Live Lemonde
>>> Dans les ruines de Marioupol, la mort fait toujours partie du quotidien RFI
22:51 Plus de 21 000 crimes de guerre commis en Ukraine
Iryna Venediktova, la procureure générale d’Ukraine, affirme que plus de 21 000 crimes de guerre qui auraient été commis par les forces russes font l’objet d’une enquête par les autorités ukrainiennes. Elle affirme que ses services reçoivent quotidiennement des informations sur deux à trois cents crimes de ce type.
>>> L’occupation russe du sud de l’Ukraine entre dans une nouvelle phase. Moscou place ses hommes à des postes clés. Un responsable issu du FSB, les puissants services de sécurité, vient d’être nommé à la tête du gouvernement de la région ukrainienne de Kherson. RFI
20:50 La Lituanie va envoyer un drone de combat à l’Ukraine
La Lituanie a exposé mercredi un drone de combat turc qu’elle s’apprête à envoyer à l’Ukraine pour l’aider à combattre la Russie, après une collecte de 5,9 millions d’euros pour son achat et une mobilisation populaire. « Cette arme sera envoyée à l’Ukraine immédiatement après avoir été présentée au public », a déclaré le ministre de la défense lituanien, Arvydas Anusauskas, lors d’une conférence de presse donnée sur la base aérienne de Siauliai, dans le nord du pays.
Loreta s’est prise en photo avec sa famille devant le drone. « Un seul drone est déjà beaucoup, et c’est ainsi que les petits ruisseaux font les grandes rivières », affirme-t-elle. Fin
mai, à l’appel d’un journaliste, les Lituaniens ont collecté plus de 5
millions d’euros pour cet achat. Touché par le geste des Lituaniens, la
Turquie a décidé de leur offrir le drone. L’argent collecté a donc servi
à acheter des munitions pour l’armer. Cette initiative a
d'ailleurs fait des émules. « Les Ukrainiens ont fait la même chose que
les Lituaniens et ils ont lancé une collecte pour plusieurs Bayraktar et l’entreprise turque a de nouveau offert trois drones à l’Ukraine », raconte le ministre de la Défense, Arvydas Anusauskas. Comme
en Ukraine, la défense aérienne est l’un des points faibles de la
Lituanie. Le budget national de la défense prévoit l’achat des drones de
combat, mais le ministère de la Défense n’a pas révélé si le pays
comptait lui aussi acheter des drones de fabrication turque. RFI
14:03 Siversk, désormais en première ligne du conflit
Le long d’un virage, sur les hauteurs de la ville de l’oblast de Donetsk, distante de quelques kilomètres de la ligne de front, des dizaines de soldats patientent sous un petit bosquet. Ils reviennent des environs de Lyssytchansk, ville voisine tombée aux mains des forces russes dimanche 3 juillet. Cette victoire a acté la perte de contrôle des autorités ukrainiennes sur l’oblast de Louhansk. Depuis lors, les forces russes concentrent leur offensive sur la deuxième région du Donbass, l’oblast de Donetsk. Les villes de Siversk, Bakhmout et Sloviansk sont désormais en première ligne. Mardi 5 juillet dans la soirée, le gouverneur de la région a exhorté ses plus de 350 000 habitants à fuir afin de sauver des vies et de permettre à l’armée ukrainienne de mieux défendre les villes.
13:32 Quelles nations ont le plus aidé l’Ukraine depuis le début de l’invasion russe, en février ? Selon les données de l’Institut Kiel pour l’économie mondiale, au moins 74,33 milliards d’euros ont été dépensés par trente-neuf pays, essentiellement occidentaux.
Très loin devant se trouvent les Etats-Unis, avec près de 43 milliards d’euros depuis la fin du mois de janvier 2022, dont près de 24 milliards en aide militaire (56 % du total). Et ce n’est pas fini. Le 11 mai dernier, la Chambre des représentants américaine validait une nouvelle enveloppe de 40 milliards d’euros – soit l’équivalent du PIB annuel du Cameroun, à titre de comparaison.
Les pays de l’Union européenne ont versé à la fois des aides bilatérales (11,64 milliards d’euros) et des aides communes provenant des fonds de l’Union européenne (11,54 milliards d’euros) – soit un total de 23,18 milliards d’euros.
