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- Quel sort pour les combattants évacués d'Azovstal ?
- Les livraisons d’armes de la France vont gagner « en intensité », affirme Emmanuel Macron
- Le Parlement finlandais vote à plus de 95% en faveur de l'adhésion à l'Otan
- La CPI envoie 42 experts en Ukraine pour enquêter sur les crimes de guerre
- l'entreprise collabo du jour : Eni. L'italien Eni ouvre des comptes en euros et en roubles pour payer le gaz russe
>>> Le point sur la situation sur le terrain
- Le Sud
Moscou a annoncé mardi la reddition de 265 soldats ukrainiens retranchés dans l’immense aciérie Azovstal à Marioupol, l’ultime poche de résistance face à l’armée russe, dans ce port stratégique du sud de l’Ukraine, sur la mer d’Azov. Cette évacuation rend encore plus inéluctable la chute complète de la cité, presque entièrement détruite après environ trois mois de combats et de bombardements incessants. Sa conquête totale permettrait aux forces russes de faciliter la jonction entre la Crimée, au sud, et le Donbass, à l’est.
- L’Est
A Severodonetsk, une ville devenue capitale régionale pour les Ukrainiens depuis que des forces séparatistes prorusses se sont emparées d’une partie du Donbass en 2014, « au moins 10 personnes ont été tuées » dans des bombardements russes, a annoncé lundi le gouverneur de la région. Cette cité est quasiment encerclée par les soldats ennemis.
- Le Nord-Est
Les Ukrainiens ont repris le contrôle d’une partie de la frontière avec la Russie dans la région de Kharkiv, assure Kiev, qui s’attend à ce que les unités désengagées de la région aillent renforcer les troupes russes dans le Donbass, où elles ne progressent que difficilement.
- Le Nord et l’Ouest
Huit personnes sont mortes et 12 ont été blessées mardi dans une frappe russe sur Desna, un village ukrainien au nord de Kiev connu pour abriter un grand camp d’entraînement militaire, selon les secours locaux. Des tirs russes de missiles Kalibr de longue portée près de la gare ferroviaire de Starichi, dans la région de Lviv, ont détruit des cargaisons de matériels militaires américains et européens destinés au Donbass et provoqué la mort de réservistes ukrainiens, selon le ministère de la défense russe. Il a aussi confirmé la frappe sur Desna et sur un autre camp d’entraînement, à Okhtyrka, dans la région de Soumy, au nord.
>>> Le point sur le plan diplomatique
- Le Parlement finlandais a voté mardi en faveur de l’adhésion à l’OTAN avec une majorité fleuve de plus de 95 %, permettant l’envoi de la candidature officielle du pays nordique au siège de l’Alliance atlantique. La Suède et la Finlande soumettront ensemble mercredi leur candidature au siège de l’OTAN à Bruxelles, a annoncé mercredi la première ministre suédoise, Magdalena Andersson. Cette dernière ainsi que le président finlandais seront reçus jeudi à la Maison Blanche.
- La Cour pénale internationale (CPI) envoie en Ukraine sa plus grande équipe d’enquêteurs jamais déployée. Le procureur de la CPI, créée en 2002 pour juger les pires crimes commis dans le monde, a annoncé mardi le déploiement dans le pays d’une équipe de quarante-deux enquêteurs et experts afin d’enquêter sur les crimes commis pendant l’invasion russe. Il a ouvert le 3 mars une enquête sur des allégations de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en Ukraine, après avoir reçu le feu vert de près de quarante Etats parties.
- La France va intensifier ses livraisons d’armes à l’Ukraine « dans les jours et semaines qui viennent », a promis, mardi, le président Emmanuel Macron à son homologue Volodymyr Zelensky, confirmant les engagements annoncés à la fin du mois d’avril. Le chef de l’Etat a « confirmé que les livraisons d’armes par la France se poursuivront et gagneront en intensité dans les jours et semaines qui viennent, de même que l’acheminement d’équipement humanitaire », a fait savoir l’Elysée.
