Live Lemonde
19:00 « Le Sénat, et nombre d’autres Parlements nationaux, seront à vos côtés dans les mois à venir », a assuré Gérard Larcher à Kiev
En visite à Kiev, le président du Sénat, Gérard Larcher (Les Républicains), a plaidé samedi devant le Parlement ukrainien pour que le pays obtienne « sans tarder les fruits concrets » de son statut de candidat à l’Union européenne (UE). Les vingt-sept membres de l’Union ont accepté la candidature de l’Ukraine le 23 juin. « Nous sommes fiers que cela ait pu advenir sous la présidence française de l’Union européenne », a déclaré le responsable devant un hémicycle où avaient été déployés des drapeaux français et européens.
« Je suis reconnaissant pour le soutien de la France à la souveraineté ukrainienne et à l’intégrité territoriale, ainsi que pour l’aide importante de notre armée et de notre peuple en cette période difficile », a écrit le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, sur Telegram.L’Ukraine ainsi que la Moldavie ont vu s’ouvrir devant elles, de façon irrépressible, un destin européen. Le Sénat et nombre d’autres Parlements nationaux seront à vos côtés dans les mois à venir, pour faire vivre ce statut de candidat et pour que d’ici la décision d’adhésion, votre pays et votre peuple recueillent sans tarder les fruits concrets de votre arrimage à l’Union européenne. (…) Nous sommes, et nous continuerons d’être à vos côtés et de vous aider autant de temps qu’il est nécessaire, dans la durée, à tous les niveaux, y compris militaire. L’Ukraine doit sans tarder pouvoir se défendre à parité d’armement avec son agresseur.
18:22 Un premier groupe de soldats ukrainiens est arrivé au Royaume-Uni pour y être entraîné
Dans le cadre du soutien de Londres à Kiev depuis l’invasion russe en Ukraine, un premier groupe de soldats ukrainiens est arrivé au Royaume-Uni pour y être entraîné, a annoncé samedi le gouvernement britannique. Grâce à « l’expertise » de l’armée britannique, « nous aiderons l’Ukraine à reconstruire ses forces et à intensifier sa résistance pour défendre la souveraineté de son pays et son droit de choisir son propre avenir », a déclaré dans un communiqué le ministre britannique de la défense, Ben Wallace, qui a assisté à des entraînements cette semaine.
Selon le ministère de la défense, 1 050 militaires britanniques sont mobilisés sur ce programme, qui se déroule sur des sites militaires dans le nord-ouest, le sud-ouest et le sud-est du Royaume-Uni.
16:42 Deux morts dans la ville de Kryvy Rih, selon le gouverneur de la région orientale de Dnipro
Des missiles russes ont tué deux personnes et en ont blessé trois autres samedi dans la ville de Kryvy Rih, dans le sud de l’Ukraine, selon les autorités régionales. « Ils ont délibérément ciblé des zones résidentielles », a déclaré Valentyn Reznitchenko, le chef de l’administration régionale de Dnipropetrovsk, sur Telegram. Le maire de Kryvy Rih, Oleksandr Vilkoul, a affirmé sur Facebook que des armes à sous-munitions avaient été utilisées et a exhorté les habitants à ne pas s’approcher d’objets inconnus dans les rues.
13:54 Les Etats-Unis promettent 360 millions de dollars supplémentaires à l’Ukraine
En marge de sa rencontre avec le ministre des affaires étrangères chinois sur l’île indonésienne de Bali, le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, a annoncé l’octroi de 360 millions de dollars à l’Ukraine. Cette nouvelle aide vise notamment à faciliter l’acheminement de nourriture, d’eau potable et de soins de santé d’urgence.
M. Blinken a par ailleurs commenté le départ anticipé du ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, de la réunion ministérielle du G20 qui s’est tenue la veille, en Indonésie. « Il y avait un fort consensus et la Russie a été laissée isolée, comme elle l’a été à de nombreuses reprises depuis le début de cette guerre », a déclaré le chef de la diplomatie américaine. « En fait, le ministre des affaires étrangères, M. Lavrov, a quitté la réunion plus tôt que prévu, peut-être parce que ce message avait été si clair et retentissant », a-t-il supposé.
