mardi 19 juillet 2022

Mardi 19 juillet 2022. Cent-quarante-sixième jour de guerre

 Live LeMonde

>>> Dans la région de Donetsk, le 503ᵉ bataillon de la marine au cœur de la guerre en Ukraine

Envoyés sur les fronts les plus difficiles pour tenir face aux forces armées russes, les soldats de ce bataillon, qui agit comme des forces spéciales, ont essuyé de lourdes pertes humaines et matérielles depuis le début de la guerre en Ukraine. Reportage


20:29 L’Ukraine demande à l’Occident davantage de systèmes d’artillerie de précision

Le ministre de la défense ukrainien a demandé mardi à l’Occident de fournir considérablement plus de systèmes d’artillerie de précision, affirmant qu’ils pourraient « changer la donne sur le champ de bataille » et permettre une contre-offensive face aux soldats russes.

Depuis mi-juin, les Etats-Unis ont livré plusieurs systèmes d’artillerie de précision Himars d’une portée de 80 kilomètres, et doivent en livrer d’autres. « Ces systèmes nous ont permis de détruire une trentaine de postes de commandement et d’entrepôts de stockage de munitions », a déclaré le ministre de la Défense ukrainien Oleksiy Reznikov à l’Atlantic Council. « Pour une contre-offensive efficace, nous aurions besoin d’au moins 100 (Himars), je pense », a-t-il insisté.


18:44 En Ukraine, une prime de 100 dollars pour dénoncer les collaborateurs des Russes

Le gouverneur de l’oblast de Mykolaïv, dans le sud de l’Ukraine, constamment bombardé, a annoncé mardi une prime de 100 dollars pour ceux qui aideront à identifier les collaborateurs des Russes.

Dans un communiqué sur son compte Telegram, le gouverneur, Vitali Kim, invite à fournir les informations sur « ceux qui révèlent aux occupants les lieux de déploiement des troupes ukrainiennes » ou les aident à établir les coordonnées des cibles potentielles de bombardements. « Après des vérifications minutieuses et la confirmation des informations fournies, vous recevrez une prime de 100 dollars », écrit-il.

Le gouverneur a, par ailleurs, rapporté qu’il envisageait de « fermer » la ville de Mykolaïv pour quelques jours afin de neutraliser les traîtres et les collaborateurs des russes. « Nous voulons y mettre un terme. Nous envisageons des mesures concernant le couvre-feu. Nous disposons d’une base de données importante. Nous allons fermer la ville pour quelques jours, nous irons frapper à la porte des mauvaises personnes », a-t-il fait savoir au média Khodorkovsky live.

Ces déclarations interviennent au moment où le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a renvoyé le chef des services spéciaux et la procureure générale en leur reprochant des efforts insuffisants en matière de lutte contre les espions et collaborateurs de Moscou. Plus de 650 enquêtes pour « haute trahison » et « collaboration » avec Moscou visent des collaborateurs du parquet et des forces de l’ordre ukrainiennes, ce qui soulève « des questions très sérieuses » au sujet du travail des deux dirigeants, a souligné le président.

 [NOTE. Concernant les collabos poutinolâtres français - ils sont nombreux- , j'avais déjà, lorsque j'ai commencé le présent blog, établi une liste. Se référer aux tous premiers articles, et à ma lettre aux députés]

 

 

 

Nous, occidentaux ... et les autres :

>>> La solitude de l'Occident. La guerre en Ukraine a accentué la polarisation entre l'Occident et le reste du monde. Ce mois de juillet en apporte encore la confirmation. LesEchos

>>> Big Bang en vue dans la finance : la fragmentation des systèmes de paiement internationaux s'accélère DOSSIER MONDIALISATION- Le ver était déjà dans le fruit depuis l’application des sanctions contre l’Iran, puis la Russie. Mais la guerre en Ukraine et l’exclusion des banques russes du système Swift, sans parler des tensions géopolitiques entre la Chine et les États-Unis, ont accéléré le besoin des États ou des zones monétaires de se protéger en développant leurs propres infrastructures de paiement. Et l’essor des monnaies digitales de banque centrale devrait renforcer ce mouvement de fragmentation du système monétaire mondial, bâti dans les années 1970 pour accompagner la mondialisation de l’économie. LaTribune

