lundi 13 juin 2022

Lundi 13 juin 2022. Cent-dixième jour de guerre

Lives : Le Monde / RFI

Amnesty International accuse Moscou de crimes de guerre, affirmant que des centaines de civils ont péri dans des attaques incessantes sur Kharkiv. Par ailleurs, l'armée ukrainienne a annoncé avoir abandonné le centre de Sievierodonetsk à la suite d'une nouvelle offensive russe contre cette ville clé.


>>> Les points essentiels :

► Les troupes russes ont chassé l'armée ukrainienne du centre de Sievierodonetsk, ville clé de l'est de l'Ukraine que les deux armées se disputent depuis des semaines, a annoncé lundi l'état-major ukrainien.

► Amnesty International a accusé ce lundi la Russie de crimes de guerre en Ukraine, affirmant que des centaines de civils avaient péri dans des attaques incessantes sur Kharkiv, dont beaucoup ont été menées avec des bombes à fragmentation. 

► Le président français Emmanuel Macron a appelé au renforcement de l'industrie européenne de défense, qui doit être « beaucoup plus forte » à l'aune de besoins militaires accrus avec la guerre en Ukraine, et demandé « une réévaluation » des dépenses militaires françaises.

► La connexion entre la centrale nucléaire ukrainienne de Zaporijjia, au sud de l’Ukraine, sous contrôle des Russes depuis début mars, et l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a été rétablie, a annoncé l'opérateur ukrainien, Energoatom.

La Commission européenne se donne une semaine pour finir l'évaluation de la demande ukrainienne d'adhésion à l'UE.

 

 >>> Si l’aide militaire n’augmente pas rapidement, l’Ukraine craint une défaite à l’Est. Pendant que la Russie progresse dans la région du Donbass, les Etats-Unis et leurs alliés s’apprêtent à discuter de nouvelles livraisons d’armes lourdes à Kiev  Lopinion

 

21:31 Le « coût humain » de la bataille de Sievierodonetsk est « terrifiant », selon Volodymyr Zelensky

Le « coût humain » de la bataille de Sievierodonetsk, ville stratégique de l’est de l’Ukraine, est « terrifiant », a déclaré, lundi, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, alors que les Russes y ont renforcé leur contrôle ces derniers jours, sans toutefois parvenir à prendre entièrement cette localité. « Le coût humain de cette bataille pour nous est très élevé », a-t-il insisté dans son allocution quotidienne aux Ukrainiens diffusée sur Telegram.

 

 

19:39 L’Ukraine affirme avoir perdu un quart de ses terres cultivables du fait de l’occupation russe

La campagne de semis en Ukraine est terminée à 99 %. Selon les prévisions, l’Ukraine devrait pleinement assurer la consommation intérieure de toutes les principales cultures agricoles avec une production de 65 millions de tonnes de céréales, de légumineuses et d’oléagineux, a annoncé, Taras Vysotskiï, le ministre adjoint de l’agriculture.

Il a également affirmé que, « malgré la perte de 25 % des terres cultivables, la structure des cultures semées cette année est plus que suffisante pour assurer la consommation » de la population ukrainienne. Selon lui, « la consommation a également diminué en raison des déplacements massifs [de population] et des migrations externes », hors du pays.

Malgré la perte non négligeable de surfaces désormais aux mains des Russes, « la structure actuelle des surfaces cultivées (…) ne constitue pas une menace pour la sécurité alimentaire de l’Ukraine », a assuré M. Vysotskiï. « Les agriculteurs ukrainiens ont réussi à se préparer relativement bien à l’ensemencement avant le début de la guerre », a-t-il ajouté. « En février, l’Ukraine avait déjà importé environ 70 % des engrais nécessaires, 60 % des produits phytosanitaires et environ un tiers de la quantité de carburant requise » pour l’ensemencement, a-t-il détaillé.

L’occupation russe de plusieurs régions ukrainiennes et le blocus des céréales imposé par la flotte russe de la mer Noire ont toutefois forcé les agriculteurs ukrainiens « à modifier ce qu’ils semaient et la quantité [de semences] », a enfin précisé M. Vysotskiï.