13:46 Un officiel ukrainien affirme que les forces russes détruisent « délibérément » les cultures dans la région de Kherson
Le porte-parole de l’administration de la région d’Odessa, Serhi Bratchouk, a partagé sur Telegram des photos prises par la police locale montrant des champs brûlés, expliquant :
En raison de tirs d’obus incendiaires, des incendies à grande échelle se produisent chaque jour dans les champs et dans les forêts de toute la région. Les troupes russes ne permettent par ailleurs pas aux habitants d’éteindre les incendies. Ils détruisent les greniers à céréales et le matériel.
12:08 « Là où il leur est difficile d’avancer, [les forces russes] créent un véritable enfer, en bombardant les territoires à l’horizon », selon gouverneur de Louhansk
Le gouverneur de Louhansk, Serhi Haïdaï, a déclaré sur Telegram que les Russes visaient la région de Donetsk de leurs bases dans la région de Louhansk :
Nous tentons de contenir leurs formations armées le long de la ligne de front. Ils ne cessent de tenter de pénétrer dans la région voisine, attaquant à partir de plusieurs de leurs bases. Là où il leur est difficile d’avancer, ils créent un véritable enfer, en bombardant tous les territoires à l’horizon. Par conséquent, le danger est présent partout – de Kreminna à Popasna.
Selon le gouverneur, cette nuit, les forces russes ont tiré huit obus d’artillerie, trois obus de mortier et lancé neuf tirs de roquettes.
11:53 L’Ukraine restaure ses ports à l’embouchure du delta du Danube pour exporter ses céréales
Avant la guerre, les ports fluviaux ukrainiens sur le Danube étaient rarement utilisés. Certains avaient même été laissés à l’abandon. Mais, depuis la prise de contrôle russe des ports ukrainiens de la mer Noire, Kiev tente de ressusciter ses anciens ports fluviaux afin d’éviter le blocus maritime russe et d’accélérer ses exportations de blé.
Le port fluvial de Reni, qui était l’un des plus importants de la région du Danube pendant l’Union soviétique et un passage vers la Roumanie, « n’avait pas du tout été utilisé dernièrement. Nous travaillons désormais à son expansion, aux côtés d’autres ports fluviaux, pour augmenter notre capacité [d’exportation]. A l’heure où nous parlons, plus de cent soixante navires attendent, en mer Noire, d’entrer dans le canal de Sulina, mais ils ne peuvent pas le faire car la capacité de ce canal n’est que de cinq ou six navires par jour », affirme Alla Stoyanova, cheffe du département de la politique agricole de la région d’Odessa, au quotidien britannique The Guardian.
07:18 Adrien Dugay-Leyoudec, deuxième combattant français tué en Ukraine, parti défendre une « cause juste »
Les parents d’Adrien Dugay-Leyoudec ont hésité à s’exprimer publiquement. Leur fils est l’un des tout premiers Français à s’être engagés dans la Légion internationale pour la défense territoriale de l’Ukraine. Le jeune homme a intégré cette armée de volontaires étrangers le 1er mars, cinq jours après le début de l’invasion du pays par la Russie.
Blessé le 1er juin par une frappe d’artillerie russe dans la région de Kharkiv, il est mort le 25 juin, après vingt-cinq jours de coma, à l’âge de 20 ans. C’est le deuxième combattant français mort en Ukraine, après Wilfried Blériot, 32 ans, tué le 1er juin dans la même région.
La crainte qu’il soit dépeint comme un « gamin perdu qui se serait monté la tête » incite aujourd’hui ses parents à sortir du silence. Ils ont souhaité raconter au Monde qui était leur fils, un garçon « complexe, déterminé, débrouillard, pétri de culture, mais fâché avec l’école », et les raisons qui l’ont poussé à aller en Ukraine avec son frère cadet, Charles, 19 ans.