[Maintenant qu'on sait le "monde" n'est pas forcément intéressé par les problèmes occidentaux, il faut en prendre acte, s'en souvenir pour l'avenir, pénaliser tous les pays qui soutiennent Poutine, et préférer  systématiquement les pays occidentaux (et le Japon) - que ce soit pour le commerce, le tourisme, la culture, les échanges éducatifs, technologiques, les programmes spatiaux, etc etc]


>>> En Ukraine, la logistique militaire russe perturbée par des missiles américains Himars. Des dizaines de dépôts d’armes russes en zone occupée ukrainienne ont été détruites par des armes de longue portée fournies par Washington. Kiev envisage d’élargir les attaques à la Crimée, cruciale dans le dispositif logistique russe. Lemonde

 

06:10 Ce qu’il faut savoir en ce 146e jour de guerre en Ukraine

  • Six personnes ont été tuées lors d’un bombardement, lundi 18 juillet, sur Toretsk, dans l’est de l’Ukraine. Selon des responsables locaux, un obus a frappé un immeuble d’habitation à Toretsk, une ville d’environ 30 000 habitants dans la région de Donetsk, l’une des deux provinces du Donbass que Moscou cherche à conquérir en totalité.
  • Le sud de l’Ukraine a été bombardé, dans la nuit de dimanche à lundi. Le maire de Mykolaïv, Oleksandr Senkevich, a écrit sur Telegram : « Encore un bombardement massif de Mykolaïv. On entend de puissantes explosions. Environ dix ont été entendues jusqu’à présent. »
  • Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a publié dimanche 17 juillet au soir des décrets limogeant le chef de la puissante agence ukrainienne de sécurité intérieure, le SBU, ainsi que la procureure générale. Dans un message posté sur Telegram, M. Zelensky explique avoir écarté les hauts responsables en raison de la collaboration avec la Russie de nombreux membres de leurs services.
  • Dans le Donbass, dans l’est de l’Ukraine, les forces russes sont « probablement en train de sortir de la pause opérationnelle » qu’elles avaient décrétée il y a huit jours pour se régénérer, affirme l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW). Les troupes de Moscou ont mené « une série d’assauts terrestres », « encore à petite échelle » et « largement infructueux » dans l’oblast de Donetsk, au nord-ouest de Sloviansk, au sud-est de Bakhmout, et au sud-ouest de la ville de Donetsk, énumère-t-il.
  • Les offensives russes dans le Donbass restent « réduites », confirme le ministère de la défense britannique, les combats se concentrant sur Siversk et Bakhmout. Depuis qu’elles ont abandonné, au début de juillet, Lyssytchansk, les troupes ukrainiennes ont « raccourci » leur ligne de défense, ce qui leur permet de « concentrer » leurs forces « contre des attaques russes réduites et a contribué à réduire l’élan de la Russie », constate le ministère de la défense britannique.
  • Il n’existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. L’ONU a recensé près de 5 000 morts confirmés, dont plus de 300 enfants, mais reconnaît que leur nombre véritable est sans doute largement supérieur. Pour la seule ville de Marioupol, dans le Sud-Est, tombée en mai au terme d’un terrible siège, les autorités ukrainiennes évoquaient quelque 20 000 morts. Sur le plan militaire, des sources de sécurité occidentales évoquent désormais entre 15 000 et 20 000 soldats russes tués. Kiev a fait état d’au moins 10 000 morts dans ses troupes. Aucune statistique indépendante n’est disponible.
  • Plus de 6 millions d’Ukrainiens sont déplacés à l’intérieur de leur pays, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). Ils s’ajoutent aux quelque 5,5 millions d’Ukrainiens enregistrés en tant que réfugiés dans d’autres Etats européens depuis le début de l’invasion.