L’Ukraine disposait avant la guerre de plus de trente millions d’hectares de terres cultivables, selon le World Data Center-Ukraine, une ONG internationale. Si les conséquences de l’invasion russe pour le marché intérieur ukrainien semblent limitées selon M. Vysotskiï, l’impossibilité d’exporter les céréales produites en direction de l’étranger fait craindre « un ouragan de famines » dans les mois à venir selon l’ONU.

« Actuellement, entre 20 et 25 millions de tonnes de céréales sont bloquées et cet automne ce chiffre pourrait augmenter à 70-75 millions de tonnes », a alerté, le 6 juin, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dont le pays était le quatrième exportateur mondial de blé et de maïs avant l’invasion russe. Le conflit oppose deux superpuissances céréalières : la Russie et l’Ukraine assurent à elles deux 30 % des exportations mondiales de blé. Il a provoqué une flambée des cours des céréales et des huiles, dont les prix ont dépassé ceux atteints pendant les printemps arabes de 2011 et « les émeutes de la faim » de 2008.


>>> Ukraine : le fiasco diplomatique d’Emmanuel Macron

Le président français se rêvait en faiseur de paix entre Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky. Mais, au fil du temps, son message, ambigu tant envers Moscou qu’envers Kiev, a exaspéré les deux camps, qui multiplient attaques et moqueries contre lui. Lobs

 

16:34 Nouvelle découverte de corps dans une fosse, près de Boutcha

Plusieurs corps ont été découverts lundi dans une nouvelle fosse, près de Boutcha, a annoncé la police de Kiev. « Sept civils ont été torturés par les Russes puis lâchement exécutés d’une balle dans la tête », a écrit Andriï Nebytov, le chef de la police de Kiev, sur Facebook, précisant que « plusieurs victimes avaient les mains liées et les genoux attachés ». « Cette fosse a été découverte aujourd’hui, là où les militaires russes étaient stationnés, près du village de Myrotske », situé respectivement à 10 km au nord-ouest de Boutcha et à 35 km de Kiev sur le même axe, a-t-il ajouté. Le chef de la police de la région de Kiev a ajouté que ses services travaillent « actuellement à l’identification des victimes ».

Après le départ des soldats russes de la région de Kiev et la découverte de centaines de cadavres de civils ukrainiens, Boutcha est devenue le symbole des crimes de guerre imputés à la Russie par l’Ukraine. Moscou a rejeté à plusieurs reprises ces accusations, dénonçant des « falsifications » orchestrées par Kiev avec le soutien des Occidentaux. Fin avril, les corps de trois hommes visiblement torturés et tués par balle avaient été retrouvés, les yeux bandés, dans une fosse à Myrotske, selon la police de Kiev.



13:35 Les Ukrainiens accusent la Russie de voler des ressources industrielles

Les Russes sont accusés par l’Ukraine de voler des minerais et du métal ukrainiens dans les zones occupées. Selon le média ukrainien The Kyiv Independent, les troupes de Kiev basées dans la région de Zaporijia ont rapporté que 54 wagons de marchandises contenant 3 200 tonnes de minerais avaient été « volés » dans une usine de Mala Bilozirka, au nord de la ville de Melitopol.

En mai, les autorités ukrainiennes de la ville de Marioupol avaient également accusé Moscou de voler du métal entreposé dans le port de la ville. Selon l’agence de presse russe TASS, un premier navire est entré fin mai dans le port de Marioupol, sous contrôle des Russes, pour charger du métal et l’acheminer dans l’est de la Russie. Un porte-parole du port avait alors affirmé à l’agence de presse que le navire chargerait 2 700 tonnes de métal, ce que la responsable des droits de l’homme au Parlement ukrainien, Lioudmyla Denissova, a qualifié de « pillage ». TASS a rapporté l’arrivée d’un second navire le 4 juin.

