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AOUT2017. Pourquoi la France veut-elle coopérer avec l’Allemagne
pour développer un nouvel avion de combat? Opex360
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JUIL2015. Le premier char de combat franco-allemand
L’Allemagne
et la France lancent l’« Airbus du char d’assaut »
Le
fabricant public français d’armements terrestres Nexter et son
homologue privé allemand KMW ont entériné leur fusion mercredi
29 juillet, pour exister dans un marché dominé par les
Américains et les Britanniques.
Un
« Airbus du char d’assaut » est né. Le fabricant
public français d’armements terrestres Nexter et son homologue
privé allemand Krauss-Maffei Wegmann (KMW) ont entériné leur
fusion mercredi 29 juillet, créant le numéro deux européen de
l’industrie de défense.
Cette
opération marque un tournant historique pour Nexter, l’héritier
du Groupement industriel des armements terrestres (Giat), lui-même
issu du rassemblement des arsenaux nationaux. En s’alliant avec son
ancien concurrent d’outre-Rhin, le fabricant des chars Leclerc
espère prendre une dimension internationale.
« Cela
fait vingt ans que l’on attend cette fusion. Nexter était une
entreprise en sursis, commente Jean-Pierre Maulny, directeur
adjoint de l’institut de recherche Iris, spécialiste des questions
de défense. Les deux entreprises ont initié le processus de
rapprochement. Les gouvernements ont suivi. »
Une
entité qui pèse 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires
La
nouvelle entité, pour l’instant baptisée Kant (« KMW and
Nexter Together »), représente un chiffre d’affaires de
près 2 milliards d’euros, employant quelque 6 000
salariés. L’État français et la famille Bode-Wegmann,
propriétaire de KMW, détiendront chacun 50 % des actifs. Le
siège de la holding commune se trouvera à Amsterdam, aux Pays-Bas,
mais les têtes opérationnelles resteront à Versailles et Munich.
L’objectif :
pouvoir concurrencer les autres poids lourds du marché, l’américain
General Dynamics, le britannique BAE Systems, et l’allemand
Rheinmetall Defence. « C’est l’union de deux
entreprises d’importance plutôt moyenne qui veulent exister dans
le secteur, résume Yannick Quéau, chercheur associé au centre
de recherche Grip. Cette association permet d’élargir les
capacités de financement en fonds propres de la recherche et du
développement. C’est le nœud du problème : être innovant pour
être compétitif. »
Bientôt
le premier char de combat franco-allemand
Les
chars de combat développés par Nexter et KMW, respectivement le
char Leclerc et le Leopard 2, ont été conçus durant la guerre
froide. Le contexte géopolitique a depuis changé, et les moyens
technologiques sont devenus plus performants. « Des
programmes communs vont être lancés pour remplacer ces
modèles », souligne Jean-Pierre Maulny, ouvrant la
voie au premier char de combat franco-allemand.
Le
marché de l’armement terrestre a « pris un tournant
il y a cinq ans, explique Yannick Quéau. La crise de 2008 a
incité les gouvernements à revoir leurs dépenses militaires. La
guerre d’Afghanistan s’est aussi terminée. Et certains pays,
dont la Turquie et le Brésil, ont commencé à concevoir leurs
propres chars. »
Dans
ce contexte de plus en plus concurrentiel, avec une tendance à la
baisse des commandes des États, difficile de jouer sa partition en
solo : KMW et Nexter se sont unis pour atteindre une taille
critique, et devenir un acteur majeur.
L’industrie
de l’armement, propice aux unions
Ce
n’est pas la première fois que des entreprises européennes
d’armement joignent leurs forces. MBDA, le leader européen de la
construction de missiles et de systèmes de missiles, est né en 2001
de la volonté commune des Français, Allemands, Britanniques et
Italiens. Deux ans plus tôt, Berlin et Paris avaient avalisé la
création d’EADS, aujourd’hui Airbus Group, qui produit notamment
des avions militaires et des hélicoptères.
