samedi 14 mai 2022

Samedi 14 mai 2022. Quatre-vintième jour de guerre

 Lives du Monde et RFI. L’Ukraine a gagné la bataille de Kharkiv.

L'Ukraine victorieuse à Kharkiv

► La guerre en Ukraine connaîtra un « tournant » en août et la Russie sera défaite « avant la fin de l'année », a prédit le chef du renseignement militaire ukrainien, assurant que Kiev parviendra à reconquérir l'ensemble de son territoire.

► Les ministres des Affaires étrangères des pays membres du G7 se sont réunis vendredi et ce samedi en Allemagne. « Nous ne reconnaîtrons jamais les frontières que la Russie a essayé de changer par son intervention militaire », ont affirmé les ministres des Affaires étrangères. Les ministres des Affaires étrangères du G7 se sont aussi engagés à amplifier l'isolement économique et politique de la Russie, à continuer de fournir des armes à l'Ukraine et à répondre aux pénuries liées à la guerre.

► Des combats particulièrement intenses sévissent dans la région du Donbass. « Il y a des combats nourris à la frontière avec la région de Donetsk, près de Popasna », a commenté vendredi soir sur Facebook Serguiï Gaïdaï, gouverneur ukrainien de la région de Louhansk.

>>> Finlande. Le parti de la Première ministre dit oui à l’Otan. Le parti social-démocrate de la Première ministre finlandaise Sanna Marin a annoncé ce samedi 14 mai son soutien à une très large majorité à une candidature du pays nordique à l’Otan, qui doit être officialisée dimanche 15 mai. OF


 

 >>>  Comment Poutine a ressuscité l’OTAN. Privée de ses ennemis traditionnels à la fin de la guerre froide, écartelée entre allégeance atlantique et défense européenne, l’OTAN a retrouvé sa raison d’être initiale et son unité depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Lemonde

17:51 La Finlande « confiante » dans la possibilité de s’entendre avec la Turquie pour valider son entrée dans l’OTAN

Le chef de la diplomatie finlandaise, Pekka Haavisto, s’est dit confiant, samedi, quant à la possibilité de s’entendre avec la Turquie malgré l’hostilité affichée par le président turc Recep Tayyip Erdogan à l’entrée dans l’OTAN de son pays et de la Suède. S’exprimant avant une série de discussions avec les membres de l’Alliance atlantique, dont la Turquie, à Berlin, M. Haavisto s’est déclaré « confiant dans le fait qu’à la fin nous trouverons une solution et que la Finlande et la Suède deviendront membres de l’OTAN ».

Le ministre finlandais et son homologue suédoise Ann Linde veulent profiter de la réunion de l’OTAN prévue jusqu’à dimanche pour rencontrer le chef de la diplomatie turque Mevlut Cavusoglu et tenter de lever l’opposition exprimée par Ankara à cette intégration des deux pays nordiques.

La Turquie, dont l’approbation est nécessaire, comme celle de tous les autres membres de l’OTAN, pour l’entrée de la Finlande et de la Suède dans l’Alliance atlantique, reproche à ces deux pays de servir de base arrière au Parti des travailleurs du Kurdistan, classé comme organisation terroriste par les Etats-Unis, l’Union européenne et la Turquie.

Vendredi, M. Erdogan a jeté un froid en expliquant ne pas « avoir un avis positif » sur l’entrée de la Suède et de la Finlande dans l’OTAN. Samedi, Ibrahim Kalin, conseiller diplomatique en chef d’Erdogan, s’est montré plus mesuré : « Nous ne fermons pas la porte, mais nous soulevons ce sujet car c’est pour la Turquie une question de sécurité nationale. »

17:36 En Finlande, le parti de la première ministre dit oui à l’OTAN

Le Parti social-démocrate de la première ministre finlandaise, Sanna Marin, a annoncé samedi son soutien à une très large majorité à une candidature du pays nordique à l’OTAN, qui doit être officialisée dimanche. Sur les 60 membres de la direction du parti, cinquante-trois ont voté pour, cinq contre et deux se sont abstenus, selon le résultat du vote annoncé lors d’une conférence de presse à Helsinki.

La candidature de la Finlande doit être officialisée dimanche par l’exécutif, avant une réunion du Parlement lundi et l’envoi formel de sa candidature au siège de l’OTAN à Bruxelles dans les prochains jours. La Suède doit également se décider dans les tout prochains jours sur une probable candidature. Une réunion-clé des Sociaux-Démocrates au pouvoir, dimanche à Stockholm, doit lever le dernier obstacle avant l’annonce d’une demande d’adhésion.

