mardi 5 juillet 2022

Mardi 5 juillet 2022. Cent-trente-deuzième jour de guerre

 Live Lemonde

>>> Maryna Viazovska, mathématicienne ukrainienne, reçoit la médaille Fields. Professeure à l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, elle est la seconde femme à se voir décerner le prestigieux prix Fields, qui récompense ses travaux sur la meilleure façon d’empiler des sphères.

Le 29e Congrès international des mathématiciens se tient du 6 au 14 juillet, dans un format réduit et principalement en visioconférence, à Helsinki – la tenue de l’événement à Saint-Pétersbourg a été annulée à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. « Il y avait un consensus dans la communauté pour ne pas organiser cette conférence en Russie », rappelle Hugo Duminil-Copin, nouveau lauréat français de la médaille Fields, décernée tous les quatre ans lors de ce congrès et dotée de 15 000 dollars canadiens (11 000 euros environ). Lemonde




>>> Roman Ratushnyi, symbole d’une génération sacrifiée, par Lodewijk Allaert

J’ai appris cette semaine la mort de Roman Ratushnyi (1997-2022), l’un des deux fils de la journaliste et écrivaine Svitlana Povalyaeva.

Lorsque je l’avais rencontrée à Kyiv, en avril dernier, elle m’avait fait part de ses inquiétudes mais aussi de sa détermination à ne pas plier, ne pas sombrer dans le fatalisme : rester digne, toujours et quelles que soient les circonstances.

Roman avait hérité de la force d’âme de sa mère. À 15 ans déjà, il criait à l’injustice sur la place de l’Indépendance, dénonçait poing levé les dérives autoritaires et le recul de la démocratie. Il prenait des coups de matraques et répondait par des coups médiatiques au sein d’une contestation étudiante dont il portait la parole. En marge des manifestations contre Ianoukovytch, il avait ainsi sauvé une zone naturelle des griffes d’un promoteur véreux.

Roman était un jeune activiste charismatique. Il avait une gueule d’ange et un sourire à la Gene Kelly. Il était passionné de photographie, lisait la poésie de Mykhaïl Semenko, avait l’esprit fraternel et un désir profond d’équité. Il incarnait l’idéal ukrainien, la jeunesse, la liberté, avec ardeur et un sens inné de la communication.

Il aurait eu 25 ans ce 5 juillet.   (L’Obs)

 

 


20:35 Environ 350 000 personnes restent à évacuer, selon le gouverneur de la région de Donetsk

Le gouverneur de l’oblast de Donetsk, Pavlo Kyrylenko, estime qu’il reste quelque 350 000 personnes à évacuer dans la région. Une évacuation qu’il juge nécessaire pour sauver des vies et permettre à l’armée ukrainienne de mieux défendre les villes contre l’avancée russe. « Le destin de l’ensemble du pays sera déterminé en fonction de la région de Donetsk », a-t-il déclaré aux journalistes, à Kramatorsk, capitale de la région et siège du quartier général régional de l’armée ukrainienne. « Une fois qu’il y aura moins de gens, nous pourrons nous concentrer davantage sur notre ennemi et accomplir nos tâches principales », a-t-il poursuivi.

Selon les derniers chiffres d’avant-guerre fournis par le portail en ligne allemand Statista, la population totale de l’oblast de Donetsk s’élevait à environ 4,1 millions d’habitants.


18:34 Le Quai d’Orsay confirme la mort d’un deuxième combattant français en Ukraine

Le ministère des affaires étrangères a confirmé, mardi, la mort d’un deuxième combattant français en Ukraine, lors d’un point de presse. « Nous avons appris la triste nouvelle de ce décès. Nous présentons nos condoléances à sa famille », a déclaré le Quai d’Orsay. « L’Ukraine, dans la totalité de son territoire, est une zone de guerre. Dans ce contexte, il est formellement déconseillé de s’y rendre, quel qu’en soit le motif », a-t-il, par ailleurs, rappelé.

RTL avait rapporté qu’un jeune homme âgé de 20 ans, identifié comme Adrien D., avait succombé à ses blessures le 25 juin après avoir été blessé à Kharkiv plus tôt dans le mois. Selon la radio, il aurait été blessé sur le front par le même tir d’artillerie russe qui avait tué Wilfried B., un autre combattant français, dont la mort a été annoncée par le ministère le 3 juin.



16:20 Deux morts dans un bombardement « massif » sur Sloviansk, dans l’est





14:58 Volodymyr Zelensky critique le rôle des armateurs grecs dans le transport de pétrole russe

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a dénoncé mardi le rôle des entreprises grecques dans l’exportation du pétrole russe. « Nous voyons comment les entreprises grecques fournissent quasiment la plus grande flotte de navires pour le transport de pétrole russe », a-t-il déclaré durant un discours en visioconférence, à l’occasion d’un forum économique organisé à Athènes. « Cela arrive justement quand une autre ressource énergétique russe [le gaz] est utilisée comme arme contre l’Europe et contre le budget de chaque famille européenne. Je suis sûr que cela ne correspond pas aux intérêts de l’Europe, de la Grèce ou de l’Ukraine », a ajouté le président ukrainien.