Les
négociations peuvent aussi parfois échouer. Français, Hollandais,
Britanniques et Allemands ne s’étaient pas entendus il y a plus de
quinze ans pour développer une gamme commune de véhicules
utilitaires blindés. Bis repetita en 2012, au moment des tractions
entre EADS et BAE Systems. Le gouvernement allemand a coupé court à
l’ambitieux projet de fusion.
L’opposition
allemande sur la réserve
Si
Paris et Berlin ont donné leur consentement au mariage entre Nexter
et KMW, l’opposition outre-Rhin a émis des doutes. Des députés
craignent que Paris ne vende des produits à des pays avec lesquels
elle refuse de commercer, comme l’Arabie saoudite. « Tout
ce qui est développé et fabriqué dans des usines allemandes avec
de la technologie allemande devra être soumis à autorisation » de
Berlin, assure-t-on au ministère allemand de l’économie.
Le
« mariage » sera effectif après la publication de la loi
Macron, qui autorise la privatisation de Nexter, et du décret
correspondant. Il faudra aussi obtenir le feu vert des autorités de
la concurrence de plusieurs pays. Ce qui ne devrait pas poser de
grosses difficultés, le marché des armements terrestres étant très
fragmenté.
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Deux
traditions d’armements terrestres
Les
armements terrestres désignent une vaste panoplie d’équipements
militaires : chars de combat, transports blindés de troupes ou de
logistique, véhicules légers, artillerie, fusils et armes de poing,
munitions, et aussi l’électronique qui accompagne le matériel.
Nexter
est l’héritier d’une longue tradition française d’armement,
en succédant à Giat Industries en 2006, qui regroupait des arsenaux
nationaux dont certains équipaient l’armée royale d’armes à
feu. Si certaines manufactures ont fermé leurs portes depuis, comme
à Saint-Étienne et à Tarbes, Nexter continue notamment d’exploiter
le site de Roanne, construit durant la Première Guerre mondiale.
Krauss-Maffei
Wegmann existe sous cette forme depuis 1999. En 1930, deux
entreprises basées à Munich, Maffei et Krauss, spécialistes de la
fabrication de locomotives, unissent leurs forces, et commencent à
produire leurs premiers équipements militaires, à l’aube de la
Seconde Guerre mondiale. Elle conçoit dans les années 1960 son
premier tank, le Leopard 1. La branche défense de Maffei-Krauss
fusionne avec Wegmann en 1999.
Alexis
Hontang
La Croix
La Croix
>>> JUIL2015. Français et Allemands créent l'Airbus du char d'assaut LeMonde
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La France et l'Allemagne aussi doivent tirer les leçons que
les élections apportent, les unes après les autres. Toujours les
mêmes. Les présidentielles autrichiennes le confirment (après
celles en Allemagne, où Merkel a été mise en échec, après
régionales et les départementales en France, après les européennes
de 2014) : 1/ Il faut une nouvelle génération d'homme
politique qui apporterait de la fraîcheur, du dynamisme, de
l'audace ; 2/ il faut que l'Europe se charge du problème de
l'immigration. Si le Royaume-Uni sort de l'UE, ce sera parce que
l'UE n'aura pas combattu efficacement l'immigration. L'immigration
était déjà le problème numéro 1 pour l'ensemble des pays de l'UE
, avant même le chômage. Si l'UE ne parvient pas à résoudre ce
problème, il ne faudra guère s'étonner que les populations
européennes se détournent de l'UE et se tournent vers le
nationalisme. Ce qui serait catastrophique pour le futur.
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Les préoccupations des pays d'Europe centrale et de l'est sont aussi
celles des populations d'Europe de l'ouest. La question de l'identité
européenne a hélas été ignorée par les représentants de
l'UE, ces dernières années. Elle est pourtant fondamentale si l'on
veut que les européens adhèrent à l'idée d'une construction
européenne. L'Europe des marchés, c'est bien - à condition qu'il
soit régulé - . Mais ça ne fait rêver personne ; l'Europe
"multiculturelle", ça ne fait rêver personne non plus,
bien au contraire. Espérons que nos gouvernants le comprennent.
