Comme d'hab, l'essentiel du Live du Monde, ponctué de références à des articles d'autres journaux.
La révélation du jour : la France a livré des armes à la Russie jusqu’en 2020. Entre
2015 et 2020, la France a livré des équipements militaires dernier cri à
la Russie. Un armement qui a permis à Vladimir Poutine de moderniser sa
flotte de tanks, d’avions de chasse et d’hélicoptères de combat, et qui
pourrait être utilisé dans la guerre en Ukraine. (Disclose). En revanche, elle rechigne à livrer des armes à l'Ukraine ! Et quid des avions promis par l'UE à l'Ukraine au début de la guerre ? La France ne s'active guère pour favoriser cette livraison.
| Une des femmes enceintes photographiées après le bombardement de la maternité de Marioupol et son enfant sont morts |
21:49 Au moins cent morts parmi les soldats russes dans le Donbass, selon Kiev. Au moins cent soldats russes ont été tués et six véhicules ont été détruits dans le Donbass, rapporte le média ukrainien The Kyiv Independent, qui s’appuie sur un communiqué de l’armée ukrainienne. Selon cette même source, la Russie a tenté de percer les défenses ukrainiennes dans l’oblast de Donetsk, sans succès à ce stade. Depuis 2014, le bassin minier, industriel et russophone situé dans l’est de l’Ukraine, à la frontière avec la Russie, est le théâtre des manœuvres de Moscou pour déstabiliser Kiev. Un tiers de la région est contrôlé par des forces séparatistes prorusses, avec l’appui financier de Moscou.
21:27 Des habitants de Kherson racontent les dessous de l'occupation russe. Des
nouvelles de Kherson, occupée par l'armée russe. Des habitants de
Kherson, dans le sud de l'Ukraine, ont expliqué aux Observateurs de France 24 comment
la Russie a organisé une livraison de nourriture refusée par plusieurs
habitants et ont truqué un reportage. Plusieurs milliers d'Ukrainiens
ont manifesté contre l'occupation de leur ville par l'armée russe. (Live OF)
20:43 Entrée par effraction dans la villa d'un proche de Poutine à Biarritz : simple rappel à l'ordre. Trois hommes entendus par la police aujourd'hui après s'être introduits par effraction dans une villa de Biarritz appartenant à l'ancien gendre du président russe Vladimir Poutine, dans laquelle ils ont déployé le drapeau ukrainien, ont fait l'objet d'un rappel à l'ordre à l'issue de leur garde à vue, annonce le parquet de Bayonne. Les trois hommes, auditionnés dans une enquête ouverte pour "violation de domicile", sont ressortis libre en fin de journée. Le parquet avait annoncé plus tôt dans la journée le placement en garde à vue de deux hommes.
>>> Marioupol terrassée par les bombes et la faim. Un déluge de feu s’abat toujours sur la ville portuaire du sud-est.
Hier, pour la première fois, un couloir humanitaire a permis à quelques
rares habitants de fuir. Des centaines de milliers d’autres demeurent
pris au piège. (OuestFrance)
20:39 Une manifestante pacifiste perturbe une émission de la télévision russe.Une femme a interrompu la diffusion du journal de Pervi Kanal, la première chaîne étatique, avec une affiche sur laquelle est écrit : « Arrêtez la guerre. Ne croyez pas la propagande, ils vous mentent ici. ». Selon Christo Grozev, l’enquêteur principal sur la Russie chez Bellingcat, elle s’appelle Maria Ovsyanikova et est salariée de la chaîne. Elle a été interpellée. Mary Ilyushina, journaliste du Washington Post qui couvre la Russie, explique qu’avant son action elle a enregistré un message dans lequel elle dit : « Ce qui se passe en Ukraine est criminel. »
>>> Ils vous mentent (article OF)
>>> Le maire de Melitopol, une ville du sud du pays, enlevé par l’armée russe. Ivan Fedorov a été arrêté alors qu’il se trouvait au centre de crise de cette ville occupée par les troupes russes.(article)
18:25 Le ministère des armées français reconnaît la livraison d’armes à la Russie [Honte à la France, encore une fois !]