En valeur absolue, plus un pays est riche, plus il s’est montré généreux envers l’Ukraine. En revanche, lorsque l’on rapporte ces aides au produit intérieur brut, les rapports changent. Les Etats-Unis rétrogradent au 5e rang (0,22 % du PIB), derrière des voisins ou d’anciennes républiques soviétiques amies : l’Estonie est la plus généreuse avec 0,87 % de son PIB en aide à l’Ukraine. Suivent un autre pays balte, la Lettonie (0,73 %), la Pologne (0,49 %) puis la Littuanie (0,31 %). La France est quatorzième, avec 0,08 % de son PIB, toujours selon les données de l’institut allemand Kiel. Lesdécodeurs
>>> La Lettonie, pays frontalier de la Russie, rétablit le service militaire obligatoire . Sur fond de guerre en Ukraine, le gouvernement letton a décidé de rendre obligatoire le service militaire. La mesure entrera en vigueur en 2023 dans ce pays membre de l’Otan OF
>>> « La Russie a cessé d’être un pays que l’on peut traiter normalement »
Ingrida Simonyte, première ministre de la Lituanie, regrette que l’Europe ait joué « l’apaisement », ces dernières années, face à la Russie.
La Russie est un « Etat-voyou », avez-vous tweeté récemment. Si des responsables européens le pensent, peu l’expriment si ouvertement. Les Baltes sont-ils plus lucides ou plus courageux ?
Certaines personnes croient hélas encore que l’on peut changer la façon dont la Russie se comporte en lui parlant gentiment, en essayant de l’entraîner dans un débat démocratique, en la traitant comme si elle était l’une des nôtres, à savoir un pays où l’on doit rendre des comptes à son électorat, expliquer les décisions face à des médias libres et à l’opinion publique. Ce n’est pas à moi de commenter l’attitude de mes collègues européens face à la Russie, je sais juste ce que ma conscience me commande de faire : la Russie a cessé d’être un pays que l’on peut traiter normalement.
Les Lituaniens préviennent depuis des années de la montée des périls. Ne vous a-t-on pas entendus ?
Nous avons eu beaucoup de peine à expliquer que cette aspiration impérialiste de restauration des possessions soviétiques n’avait pas disparu derrière le paravent des relations économiques. De manière générale, l’Occident pensait qu’il pourrait faire entrer n’importe qui dans sa civilisation par la seule grâce de la prospérité du commerce. On se disait que, à force de s’enrichir, les Russes finiraient par demander des libertés. Malheureusement, c’est l’inverse qui s’est produit. Nous avons échoué.
Nous avons mis en garde, en 2008, après l’invasion russe en Géorgie. Et, en 2014, après l’annexion de la Crimée et la première guerre du Donbass. Mais les sanctions [européennes] ont vraiment été symboliques. Ce qui n’a fait qu’aider le régime de Poutine à s’enrichir et à préparer l’invasion de l’Ukraine. Cet apaisement a clairement mené à la situation actuelle. Car, avec la Russie, il ne s’agit jamais seulement de commerce, toujours de géopolitique : un jeu de puissance, avec des chantages. Celui du gaz, actuellement, face à l’Europe.
En appliquant les sanctions européennes, vous avez de facto instauré une forme de blocus de l’enclave russe de Kaliningrad. Le Kremlin vous menace de rétorsions. Etes-vous inquiets ?
Il n’y a pas de blocus ! Seul 1 % du fret qui passe de Russie à Kaliningrad via l’Union européenne par notre territoire est concerné, il s’agit du fer et de l’acier, rien d’autre. Les denrées alimentaires, les médicaments, les meubles et même les appareils ménagers continuent de passer. Les Russes ont toujours menacé tout le monde pour tout et n’importe quoi. Au début de la guerre, ils menaçaient les capitales occidentales qui aident militairement l’Ukraine. S’il fallait réagir à chaque fois que la Russie menace de s’en prendre aux pays baltes ou à un chapelet d’îles suédoises… Ils le font depuis quinze ans. EntretienLemonde
11:20 [Qui sont les « dégénérés » ? ]
L’ex-président russe Medvedev évoque le recours à l’arme nucléaire
L’ex-président russe, Dmitri Medvedev, a évoqué, mercredi, le recours à l’arme nucléaire en excluant par avance l’éventualité de sanctions prises contre Moscou par la justice internationale, à l’heure ou la Cour pénale internationale (CPI) enquête sur des crimes de guerre présumés commis en Ukraine. « L’idée même de châtier un pays qui a le plus grand arsenal nucléaire au monde est absurde en soi. Et cela crée potentiellement une menace pour l’existence de l’humanité », a écrit sur son compte Telegram l’actuel vice-président du puissant Conseil de sécurité russe.
