jeudi 7 juillet 2022

Jeudi 7 juillet 2022. Cent-trente-quatrième jour de guerre

 Live Lemonde

19:05 Les présidents polonais et lituanien dans la région du « corridor de Suwalki » 

Le président lituanien, Gitanas Nauseda, et son homologue polonais, Andrzej Duda, se sont rendus ensemble dans la région dite du « corridor de Suwalki ». « C’est un endroit fragile » qui risque d’« attirer l’œil de l’agresseur » potentiel, a déclaré à la presse le président, Gitanas Nauseda, lors d’un briefing avec Andrzej Duda. « Il n’y a pas à cacher que, pour cette raison, il est protégé de manière particulière par les forces de l’Alliance atlantique », s’est félicité M. Duda, dans un décor formé par des blindés et des soldats commandés par la Division multinationale nord-est de l’OTAN, dans le cadre de la présence avancée de l’Alliance. Les deux chefs d’Etat ont salué les décisions du dernier sommet de l’OTAN de renforcer sa présence sur le flanc est de l’Alliance, particulièrement inquiets depuis l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou en 2014 et l’invasion russe en Ukraine.

 

18:30 L’Ukraine sur la défensive malgré les lance-roquettes multiples 

 

18:29 La Russie contrôle 22 % des terres agricoles en Ukraine, selon la NASA

 

15:10 Le Kazakhstan veut contourner la Russie pour exporter son pétrole

 

14:46 Le cargo russe Zhibek Zholy, accusé par Kiev d’être chargé de 7 000 tonnes de blé ukrainien volé, est entré dans les eaux territoriales russes après avoir quitté les côtes turques où il était immobilisé depuis vendredi, ont fait savoir deux responsables turcs.

 

14:02 La Finlande amende ses lois pour renforcer sa frontière avec la Russie 

 

13:39 L’Union européenne refuse que le G20 serve de « plate-forme de propagande » pour Moscou

 

12:13 Dans le sud de l’Ukraine, les agriculteurs dépriment ou prennent les armes

La Russie vise délibérément les infrastructures permettant les exportations agricoles. Les exploitants se retrouvent avec leurs moissons sur les bras, ou avec des terrains minés et inexploitables.

 
 

12!02 Un cargo russe transportant du blé quitte les côtes turques

Le cargo russe Zhibek-Zholy, accusé par Kiev d’être chargé de blé ukrainien volé, a quitté la rade du port turc de Karasu, sur la mer Noire, où il était immobilisé depuis vendredi, selon le site Marine Traffic.

« Nous regrettons que [ce navire] qui était rempli de céréales ukrainiennes volées ait été autorisé à quitter le port de Karasu malgré les preuves criminelles présentées aux autorités turques », a commenté le porte-parole du ministère des affaires étrangères ukrainien Oleg Nikolenko sur Twitter. « L’ambassadeur de Turquie à Kiev sera invité au ministère des affaires étrangères ukrainien pour clarifier cette situation inacceptable », a-t-il ajouté. Les Russes avaient nié que le navire était détenu, se contentant de dire qu’il « subissait des procédures standard ».


Le problème de la Chine, alliée de la Russie :

>>> Panneaux solaires : alerte sur l'ultra domination chinoise

Alors que la part de l'énergie photovoltaïque est vouée à s'accroître pour atteindre la neutralité carbone, le niveau de concentration actuel des chaînes d'approvisionnement de la filière photovoltaïque en Chine représente une vulnérabilité considérable selon l'Agence internationale de l'énergie. LesEchos



06:23 Pour la première fois depuis le début du conflit, la Russie n’a pas pris de territoire à l’Ukraine le 6 juillet, note l’ISW



>>> « La Russie doit perdre cette guerre », par Jonathan Littell

Pour l’auteur des « Bienveillantes », si on laisse Vladimir Poutine tirer le moindre profit de la guerre qu’il a déclenchée en Ukraine, on ne fait que préparer la suivante.

Depuis quelque temps, la petite musique délétère monte de tous côtés : les Ukrainiens exagèrent, l’Otan en fait trop, pensons à l’inflation, il faut ménager Poutine. La formulation la plus explicite nous vient de Henry Kissinger [ancien secrétaire d’Etat américain], qui fin mai à Davos affirmait que l’Ukraine devait accepter de céder des territoires ou risquer « une nouvelle guerre [de l’Otan] contre la Russie ». En Allemagne, où le gouvernement d’Olaf Scholz traîne à livrer les armes promises à l’Ukraine, une partie de la classe politique semble clairement penser que la solution à la dépendance énergétique de l’Allemagne vis-à-vis de la Russie n’est pas de s’en affranchir, aussi douloureux que ce soit, mais de fermer les yeux et de revenir doucement à son sinistre confort. Emmanuel Macron, de son côté, n’est pas en reste : « Il ne faut pas humilier la Russie », martelait-il encore juste avant de se rendre enfin à Kyiv [graphie ukrainienne de Kiev].

Quelle erreur que tout cela. Et quel signe de débilité, de manque de vision stratégique, que Vladimir Poutine n’hésitera pas un instant à exploiter par tous les moyens. Déjà, comme l’affirmait récemment un milliardaire russe proche du Kremlin à la journaliste britannique Catherine Belton, Poutine « croit que l’Occident va s’épuiser… et il croit que sur le long terme, il va gagner ». Pour accélérer notre capitulation, il utilise tous les moyens à sa disposition : pression maximale sur le pétrole et le gaz par le biais de coupures savamment orchestrées, déstabilisation dans les Balkans, chantage à la pénurie alimentaire qui tourne rapidement à la catastrophe en Afrique et risque d’entraîner une nouvelle crise des migrants. Sans parler, bien sûr, des menaces nucléaires, qu’il ne cesse d’agiter, comme s’il était réellement prêt, pour prix de ses ambitions et de sa survie personnelle, à entraîner le monde et la Russie avec vers l’extinction. Car une fois passée la surprise initiale de la réponse rapide et coordonnée de l’Occident face à son invasion de l’Ukraine, Poutine mise de nouveau sur le temps long, sur les divisions de l’Europe et surtout sur notre faiblesse et notre incompréhension totale, en Europe occidentale en tout cas, de l’imaginaire impérial russe.

Pour Poutine, comme pour son ministre [des Affaires étrangères] Lavrov, le mensonge est au cœur de sa formation, c’est un outil naturel. Le dialogue, pour lui, ne sert qu’à prendre un avantage et à avancer ses pions, avant de repasser à la force quand il le faut. Une négociation ou un accord – tels les accords de Minsk de 2015 censés mettre fin au conflit du Donbass – n’est qu’un moment servant à geler un gain, jusqu’à ce qu’une ouverture se présente pour faire de nouveaux gains. C’est comme ça que ça fonctionne. Penser, comme le fait Kissinger, qu’on peut revenir au statu quo ante est une aberration. Penser qu’on peut amener Poutine à des négociations de bonne foi, et qu’il respecterait (enfin !) les termes de ses engagements, est ridicule. Si nous n’avions pas été aussi impuissants, aussi timorés, aussi aveugles, si nous avions réarmé l’Ukraine dès 2015 ou placé des troupes de l’Otan sur son territoire, ne serait-ce qu’à titre de formateurs, jamais Poutine – qui ne comprend qu’une seule loi, celle du plus fort – n’aurait risqué cette guerre. Si on lui laisse le moindre profit de celle-ci, on ne fait que préparer la prochaine.

Espérer recoller les morceaux est illusoire

Il faut saluer le revirement, à Kyiv, de Macron et de Scholz, qui ont enfin compris qu’ils ne pouvaient plus continuer à bloquer une candidature ukrainienne à l’Union européenne. En attendant, leurs illusions ou leurs faux espoirs sur Poutine semblent avoir la peau dure. Cela fait des décennies qu’une partie de l’Europe, à commencer par l’Allemagne, a abandonné sa sécurité énergétique aux mains de la Russie, tout en ignorant superbement les avertissements des chercheurs sur le climat et refusant de s’engager dans la transition énergétique. Que de temps perdu, et quelle aubaine pour Moscou.

Depuis le début de la guerre, la Russie a reçu 93 milliards d’euros pour ses exportations de gaz et de pétrole, dont la majorité vers l’Union Européenne. C’est deux fois et demie plus que les 37 milliards d’euros promis par les Etats-Unis à l’Ukraine. Maintenant, nous pleurons parce que le prix à la pompe dépasse les 2 euros, et commençons déjà à chercher une porte de sortie. C’est une honte, c’est un scandale. En Ukraine aussi, l’essence est chère, et les queues devant les stations-service sont sans fin. Mais personne ne s’en plaint. Ce que veulent les Ukrainiens, ce n’est pas une essence moins chère, ce sont des armes et des munitions pour repousser les envahisseurs, libérer leurs villes et reprendre leurs territoires. Et ils ont raison.