Dans un communiqué adressé au Monde, le ministère des armées français a reconnu avoir livré des armes à la Russie entre 2015 et 2020, faisant suite aux révélations du média Disclose, selon lequel, pendant cette période, la France avait fourni 152 millions d’euros de matériels pour des chars, des avions de chasse et des hélicoptères de combat aux Russes. « Il s’agissait d’un flux résiduel, issu de contrats passés, évoqué dans nos rapports annuels au Parlement, et qui s’est peu à peu éteint », résume le ministère, qui insiste sur le fait que l’embargo sur les armes à destination de la Russie, décidé par l’Union européenne depuis le 1er août 2014, autorisait la livraison d’armes liées à des contrats signés avant l’embargo. « La France n’est d’ailleurs pas le seul pays européen » à avoir ainsi agi, précise le ministère. « Chaque licence est examinée au cas par cas, prenant en compte chacune des situations particulières, en conformité avec nos engagements internationaux, dont la position commune et notre intérêt bien compris depuis 2014 de ne pas fournir des armements à la Russie. D’ailleurs, en 2015 pour les Mistral, la France a choisi de ne pas exporter ces bâtiments », poursuit le ministère.
Ni l’Elysee ni le Quai d’Orsay n’ont souhaité communiquer à ce sujet.
17:39 L’Ukraine demande « l’expulsion immédiate » de la Russie du Conseil de l’Europe. [ça fait bien longtemps qu'elle aurait dû en être exclue. Honte à la France qui a fait pression pour qu'elle y reste] Denys Chmyhal, le premier ministre ukrainien, a demandé au Conseil de l’Europe « l’expulsion immédiate » de la Russie de cette organisation paneuropéenne de défense des droits humains. Le chef du gouvernement ukrainien s’exprimait par visioconférence depuis Kiev lors d’une session extraordinaire de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe (APCE), qui siège à Strasbourg. Le comité des ministres de l’organisation, son « exécutif », où siègent les ambassadeurs de ses Etats membres, doit se réunir jeudi matin pour en décider. S’exprimant à la place du président ukrainien Volodymyr Zelensky, retenu par les pourparlers avec Moscou, M. Chmyhal a appelé les parlementaires des 46 Etats membres du Conseil présents à « unir [les] efforts pour défendre l’Ukraine, mais aussi pour défendre toute l’Europe ». « Il est temps d’arrêter cette agression avant qu’il y ait une catastrophe nucléaire ou que toute l’Europe soit en feu », a-t-il mis en garde, exigeant « de sécuriser le ciel au-dessus de l’Ukraine ».
16:21 En Finlande, le soutien pour l’adhésion à l’OTAN s’envole
15h51 Lemonde Révélations du média "Disclose" sur les livraisons d'équipements militaires de la France à la Russie de 2015 à 2020 ?
Ces révélations sont embarrassantes, puisqu’elles montrent qu’entre 2015 et 2020 la France a fourni 152 millions d’euros de matériels pour des chars, avions de chasse et hélicoptères de combat russes, selon le média Disclose qui publie des notes « confidentiel défense ». Disclose rappelle que l’Union européenne impose depuis le 1er août 2014 un embargo sur les armes à destination de la Russie. Mais Paris a continué des livraisons en profitant d’une brèche : l’embargo européen n’est pas rétroactif, ce qui signifie que des livraisons liées à des contrats signés avant l’embargo peuvent être maintenues.
Les principaux matériels sont des caméras thermiques de Thales baptisées « Catherine FC » et « Catherine XP » qui équipent 1 000 tanks russes. Safran a aussi vendu des caméras thermiques « Matis STD » présentes sur les chars T-72, T-90 et T-80 BVM de l’armée russe. L’Etat est le premier actionnaire de Thales (25,7 %) et de Safran (11,2 %).