- Volodymyr Zelensky a appelé le cinéma à « ne pas être muet », dans un message vidéo lors de l’ouverture, mardi soir, du 75ᵉ Festival de Cannes. « Nous allons continuer de nous battre, nous n’avons pas d’autre choix (…). Je suis persuadé que le “dictateur” va perdre », a assuré le président ukrainien.
20:53 « Un problème majeur pour le pays » : la Moldavie face à l’omniprésente propagande russe
Depuis le début de l'offensive en Ukraine, le discours pro-guerre du Kremlin se répand en Moldavie, profitant d’une présence de nombreux médias russes dans le paysage médiatique depuis de nombreuses années.
« Malheureusement, la propagande russe est toujours très présente », concède Liliana Nicolaescu-Onofrei dans l’enceinte du Parlement. Installée à son bureau où traînent plusieurs piles de dossiers, la présidente de la commission des Médias a du pain sur la planche.
Dans quelques semaines, une nouvelle législation définissant notamment « la désinformation » doit être adoptée par les députés. Le texte vise à réduire l’influence des organes russes dans le pays. Car, dit-elle, ils nourrissent les divisions au sein d’une population clivée entre pro-russes et pro-européens. Surtout depuis le début de l’invasion de l'Ukraine.
Pour contrer le narratif du discours pro-guerre, les autorités usent de dérogations permises par l’état d’urgence mis en place depuis le 25 février. Plusieurs émissions ou chaînes ont été interdites. De son côté, le Conseil de l’audiovisuel (CA) en Moldavie est particulièrement vigilant. Il distribue des amendes et avertissements à tour de bras.
Ainsi, les chaînes RTR Moldova, NTV
Moldova – en partie financée par un député socialiste – ou encore
Primul in Moldova ont toutes été sanctionnées par des amendes allant de 5
000 à 10 000 euros par le gendarme de l’audiovisuel moldave. « Dans
l'ensemble, l'analyse dresse un tableau dans lequel les autorités
ukrainiennes, américaines et de l'Otan sont criminelles, provocatrices
et peu disposées à ramener la paix dans la région, tandis que la Russie a
le rôle de pacificateur et guide toujours ses actions par le facteur
diplomatique », estime par exemple le CA à propos d’une émission de RTR, chaîne détenue à 50% par une organisation russe. Article
>>>
>>> Le plan de bataille de la Commission pour que l’Europe se passe des hydrocarbures russes Article
11:10 Quel sort pour les combattants évacués d'Azovstal ?
L'échange de ces soldats « sera réalisé pour rapatrier ces héros ukrainiens le plus rapidement possible », a de son côté indiqué sur Telegram le Département des renseignements militaires du ministère ukrainien de la Défense, confirmant indirectement que ces hommes, qui ont « rempli » leur mission, étaient bien aux mains des Russes.
La vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk a déclaré elle aussi que 52 militaires gravement blessés avaient été évacués vers un hôpital de la ville de Novoazovsk, sous contrôle russe. « Après la stabilisation de leur état, nous allons les échanger contre des prisonniers de guerre russes », a-t-elle indiqué sur Telegram.
Interrogé lors d'un briefing téléphonique avec des journalistes, le porte-parole du Kremlin a refusé de dire si ces soldats ukrainiens seraient considérés comme des prisonniers de guerre ou des criminels de guerre, alors que Moscou accuse de nombreux militaires ukrainiens, en particulier ceux du bataillon Azov de Marioupol, comme étant des « bandes armées néonazies ».
« Je rappelle la déclaration de Poutine, ils seront traités en conformité avec le droit international », a dit Dmitri Peskov. De son côté, le président de la chambre basse du Parlement, Viatcheslav Volodine, sans parler du cas de Marioupol en particulier, a jugé sur son compte Telegram que « les criminels nazis ne doivent pas faire l'objet d'un échange de prisonniers ». « Concernant les nazis, notre position doit rester inchangée : ce sont des criminels de guerre, et nous devons tout faire pour qu'ils comparaissent en justice », a-t-il dit.