06:33 Ce qu’il faut savoir ce samedi matin
- La vice-première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk, a appelé, vendredi, les habitants des zones occupées par l’armée russe dans les régions de Kherson, dans le sud du pays, et de Zaporijia, dans le centre-est, à partir le plus vite possible en prévision de combats acharnés. « Il y aura d’énormes batailles », dit-elle, précisant que l’armée ukrainienne cherchait à libérer ces régions.
- Malgré une « pause opérationnelle », l’armée russe poursuit ses bombardements « incessants » sur la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine, a affirmé, vendredi soir, le gouverneur régional, Pavlo Kyrylenko. Plus tôt dans la journée, il avait fait état d’un bilan de six morts et vingt et un blessés en vingt-quatre heures à cause des frappes sur la région.
- Selon M. Krylenko, l’armée russe a par ailleurs commencé à incendier les cultures : « Il y a des incendies massifs dans les champs, qui sont intentionnellement causés par l’ennemi. Ils essaient de détruire les récoltes par tous les moyens. Ils bombardent les machines agricoles, les moissonneuses… », a-t-il accusé.
- Dans la région de Kharkiv (nord-est), la deuxième ville du pays, les bombardements russes ont fait quatre morts et neuf blessés parmi les civils en vingt-quatre heures, a affirmé le gouverneur, Oleh Synehoubov.
- Vendredi, les participants à une réunion ministérielle du G20, en Indonésie, ont « exprimé leurs profondes inquiétudes à propos des conséquences humanitaires de la guerre » en Ukraine. Si le G20 n’a pas unanimement condamné l’invasion russe, les Occidentaux ont estimé néanmoins avoir réussi à élargir le front contre la Russie et à lui attribuer clairement la responsabilité de la guerre et des crises énergétique et alimentaire mondiales qu’elle a suscitées.
- Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a quitté dès la mi-journée la rencontre, à laquelle assistait également son homologue américain, Antony Blinken. C’est la première fois depuis le début de la guerre, en février, que les deux hommes étaient réunis, mais le secrétaire d’Etat américain a refusé de rencontrer son homologue russe séparément.
- Une nouvelle aide militaire américaine d’un montant de 400 millions de dollars, qui comprend quatre systèmes de lance-roquettes multiples Himars et des obus de 155 millimètres, a été annoncée par le Pentagone. Elle vise à améliorer les capacités ukrainiennes à cibler des dépôts d’armes et la chaîne d’approvisionnement de l’armée russe.
>>> La vérité, pilier ébranlé de la démocratie
L’idée que le personnel politique serait incapable d’accéder à la vérité et enclin à la dissimuler n’est pas nouvelle. Jamais, pourtant, elle n’a été aussi répandue. La question des liens entre la politique et le vrai interroge depuis toujours la philosophie. Retour sur cette longue histoire, à l’heure de la « post-vérité ».
L’adéquation entre une proposition et la réalité des faits, ce que nous appelons communément « la vérité », a connu de meilleurs jours, notamment sur la scène politique internationale. Il suffit, pour s’en persuader, de regarder autour de soi.
A l’est, quatre mois après le début de l’invasion de l’Ukraine par les troupes russes, l’offensive informationnelle du régime de Vladimir Poutine est menée dans de nombreuses directions : contre-vérités grossières énoncées par le gouvernement, répression massive de toute expression de vérités autres que celle portée par le pouvoir, réécriture de l’histoire… Cet encadrement répressif et propagandiste de la sphère publique russe répond à une accélération de la stratégie, engagée de longue date par le régime, d’établissement d’une vérité d’Etat. Résultat de cette entreprise aux accents totalitaires – sans que cette analyse suffise (encore) à faire du poutinisme un totalitarisme : le lien entre le discours et la réalité se distend inexorablement. Lemonde




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