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Pourquoi le moteur franco-allemand n’avance plus
Pour
relancer le couple franco-allemand, les experts Josef Janning et
Manuel Lafont Rapnouil proposent trois voies : repenser la
question des réfugiés, clarifier la position de l’Europe sur
Bachar Al-Assad et donner à l’Union européenne une direction plus
claire
L’Allemagne
comme la France a le sentiment de n’avoir pas été avare d’efforts
l’une envers l’autre. Et pourtant, le moteur franco-allemand est
au point mort et la construction européenne en paie le prix.
L’Europe
est aujourd’hui confrontée à plusieurs défis simultanés.
L’Allemagne est à l’épicentre de la crise des réfugiés, avec
plus d’un million d’entrées en 2015. Aussi Berlin
cherche-t-il à organiser une réponse collective européenne et
attend de ses partenaires qu’ils fassent preuve de solidarité. Le
terrorisme a frappé la France deux fois l’an dernier. Paris aussi
cherche à organiser une réponse collective européenne et attend de
même de ses partenaires des gestes de solidarité.
Dans
un cas comme dans l’autre, un soutien réciproque plus déterminé
pourrait probablement changer la dynamique actuelle. La solidarité
et la coopération seraient alors ramenées au centre de la politique
européenne. Mais le moteur franco-allemand a non seulement déçu
les attentes, mais manqué une occasion de donner le ton en Europe.
Les
diplomates français comme allemands affirment qu’ils ne ménagent
pas leurs efforts pour garantir une coopération franco-allemande à
la hauteur de ces défis. L’Allemagne a par exemple répondu avec
force à la demande française de solidarité militaire après les
attentats du 13 novembre. Le Parlement a autorisé, à la
demande du gouvernement, un déploiement militaire significatif sous
casques bleus au Mali – la mission onusienne la plus dangereuse du
moment. Il a aussi autorisé l’envoi de plus de 1 000
formateurs en Irak, mais aussi d’avions de reconnaissance et de
ravitaillement pour les frappes alliées conduites dans le cadre de
la lutte contre l’organisation Etat islamique. Il a encore placé
une frégate sous commandement français pour protéger le groupe
naval du porte-avions Charles de Gaulle.
Ces
décisions interviennent alors que l’Allemagne reste réticente à
un engagement militaire, et que la France se plaint du manque
d’engagement des Européens pour assurer leur sécurité à
l’extérieur. Leur plein effet est toutefois resté limité,
puisque cette solidarité ne s’est inscrite dans aucune démarche
européenne plus large.
Le
gouvernement français dispose d’un argumentaire similaire. Paris a
significativement fait évoluer sa position jusqu’à soutenir de
façon décisive l’idée de quotas de réfugiés. Depuis, malgré
ses désaccords et ses contraintes intérieures, il n’a jamais fait
obstacle aux initiatives de Berlin. Au contraire, il a poussé des
mesures-clés comme la création de « hotspots » ou le
renforcement du contrôle des frontières extérieures par Frontex.
Il a aussi affiché l’unité franco-allemande avec une initiative
commune pour soutenir la Grèce, malgré les négociations secrètes
de Berlin avec Ankara. Il a enfin annoncé l’accélération de son
effort pour accueillir sur son sol le quota de 30 000 réfugiés
qu’il a accepté.
Vu
d’Allemagne, cet engagement bienvenu n’est toutefois pas à la
hauteur des défis actuels. Et quand le premier ministre Manuel Valls
a confirmé à Munich l’engagement de la France à remplir son
quota, ce message a été éclipsé par son refus explicite de la
moindre hausse de ce dernier. Cette déclaration est intervenue à un
moment où Berlin négociait son accord avec Ankara, et surtout à un
moment où, pour la première fois depuis la réunification,
l’Allemagne avait un besoin d’une solidarité européenne
inébranlable tant pour faire face à la crise des réfugiés que
pour sortir du piège intérieur tendu par cette crise.