05:29 À Kharkiv, en partie reprise, la situation reste difficile pour les habitants
Les Ukrainiens ont repris le contrôle d'une partie de la frontière dans la région de Kharkiv, dans le Nord-Est, selon Kiev. Diffusant sur son compte Facebook une vidéo montrant des soldats ukrainiens devant un poteau-frontière peint aux couleurs de l'Ukraine, jaune et bleu, le ministère de la Défense s'est félicité lundi que ses forces aient « expulsé les Russes ». Les Russes ont bombardé des semaines durant des quartiers nord et est de Kharkiv, la deuxième ville d'Ukraine, à partir de localités récemment reprises par les Ukrainiens.
Depuis le début de la guerre, un tiers de la population a quitté Kharkiv, affirmait le maire de la ville il y a quelques semaines. Les habitants qui sont restés dépendent en grande partie de l’aide humanitaire, comme en témoigne le reportage de nos envoyés spéciaux Murielle Paradon et Sami Boukhelifa.
Les autorités ukrainiennes s'attendent désormais à ce que les unités désengagées de la région de Kharkiv aillent renforcer les troupes russes dans le Donbass, où elles ne progressent que laborieusement, selon Oleksiï Arestovytch, un conseiller de la présidence ukrainienne.
04:20 Les combattants d'Azovstal ont « rempli leur mission de combat »
Une opération de sauvetage des combattants ukrainiens de l'immense aciérie Azovstal, ultime poche de résistance face à l'armée russe dans le port stratégique de Marioupol, était en cours mardi selon Kiev, qui considère désormais que ces hommes ont « rempli » leur mission. Les soldats de la garnison stationnée à Azovstal, dont plus de 260 ont déjà été évacués lundi, ont « rempli leur mission de combat », a salué l'état-major de l'armée ukrainienne dans un communiqué, et ordre a été donné à leurs commandants de « sauver la vie » de ceux qui restent. « Malheureusement, aujourd'hui, l'Ukraine ne peut pas débloquer Azovstal par des moyens militaires », a expliqué de son côté le ministère de la défense ukrainien sur Telegram.
Les autorités ukrainiennes avaient affirmé la semaine dernière que plus de 1 000 soldats ukrainiens, dont 600 blessés, se trouvaient dans ce complexe industriel, véritable « ville dans la ville » avec ses kilomètres de galeries souterraines. Ils s'y étaient retranchés après avoir subi pendant plus d'un mois le siège de Marioupol, attaquée par l'armée russe dès le début de la guerre, déclenchée le 24 février, et aujourd'hui totalement ravagée. Cette ville, au bord de la mer d'Azov, est stratégiquement située entre la Crimée annexée par Moscou en 2014 et la région minière du Donbass où se trouvent deux « républiques » séparatistes pro-russes et où la Russie intensifie actuellement son offensive.
Quelque « 53 blessés graves ont été évacués d'Azovstal vers Novoazovsk pour assistance médicale et 211 autres ont été transportés à Olenivka par un couloir humanitaire », a annoncé la vice-ministre ukrainienne de la Défense, Ganna Malyar, lundi soir dans une vidéo. Ces deux localités sont situées en territoire contrôlé par les forces russes et prorusses dans l'est de l'Ukraine, mais les combattants devaient être rapatriés en territoire contrôlé par l'Ukraine « dans le cadre d'une procédure d'échange », a-t-elle précisé.
L'état-major ukrainien a confirmé l'évacuation de ces 264 soldats et indiqué dans la nuit de lundi à mardi que « l'opération de sauvetage des défenseurs de l'Ukraine bloqués » sur le site d'Azovstal « se poursuit », sans préciser leur nombre. Leur résistance acharnée a notamment empêché la prise rapide par l'armée russe de la grande ville ukrainienne de Zaporijjia, 200 km à l'ouest, selon l'état-major. Le ministère russe de la Défense avait annoncé lundi avoir instauré un cessez-le-feu autour d'Azovstal, pour permettre l'évacuation des soldats ukrainiens blessés.
>>> A Marioupol, « comme mon mari est depuis longtemps sous terre, je lui raconte le chant des oiseaux, les arbres ». Des compagnes des soldats retranchés dans l’usine d’Azovstal, à Marioupol, sont mobilisées pour tous les sauver. Lemonde
>>> Invasion de l’Ukraine par la Russie, le rôle crucial de la désinformation russe (RFI)



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