Le grand groupe sidérurgique ukrainien, Metinvest, avait publié un communiqué le 27 mai prévenant que 28 000 tonnes d’acier fabriquées dans ses usines Azovstal et Illitch à Marioupol étaient chargés dans des bateaux coincés dans le port de la ville. « Il existe un risque élevé que l’agresseur utilise ces navires pour voler et faire passer en contrebande des produits métallurgiques appartenant au groupe Metinvest », écrivait le groupe.

Ces accusations s’ajoutent à celles concernant les céréales ukrainiennes. La semaine dernière, le chef de la diplomatie américaine, Antony Blinken, a jugé « crédibles » les informations de Kiev selon lesquelles la Russie « vole » des tonnes de céréales ukrainiennes, « pour les vendre à son propre profit ». Selon le quotidien américain New York Times, Washington avait averti mi-mai 14 pays, principalement en Afrique, que des cargos russes transportaient des « céréales ukrainiennes volées ».



11h50 : Exhumation d'un charnier près de Boutcha, dans la banlieue de Kiev, ce 13 juin

 






11:18 Les Russes contrôlent « plus de 70 % » de Sievierodonetsk

Serhi Haïdaï, gouverneur de la région de Louhansk – dont Sievierodonetsk est le centre administratif – a confirmé que les forces ukrainiennes avaient été repoussées du centre-ville. Selon lui, les Russes contrôlent « plus de 70 % » de la ville. « Les combats de rue se poursuivent (…) les Russes continuent de détruire la ville », a-t-il écrit lundi matin sur Facebook, en publiant des photos d’immeubles en ruines ou en flammes.

Selon lui, des bombardements russes ont notamment visé l’usine chimique Azot, où s’abritent près de 500 civils dont 40 enfants, et touché des stations d’épuration de la ville. « On essaie de négocier un couloir humanitaire » pour les civils d’Azot, mais « pour l’instant sans succès », a-t-il dit dans une interview télévisée postée sur son compte Telegram. Dans la ville voisine de Lyssytchansk, trois civils, dont un garçon de 6 ans, ont péri dans des bombardements au cours des dernières vingt-quatre heures.

Les séparatistes prorusses qui combattent aux côtés des forces de Moscou ont affirmé, de leur côté, que les dernières divisions ukrainiennes restant à Sievierodonetsk y étaient désormais « bloquées », après que le dernier pont qui permettait de gagner la ville voisine de Lyssytchansk a « sauté ». « Les divisions ukrainiennes […] ont deux possibilités […], se rendre ou mourir », a affirmé Edouard Bassourine, porte-parole des séparatistes. Le gouverneur Haïdaï a cependant démenti tout blocage.



10:45 288 enfants tués en Ukraine depuis le début de la guerre

Selon le bureau du procureur général d'Ukraine, cité par le média en ligne The Kyiv Independent, 288 enfants ont été tués en Ukraine depuis le 24 février et 527 ont été blessés depuis le début de l'invasion russe.



07h00 : La Russie a gagné 93 milliards d'euros via ses exportations d'énergies fossiles en 100 jours de guerre

La Russie a engrangé 93 milliards d'euros de revenus tirés de l'exportation d'énergies fossiles durant les 100 premiers jours de sa guerre contre l'Ukraine, dont une majorité vers l'UE, selon le rapport d'un centre de recherche indépendant publié lundi, et qui épingle particulièrement la France. Cette publication du Centre for Research on Energy and Clean Air (CREA), basé en Finlande, survient alors que l'Ukraine presse les Occidentaux de rompre tout commerce avec la Russie pour cesser d'alimenter le trésor de guerre du Kremlin. L'Union européenne a récemment décidé d'un embargo progressif – avec des exceptions – sur ses importations de pétrole. Le gaz russe, dont elle est très dépendante, n'est pour l'instant pas concerné.