Côté
français, le déni ne change rien au fait que la réponse de Paris
n’est pas à la hauteur des attentes de Berlin. La France semble
craindre, entre autres, que le fait qu’accueillir plus de réfugiés
alimente la poussée populiste actuelle. Il faut surtout craindre
qu’in fine, le populisme sorte plus renforcé encore avec une
solidarité européenne absente et un échec collectif à apporter
une réponse efficace aux crises en cours.
Que
faire alors ? Un compromis plus approfondi entre les deux pays
est nécessaire. Ce compromis ne naîtra pas de la coïncidence de
nos intérêts et de nos préférences, mais de la décision de
surmonter nos différences pour proposer une approche collective en
Europe. La voie habituelle pour une meilleure coopération
franco-allemande est de travailler pour l’intérêt collectif
européen, en tout cas tel que défini par Paris et Berlin, plutôt
que de chercher un compromis sur la base d’intérêts étroits.
Dans cet esprit, les deux gouvernements pourraient travailler à
établir leur leadership conjoint sur les trois fronts suivants.
D’abord,
sur la crise des réfugiés, l’Allemagne pourrait sans doute se
satisfaire des engagements actuels de la France si Paris s’impliquait
plus clairement pour trouver une solution sur d’autres volets :
augmenter davantage sa contribution au contrôle des frontières
extérieures, faciliter le soutien financier européen aux pays qui
accueillent des réfugiés… Avec l’Allemagne, la France pourrait
augmenter et réorienter son aide humanitaire vers les voisins de la
Syrie, et mobiliser davantage leurs partenaires non-européens pour
appuyer le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR) et ses opérations
de réinstallation. Si l’accord avec la Turquie échoue, Paris
devrait travailler avec Berlin à un plan B plus activement. Les
institutions européennes à Bruxelles, à commencer par la
Commission européenne, verraient aussi d’un bon œil une telle
attitude.
Ensuite,
même un tel effort renforcé ne réglera pas la crise des réfugiés
sans une action à sa source. Or jusqu’à présent, les Européens
se sont imposés autour de la table dans les efforts diplomatiques
pour régler la crise en Syrie, mais sans plan commun. Et les
Américains pas plus que les Russes ne semblent disposés à les
attendre. La réponse européenne ne peut se réduire à des frappes
aériennes ou des propositions de corridors humanitaires. L’occasion
représentée par le cessez-le-feu doit être saisie beaucoup plus
fermement. Berlin et Paris peuvent clarifier leur position sur le
rôle d’Assad pour promouvoir une stratégie sur l’instauration
et la mise en œuvre de la transition qu’ils appellent de leurs
vœux. Les intérêts européens dans le règlement de la crise ne
seront pris en compte que si les Européens trouvent une approche
commune.
Enfin,
l’Allemagne et la France doivent redonner à l’UE une direction
plus claire. Paris et Berlin ont maintenu leur unité pendant les
négociations sur le Brexit, et ainsi préservé la possibilité
d’une relance de l’intégration politique et économique. Mais
une vision plus proactive que cette approche essentiellement
défensive est nécessaire pour que les citoyens reprennent confiance
dans le projet européen. Rien sans doute n’aura lieu avant les
élections nationales en France et en Allemagne, respectivement en
mai et septembre 2017. Mais des idées devraient être mises sur
la table et débattues sans attendre. Si les électeurs britanniques
devaient décider de rester dans l’Union, le Royaume-Uni n’en
resterait pas moins une force de statu quo. L’Allemagne et la
France devraient alors pousser pour une intégration approfondie de
la zone euro, le cas échéant par des arrangements séparés. En cas
de Brexit, il leur faudra agir ensemble contre les conséquences
centrifuges en approfondissant leur coopération et en invitant
d’autres à les rejoindre.
Croire
que l’Allemagne et la France peuvent régler seules tous les
problèmes européens serait illusoire. Mais leur solidarité
insuffisante et leur manque de vision partagée tirent le tapis sous
les pieds de l’Union à un moment de grandes tensions et de défis
décisifs.
Josef
Janning est co-directeur du Bureau de Berlin du think tank European
Council on Foreign Relations (ECFR) et Manuel Lafont Rapnouil est
directeur du Bureau de Paris de l’ECFR.
>>>
Il n’y aura pas de défense européenne crédible à moyen terme
sans une base franco-allemande solide.» FondationRobertSchuman
(entretien
avec le général de corps d'armée Jean-Paul Perruche)
Forces armées de l'Union européenne
Les forces armées de l'Union européenne
comprennent les forces armées des 28 États membres de l'Union
européenne car la politique de défense est restée, à l'origine,
de la compétence des États. Cependant l'intégration européenne a
été approfondie dans ce domaine ces dernières années dans le
cadre de la politique commune de sécurité et de défense (PCSD),
qui est une branche essentielle de la politique étrangère et de
sécurité commune, et par la création de forces internationales
distinctes concernant la défense de l’Union. Un certain nombre
d'opérations militaires de la PCSD ont été déployées ces
dernières années.Plusieurs chefs d’État ou ministres, dont l’ancien président Nicolas Sarkozy, la chancelière allemande Angela Merkel, le ministre des Affaires étrangères italien Franco Frattini et l'ancien Premier ministre belge Guy Verhofstadt, ont apporté leur soutien à l'idée d'une défense commune de l’Union. Cette possibilité, requérant l'unanimité des États membres, a été inscrite dans l’article 42 du traité sur l'Union européenne dès l'entrée en vigueur du traité de Lisbonne le 1er décembre 2009.
Enfin, le traité de Lisbonne a étendu le champ d'application de la disposition concernant la coopération renforcée afin de la rendre applicable au domaine de la défense. Ce mécanisme permet à un petit nombre d’États membres d'approfondir l'intégration au sein des institutions de l’Union, sans pour autant que les États membres réticents soient dans l'obligation de participer.
1 Histoire
1.1 Union de l'Europe occidentale et OTAN
À la fin de la Seconde Guerre mondiale, après la défaite du Troisième Reich, le Traité de Dunkerque fut signé par la France et le Royaume-Uni le 4 mars 1947 comme traité d'alliance et d'assistance mutuelle face à une éventuelle attaque allemande en conséquence de la Seconde Guerre mondiale. Le traité de Dunkerque est entré en vigueur le 8 septembre 1947. En 1948, le traité de Bruxelles a institué l’Union de l'Europe occidentale avec une structure de commandement européenne alliée. Les puissances d'Europe occidentale, à l’exception de l'Irlande, de la Suède, de la Finlande, et de l’Autriche, signèrent le Traité de l'Atlantique nord avec les États-Unis et le Canada. À l'origine, il ne s'agissait que d'une association de défense passive. Cependant, dès 1951, pendant la guerre de Corée, l'organisation de défense devint l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN).1.2 Tentative de Communauté européenne de défense
Dans les années 1950, l'Allemagne, la France, l’Italie, et les États du Benelux firent une tentative d'intégrer les armées de l’Europe de l’ouest par un traité établissant la Communauté européenne de défense (CED). Cependant, ce traité n'est pas entré en vigueur de par le refus français, alors que les Gaullistes craignaient une perte de souveraineté et que les Communistes craignaient un renforcement militaire de l'Europe qui pourrait rivaliser avec l'Union soviétique.L'échec de la CED eu pour conséquence un amendement au traité de Bruxelles lors des conférences de Londres et Paris qui, en remplacement de la CED, établit une Union de l'Europe occidentale politique (UEO) à partir de l'Organisation de défense de l'Union de l'Europe occidentale.
