vendredi 15 juillet 2022

Vendredi 15 juillet 2022. Cent-quarante-deuxième jour de guerre

 Live Lemonde du 15/07/2022

 17:57 L'essentiel

  • Les séparatistes prorusses du Louhansk, l’un des deux territoires composant le Donbass, désormais entièrement sous le contrôle de Moscou, affirmaient jeudi contrôler Siversk, à une trentaine de kilomètres de Sloviansk, ce que le ministère de la défense britannique a dit n’avoir pu vérifier.
  • Les troupes de Moscou sont, par ailleurs, toujours en pause opérationnelle. Après s’être massivement investies pour conquérir Sievierodonetsk, Lyssytchansk et le Louhansk, elle se réapprovisionnent avant un probable prochain assaut.
  • A Vinnytsia, une ville très éloignée des lignes de front, à l’ouest de Kiev, le dernier bilan d’un bombardement russe était jeudi soir de 23 morts, 29 disparus, 71 personnes hospitalisées et plus d’une centaine de blessés soignés sur place, selon les secours ukrainiens.
  • Le Britannique Paul Urey, capturé en avril par des forces russes ou prorusses, est mort en détention le 10 juillet, ont annoncé vendredi les autorités séparatistes, qui le qualifient de mercenaire. L’ONG britannique, Presidium Network, avait annoncé à la fin d’avril que deux travailleurs humanitaires, dont Paul Urey, avaient été capturés dans le sud de l’Ukraine, alors qu’ils cherchaient à évacuer une femme et deux enfants.
  • Le ministère de la défense russe a dit vendredi qu’un « document final » serait prêt sous peu pour permettre l’exportation de céréales d’Ukraine, après des négociations impliquant Moscou, Kiev, Ankara et l’Organisation des Nations unies (ONU).
  • L’Union européenne va viser les exportations d’or russe dans son prochain train de sanctions, comme l’avaient décidé les pays du G7 à la fin de juin, a annoncé vendredi à l’Agence France-Presse le commissaire européen Maros Sefcovic.
  • Il n’existe aucun bilan global des victimes civiles du conflit. L’ONU a recensé près de 5 000 morts confirmés, dont plus de 300 enfants, mais reconnaît que leur nombre véritable est sans doute largement supérieur.
  • Sur le plan militaire, des sources de sécurité occidentales évoquent désormais de 15 000 à 20 000 soldats russes tués. Les forces ukrainiennes perdent chaque jour une centaine de soldats, selon Kiev. Aucune statistique indépendante n’est disponible.
  • Plus de six millions d’Ukrainiens sont déplacés à l’intérieur de leur pays, selon l’Organisation internationale pour les migrations et le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU. Ils s’ajoutent aux quelque 5,5 millions d’Ukrainiens enregistrés en tant que réfugiés dans d’autres Etats européens depuis le début de l’invasion russe, le 24 février.

 

 
18:31 Kiev répond à Viktor Orban, qui juge que Bruxelles « a commis une erreur » en sanctionnant la Russie

L’Ukraine a réagi aux propos du premier ministre hongrois, Viktor Orban, qui a critiqué plus tôt dans la journée les sanctions prises par l’Union européenne contre Moscou, soulignant que ces sanctions avaient été décrétées en réponse à l’agression russe.

« Les sanctions permettent de tenir l’Etat agresseur responsable de ses crimes, et d’affaiblir aussi ses capacités à poursuivre la guerre », a déclaré le porte-parole du ministère des affaires étrangères ukrainien, Oleg Nikolenko.

« Ce ne sont pas les sanctions qui tuent l’économie européenne, mais la guerre hybride [que mène] la Russie », a-t-il écrit sur les réseaux sociaux.

18:25 L’UE renforce ses sanctions contre la Russie et se prépare à un hiver difficile

Face à la perspective d’une guerre longue, l’Union européenne (UE) renforce ses sanctions contre Moscou et met en place des mesures pour poursuivre son soutien militaire à l’Ukraine et faire face à une rupture des fournitures de gaz russe, dont plusieurs pays membres sont très dépendants.

Ces priorités seront au cœur d’une série de réunions européennes la semaine prochaine. La Commission européenne a proposé, vendredi, d’interdire les achats d’or à la Russie pour aligner les sanctions de l’UE sur celles de ses partenaires du G7.

