrainienne à Marioupol, où l’armée russe s’est déclarée victorieuse le 21 avril après près de deux mois d’un siège destructeur. Peu auparavant, le Kremlin a démenti que les forces militaures russes menaient un assaut contre l’usine Azovstal. [les déclarations de l'Empire du mensonge, on s'en fout complètement]

13:46 Vingt nouveaux corps de civils découverts dans la région de Kiev, selon la police locale

13:35 La Russie prépare un défilé militaire le 9 mai à Marioupol, selon les renseignements ukrainiens

12:03 La Russie interdit son territoire au premier ministre japonais

La Russie a interdit, mercredi matin, l’accès à son territoire à plus de soixante responsables japonais – dont le premier ministre, Fumio Kishida, le ministre des affaires étrangères, Yoshimasa Hayashi, et le ministre de la défense, Nobuo Kishi. Une interdiction « définitive », précise le communiqué du ministère des affaires étrangères russe, qui accuse le Japon d’avoir « lancé une campagne antirusse sans précédent », notamment en prenant des sanctions contre la Fédération de Russie.

Moscou accuse Tokyo de prendre « des mesures pratiques visant à démanteler les relations de bon voisinage, à porter atteinte à l’économie russe et au prestige international [lol] de [la Russie] ». Le Kremlin précise par ailleurs répondre aux « sanctions personnelles imposées par le gouvernement japonais aux citoyens russes, y compris aux hauts dirigeants de l’Etat ».

Complexes, les relations russo-japonaises se sont sérieusement dégradées depuis le début de l’offensive russe en Ukraine, le Japon participant aux sanctions occidentales. Tokyo a aussi décidé, au début d’avril, de cesser ses importations de charbon russe, tout en restant impliqué dans des projets pétrogaziers offshore près de Sakhaline, dans l’Extrême-Orient russe.

Depuis avril, pour la première fois depuis 2003, le Japon considère de nouveau que quatre petites îles au nord de l’Archipel, les îles Kouriles, sont « occupées illégalement » par la Russie, un différend territorial qui empêche la signature d’un traité de paix entre les deux pays depuis la fin de la seconde guerre mondiale.

 
 

11:46  La ville japonaise de Nemuro située en face des îles Kouriles, occupées par les Russes depuis la seconde guerre mondiale, vit avec une acuité particulière la guerre en Ukraine, alors que les relations se tendent entre les deux pays. Article

 

 

10:35 L’Union européenne a le « devoir » de soutenir la Moldavie, selon le président du Conseil européen. « L’Union européenne est pleinement solidaire de (…) la Moldavie. Il est de notre devoir européen d’aider et de soutenir votre pays et d’accroître notre soutien à votre stabilité, sécurité et intégrité territoriale », a déclaré ce matin le président du Conseil européen, Charles Michel, lors d’une conférence de presse conjointe à Chisinau avec la présidente moldave, Maia Sandu, une pro-occidentale élue en décembre 2020. Cette prise de parole intervient quelques jours après que des attaques sur le territoire séparatiste moldave prorusse de Transnistrie ont nourri la crainte d’un élargissement du conflit en Ukraine.

 

 10:06  Sur les réseaux sociaux, ces comptes en français qui relaient la propagande du Kremlin. [au pays de Le Pen et Mélenchon, faut-il s'en étonner?] Trolls anonymes, leaders complotistes ou comptes diplomatiques : depuis le début de l’invasion, une armée de voix défend coûte que coûte un contre-récit diabolisant l’Ukraine et glorifiant Vladimir Poutine. Article

 

 09:18  La Biélorussie, pays frontalier de l’Ukraine, annonce un exercice militaire « surprise »


08:56 [A suivre... ] La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, présente le sixième train de sanctions contre la Russie

Dans ce nouveau paquet de sanctions, présenté ce matin par la présidente de l’exécutif européen devant le Parlement européen à Strasbourg, figurent :

  • l’exclusion d’autres banques russes du réseau Swift, dont Sberbank ;
  • un embargo total sur le pétrole russe, qui se fera progressivement dans les six prochains mois, ainsi qu’un embargo sur les produits raffinés d’ici à la fin de l’année ;
  • l’inscription sur la liste des personnalités russes sanctionnées du chef de l’Eglise orthodoxe russe, le patriarche Kirill, de nombreux militaires russes, mais aussi de la femme, de la fille et d’un fils du porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Il ne s’agit cependant, pour l’heure, que de propositions : celles-ci devront être approuvées par les Vingt-Sept pour être appliquées.

 

06:49 Douze attaques russes en vingt-quatre heures à Donetsk

>>> La Grèce veut permettre aux Balkans de se passer du gaz russe. Athènes, qui ambitionne de devenir un hub énergétique pour la région, a inauguré, près de la frontière gréco-turque, un nouveau terminal flottant de gaz naturel liquéfié. Article


>>> Les enterrés d’Azovstal, survivants de l’enfer

 Pour la première fois, une évacuation des civils réfugiés dans l’usine de Marioupol a été autorisée par la Russie. Plus de cent personnes ont pu ainsi rejoindre, mardi, la ville de Zaporijia. Récits de rescapés.

A chacun son enfer. Pour ceux-là, ce fut deux mois dans les ténèbres. Tandis que d’autres réfugiés parvenus à fuir Marioupol décrivent ces dernières semaines une ville assiégée ravagée par l’artillerie russe et des rues parsemées de cadavres, les survivants de l’usine Azovstal, ultime carré d’une résistance ukrainienne acharnée, témoignent de leur vie souterraine, une existence d’où la lumière du jour avait disparu, rythmée par la peur et les cris des enfants.

« L’espoir de sortir un jour de cet enfer avait, après deux mois de survie, presque disparu… » Valentina a certainement, à 70 ans, les jambes qui tremblent un peu et elle ne peut plus faire un pas sans sa canne, mais son regard ne vacille jamais et ses idées sont claires. Elle raconte « les murs des bunkers qui tremblent tout le temps » sous le fracas des bombes, l’effroi persistant, l’espérance qui s’évapore avec le temps.

Les enterrés d’Azovstal ont vécu un autre calvaire que les habitants de la ville pilonnée quotidiennement (le gouvernement de Kiev estime que le nombre de morts pourrait atteindre jusqu’à 20 000 victimes à Marioupol) et désormais soumis à une impitoyable occupation russe. Eux ont en quelque sorte eu la chance, dans le cauchemar de la guerre, d’être réfugiés dans les abris les plus résistants de la ville, au sein d’une usine métallurgique où, comme souvent durant l’ère soviétique, des repaires souterrains avaient été prévus pour les ouvriers, en cas de conflit.            Récit

 

 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire