Live Lemonde
22:00 L’Ukraine accuse la Russie d’incendier des champs de céréales
En plein G20 à Bali, alors que le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, s’est adressé à son homologue russe, Sergueï Lavrov, pour exiger que Moscou autorise les expéditions de céréales depuis l’Ukraine, Oleg Nikolenko, porte-parole du ministère des affaires étrangères ukrainien, s’est fendu d’un tweet pour critiquer l’attitude de Moscou.
Il a publié une photo d’un vaste champ de céréales en feu accompagné d’un commentaire : « Les troupes russes ont incendié des champs de céréales dans la fertile région ukrainienne de Zaporijia. Souvenez-vous de cette image chaque fois que les Russes disent qu’ils se soucient de la sécurité alimentaire mondiale. Des millions de personnes à travers le monde seront confrontées à la faim, parce que la Russie a lancé une guerre brutale contre l’Ukraine ».
Se basant sur des images satellites prises le 13 juin par la mission Sentinel-2 de l’Agence spatiale européenne, des chercheurs de la NASA estiment que la Russie contrôle 22 % des terres agricoles ukrainiennes et que la guerre menace les moissons prévues cet été, ce qui pourrait aggraver la crise alimentaire mondiale. « Le grenier du monde est en guerre » et « nous sommes au premier stade d’une crise alimentaire qui va probablement affecter chaque pays et chaque personne dans le monde d’une certaine façon », expliquait jeudi Inbal Becker-Reshef, directrice du Programme sur les récoltes de l’agence spatiale américaine.
>>> Comment l’extrême droite a infiltré les médias [on pourrait aussi dire : Comment la propagande du Kremlin a infiltré les médias]. L’année électorale qui vient de se terminer aura permis à la
rhétorique et aux théories réactionnaires de prospérer, y compris sur
l’audiovisuel public. Une tendance que le nombre inédit de députés RN
devrait accentuer. Article
20:59 Washington va fournir une nouvelle aide militaire de 400 millions de dollars à l’Ukraine
Les Etats-Unis ont annoncé une nouvelle aide militaire à l’Ukraine, qui comprend des lance-roquettes et des obus de précision. Cette aide, d’un montant de 400 millions de dollars (plus de 390 millions d’euros), comprend quatre systèmes de lance-roquettes multiples Himars et des munitions, qui ont déjà permis aux forces ukrainiennes d’attaquer des cibles – telles que des dépôts de munitions – avec des missiles tirés hors de portée de l’artillerie russe, a précisé un haut responsable du Pentagone.
Avec ces Himars, « l’Ukraine a réussi à toucher des cibles russes plus en retrait de la ligne de front et à perturber les opérations d’artillerie russes », a expliqué ce responsable. L’armée ukrainienne disposera au total de douze Himars.
Les Etats-Unis fourniront également un millier d’obus de 155 mm pour des pièces d’artillerie fournies par les alliés occidentaux de Kiev. Ces obus sont « plus efficaces » parce qu’ils sont plus précis et ont un rayon d’action plus important que ceux fournis jusqu’ici, a précisé le responsable du Pentagone. Il n’a pas confirmé si ces munitions étaient des obus téléguidés Excalibur, qui peuvent parcourir plus de 40 kilomètres avant de toucher leur cible avec précision, de fabrication américaine, et déjà livrés par le Canada à l’Ukraine.
« Les Ukrainiens ont besoin de plus d’armes lourdes pour repousser l’agression russe. Avec un nombre suffisant d’obusiers, de canon automoteurs et d’Himars, nos soldats sont capables d’arrêter et de chasser les envahisseurs de notre terre. (…) Nous avons besoin de défenses aériennes et antimissiles pour sauver des milliers de vies », a écrit sur Twitter Andriy Yermak, le chef de cabinet du président ukrainien, Volodymyr Zelensky.
20:45 Le Canada sanctionne le patriarche Kirill [Enfin ! Et l'on se demande pourquoi l'Europe ne fait pas de même avec ce pitre]
Dans le cadre d’une nouvelle salve de mesures en réponse à l’invasion de l’Ukraine, le Canada a sanctionné le patriarche Kirill, chef de l’Eglise orthodoxe russe. Les mesures ont rapidement été dénoncées par Moscou, par le biais de la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, selon qui « les sanctions contre le patriarche n’ont pu être introduites que par des satanistes ».
Le patriarche Kirill, chef des orthodoxes russes depuis 2009, a mis son Eglise au service du président russe, Vladimir Poutine, le qualifiant de « miracle », partageant son ambition d’une Russie conservatrice dominatrice et soutenant l’offensive en Ukraine. Le Royaume-Uni a aussi sanctionné, depuis juin, le patriarche Kirill, âgé de 75 ans, après que l’Union européenne a renoncé à l’inscrire sur sa liste noire.