« Nous espérons pouvoir envoyer nos candidatures cette semaine, ensemble avec la Suède. Ils ont leur propre processus, mais j’espère que nous prendrons les décisions au même moment », a affirmé Mme Marin lors de sa conférence de presse. La première ministre s’était déjà prononcée jeudi en faveur d’une adhésion « sans délai » de la Finlande à l’Alliance, conjointement avec le président Sauli Niinistö, et la décision du parti ne faisait plus de doute.

 

16:40  L’Ukraine poursuit sa contre-offensive dans l’Est, près d’Izioum

Les forces ukrainiennes ont lancé une contre-offensive près de la ville d’Izioum (Est), pour l’heure tenue par les Russes, a déclaré samedi Oleh Synehoubov, le gouverneur de la région de Kharkiv, frappant ainsi un axe-clé de l’assaut russe dans l’est de l’Ukraine. Le succès d’une telle opération constituerait un sérieux revers pour Moscou dans la bataille pour le Donbass, région que la Russie a déclaré vouloir conquérir intégralement.

Les forces russes ont essayé de progresser vers le sud à partir de la ville d’Izioum, dans un mouvement visant à déborder les forces ukrainiennes. « Le point le plus chaud reste la direction d’Izioum », a déclaré le gouverneur régional dans des propos diffusés sur les réseaux sociaux. « Nos forces armées sont passées à une contre-offensive là-bas. L’ennemi recule sur certains fronts et c’est la marque de la force de caractère de nos forces armées », a ajouté M. Synehoubov.

 

 

 

16:03 Kiev rebaptise un monument soviétique en « arche de la Liberté du peuple ukrainien »

L’arche de l’Amitié des peuples, un emblématique monument soviétique du centre-ville de Kiev, est devenue samedi l’arche de la Liberté du peuple ukrainien, à la suite d’une décision en ce sens du conseil municipal afin de « décommuniser » son nom, comme l’a annoncé sur la messagerie Telegram le maire de la capitale, Vitali Klitschko. Le monument est une imposante arche métallique d’une hauteur de 35 mètres érigée dans un parc du centre-ville en 1982.

Les élus municipaux ont en outre « approuvé une liste de plus de quarante monuments et emblèmes mémoriaux qui devront être retirés des rues et bâtiments de la capitale pour être transmis au musée du totalitarisme », a-t-il ajouté. Si de nombreux lieux ou monuments sont appelés à être rebaptisés, Vitali Klitschko a annoncé que le processus de désignation des nouveaux noms prendrait du temps et impliquerait « des spécialistes », notamment des historiens, « pour ne pas prendre de décision hâtive ».

Beaucoup d’habitants à Kiev appellent à rebaptiser d’autres symboles dont les noms sont liés à la Russie ou à la Biélorussie, son allié. Le métro de Kiev a ainsi organisé une consultation en ligne durant laquelle les votants se sont prononcés pour rebaptiser « Varsovie » la station Minsk, « Boutcha » la station Beresteïska, ou encore du nom du dissident poète ukrainien Vassyl Stous, mort au goulag, la station Place-Léon-Tolstoï.

 

>>> Suleyman Kerimov, l’oligarque aux quatre villas (présumées) qui rend fous Bercy et la justice Lobs

 