Alors que de nombreuses compagnies maritimes ou pétrolières en Europe et aux Etats-Unis ont arrêté le commerce avec la Russie après son invasion de l’Ukraine, les armateurs grecs, qui contrôlent la majorité de la flotte de l’Union européenne, continuent de transporter du pétrole brut russe.




14:47 Sloviansk subit un bombardement

La ville de Sloviansk, prochaine cible des forces russes dans l’est de l’Ukraine, subit un bombardement « massif », selon son maire. « Sloviansk ! Bombardement massif de la ville. Le centre, le nord. Tout le monde reste à l’abri », a alerté sur Facebook Vadym Liakh, le maire de cette ville de quelque 100 000 habitants avant la guerre. Ces informations n’ont pas pu être vérifiées de manière indépendante par Le Monde.

Les autorités ukrainiennes ont appelé à plusieurs reprises les civils encore à Sloviansk à quitter la région, alors que la ligne de front se trouve désormais à quelques kilomètres après la prise des villes de Sievierodonetsk et de Lyssytchansk par l’armée russe.





12:30 L’Ukraine et ses alliés posent les principes pour guider la reconstruction

L’Ukraine et ses alliés se sont accordés mardi, en Suisse, sur les principes qui devront guider la reconstruction du pays, notamment la lutte contre la corruption et la poursuite des réformes.

Des dizaines de responsables des principaux pays alliés de l’Ukraine dans sa résistance contre Moscou, d’institutions internationales et du secteur privé se sont réunis depuis lundi à Lugano dans le sud du pays alpin, pour redire leur solidarité avec le pays envahi par Moscou et poser les jalons de la reconstruction, qui selon le mot du président ukrainien Volodymyr Zelensky sera une tâche « colossale ».

Denys Chmyhal, son premier ministre, venu à Lugano à la tête d’une importante délégation a estimé lundi qu’il faudra au moins 750 milliards de dolllars pour relever le pays des ruines. « Nous, et vous, avons pris une première étape-clé vers la longue voie qui mène à la reconstruction de l’Ukraine », a affirmé le président de la Confédération helvétique, Ignazio Cassis, après une minute de silence pour les victimes de la guerre. « Notre travail prépare la période d’après la guerre, même si le conflit continue de faire rage », a-t-il insisté devant les représentants de près de 40 Etats et d’une quinzaine d’organisations internationales. « Nous devons rendre tout ce qui a été détruit meilleur que ce ne l’était », a insisté le premier ministre ukrainien.

La déclaration de Lugano dispose que les signataires « s’engagent pleinement à soutenir l’Ukraine tout au long de son parcours » et à le lier à son statut de pays candidat à l’UE et reconnaît que l’Ukraine elle-même devait être aux commandes de la reconstruction. La perspective de l’afflux de milliards de dollars d’aide ont ravivé les inquiétudes sur la corruption, endémique dans le pays. Le document souligne que « le processus de relance doit contribuer à accélérer, approfondir, élargir et réaliser les efforts de réforme et la résilience de l’Ukraine conformément à la voie européenne de l’Ukraine ». « Le processus de rétablissement doit être transparent et responsable devant le peuple ukrainien. » Le texte insiste pour que le processus de relance soit « inclusif et garantisse l’égalité des sexes, et il a appelé à la reconstruction de l’Ukraine de manière » durable.

Le premier ministre a souligné que son pays était impatient d’agir. « Quand nous disons que nous sommes prêts à aller vite, nous voulons vraiment dire vite », a-t-il déclaré. Il a également salué le fait que deux conférences de suivi soient déjà prévues, l’une dirigée par l’UE dans quelques mois, et une nouvelle conférence sur la reconstruction de l’Ukraine l’année prochaine au Royaume-Uni. « Je suis convaincu que dans un an, nous ne parlerons plus d’un projet de plan, mais de résultats, de projets réussis et d’opportunités réalisées », a dit M. Chmyhal.




11:04 Le renseignement britannique fait un point sur la situation

Le ministère de la défense britannique note dans son point quotidien que « la prise relativement rapide par la Russie de Lyssytchansk permet à Moscou d’étendre son contrôle sur la quasi-totalité du territoire de l’oblast de Louhansk et de revendiquer des progrès substantiels par rapport à l’objectif politique qu’elle présentait comme le but initial de la guerre, à savoir la “libération” du Donbass ».





10:28 Kiev exhorte la communauté internationale à réduire l’accès de la Russie au transport maritime

Le ministre des affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kuleba, a exhorté sur Twitter la communauté internationale à réduire l’accès de la Russie au transport maritime.