« Pour contrer la campagne de désinformation du Kremlin, le Canada impose des sanctions contre vingt-neuf agents de désinformation et de propagande parrainés par l’Etat et quinze entités contrôlées ou détenues par le gouvernement russe et participant aux efforts de désinformation », a fait savoir la ministre des affaires étrangères Mélanie Joly, en marge d’une réunion du G20, en Indonésie. Les sanctions visent aussi Sumbatovich Gasparyan, chef du département international du groupe de médias russe RT. Au cours des derniers mois, Ottawa a interdit la diffusion des chaînes de RT au Canada, entraînant des représailles de Moscou, qui a fermé le bureau du média public canadien CBC/Radio-Canada en Russie.
20:36 L’Allemagne et l’Ukraine en désaccord sur une turbine de gazoduc russe
L’Allemagne espère convaincre le Canada de lui restituer une turbine destinée au gazoduc russe Nord Stream pour atténuer la crise énergétique avec la Russie, mais l’Ukraine reproche à Berlin de « se soumettre au chantage du Kremlin ».
Cette turbine est actuellement en maintenance dans des ateliers du groupe allemand Siemens au Canada. Le groupe gazier russe Gazprom avait invoqué ces travaux pour justifier mi-juin une réduction de ses livraisons à l’Allemagne via le gazoduc Nord Stream.
L’Allemagne ne croit pas au motif technique invoqué par Gazprom pour expliquer la baisse des livraisons de gaz, mais considère que le retour de la turbine priverait la Russie d’un prétexte pour prolonger cette fermeture du robinet de gaz, qui menace de dégénérer en crise énergétique majeure.
De son côté, l’Ukraine a instamment prié le Canada de ne pas rendre la turbine. « Nous demandons au Canada de ne pas remettre la turbine de Gazprom à l’Allemagne, mais à l’Ukraine », a écrit jeudi sur sa page Facebook Serguiï Makogon, patron de l’opérateur de transport de gaz OGTSU.
Selon lui, les gazoducs ukrainiens sont capables de transporter un volume suffisant de gaz vers l’Allemagne pour compenser la baisse des livraisons russes. « L’Ukraine peut transporter la totalité du volume de Nord Stream, parce qu’il existe encore le gazoduc inactif Yamal qui passe par la Pologne », argumente M. Makogon. « Nous ne devons pas nous soumettre au chantage du Kremlin », ajoute-t-il.
« Le Canada examine actuellement si la livraison de la turbine enfreint les dispositions relatives aux sanctions », a expliqué vendredi le ministère de l’économie allemand. « Si cela rendait la décision plus facile à prendre pour les Canadiens sur le plan juridique », les Allemands proposent à Ottawa de leur envoyer la turbine plutôt que de la livrer à la Russie.
Le Kremlin a assuré vendredi que « si la turbine revenait après sa réparation, cela permettrait d’augmenter les volumes » livrés via Nord Stream. L’Allemagne craint que Moscou ne coupe totalement les flux de gaz après la maintenance de routine du gazoduc lui-même, qui doit débuter lundi et durer une dizaine de jours.
>>> Avec son nouveau gazoduc, la Bulgarie s'émancipe un peu plus de la Russie. C’est une inauguration qui tombe bien. La Grèce et la Bulgarie ont annoncé ce vendredi 8 juillet la mise en marche d’un gazoduc reliant les deux pays. Un projet qui datait de 2009, et qui, en plein contexte de crise énergétique liée à la guerre en Ukraine, va permettre à Sofia de réduire sa dépendance à Moscou sur le plan énergétique. RFI
14:25 La situation sur le terrain au 135ᵉ jour
- Sur le terrain, la Russie poursuit sa « pause opérationnelle » entamée depuis la prise de la ville stratégique de Lyssytchansk le 3 juillet, qui lui assure le contrôle de Louhansk, une des deux régions du Donbass, affirme l’Institut américain pour l’étude de la guerre (ISW).
- Les bombardements nourris dans l’est se poursuivent. Les frappes russes dans la région de Donetsk ont fait en 24 heures six morts et 21 blessés, a annoncé le gouverneur Pavlo Kyrylenko. L’armée ukrainienne a affirmé avoir repoussé une tentative d’avancée russe près de Sloviansk mais reconnu une progression ennemie au sud de Siversk.
- Dans le nord-est, dans la région de Kharkiv, les bombardements russes ont fait 4 morts et 9 blessés parmi les civils en 24 heures, a dit le gouverneur Oleh Synehoubov. « Les forces russes ont lancé un assaut limité et infructueux au nord de la ville de Kharkiv », selon l’ISW.
- La pression ukrainienne est maintenue sur le sud. « Les forces ukrainiennes ont continué à avancer progressivement dans le sud-ouest du secteur de Kherson », selon le ministère de la défense britannique. La présidence ukrainienne a fait état d’explosions vendredi matin dans la région voisine de Mykolaïv, d’où partent les tentatives de contre-attaque vers Kherson, ville occupée depuis les premiers jours de la guerre.
