Cette plainte fait suite aux révélations du Monde et de l’ONG Global Witness publiées en août, selon lesquelles TotalEnergies était actionnaire à hauteur de 49 % du gisement de gaz de Termokarstovoïe, en Sibérie. Le gisement produit un condensat de gaz stabilisé dans une usine de transformation qui ravitaille elle-même une raffinerie … Et c’est cette dernière qui vend du kérosène à l’armée de l’air russe. Elle approvisionne en particulier deux bases militaires, à Morozovskaïa et à Malchevo, chacune abritant un escadron d’avions de combat multirôle. Ces unités sont accusées par les ONG Amnesty International et Human Rights Watch d’avoir frappé la population civile ukrainienne.

« Comme notre enquête l’a révélé, il s’agit de questions extrêmement graves et nous nous félicitons de toute avancée permettant d’établir les responsabilités » a fait savoir Global Witness vendredi matin.

Le groupe français a d’abord pris ses distances en niant toute responsabilité opérationnelle dans l’exploitation du gisement de gaz et dans la chaîne d’approvisionnement. Puis il a affirmé, quelques jours plus tard, que son condensat n’était destiné qu’à l’exportation : il aurait été transformé dans la même usine que celui destiné à l’armée de l’air russe, certes, mais séparément. TotalEnergies avait finalement annoncé, à la fin août, la cession de ses parts dans le gisement de gaz de Termokarstovoïe, selon un accord qui aurait été conclu avant les révélations, le 18 juillet.

Lemonde