L’aviation russe a aussi bénéficié des technologies françaises : le groupe Thales a équipé 60 avions de chasse Soukhoï SU-30 du système de navigation Tacan, de son écran vidéo SMD55S et de son viseur HUD, ajoute Disclose. Le système de navigation Tacan équipe aussi certains avions de chasse Mig-29. En outre, les Mig-29 et SU-30 sont équipés du système de navigation Sigma 95N de Safran qui permet de se localiser sans avoir recours aux satellites américains ou européens. Safran équipe aussi certains hélicoptères de combat russes d’un système d’imagerie infrarouge, comme l’avait révélé le site d’investigation EUobserver en 2015. Enfin, la société Sofradir (devenue Lynred en 2019 et qui est une filiale de Thales et Safran qui se la partagent à parts égales) a vendu des caméras infrarouges à la Russie.
Contacté par Disclose, Safran affirme respecter « scrupuleusement la réglementation française et européenne » et ne plus fournir « d’équipements, de composants, de soutien ou de prestations de maintenances à la Russie » depuis l’embargo européen de 2014.
>>> Bravo les gars :
10:46 Les Pays-Bas et l’Australie ont déclaré avoir entamé conjointement une procédure judiciaire contre la Russie devant l’Organisation de l’aviation civile internationale au sujet du crash du vol MH17 en 2014.
Le 17 juillet 2014, l’appareil du vol MH17 de la Malaysia Airlines reliant Amsterdam à Kuala Lumpur s’est écrasé alors qu’il survolait l’est de l’Ukraine, provoquant la mort des 283 passagers et des 15 membres de l’équipage à son bord. Parmi eux se trouvaient 196 ressortissants néerlandais et 38 Australiens ou résidents du pays. Une équipe internationale d’enquêteurs affirme que l’avion a été abattu au-dessus de la zone du conflit armé entre l’armée ukrainienne et les séparatistes prorusses par un missile acheminé d’une base militaire russe. Moscou a toujours nié toute implication.
Le gouvernement a déclaré que :
L’action conjointe de l’Australie et des Pays-Bas est un grand pas en avant dans la lutte des deux pays pour la vérité, la justice et la responsabilité pour cet horrible acte de violence. L’invasion non provoquée et injustifiée de l’Ukraine par la Russie et l’escalade de son agression soulignent la nécessité de poursuivre nos efforts soutenus pour tenir la Russie responsable de sa violation flagrante du droit international.
« Le gouvernement continuera à faire tout ce qui est en son pouvoir pour tenir la Russie responsable de la destruction du vol MH17 », a dit le ministre néerlandais des affaires étrangères, Wopke Hoekstra.
Une autre procédure est déjà en cours, devant la Cour européenne des droits de l’homme, intentée par les Pays-Bas. Un procès est aussi en cours dans ce pays contre trois Russes et un Ukrainien, accusés d’avoir eu un rôle dans le lancement du missile mis en cause dans le crash. article
>>> A Odessa, la population prend les armes. Pour faire face à l'invasion russe, des centaines d'habitants d'Odessa
se sont déjà entraînés au maniement des armes, tandis que des milliers
d'autres à travers l'Ukraine ont rejoint les unités de défense
territoriale. LesEchos
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>>> Le point sur la situation ville par ville
Au 19e jour de la guerre, l’armée russe continue de bombarder sans relâche plusieurs villes, provoquant une série de crises humanitaires, sans avancer véritablement sur le terrain. Selon l’armée ukrainienne, le positionnement des troupes russes n’a pas foncièrement évolué depuis le début du week-end, et se concentre sur plusieurs fronts :
A Kiev et dans sa région, où les bombardements russes ont continué, avec encore plus d’intensité, pendant la nuit, un conseiller du président ukrainien reconnaissait que la « ville est en état de siège ».
A Marioupol, assiégée et bombardée depuis plusieurs jours, la situation est « quasi désespérée », selon Médecins sans frontières. La cité portuaire n’a plus d’eau, de gaz, d’électricité, bientôt plus de nourriture et peu de communications avec l’extérieur. Selon la mairie, plus de 2 180 habitants ont été tués, des centaines de milliers tentent de quitter les lieux tandis que les convois humanitaires peinent à s’y rendre. Oleksandr, 35 ans, originaire de Marioupol et installé dans l’ouest de l’Ukraine, a raconté au Monde ce qu’il se passe dans cette ville portuaire :
J’ai la chair de poule quand j’entends ma mère me dire que, pour éviter la déshydratation, ils boivent de l’eau en drainant les radiateurs. D’autres boivent de la neige fondue.