L’économie russe, tournée vers l’exportation, dépend fortement du transport maritime assuré par des flottes étrangères. J’exhorte les partenaires à restreindre l’accès de la Russie à leurs services et à épuiser la machine de guerre de Poutine. Après tout, ce que la Russie exporte vraiment dans le monde aujourd’hui, c’est la mort, la crise et le mensonge.




09:23 Un ancien du FSB à la tête du gouvernement de la région occupée de Kherson




07:56 Quatre morts en territoire russe lors du bombardement le plus important depuis le début du conflit

Selon le ministère de la défense russe, la ville de Belgorod, qui compte 370 000 habitants, aurait été « sciemment » visée par trois missiles de type Totchka-U porteurs de charges à sous-munitions. Ces missiles auraient été abattus par les défenses antiaériennes russes. « Après la destruction des missiles ukrainiens, les débris de l’un d’entre eux sont tombés sur une maison de la ville », a fait savoir le porte-parole militaire, Igor Konachenkov.

Comme à son habitude, l’armée ukrainienne n’a pas commenté ces accusations, mais des experts militaires, à Kiev, remettaient en cause cette version, évoquant des missiles partis de Russie et abattus par la propre défense antiaérienne russe. A l’appui de cette explication, des explosions entendues dans la région de Kharkiv immédiatement après celles de Belgorod.

Les analystes du Conflict Intelligence Team, organisation fondée par des enquêteurs indépendants russes, évoquent plutôt des tirs ukrainiens ciblant des objectifs militaires, que les systèmes de défense russe auraient détournés de leur trajectoire.

Dans tous les cas, l’événement est gênant, qui ne cadre pas avec l’idée d’une « opération militaire spéciale » qui « se déroule selon les plans », comme l’a encore répété Poutine la semaine passée. A Moscou, les officiels ont évidemment brandi les menaces habituelles de représailles ou de « vengeance », mais sans vraiment s’appesantir. Article






07:37 Oleg Sentsov, le cinéaste soldat qui abat les hélicoptères russes

Engagé dans les forces spéciales, le réalisateur ukrainien, Prix Sakharov 2018, estime qu’il faudra « au moins deux à trois ans pour libérer tous les territoires ukrainiens ». Article




06:38 Ce qu’il faut savoir en ce 132e jour de guerre en Ukraine

  • Lors de son allocution de mardi soir, Volodymyr Zelensky a expliqué avoir besoin de « fonds colossaux » pour aider la population, recontruire les villes et infrastructures détruites par la guerre, mais aussi « préparer les écoles et universités pour une nouvelle année scolaire » et « se préparer pour l’hiver ». Son premier ministre, Denys Chmyhal, en déplacement à la conférence de Lugano, a exposé un plan « estimé à 750 milliards de dollars ».

  • L’Ukraine doit « l’emporter » contre l’invasion russe, a déclaré Boris Johnson à la Chambre des communes. « Notre priorité immédiate est de nous joindre à nos alliés pour faire en sorte que l’Ukraine l’emporte dans sa lutte courageuse contre l’agression de Poutine », rapporte le Guardian. Boris Johnson a, par ailleurs, estimé que le sommet de l’OTAN à Madrid avait « dépassé toutes les attentes dans l’unité et la détermination de l’Alliance à soutenir l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra ».

  • L’état-major des forces armées ukrainiennes a annoncé dimanche soir son retrait de la ville de Lyssytchansk, au cœur de combats acharnés ces dernières semaines, reconnaissant la « supériorité » des troupes russes sur le terrain. La Russie a annoncé, de son côté, la « libération de la “république populaire de Louhansk” ».

  • A Sloviansk, ville d’environ 100 000 habitants avant la guerre, les frappes russes ont fait dimanche six morts, dont une fillette de 9 ans. Les autorités ukrainiennes appellent désormais les habitants à quitter la région, alors que la ligne de front n’est plus qu’à quelques kilomètres.

  • A Siversk, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Lyssytchansk, les forces ukrainiennes semblent vouloir s’appuyer sur une ligne de défense établie entre cette ville et Bakhmout, afin de protéger Sloviansk et Kramatorsk. Les habitants évoquent des bombardements de plus en plus intenses ces derniers jours.

  • Dans son allocution, dimanche soir, Volodymyr Zelensky a tenté de faire bonne figure, insistant sur les autres lignes de front, où Kiev affirme « progresser », dans les régions de Kharkiv ou Kherson. « Un jour viendra où nous dirons la même chose du Donbass », a-t-il assuré.

  • Le Comité international olympique va tripler son aide financière directe aux sportifs ukrainiens, pour qu’ils puissent « hisser haut » leur drapeau lors des Jeux de Paris 2024, puis lors des Jeux d’hiver de 2026, a annoncé dimanche le président du CIO, Thomas Bach. Il a également confirmé l’exclusion des sportifs russes et biélorusses de toutes les manifestations sportives internationales.






 

 

 

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