1.3 Passage de l'UEO à l'UE
Sur les 28 États membres de l'Union, 22 sont membres de l’OTAN. Deux autres membres de l'OTAN sont candidats à l’Union, et un seul est uniquement membre de l’espace économique européen. En 1996, l'Union de l'Europe occidentale fut chargé par l'OTAN de mettre en place une Identité européenne de sécurité et de défense au sein de l'OTAN, laquelle fut ensuite remplacée par la Politique commune de sécurité et de défense. De même, les compétences de l'Union de l'Europe occidentale furent transférées à l'Union européenne par le traité de Lisbonne. Les États membres de l'Union et ceux de l'OTAN ne sont pas les mêmes, ainsi, certains États membres de l'UE sont traditionnellement neutre en matière de défense. Plusieurs États membres sont d'anciens membres du Pacte de Varsovie.L'UE avait alors un mandat limité en matière de défense, avec un rôle précisé dans le traité d'Amsterdam ainsi que dans l'objectif global d'Helsinki (la force d'action rapide européenne). Cependant, certains États membres de l’Union peuvent passer des accords multilatéraux en matière de défense hors de la structure de l'Union.
1.4 Synchronized Armed Forces Europe
Le 20 février 2009, le Parlement européen vota en faveur de la création d'une « force armée synchronisée européenne » (Synchronized Armed Forces Europe (SAFE)) comme première étape vers la création d'une vraie force armée de l’Union. La SAFE sera dirigée par une direction de l'Union, avec sa propre doctrine opérationnelle et ses propres normes d'entraînement. Il y a aussi des projets visant à créer un « Conseil de l'Union européenne des ministres de la défense » et « un statut européen pour les soldats dans le cadre de l'établissement des normes d'entraînement de la SAFE, de la doctrine opérationnelle et de la libre action opérationnelle ».1.5 Évolution du traité de Lisbonne
L'entrée en vigueur du traité de Lisbonne força les États membres de l'Union de l'Europe occidentale à dissoudre l'organisation, qui était en majeure partie en veille, mais ils conservèrent la clause de défense mutuelle du traité de Bruxelles afin d'en faire la base d'un possible accord de défense mutuel de l’Union.L'article 42 du traité sur l'Union européenne dispose que :
« La politique de sécurité et de défense commune inclut la définition progressive d'une politique de défense commune de l'Union. Elle conduira à une défense commune, dès lors que le Conseil européen, statuant à l'unanimité, en aura décidé ainsi. »
2 Dépense militaire
2.1 France et Royaume-Uni
La France et le Royaume-Uni sont deux principales puissances militaires globales et sont les seuls États membres de l’Union disposant de la dissuasion nucléaire. Pris ensemble, la France et le Royaume-Uni représentent 40 % de budget de la défense total de l'Europe, 50 % de ses capacités militaires et 70 % de ses dépenses en recherche et développement militaire. Le traité de défense franco-britannique de 2010 met en commun les ressources des forces armées des deux États afin de maintenir leur statut de « puissance défensive globale ». De même, en vertu du traité, la France et le Royaume-Uni travaillent conjointement sur les armes nucléaires : les tests seront menés en France et les technologies seront développées au Royaume-Uni.2.2 Dépense militaire européenne
Les dépenses militaires combinées des 28 États membres de l’Union s'élève à 194 milliards d'euro. Cela représente 1,61 % du PIB de l’Union européenne, ce qui la place au second plan derrière les 520 milliards d'euro de dépense militaire des États-Unis. Cela représente 4,8 % du PIB des États-Unis. Les chiffres sur l’Union incluent les dépenses pour les projets communs tel que l'Eurofighter et l’achat commun de matériel militaire.3 Armée des États membres
3.1 Personnel militaire de l'Union
En 2009, les forces armées actives confinées de l'Union européenne totalisait un personnel 1 668 537. En 2009, les 26 membres de l'Agence européenne de défense (AED) déclarait avoir environ 67 767 personnel militaire déployé dans le monde (soit 4 % du total). En cas d'opération d'envergure, l'Union pourrait rapidement déployer 443 103 personnel militaire terrestre, dont 106 754 pourrait soutenir une opération durable. Par opposition les États-Unis ont environ 200 000 hommes déployés (14 % du personnel militaire américain). Le Danemark ne fait pas partie de l'AED, mais est un État membre de l'Union ce qui porte ainsi le total des effectifs de l'armée combinée de l'UE à 1 695 122 hommes.3.2 Forces aériennes de l'Union
Les forces aériennes se composent, en Europe, d'une grande variété de systèmes militaires et de matériel. Ceci est principalement dû aux exigences différentes des États membres et aux industries nationales de la défense de certains d'entre eux. Cependant, certains programmes, tel que celui de l'Eurofighter Typhoon, ont été gérés mutuellement par plusieurs États membres. En 2010, l'Union européenne a environ 2 190 avions de combat utilisables (avion de chasse, avion d'attaque au sol, etc.).Les capacités des avions de transport de l’Union vont évoluer avec l'introduction de l'Airbus A400M (un autre exemple de la coopération européenne de défense). L'A400M est un avion de transport tactique. Environ 140 appareils ont été commandés par cinq États membres (Royaume-Uni, France, Allemagne, Espagne et Belgique).