A Mykolaïv, autre ville portuaire de la mer Noire, les bombardements ont continué pendant la nuit. Dimanche matin, vers 11 heures, une salve de roquettes s’est abattue sur l’avenue des Héros de l’Ukraine, devant un centre commercial. Neuf personnes ont été tuées, d’après le gouverneur de la région. Les troupes russes se rapprochent de cette ville, mais leur objectif reste Odessa, pour couper l’accès ukrainien à la mer Noire.
Sur la mer Noire, la Russie a resserré son étreinte, si l’on en croit le ministère britannique de la défense, qui a tweeté que les forces navales russes avaient « établi un blocus à distance de la côte ukrainienne de la mer Noire, isolant de fait l’Ukraine du commerce maritime international ».
A Kharkiv, Soumy et Tchernihiv, l’avancée russe est ralentie par des « plusieurs poches de résistance », analyse Michel Goya, historien militaire et ancien lieutenant-colonel, sur Twitter, qui concluait ainsi, dimanche :
Dans la situation d’équilibre actuelle, le camp qui dans les deux semaines qui viennent pourra présenter plusieurs victoires visibles d’affilée prendra un avantage psychologique décisif.
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>>> Ces réfugiés ukrainiens acclamés par 200 écoliers italiens. Près de Naples, l'école Don Milani a accueilli Dimitri et Victoria, deux enfants qui ont fui la guerre en Ukraine avec leur mère.(article HP)
8:51 Un immeuble près du centre-ville de Kiev frappé par un obus
8:16 Une des femmes enceintes photographiées après le bombardement de la maternité de Marioupol et son enfant sont morts
Elle avait été photographiée sur un brancard, pâle et sous le choc, après le bombardement de la maternité de Marioupol, le 9 mars. L’image, prise par la photographe Evgeniy Maloletka, d’Associated Press (AP), avait été largement reprise sur les réseaux sociaux et par la presse.
L’agence AP vient d’annoncer que cette femme et son enfant sont morts peu après l’attaque.
Timur Marin, le médecin qui a tenté de la sauver, a dit, samedi, que l’enfant, né par césarienne, ne « montrait aucun signe de vie » et que sa mère était trop gravement blessée. Son mari et son père sont venus chercher le corps. Ni ce médecin, ni les ambulanciers qui ont sorti cette femme des débris n’avaient réussi à trouver son nom, écrit AP.
8:00 Le scénario du pire, en Ukraine et en Russie
Chaque jour charrie son lot d’horreurs depuis que la Russie a lancé une guerre injustifiable contre l’Ukraine. Chaque jour est gros, aussi, d’événements encore impensables il y a peu. La réponse occidentale a été unie et fulgurante : déclenchement immédiat de sanctions massives, chasse aux biens des oligarques russes, livraisons d’armes aux Ukrainiens, prise en compte du drame migratoire et humanitaire qui ne fait que débuter. Mais cette réponse, si louable soit-elle, n’arrête pas les missiles et les frappes russes sur les civils. Elle ne permet nullement de contenir le sombre dessein du Kremlin et sa fuite en avant. Au contraire. Le régime russe a intégré depuis longtemps – à ses risques et périls – l’idée que la surenchère et le fait accompli seuls garantissent une position de force.
On sait ce que l’Occident se refuse à envisager : une confrontation militaire directe avec la Russie. Donc pas de « no fly zone » imposée par l’OTAN pour contester la supériorité aérienne de l’agresseur. Mais à cette heure, aucune sortie de crise ne se dessine. Il est périlleux de se risquer à des pronostics, mais il est indispensable d’envisager le pire des scénarios possibles. Même parmi les experts de la Russie, bien peu avaient prévu une opération militaire sur l’ensemble du territoire ukrainien. La leçon de cette erreur, que partage l’auteur de ces lignes, semble évidente : elle ne doit plus être commise. Le scénario du pire – outre une escalade nucléaire entre la Russie et l’OTAN – est le suivant : une Ukraine transformée en Syrie, et une Russie en Corée du Nord.
>>> La vie sous terre (photos)
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