>>> Le point sur la situation à 16 heures

  • Alors que la Finlande s’apprête à demander « dans les prochains jours » son adhésion à l’OTAN, selon Sauli Niinistö, le président finlandais, Vladimir Poutine a rétorqué samedi que remettre en question la neutralité militaire finlandaise serait une « erreur ». « Il n’y a aucune menace à la sécurité de la Finlande », a assuré le président russe dans un communiqué publié à la mi-journée par le Kremlin, après une discussion téléphonique d’une heure entre M. Poutine et son homologue finlandais. Ce dernier a évoqué une conversation « franche et directe », alors que la Russie a coupé ce jour ses livraisons d’électricité à destination de la Finlande. L’invasion en Ukraine a « altéré l’environnement sécuritaire de la Finlande », a de son côté argué M. Niinistö.
  • Sur le terrain, la situation continue d’évoluer à l’est de l’Ukraine. Samedi, le maire de Kharkiv, Ihor Terekhov, a annoncé à la BBC que « le calme est revenu » dans la deuxième plus grande ville d’Ukraine. Les troupes russes ont opéré un retrait plus à l’est de Kharkiv alors que les forces armées ukrainiennes continuent de mener des contre-offensives.
  • Ces contre-offensives et le nouveau camouflet pour la Russie que représente la défaite de Kharkiv déclenchent l’optimisme des autorités ukrainiennes. Kyrylo Boudanov, chef du renseignement militaire ukrainien, a prédit vendredi dans un entretien à la chaîne Sky News une victoire « avant la fin de l’année ». « Le tournant aura lieu dans la deuxième partie d’août » et « la plupart des opérations militaires seront terminées d’ici à la fin de l’année », a expliqué M. Boudanov, qui a précisé que l’Ukraine compte rétablir sa souveraineté sur l’ensemble du territoire, comprenant le Donbass et la Crimée.
  • Les ministres des affaires étrangères du G7, réunis pendant trois jours à Wangels (Allemagne), ont quant à eux affirmé samedi que « nous ne reconnaîtrons jamais les frontières que la Russie a essayé de changer par son intervention militaire ». Les chefs de la diplomatie de l’Allemagne, de la France, de l’Italie, du Canada, des Etats-Unis, du Japon et du Royaume-Uni ont promis « d’élargir les sanctions » contre Moscou à « des secteurs dont la Russie est particulièrement dépendante ». Ils ont également tenté de convaincre la Chine de « ne pas saper » ces mesures.

 

 

>>> Königsberg. J'ai déjà parlé plusieurs fois dans ce blog de Kaliningrad, territoire annexé par la Russie (ou plus exactement l'URSS), et russifié. Ce territoire s'appelle en réalité Königsberg, il devrait logiquement être dé-russifié, et même dé-nazifié - puisqu' aujourd'hui ce n'est nullement l'Ukraine qu'il faut dénazifier, mais bel et bien la Russie - , et il devrait être restitué à l'Allemagne, vu que la Russie est un Etat criminel, et qu'elle utilise les territoires qu'elle a volé pour commettre ses crimes.

> Kaliningrad, une épine dans le pied de l’OTAN. L’enclave forteresse de la Russie sur la mer Baltique, enchâssé entre Pologne et Lituanie, est devenue, depuis 2016, un avant-poste nucléaire. Enquête

 

 >>> Lotskyne, «les Russes sont arrivés et ils ont brisé notre vie». Dans le sud de l'Ukraine, à la frontière entre les régions de Mykolaïv et de Kherson, aux mains des Russes, les positions ne bougent pas beaucoup, depuis plusieurs semaines. Les troupes russes continuent de frapper la région de Mykolaïv, ultime verrou avant Odessa, le grand port ukrainien sur la mer Noire. En mars, l'armée ukrainienne les a repoussées vers l'Est, libérant plusieurs villages, dont celui de Lotskyne. RFI

 

 >>> Après l'occupation, la vie reprend son cours à Mala Rogan (RFI)


 

>>> A Mykolaïv, au front, les troupes ukrainiennes restent déterminées. Dans le sud de l’Ukraine, la région de Mykolaïv est toujours sous le feu des tirs d’artillerie et des bombardements russes. Pour les Russes qui occupent Kherson, cette ville, plus à l’ouest, représente un ultime verrou avant Odessa, le grand port ukrainien sur la mer Noire, mais les lignes semblent figées. (RFI)


 

 

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 14:45 Des proches de combattants d’Azovstal appellent à l’aide le président chinois

Piégés dans l’aciérie Azovstal, dernière poche de résistance aux forces russes dans le port stratégique de Marioupol, des proches de combattants ukrainiens ont lancé samedi un appel à l’aide au président chinois, Xi Jinping, lui demandant d’aider à leur évacuation. « Il y a dans le monde une personne à laquelle Poutine aurait du mal à dire non. Nous sommes confiants que la Chine, forte et noble, peut prendre des décisions difficiles pour une bonne cause », a lancé, lors d’une conférence de presse à Kiev, Natalia Zarytska, épouse d’un combattant.

« Nous appelons son Excellence, le président chinois Xi Jinping, à faire preuve (…) d’une grande sagesse orientale et à œuvrer pour sauver les défenseurs de Marioupol », a-t-elle ajouté, dans une salle où avait été accroché un portrait du dirigeant chinois. Citant des messages envoyés par son mari, elle a affirmé que les Russes faisaient délibérément traîner les choses, pour prolonger « la torture » des combattants.