Poutine, en envahissant l’Ukraine, a renversé la table de l’ordre mondial post-1945 : espérer recoller les morceaux est illusoire. Face au monde, Poutine et ses acolytes aboient en permanence, c’est leur mode opératoire normal, mais, entre eux, ils observent attentivement la réalité des rapports de force, et en tirent froidement les conséquences. Lorsque les Ukrainiens, par leur résistance acharnée, ont bloqué l’offensive russe sur Kyiv, Poutine a retiré ses troupes, révélant ainsi au monde toute l’horreur infligée par son armée de « libération » aux civils de Boutcha, d’Irpine, de Motyzhyn et de tant d’autres bourgades. Lorsque Mykolaïev, résistant à son tour, a stoppé l’offensive venue de Crimée en direction d’Odessa, Poutine s’est vu forcé de mettre de côté, pour le moment, son ambition de prendre le fameux port.

Maintenant, enfin conscient de la faiblesse de son armée sous-entraînée et minée par la corruption face à des forces ukrainiennes surmotivées et équipées par l’Occident, il concentre toutes ses forces sur le Donbass, déployant son aviation et son artillerie lourde pour raser ville après ville, la seule façon qu’il lui reste de faire la guerre. Là aussi, il doit être stoppé, définitivement, et repoussé. Les promesses américaines et britanniques de fournir des lance-missiles longue portée pour rééquilibrer le rapport de force sont un premier pas dans la bonne direction. Il faut faire plus.

Poutine est un homme qui au XXIe siècle mène une guerre du XXe pour atteindre des objectifs du XIXe. Pour lui, qui se compare maintenant au tsar Pierre le Grand (1672-1725), l’annexion complète de l’Ukraine est une question existentielle, qui n’a rien à voir avec ses rodomontades sur l’Otan. L’Ukraine ne doit plus exister, c’est tout. Et il n’y a aucune concession, aucune ouverture diplomatique, aucun compromis « raisonnable » que nous pouvons lui offrir qui l’empêchera de mener cette ambition à terme, qui serait capable de sauvegarder l’intégrité territoriale, politique et économique ainsi que l’avenir européen de l’Ukraine. Demander aux Ukrainiens d’arrêter les combats, et de négocier un Minsk 3, 4 ou 5, c’est préparer le terrain pour une réinvasion de l’Ukraine dans quelques années, le temps pour Poutine de rebâtir son armée et de refaire ses stocks d’hommes, d’armes et de munitions. Et s’il meurt entretemps, mais que son régime lui survit, son successeur fera de même.

Une clique mafieuse enivrée d’idées messianiques

Emmanuel Macron, le 9 mai à Strasbourg, évoquant d’éventuelles négociations avec la Russie, a fait allusion au traité de Versailles qui, en humiliant l’Allemagne, avait en 1919 « ravagé les chemins de la paix » [à l’issue de la Première Guerre mondiale]. C’est absolument vrai en ce qui concerne la République de Weimar, cette belle expérience démocratique ; mais Macron n’a de toute évidence pas du tout compris le moment historique que nous vivons actuellement. Si 1919 il y a eu, pour Moscou, c’était 1991 [année de la dislocation de l’URSS].

Depuis, comme en Allemagne après l’effondrement de Weimar dans les années 1930, un pouvoir fasciste et revanchiste, et entièrement corrompu de surcroît, s’est durablement installé en Russie, écrasant sa société civile et ses forces vives, captant pour son profit personnel l’intégralité de son économie, et défiant le monde démocratique et l’ordre sur lequel sont fondées notre paix et notre sécurité collective. Aujourd’hui, ce n’est pas 1919, c’est 1939. Et comme avec le Troisième Reich de Hitler, le chemin vers la paix passera à terme par l’effondrement total du régime de Poutine qui, quoi qu’en pense « l’Occident collectif », n’est pas consubstantiel avec la Russie. Seule une Russie libre, démocratique, et dirigée par ses citoyens et non pas par une clique mafieuse enivrée d’idées messianiques, pourra rejoindre le concert des nations et devenir un membre à part entière de la communauté internationale, comme ont pu enfin le faire l’Allemagne et le Japon après 1945.