Le chef de la diplomatie, Josep Borrell, va, pour sa part, proposer d’inscrire de nouvelles personnalités russes sur la liste noire de l’UE. « Moscou doit continuer à payer le prix fort pour son agression », a soutenu la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, après avoir transmis les nouvelles mesures aux Vingt-Sept.

Les ministres des affaires étrangères vont avoir une première discussion sur ces sanctions lundi à Bruxelles, mais aucune décision n’est attendue au cours de leur réunion, a précisé un haut fonctionnaire européen.

Le plus important acheteur d’or russe est le Royaume-Uni, avec 290 tonnes en 2020 pour un montant de 16,9 milliards de dollars, selon les indications des douanes russes. Mais la décision de l’UE ne sera pas symbolique, car « cela permettra de couper un autre robinet de financement de la guerre de Poutine en Ukraine », a expliqué le haut fonctionnaire européen.

Les ministres doivent, par ailleurs, débloquer une cinquième tranche de 500 millions d’euros de la Facilité européenne pour la paix, pour financer les équipements militaires et les armes fournies à l’Ukraine, selon des diplomates européens. Plusieurs Etats membres doivent encore obtenir l’aval de leurs parlements pour accorder les financements de ce fonds créé hors du budget européen. L’unanimité est requise.

L’UE aura ainsi débloqué depuis le début du conflit 2,5 milliards d’euros sur les 5,7 milliards de la dotation de cette facilité.

 

08:59 Augmentation du nombre des enterrements dans les zones contrôlées par les Russes en Ukraine

 >>> L'Ukraine reçoit sa première livraison de lance-roquettes MLRS M270 RFI

>>> L’armée russe tente par tous les moyens de recruter de nouveaux soldats RFI

>>> En Ukraine, la colère règne, après la frappe de missile russe qui a touché jeudi le centre-ville de Vinnytsia,dans le centre du pays. Les secours décomptent désormais 23 civils tués et plus de cent blessés, alors que plusieurs dizaines de personnes sont encore portées disparus. RFI

 

 

 

06:20 Ce qu’il faut savoir en ce 142ᵉ jour de guerre en Ukraine
  • Des frappes russes sur Vinnytsia, une ville du centre de l’Ukraine, ont fait au moins 23 morts jeudi 14 juillet. Les images publiées par le service d’Etat pour les situations d’urgence ukrainien montraient des dizaines de carcasses de voitures calcinées et un immeuble d’une dizaine d’étages ravagé par l’explosion et l’incendie ayant suivi dans cette ville de 370 000 habitants, située bien à l’ouest de la capitale Kiev, loin des lignes de front. L’attaque a fait près d’une centaine de blessés.
  • « Cette journée démontre une nouvelle fois que la Russie doit être reconnue officiellement comme un Etat terroriste. (…) Aucun autre pays au monde ne se permet de détruire chaque jour des villes paisibles et des vies humaines ordinaires avec des missiles de croisière et de l’artillerie », a déclaré jeudi soir le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, soulignant qu’un centre médical avait été détruit. Il a précisé que trois enfants de moins de 10 ans figuraient parmi les 23 morts, « et ce n’est malheureusement pas le nombre final » car « des dizaines de personnes sont portées disparues » et il y a des « blessés très graves ».
  • Dans un communiqué publié jeudi soir, le haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, et le commissaire européen à la gestion des crises, Janez Lenarcic, déclarent que « l’Union européenne condamne avec la plus grande fermeté la poursuite des attaques aveugles contre des bâtiments civils, notamment des hôpitaux, des écoles et des abris » à Vinnytsia.
  • Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, est « atterré » par le nombre de victimes civiles à Vinnytsia. Il « condamne toute attaque contre des civils ou des infrastructures civiles et réitère son appel à désigner les responsables de ces violations » du droit international, a rapporté son porte-parole.
  • D’après l’agence de presse russe d’Etat TASS, citant Vitali Kiselev, un responsable de la « république populaire de Louhansk », des forces russes et séparatistes sont entrées dans Siversk, dans la région ukrainienne de Donetsk. D’après lui, la ville pourrait tomber dans quelques jours, sans qu’il soit possible de vérifier, pour l’heure, ces affirmations.
  • Le gouverneur de l’oblast de Donetsk, Pavlo Kyrylenko, fait état, ce jeudi matin, « d’un mort et de cinq blessés » à Bakhmout, après, selon lui, un bombardement russe sur cette zone de l’est de l’Ukraine.
  • Le bilan du bombardement russe, dimanche, d’un immeuble d’habitation à Tchassiv Yar, dans l’est de l’Ukraine, a été réévalué à quarante-huit morts au moins, dont un enfant, a déclaré le président de l’Ukraine, Volodymyr Zelensky, mercredi soir, qualifiant cette attaque comme l’une des plus « brutales de toute la guerre ».
  • La Corée du Nord a officiellement reconnu les deux régions séparatistes prorusses de l’est de l’Ukraine, Donetsk et Louhansk, comme étant des pays indépendants, a rapporté, jeudi matin, un média d’Etat nord-coréen. Kiev a annoncé rompre ses relations diplomatiques avec Pyongyang.
  • Le ministre des affaires étrangères ukrainien, Dmytro Kuleba, a exclu, mercredi, de céder des territoires à la Russie, dans le cadre d’un éventuel accord de paix, tout en précisant qu’aucune négociation de paix n’était en cours entre Moscou et Kiev.