Les quelque 1 000 soldats ukrainiens toujours présents dans les galeries souterraines de cette immense aciérie – dont quelque 600 sont blessés, selon un de leurs commandants – « essuient des tirs de tous les types d’armes possibles, depuis la mer, depuis le sol et les airs, y compris avec des armes interdites », a-t-elle ajouté. « Ce n’est pas la guerre, c’est le massacre. » Stavr Vychniak, père d’un soldat d’Azovstal, a lui aussi estimé qu’il n’y avait plus qu’« un seul homme au monde à qui nous pouvons nous adresser, le leader chinois ».

« Nous appelons le président chinois Xi à prendre les mesures nécessaires pour exfiltrer [les combattants], à se présenter comme médiateur », a-t-il déclaré. Proche partenaire diplomatique de Moscou, Pékin est embarrassé par l’invasion russe de l’Ukraine, mais a jusqu’ici refusé de la condamner. Depuis des jours, les proches et certains combattants d’Azovstal enchaînent les appels à l’aide, prenant à partie tantôt la Turquie, tantôt les Etats-Unis, maintenant la Chine.

 

14:35 Le maire de Kharkiv annonce que les troupes russes se sont retirées loin de la ville

Ihor Terekhov, maire de Kharkiv, s’est entretenu samedi avec la BBC et a annoncé au micro de la radio-télévision britannique que la situation est « calme à Kharkiv et les habitants reviennent progressivement dans la ville ». « Grâce aux efforts de la défense territoriale de Kharkiv et des forces armées ukrainiennes, les Russes se sont retirés loin de la ville, en direction de la frontière russe », a précisé l’édile.

M. Terekhov a ajouté que Kharkiv n’avait pas subi de « bombardement lors des cinq derniers jours », avec une seule tentative à proximité de l’aéroport de la ville. « Mais le missile a été détruit par la défense aérienne ukrainienne », a-t-il dit. Les précisions de ce dernier viennent corroborer les propos de l’Institut pour l’étude de la guerre américain, qui annonçait ce matin que « l’Ukraine semble avoir gagné la bataille de Kharkiv ».

Le think tank américain, qui suit la guerre et ses mouvements au quotidien, a rapporté que les troupes russes opéraient actuellement un « retrait ordonné » autour de Kharkiv, plutôt qu’un maintien de ses positions. Le ministre de la défense ukrainien, Oleksii Reznikov, a évoqué vendredi « un tournant stratégique dans la guerre en faveur de l’Ukraine », tout en estimant que « ce processus va prendre du temps ».

Après l’échec de l’armée russe dans sa conquête de Kiev, marqué par le retrait des troupes positionnées aux portes de la capitale après cinq semaines de résistance acharnée, la contre-offensive ukrainienne autour de Kharkiv, qui a commencé en avril et s’est accélérée ces dix derniers jours, est un second fiasco majeur pour Moscou.

13:25 Kharkiv. Les forces ukrainiennes mènent actuellement une contre-offensive autour de la deuxième ville du pays. Les forces russes n’ont, cette fois, pas reçu l’ordre de disparaître soudainement de la région : elles sont vaincues militairement, jour après jour, et renvoyées vers la frontière.

>>> Kharkiv, second fiasco de l’armée russe. Cela faisait quelques jours qu’ils tiraient sur les positions de l’armée russe depuis le village de Vilkhivka. Là, les artilleurs ont reçu l’ordre d’avancer. En attendant que leur vieil automoteur d’artillerie 2S7 Malka s’ébranle, cinq soldats se reposent encore un moment à l’ombre de lilas en fleurs et fument des cigarettes. Un volontaire du coin, qui parcourt l’arrière des lignes de front en jeep, leur distribue des boissons énergisantes. Volodymyr s’essuie les mains après avoir accompli des travaux mécaniques. « On va y aller… jusqu’en Crimée ! », s’esclaffe l’artilleur. Pour le moment, il n’est nullement question de Crimée, mais la référence à la péninsule qui a été annexée par la Russie en 2014 en dit long sur le moral des troupes et sur leur détermination à vaincre les forces de Moscou, partout dans le pays. Volodymyr et ses camarades font partie des forces ukrainiennes qui mènent actuellement une contre-offensive sur le front nord-est, autour de la ville de Kharkiv. Reportage