3.3 Forces terrestres de l'Union
Les deux plus importantes armées de terre de l'Union sont celles du Royaume-Uni et de la France.3.4 Forces navales de l'Union
Les forces navales combinées de l’Union comprennent 600 navires de guerres commissionnés. Ce nombre ne prend pas en compte les navires auxiliaires, de surveillance et de soutien. L'Union dispose d'un total de 6 porte-avions (dont le plus grand est le Charles de Gaulle) et un grand nombre de navires de débarquement. Ceci donne à l'UE des capacités de projection significatives. Sur la soixantaine de sous-marins de l'Union, 21 sont des sous-marins nucléaires (dont 11 sont britanniques et 10 français) et les autres sont des sous-marins d'attaque conventionnel. Plusieurs marines européennes ne classifient pas les navires de la taille des destroyers dans cette catégorie, mais les classifient alors dans les frégates sans prendre en compte leur taille et leur rôle. Ceci explique la différence entre le nombre de destroyers et de frégates en service.La Mission Atalanta (anciennement la Force navale de l’Union européenne pour la Somalie) est la première (toujours en cours) opération navale de l’Union européenne. Elle fait partie d'une série d'actions de l’Union dans la corne de l'Afrique afin de répondre à la crise somalienne. En janvier 2011, 23 États membres de l’Union y participaient.
4 Forces et structures
4.1 Politique commune de sécurité et de défense
Les accords de défense qui ont été établis au sein des institutions de l’Union font partie de la politique commune de sécurité et de défense (PCSD), une branche de la politique étrangère et de sécurité commune (PESC). Il convient de noter que le Danemark dispose d'un opt-out en matière de PCSD.-
l’Agence européenne de défense
-
l’Identité européenne de sécurité et de défense
-
l’Institut d'études de sécurité de l'Union européenne
-
l’État-major de l'Union européenne supervise les opérations militaires de l’Union.
-
le Groupement tactique de l’Union composé de 19 bataillons dont 16 composés de 1 500 soldats, et 3 de 2 500 soldats.
-
l’Objectif global d'Helsinki
Déploiements
En 2004, les États membres de l'Union ont pris le commandement de la mission de l’OTAN en Bosnie-Herzégovine au travers de la Force de l'Union européenne (EUFOR). Il y a eu d'autres opération, notamment à Gaza et en République démocratique du Congo. En 2007, le Haut Représentant pour la politique étrangère, Javier Solana, indiqua que l’UE pourrait envoyer des troupes en Géorgie aux côtés de troupes russes.4.2 Initiatives séparées
Les initiatives séparées des États membres concernent, d'une façon ou d'une autre, la défense de l’Union et se rapprochent d'une armée européenne permanente.-
Finabel
-
Corps européen – forces armées indépendantes composées de 60 000 hommes qui peuvent être déployés pour diverses missions.
-
dont la brigade franco-allemande
-
-
Eurofor – force d'intervention rapide incluse dans les forces européennes.
-
Force de gendarmerie européenne – force d'intervention de crise composé de 900 hommes, avec un renfort possible de 2 300 personnes.