Il s’en est ensuite pris aux Etats-Unis, accusés de vouloir traduire la Russie devant des juridictions internationales, alors que Washington n’avait jamais été puni pour ses guerres menées à travers le monde et qui, selon lui, ont fait 20 millions de morts.
M. Medvedev a été président de 2008 à 2012, lorsque Vladimir Poutine a brièvement quitté le Kremlin, en raison de la limite de mandats présidentiels, pour diriger le gouvernement. Autrefois considéré comme une figure modérée, Dmitri Medvedev, qui a été premier ministre de 2012 à 2020, s’est imposé depuis le début de l’offensive russe en Ukraine comme l’un des détracteurs les plus féroces des pays occidentaux. Désormais abonné aux déclarations fracassantes, il a, par exemple, qualifié les adversaires de la Russie d’« enfoirés » et de « dégénérés ».
La Cour pénale internationale (CPI) enquête actuellement sur les crimes de guerre présumés commis en Ukraine. La Russie nie systématiquement toutes les exactions dont les forces russes sont accusées : bombardements de civils, exécutions sommaires, viols, etc. Et elle accuse en retour l’Ukraine de crimes de guerre.
>>> Energie et économie de guerre :
- En Allemagne, presque la moitié de l'énergie produite est renouvelable. La part de l'électricité produite à partir d'énergie verte a atteint 49 % au premier semestre, soit une hausse de quatre points sur un an. Le gouvernement allemand vient de trouver un accord sur le paquet législatif qui vise à doper cette dynamique. LesEchos
- La France se prépare à une économie de guerre. Le projet de loi sur le pouvoir d'achat comporte un volet « souveraineté énergétique » qui attribue des pouvoirs sans précédent à l'Etat en cas de crise majeure cet hiver. Il prévoit la réquisition des centrales à gaz, le remplissage forcé des stockages, des dérogations pour accélérer l'installation d'un terminal d'importation de GNL au Havre et le redémarrage de la centrale à charbon de Saint-Avold. LesEchos
- Poutine cible l’approvisionnement en gaz du Japon pour durcir la course aux ressources énergétiques. La Russie a décidé, fin juin, de mettre la main sur le site d’exploitation de gaz de Sakhaline-2 et d’exproprier ainsi les coactionnaires japonais Mitsui et Mitsubishi de l’exploitant. Or quelque 10 % des importations de gaz proviennent de cette île. Lemonde
08:49 «Poutine parie sur l’inappétence et la fatigue des sociétés occidentales » Article
>>> Les Russes avancent dans le Donbass et bombardent massivement Sloviansk. Les forces russes ont continué ce mardi d'avancer dans le Donbass, bassin industriel de l'est de l'Ukraine qu'elles veulent finir de conquérir, avec dans le viseur la ville de Sloviansk, cible d'un violent bombardement qui a fait au moins deux morts. RFI
06:51 L’enjeu crucial des stocks de munitions
La guerre en Ukraine offre depuis février le sombre spectacle d’un conflit de haute intensité dans lequel l’artillerie est décisive et dont l’issue pourrait se jouer aussi sur un élément de logistique essentiel : les stocks de munitions.
Particulièrement gourmandes en projectiles de toutes sortes, de la balle de fusil d’assaut à l’obus de 155 mm en passant par le missile de précision, les armées ukrainienne et russe se livrent à une guerre d’attrition des munitions, comme avec soldats et équipements. Objectif : durer plus longtemps que l’ennemi.