11:44 Le chef du renseignement militaire ukrainien prédit une victoire « avant la fin de l’année »

La victoire de l’Ukraine ne sera « pas facile », mais « elle arrivera », a déclaré Kyrylo Boudanov, chef du renseignement militaire ukrainien, dans un entretien à la chaîne britannique Sky News publié vendredi soir. « Le tournant aura lieu dans la deuxième partie d’août » et « la plupart des opérations militaires seront terminées d’ici à la fin de l’année », prédit-il, en ajoutant qu’à la fin de la guerre l’Ukraine compte rétablir sa souveraineté sur l’ensemble du territoire, comprenant le Donbass et la Crimée.

Ces déclarations sont faites alors que des combats particulièrement violents sévissent dans la région du Donbass, en partie contrôlée depuis 2014 par des séparatistes prorusses, région sur laquelle Moscou se concentre militairement depuis des semaines sans faire d’avancées significatives.

 

10:44 La Russie cesse ses livraisons d’électricité à la Finlande

 

09:34 Des « négociations très difficiles » pour évacuer les blessés de l’usine Azovstal

Selon Kiev, un millier de combattants ukrainiens sont encore retranchés dans un labyrinthe de tunnels datant de l’ère soviétique sous l’usine métallurgique Azovstal, à Marioupol, que les forces russes essaient de reprendre depuis le 3 mai. Femmes, enfants et personnes âgées qui avaient trouvé refuge dans ces souterrains ont tous été évacués au début de mai grâce à une opération coordonnée par les Nations unies et la Croix-Rouge après d’ardues tractations.

Kiev demande à la Russie de permettre l’évacuation des soldats blessés et du personnel médical, mais, selon la vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, les « négociations avec l’ennemi (…) sont très difficiles ». « Nous négocions actuellement [l’exfiltration] de trente-huit combattants gravement blessés. Nous avançons pas à pas. (…) Il n’y a pas de discussions en ce moment pour la libération de cinq cents à six cents personnes ». L’état-major ukrainien a précisé samedi dans son communiqué matinal quotidien que l’armée russe avait continué « le blocus de [ses] unités près de l’usine Azovstal. Il a mené des frappes d’artillerie et aériennes de grande envergure ».

 

 

08:30 L’Ukraine « semble avoir gagné la bataille de Kharkiv », estime un institut américain

L’armée russe apparaît en position de perdre la région de Kharkiv, qui était pourtant l’une de ses cibles  prioritaires. Selon l’Institut américain d’étude de la guerre, « l’Ukraine semble avoir gagné la bataille de Kharkiv ». Ce think tank, qui suit l’avancée des combats au jour le jour, affirme que l’armée russe n’a pas tenté de résister aux contre-attaques ukrainiennes lors de ces derniers jours, et qu’elle se concentre désormais sur « un retrait ordonné » des troupes plutôt qu’un maintien de ses positions, ce que confirme le porte-parole de l’état-major ukrainien : « La principale activité de l’ennemi dans la région de Kharkiv a été le retrait de ses unités de la ville de Kharkiv. »

« La libération progressive de la région de Kharkiv prouve que nous ne laisserons personne à l’ennemi », a affirmé vendredi soir le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dans son message quotidien, annonçant que la reprise de territoires tombés aux mains des Russes se poursuivait. « A la date d’aujourd’hui, 1 015 localités ont été libérées, soit six de plus dans les dernières vingt-quatre heures », a-t-il assuré en précisant que l’eau, l’électricité, les communications et les transports et services publics y ont été rétablis.

Le ministre de la défense ukrainien, Oleksii Reznikov, a évoqué vendredi « un tournant stratégique dans la guerre en faveur de l’Ukraine », tout en estimant que « ce processus va prendre du temps ».

Après l’échec de l’armée russe dans sa conquête de Kiev, marqué par le retrait des troupes positionnées aux portes de la capitale, après cinq semaines de résistance acharnée, la contre-offensive ukrainienne autour de Kharkiv, qui a commencé en avril et s'est accélérée ces dix derniers jours, est un second fiasco majeur pour Moscou. Les défenseurs de la deuxième ville d’Ukraine ont, comme ceux de Kiev, vaillamment résisté aux assauts et à deux mois de bombardements.