Selon le CREA, l'UE a représenté 61% des importations de combustibles fossiles, soit environ 57 milliards d'euros, sur les 100 premiers jours de la guerre (24 février - 3 juin). Les plus gros importateurs ont été la Chine (12,6 milliards d'euros), l'Allemagne (12,1 milliards) et l'Italie (7,8 milliards). Les revenus de la Russie proviennent d'abord de la vente de pétrole brut (46 milliards), suivi par le gaz acheminé par gazoducs (24 milliards), puis les produits pétroliers, le gaz naturel liquéfié (GNL) et enfin le charbon. La manne ne s'est pas tarie, même si les exportations ont reculé en mai et que la Russie est obligée de vendre à prix bradés sur les marchés internationaux. Malgré cette ristourne, le pays a quand même profité de la hausse mondiale des cours de l'énergie. Si certains pays ont fait des efforts importants pour réduire leurs importations (Pologne, Finlande, pays baltes), d'autres ont au contraire augmenté leurs achats : Chine, Inde, Émirats arabes unis ou ... la France, selon le CREA. « Tandis que l'UE envisage des sanctions plus strictes contre la Russie, la France a augmenté ses importations, pour devenir le plus gros acheteur de GNL russe dans le monde », souligne Lauri Myllyvirta, analyste du CREA. Il s'agit d'ailleurs d'achats au comptant et non dans le cadre de contrats de long terme, ce qui signifie que la France a décidé sciemment de recourir à l'énergie russe malgré l'invasion de l'Ukraine, estime le spécialiste. « La France doit aligner ses actes sur ses paroles : si elle soutient véritablement l'Ukraine, elle doit mettre en place immédiatement un embargo sur les énergies fossiles russes et rapidement développer les énergies propres et les solutions d'efficacité énergétique », juge-t-il.





>>> GNL : privés du gaz russe, Shell et Equinor se tournent vers la Tanzanie, TotalEnergies vers le Qatar. En alternatives au gaz russe, trois géants européens de l'énergie, ont récemment signé des accords gaziers avec l'Afrique et le Moyen-Orient. Le britannique Shell et le norvégien Equinor ont signé samedi un accord avec la Tanzanie pour construire des infrastructures de production et d'exportation de gaz naturel liquéfié (GNL). De son côté, le groupe français pétro-gazier, TotalEnergies, a annoncé dimanche un partenariat avec le géant qatari des hydrocarbures QatarEnergy (QE). LaTribune








06h45 : Amnesty accuse la Russie de crimes de guerre en Ukraine

Amnesty International a accusé ce lundi la Russie de crimes de guerre en Ukraine, affirmant que des centaines de civils avaient péri dans des attaques incessantes sur Kharkiv, dont beaucoup ont été menées avec des bombes à fragmentation. Au cours d'une enquête approfondie, l'ONG de défense des droits de l'homme affirme avoir trouvé des preuves montrant que dans sept attaques sur des quartiers de la deuxième ville d'Ukraine, dans le nord-est du pays, les forces russes ont utilisé des bombes à sous-munitions de type 9N210 et 9N235 et des mines à dispersion, deux catégories interdites par des traités internationaux. Intitulé « Tout le monde peut mourir à tout moment », ce rapport montre comment les forces russes ont tué et provoqué d'immenses dégâts en bombardant sans relâche des quartiers résidentiels de Kharkiv depuis le début de l'invasion de l'Ukraine le 24 février.
« Des personnes ont été tuées chez elles et dans la rue, sur des terrains de jeu et dans des cimetières, alors qu'elles faisaient la queue pour obtenir de l'aide humanitaire ou des achats de nourriture et de médicaments », a déclaré Donatella Rovera, chercheuse sur les situations de crise et de conflit au siège d'Amnesty. « L'utilisation répétée d'armes à sous-munitions largement interdites est choquante et témoigne d'un mépris total pour la vie des civils », a-t-elle ajouté. Bien que la Russie ne soit signataire ni de la Convention sur les armes à sous-munitions ni de celle sur les mines antipersonnel, le droit international humanitaire interdit les attaques et l'utilisation d'armes qui, par nature, frappent sans discrimination et constituent un crime de guerre, souligne le rapport d'Amnesty. La justice ukrainienne a ouvert plus de 12 000 enquêtes pour crimes de guerre dans le pays depuis le début de l'invasion russe, selon le parquet. (Amnesty International)





 


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