-
Groupe aérien européen
-
European Air Transport Command (EATC)
-
Force maritime européenne
-
Organisation for Joint Armament Cooperation
-
Premier corps germano-néerlandais
-
Initiative de défense européenne
-
Structure de coopération permanente
de défense
5 Position des États membres sur une armée européenne
Le 23 mars 2007, la chancelière fédérale allemande Angela Merkel, alors que l'Allemagne présidait le Conseil de l'Union européenne, déclara lors d'une interview pour le cinquantenaire de l'Union européenne qu'elle souhaitait la réalisation d'une force armée européenne unie.Le ministre des Affaires étrangères allemand Guido Westerwelle a appelé à la création d'une armée européenne sous l'égide du traité de Lisbonne qui serait « le début et non la finalité » d'une politique commune de sécurité et de défense. Il ajoute que « l'objectif à long terme est de construire une armée européenne sous contrôle parlementaire. L'Union doit répondre aux attentes politiques qui découlent de son rôle en tant qu'acteur mondial ». Le ministre des Affaires étrangères a ajouté qu'une telle armée pourrait avoir un rôle dans le cadre de mécanismes de gestion de crise dans une période de rareté des ressources lesquels seront élaborés par les États membres dans le cadre d'une coopération renforcée.
Le 14 juillet 2007, le président français Nicolas Sarkozy a demandé à ce que l'Union crée une force armée unifiée et, le même jour, des groupes de soldats des 27 États membres de l'Union européenne ont défilé sur les Champs-Élysées lors du défilé militaire du 14 juillet à l'invitation de Nicolas Sarkozy.
À l'origine, les ministres britanniques s'opposaient à l'article 42 du TUE en déclarant que le Conseil européen ne prendra pas cette décision rapidement et qu'il serait dès lors inapproprié que le traité la prévoit. Cependant leur position a évolué.
Lire aussi :
http://blog.slate.fr/europe-27etc/17341/l%E2%80%99union-europeenne-face-aux-menaces-aveuglement-ou-impossible-coordination/
http://blog.slate.fr/europe-27etc/17341/l%E2%80%99union-europeenne-face-aux-menaces-aveuglement-ou-impossible-coordination/
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Brigadex 2014
Allemagne, France, Hongrie
La Hongrie rejoint le CRR-Fr
Le 8 juillet 2015, le Corps de réaction rapide-France (CRR-Fr), état-major multinational de l’armée de Terre française, situé au cœur de la Citadelle de Lille, a célébré l’arrivée d’une 13e nation contributrice, la Hongrie.
Le général de division Laszlo Domjan, représentant militaire de la Hongrie auprès de l’OTAN et de l’Union européenne était présent pour la cérémonie. Les couleurs hongroises ont été montées pour la première fois sur la place d’armes de la Citadelle, saluant l’arrivée des deux premiers membres de ce nouveau détachement allié. Un troisième militaire hongrois sera affecté au CRR-Fr à l’été 2016.
La Hongrie, pays membre de l’OTAN depuis 1999 et de l’Union européenne depuis 2004, a pris part à ce titre à plusieurs opérations militaires majeures, notamment dans les Balkans et en Afghanistan. L’arrivée d’une représentation hongroise au sein du CRR-Fr va permettre à ce pays d’intensifier ses relations avec l’armée française, tout en réaffirmant sa place au sein de la structure militaire intégrée de l’OTAN.
Défense.gouv.fr
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La nécessité d'une armée européenneLa défense du territoire européen reste a priori le rôle de l'OTAN . mais le" partage du fardeau" va nécessairement évoluer (...) Enfin, je le redis,nos alliés américains sont en train de réorienter leur action militaire et diplomatique vers le Pacifique.
(...)
Les faiblesses d'aujourd'hui ne doivent pas hypothéquer notre intérêt commun à l'avenir : relancer l'Europe de la défense, c'est se doter d'une capacité diplomatique et militaire, d'une industrie européenne forte, d'une base énergétique plus solide, de technologies de pointes...
(...)
En matière de défense et de sécurité, il est d'abord question de volonté politique, du courage des dirigeants européens de partager - je dis bien "partager" - certains aspects de la souveraineté.
Michel Barnier (se reposer ou être libre)
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