 

06:48 La pression russe se maintient

Un porte-parole de l’état-major ukrainien a relevé samedi au petit matin que les Russes n’avaient « pas interrompu leur offensive dans la zone opérationnelle est. L’ennemi continue ses frappes de missiles sur des infrastructures industrielles et ses tirs sur des cibles civiles dans toute l’Ukraine ».

L’état-major lui-même, dans son communiqué matinal quotidien, a rapporté que dans la région de Donetsk l’armée russe avait utilisé « mortiers, artillerie, lance-grenades et moyens aériens pour infliger un maximum de dégâts à l’armée ukrainienne », visant le personnel, des fortifications et des bâtiments.

 

 06:45 


 

>>> Le point sur la situation à 6 h 30

De nombreuses pertes en matériel et en personnel côté russe. C’est ce qu’a annoncé, sur Facebook vendredi soir, Serhi Haïdaï, gouverneur ukrainien de la région de Louhansk : « Il y a des combats nourris à la frontière avec la région de Donetsk, près de Popasna. C’est une horreur, mais ils essaient encore de parvenir à leurs fins. Cela étant, d’après les interceptions [de communications téléphoniques], nous comprenons qu’un bataillon entier a refusé d’attaquer car ils voient ce qui est en train de se passer. » A Marioupol, les négociations seraient « très difficiles » sur le sort des derniers défenseurs de la stratégique ville portuaire.

  • Une armée russe au ralenti, estime Londres. Le ministère de la défense britannique a précisé vendredi que les forces ukrainiennes avaient repoussé « avec succès » une tentative russe pour traverser le cours d’eau près de Sievierodonetsk, occasionnant pour les troupes de Moscou de lourdes pertes. Cette opération illustre « la pression sous laquelle se trouvent les commandants russes pour progresser dans l’est de l’Ukraine », selon le ministère : l’armée russe n’est « pas parvenue à des avancées importantes bien qu’elle y ait concentré ses forces après » avoir renoncé à s’imposer à Kiev.
  • Tensions entre Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron. Le président ukrainien a déclaré à la chaîne italienne Rai que son homologue français s’évertuait à dialoguer avec Moscou. « Il ne faut pas chercher une porte de sortie pour la Russie, et Macron le fait en vain », a-t-il déclaré avant d’ajouter : « Je sais qu’il voulait obtenir des résultats dans la médiation entre la Russie et l’Ukraine, mais il n’en a pas eu. » L’Elysée a réagi : « Le président de la République n’a jamais rien discuté avec Vladimir Poutine sans l’accord du président Zelensky. »
  • Dans une publication sur Facebook, le ministre de la défense ukrainien, Oleksii Reznikov, a déclaré ce matin que son pays entrait « dans une nouvelle et longue phase de guerre ». Pour s’y préparer, Kiev prévoit d’augmenter ses capacités de production d’équipements militaires, et d’être en mesure d’armer un million de citoyens.
  • La Russie va suspendre ses livraisons d’électricité à la Finlande à partir de ce samedi 14 mai 2022, en raison de prétendus « impayés ». La tension monte entre Moscou et Helsinki, qui a annoncé sa volonté d’adhérer « sans délai » à l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) sous l’influence de l’offensive russe en Ukraine. Moscou, qui le voit d’un très mauvais œil, a d’ores et déjà menacé d’une riposte « militaro-technique ». L’opérateur du réseau électrique finlandais a assuré pouvoir se passer des importations de courant venues de Russie.
  • Une région séparatiste de Géorgie va organiser un référendum d’intégration à la Russie. Les autorités de la région séparatiste géorgienne prorusse d’Ossétie du Sud ont annoncé ce vendredi soir que cette consultation se tiendrait le 17 juillet.
  • L’Union européenne (UE) va fournir une assistance militaire supplémentaire de 500 millions d’euros à l’Ukraine pour l’aider à se défendre contre l’envahisseur russe, a déclaré le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell.
  • Selon le ministre des finances ukrainien, Sergii Marchenko, les forces armées ukrainiennes ont dépensé l’équivalent de 8,3 milliards de dollars, soit 245,1 milliards de hryvnia, la monnaie du pays, depuis le début de la guerre. Autre conséquence financière du conflit, le gouvernement n’a pu collecter que 60 % des impôts attendus pour le mois d’avril. Le ministre a déclaré que l’Ukraine avait un besoin urgent d’aide étrangère.

 


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