Pour les Polonais, les pays baltes, les pays d’Europe centrale, c’est une évidence qu’ils martèlent de toute leur force ; les Américains l’ont apparemment enfin compris et œuvrent en ce sens de concert avec les Britanniques ; même les Finlandais et les Suédois, abandonnant du jour au lendemain quatre-vingts ans de neutralité, se réfugient sous le parapluie de l’Otan, y voyant leur seule garantie face à l’emballement fou du régime russe. En Europe de l’Ouest, par contre, nos dirigeants, toujours engoncés dans leurs mythes, leur paresse intellectuelle et la faiblesse morale induite par une trop longue paix, semblent perpétuellement tentés par le compromis. Le compromis est souvent nécessaire ; mais dans cette situation il ne serait qu’une catastrophe pour le rêve européen et jetterait de l’huile sur le feu des ambitions de Poutine. Seule une défaite militaire complète des forces russes en Ukraine pourra ramener un semblant de sécurité sur le continent. Et ce n’est que sur la base d’une telle défaite que l’on pourra discuter avec la Russie, et passer des accords qui ont la moindre chance d’être durables. Sans une victoire claire et nette de l’Ukraine, toute diplomatie ne sera que bavardage, ou capitulation.

« Il ne faut pas humilier la Russie. » Depuis vingt ans, plus on se plie en quatre pour accommoder la Russie ou du moins la ménager, plus Poutine adore clamer qu’on l’humilie, lui qui manie l’humiliation de ses interlocuteurs comme une science. Qu’on continue à entrer dans son petit jeu est étonnant. En réalité, Poutine s’humilie tout seul. En prétendant rejoindre les grands de ce monde sans en respecter les règles les plus élémentaires. En bafouant et violant les droits des gens quand ça lui convient, en Tchétchénie, en Géorgie, en Syrie, en Ukraine maintenant. Et en engageant la guerre avec une armée minable, inepte, archaïque, et de surcroît pillée et affamée par ses généraux. Si vraiment il nous en veut pour ça, nous en veut mortellement, ce n’est pas à nous de présenter nos excuses, mais bien plutôt de lui infliger une bonne leçon et de le renvoyer à la place qui est la sienne, la place qu’il s’est choisie.

L’Obs



>>> Ils étaient enfants et ont été assassinés à Boutcha : nous avons retracé leur martyre Lobs


>>> La peur d’« humilier la Russie », une obsession française qui vient de loin Lobs


>>> A Mykolaïv, «ce n’est pas Poutine qui nous chassera». Sous les bombes depuis cinq mois, les habitants de la ville portuaire, vidée pour moitié de sa population, résistent et prouvent leur résilience, alors que Kyiv préparerait une contre-offensive dans la région. Libération


 

06:06 Le point sur la situation à 6 heures

  • Après sa prise dimanche de Lyssytchansk, l’armée russe clame que la quasi-totalité de la province de Louhansk est entre ses mains, ce que les Ukrainiens continuent de nier. « Il y a toujours des combats dans deux villages », a assuré mercredi son gouverneur, Serhi Haïdaï. Les Russes cherchent maintenant à conquérir la deuxième province du Donbass, celle de Donetsk, pour ainsi occuper l’intégralité de ce bassin minier et industriel. Mais il leur faut pour cela prendre Sloviansk et Kramatorsk, ses deux plus grandes cités, conservées par les Ukrainiens.
  • A Sloviansk, « l’évacuation est en cours », a déclaré le maire Vadym Liakh. « Il reste en ce moment 23 000 habitants » dans cette ville bombardée quotidiennement, qui en comptait environ 110 000 avant le conflit. Le réseau central d’approvisionnement en eau est détruit depuis un mois, et un tiers de la ville se retrouve régulièrement sans électricité. L’armée russe se trouve à une quarantaine de kilomètres. « Il y a, en ce moment, la plus brutale des confrontations, entre Sloviansk et Bakhmout », a résumé, dans son adresse du soir, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
  • Les autorités séparatistes de la « république populaire de Donetsk » ont annoncé, mercredi soir sur Telegram, que deux enfants ont été tués et trois autres blessés, ainsi que trois adultes, par des bombardements ukrainiens qui ont visé Makiïvka.
  • Les Russes bombardent toujours la région de Mykolaïv, au sud, des frappes qui ont provoqué la mort d’au moins deux personnes mardi et mercredi, dénoncent les autorités ukrainiennes.
  • La Lituanie a annoncé mercredi qu’elle s’apprêtait à envoyer à l’Ukraine un drone turc, après une collecte de 5,9 millions d’euros pour son achat et une mobilisation populaire.
  • L’ex-président russe Dmitri Medvedev a évoqué mercredi le recours à l’arme nucléaire, pour mieux exclure toute éventualité de sanctions contre Moscou par la justice internationale, à l’heure où la Cour pénale internationale enquête sur des crimes de guerre présumés commis en Ukraine. « L’idée même de châtier un pays qui a le plus grand arsenal nucléaire du monde est absurde en soi. Et cela crée potentiellement une menace pour l’existence de l’humanité », a écrit sur son compte Telegram l’actuel vice-président du Conseil de sécurité russe.




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