« C’est la question du moment », confirme un haut gradé européen qui a requis l’anonymat. « C’est une question de flux et de stocks (…). Ce qui caractérise un conflit de haute intensité, c’est la consommation extrêmement élevée de munitions de tous calibres. »
Concernant les obus, par exemple, selon un rapport de l’institut britannique RUSI, « la Russie tire approximativement 20 000 obus de 152 mm par jour, à comparer à 6 000 pour l’Ukraine ». Mais les protagonistes ne disposent pas des mêmes moyens. La Russie s’appuie sur une production répartie sur son territoire, avec un réseau de communications maîtrisé. L’Ukraine, elle, ne résiste que grâce aux stocks et aux usines des Occidentaux.
>>> A Lugano, un sommet pour bâtir l’après, pendant que les destructions se poursuivent
Plus de 40 pays et des organisations internationales ont paraphé mardi 5 juillet en Suisse un accord posant le cadre de l’effort pour financer le redressement du pays à l’issue du conflit. Article
>>> « Ceux qui ne savent pas creuser, ils meurent ». L’armée russe progresse vers Sloviansk et Siversk pour essayer de prendre le contrôle de la région de Donetsk.
Siversk a le ciel lourd. La ville est quasiment désertée. Des voitures et camions militaires soulèvent des nuages de poussière sur leur passage. Quelques silhouettes fantomatiques longent les murs et traînent sur le bord des chemins. Ici, un cycliste imperturbable pédale le long d’une maison éventrée. Là, un homme de 55 ans, en paraissant trente de plus, traîne un chariot avec deux bidons d’eau. Il revient d’un puits. L’homme à la peau brûlée par le soleil ne partira pas. Il ne sait pas où aller. Reportage
06:20 Ce qu’il faut savoir en ce 133e jour de guerre en Ukraine
Les forces russes continuent de progresser mercredi 6 juillet dans le Donbass, où les habitants de Sloviansk, prochaine cible de Moscou, sont appelés à évacuer face aux intenses bombardements. « Mon principal conseil : évacuez ! », a lancé mardi soir le gouverneur de la région de Donestk, Pavlo Kyrylenko, à l’adresse des habitants de la ville de Sloviansk, ajoutant que « pendant la semaine, il n’y a pas eu un jour sans bombardement ».
Des journalistes de l’Agence France-Presse ont vu des roquettes frapper le marché central de Sloviansk, où elles ont provoqué un incendie, les rues adjacentes ont aussi été touchées. Au moins deux personnes sont mortes. « Une fois encore, les Russes visent intentionnellement des endroits où se rassemblent les civils. C’est du terrorisme pur et simple », a dénoncé le gouverneur Kyrylenko, appelant à évacuer.
Lors de son allocution, lundi soir, Volodymyr Zelensky a expliqué avoir besoin de « fonds colossaux » pour aider la population, reconstruire les villes et les infrastructures détruites par la guerre, mais aussi « préparer les écoles et universités pour une nouvelle année scolaire » et « se préparer pour l’hiver ». Son premier ministre, Denys Chmyhal, en déplacement à la conférence de Lugano, a exposé un plan « estimé à 750 milliards de dollars ».
La conférence de Lugano, planifiée bien avant que la Russie envahisse l’Ukraine, à la fin de février, tente, depuis lundi, de dessiner les contours de la reconstruction de l’Ukraine. Doivent y être posées les bases d’un « plan Marshall » pour l’Ukraine, alors même qu’il n’y a pas de fin en vue à la guerre et que les chiffrages des coûts pour le pays sont encore incertains.
Le Quai d’Orsay va aider à la reconstruction de l’oblast de Tchernihiv selon un communiqué mardi 5 juillet 2022 : « La France, Etat et collectivités locales comprises, concentrera notamment ses efforts de reconstruction sur la région de Tchernihiv, qui a été durement touchée par les bombardements russes pendant les premières semaines de la guerre. La ville de Tchernihiv a des liens anciens établis avec la France. »
L’état-major des forces armées ukrainiennes a annoncé dimanche soir son retrait de la ville de Lyssytchansk, au cœur de combats acharnés lors des dernières semaines, reconnaissant la « supériorité » des troupes russes sur le terrain. La Russie a annoncé, de son côté, la « libération de la “république populaire de Louhansk” ».
A Siversk, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de Lyssytchansk, les forces ukrainiennes semblent vouloir s’appuyer sur une ligne de défense établie entre cette ville et Bakhmout, afin de protéger Sloviansk et Kramatorsk. Les habitants évoquent des bombardements de plus en plus intenses ces derniers jours.






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