mardi 14 juin 2022

Mardi 14 juin 2022. Cent-onzième jour de guerre

 Lives ; Lemonde / RFI


 >>> Les points essentiels :

► La Russie a annoncé mardi la mise en place mercredi d'un couloir humanitaire pour l'évacuation, vers une localité sous contrôle russe, des civils se trouvant dans l'usine Azot à Sievierodonetsk où les combats font rage. La veille, les forces ukrainiennes avaient été chassés du centre de cette ville de l'est de l'Ukraine que les deux armées se disputent depuis des semaines.

► Les autorités ukrainiennes affirment que les forces russes ont détruit le dernier pont menant à la ville de Sievierodonetsk, dans l'est du pays, coupant ainsi une voie d'évacuation pour les civils pris au piège dans la bataille pour cette ville clé du cœur industriel de l'Ukraine. Le chef de l'administration de la ville, Oleksandr Striouk, affirme que les canaux de communication vers la ville restent ouverts mais « sont assez compliqués ».

► Amnesty International a accusé la Russie de crimes de guerre en Ukraine, affirmant que des centaines de civils avaient péri dans des attaques incessantes sur Kharkiv, dont beaucoup ont été menées avec des bombes à fragmentation.


>>> L'Ukraine dit résister à Sievierodonetsk, ultimatum russe. Les forces ukrainiennes continuaient mardi de résister à Sievierodonestk, dévastée par les combats dans l'est de l'Ukraine, et s'efforçaient d'en évacuer les civils malgré la destruction par l'armée russe du dernier pont reliant la ville aux zones contrôlées par Kyiv. LaTribune


20h41 Les Occidentaux veulent construire des silos pour aider l’Ukraine à exporter ses céréales, explique Joe Biden

Le président américain, Joe Biden, a dévoilé mardi un plan des Occidentaux pour construire des silos aux frontières de l’Ukraine, afin de faciliter l’exportation des céréales entravées par un blocus russe des ports de la mer Noire qui a provoqué une crise mondiale.

M. Biden a rendu son homologue russe, Vladimir Poutine, dont l’armée a envahi l’Ukraine fin février, responsable des prix élevés de la nourriture aux Etats-Unis et a averti que ce plan visant à installer de nouvelles infrastructures « prenait du temps ». « Je travaille en étroite collaboration avec nos partenaires européens pour mettre sur le marché 20 millions de tonnes de céréales bloquées en Ukraine afin de contribuer à faire baisser les prix des denrées alimentaires », a déclaré le démocrate dans un discours à Philadelphie.

« Ce que la guerre de Poutine a fait, c’est non seulement d’essayer d’anéantir la culture des Ukrainiens, décimer les gens, commettre d’innombrables crimes de guerre, mais il a aussi empêché [de sortir] les céréales, des milliers de tonnes de céréales, qui sont bloquées », a dit M. Biden.

Le président américain a ajouté que des exportations terrestres en remplacement étaient compliquées par le fait que les chemins de fer ukrainiens utilisent un calibre différent de celui des réseaux des pays voisins.

Pour aider à soulager le goulot d’étranglement, « nous allons construire des silos, des silos temporaires, aux frontières de l’Ukraine, y compris en Pologne, afin de pouvoir transférer [les céréales] de ces wagons vers ces silos, vers des wagons en Europe, et les acheminer vers l’océan et à travers le monde », a-t-il dit.

 

 

20h04 : L'issue de la bataille du Donbass « donnera une indication » sur la suite de la guerre avec la Russie affirme Volodymyr Zelensky

La défense par l'armée ukrainienne du Donbass (est), cible prioritaire de Moscou, est « vitale » pour Kiev car son issue « donnera une indication » sur la suite de la guerre avec la Russie, a estimé mardi soir le président ukrainien Volodymyr Zelensky. « Il est vital de rester dans le Donbass. (...) La défense de la région est essentielle pour donner une indication sur celui qui dominera (sur le terrain) dans les semaines à venir », a déclaré M. Zelensky dans son allocution quotidienne aux Ukrainiens diffusée sur Telegram.

 

19h22 : La Suisse soupçonnée de jouer un double jeu avec les sanctions sur le charbon russe

La Suisse joue-t-elle un double jeu dans la guerre en Ukraine ? D’un côté, le pays a troqué sa neutralité historique pour dénoncer l’agression russe et se joindre aux sanctions contre le régime de Vladimir Poutine. De l’autre, Berne traînerait des pieds pour appliquer ces mêmes sanctions pour ne pas froisser les intérêts des oligarques. Avec un exemple, celui du commerce de charbon russe. 



19h06 Le processus d’adhésion à l’OTAN de Helsinki et de Stockholm risque d’être gelé, estime la première ministre finlandaise

La première ministre finlandaise a estimé, mardi, que les demandes d’adhésion à l’OTAN de la Finlande et de la Suède pourraient être gelées si un accord avec la Turquie, qui bloque actuellement leurs candidatures, n’était pas trouvé avant le sommet de l’Alliance à la fin du mois.

Tout accord d’adhésion à l’OTAN doit être approuvé à l’unanimité par ses trente membres. Les deux pays nordiques ont exprimé, à plusieurs reprises, leur surprise face aux objections de la Turquie, affirmant qu’Ankara avait fait part de son soutien à leurs demandes d’adhésion jusqu’à ce qu’ils les soumettent.

