Dans ce blog, j'ai souvent parlé de la Transnistrie et de tous ces territoires occupés ou annexés par les Russes. Ce qui ce passe aujourd'hui dans l'est de la Moldavie n'est nullement une surprise.
>>> En Moldavie, à Chisinau, la hantise de la guerre. L’angoisse est palpable à Chisinau, capitale de ce petit pays de moins
de trois millions d’habitants soumis à la pression croissante de la
Russie et de ses alliés locaux. Article
>>> La présidente de la Moldavie craint un débordement de la guerre en Ukraine après une série d’explosions dans la région séparatiste de Transnistrie, soutenue par Moscou.
Le conseil de sécurité de Transnistrie a décidé de relever pour 15 jours le niveau d’alerte
terroriste, ce qui lui permet de renforcer les pouvoirs des forces de sécurité locales. Le motif ? Trois attaques ont endommagé le quartier général de la sécurité nationale de Transnistrie et deux anciennes antennes radio de l’ère soviétique. Ces incidents n’ont pas fait de victime. Mais ils pourraient bien servir de prétexte à une intervention russe dans ce territoire séparatiste prorusse de 500 000 habitants et de 4 000 km2, enclavé dans une Moldavie qui redoute désormais d’être gagnée par le conflit russo-ukrainien.
Le même prétexte qu’en Ukraine
L’inquiétude moldave s’est accentuée la semaine dernière. En
effet, le général Roustam Minnekaïev, commandant adjoint des forces du
District militaire du Centre de la Russie, a affirmé que Moscou voulait
s’emparer du Sud de l’Ukraine – frontalier de la Transnistrie – afin
d’avoir un accès direct à cette enclave séparatiste. Minnekaïev a aussi
estimé que la population russophone de Moldavie était victime d’oppression
, l’un des prétextes invoqués par Moscou pour intervenir en Ukraine et défendre
la minorité russe.
Mardi, les forces de sécurité de Transnistrie recherchaient trois individus encagoulés, venus d’Ukraine
et suspectés d’être derrière ces attaques.
Ce regain de tensions a poussé la présidente de la Moldavie,
la pro-européenne Maïa Sandu, à réunir son conseil de sécurité
nationale. Elle a dénoncé une escalade
, annoncé un relèvement du
niveau de vigilance des forces de sécurité moldaves et mis les
explosions sur le compte de règlements de compte internes à la
Transnistrie.
Sa réaction mesurée relève d’un souci d’éviter de tomber dans
un piège russe. Andrey Rudenko, le vice-ministre des Affaires
étrangères russes, n’a-t-il pas déclaré mardi après-midi qu’il espérait
que la Transnistrie ne sera pas entraînée dans le conflit russo-ukrainien
et que Moscou ne sera pas obligé d’y intervenir ?
En cas d’intervention russe pour protéger la Transnistrie face à la
Moldavie et à l’Ukraine, c’est un nouveau front potentiel qui pourrait
s’ouvrir aux portes sud-ouest de l’Ukraine, à 70 km d’Odessa. La
présence d’importantes forces russes obligerait Kiev, qui accuse Moscou
de vouloir déstabiliser
la Transnistrie, à déployer des forces
dont il a bien besoin sur les autres fronts dont celui du Donbass où la
pression russe reste intense.
>>> Si les Russes prennent Odessa, « il y a 90 % de chances qu’ils interviennent en Moldavie»
La Moldavie,
ex-république soviétique, est « coincée » entre la Roumanie, dont ses
habitants parlent majoritairement la langue, et l’Ukraine. Comme
l’Ukraine, elle subit le séparatisme russe dans la république
autoproclamée de Transnistrie, où stationnent près de 10 000 soldats
russes. Elle vit depuis trois décennies sous la menace. Les explications
du politologue Igor Munteanu, fondateur de l’Institut pour le
développement des initiatives sociales (Idis) de Chisinau. OF

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