 

 

 

>>> Le massacre de Vinnytsia et l’augmentation des frappes meurtrières sur des zones civiles. Les tirs de missiles russes sur les zones éloignées des fronts se multiplient, provoquant les condamnations des Occidentaux. 

La vidéo a été prise à 9 h 38, au retour d’une séance chez l’orthophoniste. Elle montre une petite fille rigolarde et insouciante, à peine plus haute que sa poussette, aux côtés de sa mère, souriante. Deux heures plus tard, une photo du corps mutilé de Liza, 4 ans, reconnaissable à son pantalon blanc, sa petite veste en jean et ses baskets bleues, non loin d’un pied arraché, faisait le tour des réseaux sociaux et devenait le symbole de cette nouvelle journée d’horreur en Ukraine. La mère de la fillette, elle, est à l’hôpital dans un état grave.

Vinnytsia a été frappée par des missiles russes, jeudi 14 juillet. Les vidéos montrent un spectacle devenu récurrent depuis bientôt cinq mois de guerre : une épaisse fumée noire dans le ciel, des bâtiments carbonisés et des sauveteurs évacuant corps et blessés au milieu de passants affolés. La ville de plus de 370 000 habitants, située à 268 kilomètres au sud-ouest de Kiev, faisait figure de zone sûre pour des dizaines de milliers de déplacés ukrainiens ayant fui les régions exposées aux combats.

Selon les autorités locales, une clinique médicale, des magasins, des bureaux et 36 immeubles résidentiels ont été touchés ou détruits par deux missiles de croisière Kalibr tirés depuis un navire russe en mer Noire. Le gouverneur de la région de Vinnytsia, Serhiy Borzov, a déclaré que les défenses aériennes ukrainiennes avaient abattu deux des quatre missiles. Un peu moins de vingt-quatre heures après le bombardement, le bilan est lourd. Les autorités ukrainiennes affirment qu’au moins 23 personnes, dont trois enfants de moins de 10 ans, ont été tuées.

Plus d’une centaine ont été blessées, dont 66 hospitalisées. Parmi elles, cinq sont dans un état critique et 34 gravement blessées. Pour le moment, selon le chef de la police nationale, seuls six corps ont pu être identifiés. Trente-neuf personnes sont toujours portées disparues. Depuis plusieurs semaines, les frappes russes sur des zones civiles se font de plus en plus meurtrières. La ville de Krementchouk, au centre du pays, semblait aussi se trouver en zone sûre jusqu’à ce qu’une frappe russe vise un centre commercial, le 27 juin, faisant plus d’une vingtaine de morts.

« Etat terroriste »

Dans la nuit du 30 juin, un immeuble résidentiel de la région d’Odessa a été ravagé par des tirs de missiles, qui ont tué 21 personnes. Dimanche 10 juillet, dans l’oblast de Donetsk, un bombardement sur un immeuble de la ville de Chasiv Yar a fait 48 morts, selon le dernier décompte des autorités. La Russie, comme à son habitude depuis le début de la guerre, répète qu’elle ne visait pas de cibles civiles. « La Russie ne frappe que des cibles militaires en Ukraine. La frappe sur Vinnytsia a visé une résidence d’officiers, où des préparatifs des forces armées ukrainiennes étaient en cours », a déclaré Evgeny Varganov, membre de la mission permanente de la Russie auprès des Nations unies (ONU).

... Lemonde

 

 

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