« Je pense qu’il est très important d’aller de l’avant, à ce stade. Si nous ne réglons pas ces questions avant Madrid, la situation risque de se figer », a affirmé la première ministre, Sanna Marin, en référence au prochain sommet de l’OTAN à Madrid, qui doit débuter le 28 juin. « Nous ne savons pas pour combien de temps, mais la situation pourrait être gelée pendant un certain temps », a-t-elle poursuivi devant des journalistes lors d’une visite en Suède.

 
 
 

16h54 : L'Ukraine a reçu « environ 10% des armes » qu'elle réclame aux Occidentaux, selon le ministère de la Défense

L'Ukraine a reçu « environ 10% des armes » qu'elle réclame à ses partenaires occidentaux pour lutter sur le terrain face à l'armée russe, a indiqué mardi le ministère de la Défense ukrainien. « Des armes dont nous avons besoin, nous en avons reçu environ 10% », a regretté la vice-ministre de la Défense, Anna Maliar, à la télévision ukrainienne.

« Peu importe les efforts déployés par l'Ukraine, peu importe le professionnalisme de notre armée, sans l'aide de partenaires occidentaux nous ne pourrons pas gagner cette guerre », a plaidé Mme Maliar. Selon elle, « des délais clairs [de livraisons] doivent être fixés », « car chaque jour de retard est un jour de plus contre la vie des soldats ukrainiens, de notre peuple », a-t-elle fait valoir.

 

>>> Hécatombe et manque d’armes sur le front : les Ukrainiens s’inquiètent [l'Europe de l'ouest devrait , elle aussi, s'inquiéter un peu plus ]

Les rangs de l’armée ukrainienne sont décimés par la puissance de feu très supérieure des forces armées russes.

Les autorités ukrainiennes admettent un grave déficit de munitions et de canons, alors que le rythme de conquête russe s’accélère dans le Donbass. Moscou a affirmé dimanche avoir « détruit un grand entrepôt » d’armes fournies par les Occidentaux près de Tchortkiv, dans l’ouest de l’Ukraine, faisant 22 blessés. Les combats s’intensifient dans l’Est. « La situation à Sievierodonetsk est extrêmement difficile », a reconnu le gouverneur ukrainien de la région de Louhansk, Serguiï Gaïdaï. Sur le plan militaire, la Russie « utilise l’artillerie à grande échelle et, malheureusement, a un avantage de 10 contre un », a estimé le commandant en chef de l’armée ukrainienne, Valeri Zaloujny. Article

 

09h11 : La Russie concentre ses efforts sur « la poche de Sievierodonetsk » et a réalisé quelques avancées dans la région de Kharkiv, selon le ministère de la Défense britannique

Dans son point quotidien sur la situation en Ukraine, le ministère de la Défense britannique confirme que « l'effort opérationnel principal de la Russie reste l'assaut contre la poche de Sievierodonetsk, dans le Donbass » et note également qu'elle a « probablement réalisé de petites avancées dans le secteur de Kharkiv pour la première fois depuis plusieurs semaines ».

S'appuyant sur des informations des renseignements, le ministère revient aussi sur l'impact de la guerre en Ukraine sur l'économie russe : 

« Le 10 juin, le premier vice-président de la Commission militaro-industrielle russe a prédit que les dépenses de défense de l'État allaient augmenter de 600 à 700 milliards de roubles (10 à 11,5 milliards d'euros), ce qui pourrait approcher une hausse de 20 % du budget de défense de la Russie, rappelle le rapport. Le financement du gouvernement russe permet de mobiliser lentement la base industrielle de défense du pays pour répondre aux demandes que lui impose la guerre en Ukraine. Toutefois, l'industrie pourrait avoir du mal à répondre à bon nombre de ces exigences, notamment en raison des effets des sanctions et du manque d'expertise. La production russe d'optique de haute qualité et d'électronique de pointe reste vraisemblablement en difficulté et pourrait compromettre ses efforts pour remplacer les équipements perdus en Ukraine. »

 


>>> Face au "chantage" du Kremlin, l'UE se tourne vers Israël pour importer du gaz

… Mais concernant le gaz, l'Union européenne a rappelé à plusieurs reprises [et toujours aussi lamentablement] qu'il n'était, pour l'instant, pas question de cesser les importations venues de Russie. Certains pays, comme l'Allemagne, ont en effet mis en garde contre la récession violente que provoquerait un tel embargo. Qui plus est, des fournisseurs européens comme Eni en Italie ou Engie en France ont répondu favorablement aux exigences du Kremlin d'un paiement des livraisons de gaz en rouble  [ces entreprises-là, elles devraient payer très cher leur aplaventrisme ! Par exemple par un boycot massif de tous les peuples européens. Pour ma part, je souhaite vivement leur faillite !]  via l'ouverture de deux comptes : l'un pour effectuer le règlement en euros (ou dollars), l'autre pour la conversion en roubles. Et si la Commission s'était dite opposée à une telle pratique, elle a finalement autorisé à demi-mots les règlements auprès de Gazprombank faute d'alternatives.

Toutefois, les récentes coupures d'approvisionnement par le géant gazier russe, Gazprom, font planer sur l'Europe, la menace d'un fermeture totale des vannes : les exportations de gaz russe ont déjà chuté de 27,6% entre janvier et mai 2022 par rapport à la même période l'année précédente, a fait savoir Gazprom début juin. À charge pour l'Europe de trouver rapidement d'autres sources d'approvisionnement. LaTribune


 

 

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