 

>>> Thierry Burkhard

Ce défilé du 14 juillet verra aussi la consécration des thèses du chef d'état-major des armées sur le retour des « guerres à haute intensité ».

Lui qui a popularisé le concept de « guerre de haute intensité », et que l'on a longtemps soupçonné de l'avoir fait surtout pour augmenter le budget des armées, ne pensait sans doute pas que l'actualité lui donnerait aussi vite et autant raison. Sur fond de guerre en Ukraine, le défilé du 14 juillet sera une consécration pour les thèses du chef d'état-major des armées, qui fêtera ses cinquante-sept ans deux semaines plus tard. Le Saint-Cyrien, né à Delle, sur la frontière suisse, prône depuis plusieurs années une révision de la stratégie militaire française, mettant moins l'accent sur les conflits dits « atypiques » liés au terrorisme, et plus sur les affrontements conventionnels qui peuvent opposer de 8.000 à 25.000 hommes. Sur les Champs-Elysées on aura donc un aperçu des nouveaux moyens que cela implique : 6.000 personnes au moins défileront devant le président, 64 avions, 25 hélicoptères, des drones, des blindés et quand même 200 chevaux. Fort du prestige d'avoir commencé sa carrière à la Légion, dans le fameux 2e régiment étranger de parachutistes, et parcouru presque tous les terrains d'engagement de nos troupes, de la Guyane à l'Afghanistan, en passant par plusieurs pays d'Afrique, ce fils d'un enseignant en lycée professionnel devenu récemment Grand Officier de la Légion d'honneur, réputé excellent communicant, est une publicité vivante pour l'armée de terre, qui a eu tendance ces derniers temps à se sentir mal aimée. Une épreuve inédite pour lui l'attend toutefois demain : écouter sans rien laisser paraître de ce qu'il en pense une chanson appelée « France » interprétée par Candice Parise, lauréate de « The Voice ».

LesEchos

 

>>> GUERRE EN UKRAINE : DISCOURS du général Thierry BURKHARD, Chef d’état-major des Armées (4 mai 2022) . à lire ici au format pdf  .

Extrait :

(...) Près de deux mois se sont écoulés depuis le début de l’attaque russe contre l’Ukraine, le 24 février dernier. Après avoir été contrainte de se retirer de la région de Kiev, l’armée russe concentre désormais ses efforts dans le Donbass. Les buts politiques affichés de cette « opération militaire spéciale » ont été revus à la baisse, et la résistance des forces armées ukrainiennes continue.
Bien peu d’entre nous avaient parié sur cette résistance farouche. Les Ukrainiens ont mis en échec une opération « coup de poing », qui visait à provoquer un changement de régime à Kiev. Alors que les combats se poursuivent, ces premières semaines d’affrontement ont d’ores et déjà livré de nombreux enseignements. Ce sont certains d’entre eux que je voudrais aborder ce matin, tant ils me paraissent importants dans l’exercice du métier militaire.
 

Le premier d’entre eux, s’il est évident, n’en est pas moins essentiel : la guerre
de haute intensité est de retour en Europe. 77 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, deux armées s’affrontent avec toute la puissance de leurs capacités : avions, chars, navires, missiles, artillerie, cyber... Vous qui servez la France, vous avez déjà été confrontés, parfois de très près, à la violence de la guerre et des combats. La nouveauté de la situation tient à la proximité géographique : des missiles russes frappent régulièrement l’Ouest de l’Ukraine, à moins de 1500 km de Paris. La guerre est là, plus proche que nous ne l’avons jamais connue. 

Pour nous, militaires français, cela signifie que nous devons nous y préparer. La probabilité d’un engagement majeur a considérablement augmenté et nous devons en tenir compte. Notre préparation et la crédibilité qui en découle doivent nous permettre de gagner la guerre avant la guerre et, si les circonstances l’exigent, d’être prêts à nous engager dans un affrontement de haute intensité.  (ASA)

 


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