- Au G20 des chefs de la diplomatie, sur l’île indonésienne de Bali, première rencontre depuis le début de l’invasion entre le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, et le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, ce dernier a boudé les réunions avec ses homologues après un flot de déclarations occidentales condamnant la guerre.
- Le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a sommé la Russie de « laisser sortir les céréales » bloquées dans les ports ukrainiens. Les prix mondiaux des denrées alimentaires, qui ont atteint un sommet en mars en raison de l’invasion de l’Ukraine, poursuivent leur baisse pour le troisième mois consécutif, avec un premier fléchissement du blé, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
- Il n’existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. L’ONU a recensé près de 5 000 morts confirmés, dont plus de 300 enfants, mais reconnaît que le nombre véritable est sans doute largement supérieur. Sur le plan militaire, des sources de sécurité occidentales évoquent désormais de 15 000 à 20 000 soldats russes tués. Les forces ukrainiennes perdent chaque jour une centaine de soldats, selon Kiev. Aucune statistique indépendante n’est disponible.
- Plus de six millions d’Ukrainiens sont déplacés à l’intérieur de leur pays, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et le Haut-Commissariat pour les réfugiés de l’ONU (HCR). Ils s’ajoutent aux quelque 5,5 millions d’Ukrainiens enregistrés comme réfugiés dans d’autres Etats européens depuis le début de l’invasion le 24 février.
11:56 Un opposant russe condamné à sept ans de prison pour avoir dénoncé l’offensive contre l’Ukraine
Un élu municipal moscovite, Alexeï Gorinov, a été condamné à sept ans de prison, vendredi, pour avoir dénoncé l’assaut russe contre l’Ukraine, dans le contexte des mesures de répression destinées à faire taire toute critique portant sur l’offensive décidée par Vladimir Poutine. La juge Olessia Mendeleïeva a reconnu le prévenu de 60 ans coupable d’avoir « disséminé des informations clairement mensongères » sur l’armée russe en usant de ses « fonctions officielles » et de l’avoir fait dans le cadre d’un groupe organisé motivé par la « haine politique ».
06:11 Le point sur la situation à 6 heures
- Vladimir Poutine a défié jeudi les Occidentaux, affirmant, dans un discours prononcé devant les chefs des groupes parlementaires et retransmis à la télévision, que la Russie n’avait « pas encore commencé les choses sérieuses » en Ukraine. « Nous entendons qu’ils veulent nous vaincre sur le champ de bataille. Que dire ? Qu’ils essaient ! », a lancé le maître du Kremlin. « En même temps, nous ne refusons pas les négociations de paix. Mais ceux qui les refusent doivent savoir que plus longtemps [ils refuseront], plus il leur sera difficile de négocier avec nous », a-t-il ajouté.
- Le porte-parole du ministère russe de la défense, Igor Konachenkov, a annoncé, le 7 juillet, que les forces russes en Ukraine faisaient une pause pour « retrouver leurs capacités de combat ». M. Konachenkov n’a pas précisé la durée prévue de cette pause opérationnelle qui ne signifie nullement l’arrêt des combats.
- Sur le terrain, l’heure n’était pas à la négociation jeudi mais aux attaques des villes encore aux mains des Ukrainiens. A Kramatorsk, dans la région de Donetsk, un bombardement dans le centre-ville a tué un civil et en a blessé six. L’Ukraine dément que la Russie contrôle 100 % de l’oblast de Louhansk, dont le gouverneur, Serhi Haïdaï, accuse les Russes d’enrôler de force et de brutaliser les habitants des villes de Sievierodonetsk et Lyssytchansk.
- Au nord, dans la région de Kharkiv, des bombardements russes ont tué trois civils et fait cinq blessés, tandis qu’une offensive limitée échouait aux portes de la ville. Dans le Sud, les Russes bombardent toujours la région de Mykolaïv et les combats font rage autour de la ville de Kherson, qu’ils occupent depuis les premiers jours de la guerre mais doivent faire face, selon Kiev, à des contre-attaques ukrainiennes.
- L’armée ukrainienne a enfin affirmé jeudi avoir repris pied sur l’île des Serpents en mer Noire, après y avoir remis son drapeau quelques jours plus tôt, à la suite du retrait des forces russes de cet îlot stratégique placé en face de l’embouchure du Danube. Moscou a affirmé y avoir procédé, dans la matinée, à une frappe, tuant des soldats ukrainiens et mettant en fuite les survivants. Des affirmations impossibles à vérifier de source indépendante.
- En Indonésie, une rencontre des ministres des affaires étrangères du G20 a commencé, jeudi, sur l’île de Bali, en présence de la Russie et des alliés occidentaux de l’Ukraine. La sécurité alimentaire mondiale et la volatilité des prix de l’énergie entraînées par la guerre seront au programme. L’Union européenne a prévenu qu’elle refusait que la Russie se serve de ce G20 comme d’« une plate-forme pour sa propagande » sur le conflit en Ukraine.




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