samedi 25 juin 2022

Samedi 25 juin 2022. Cent-vingt-deuxième jour de guerre

 Lives : RFI / Lemonde


>>> Le point sur la situation à 20 heures

  • Sievierodonetsk « entièrement occupée » par les Russes. Théâtre ces dernières semaines d’une féroce bataille, la ville stratégique de Sievierodonetsk, dans l’est de l’Ukraine, est « entièrement » tombée samedi aux mains des forces russes et prorusses. Dans le même temps, les forces russes et leurs alliées prorusses « ont pris le contrôle total de la zone industrielle de l’usine Azot », a déclaré sur Telegram un représentant des séparatistes, Andreï Marotchko.
  • A l’entame du cinquième mois de conflit, les forces russes et prorusses sont entrées dans la ville voisine de Lyssytchansk, où des « combats de rue » avaient lieu. Cette ville-jumelle de Sievierodonetsk constitue également un verrou stratégique.
  • La Russie va livrer « dans les prochains mois » à la Biélorussie des missiles capables de transporter des charges nucléaires, a annoncé samedi Vladimir Poutine, en recevant le dirigeant biélorusse, Alexandre Loukachenko, en pleines tensions entre leurs pays et l’Occident autour de l’Ukraine.
  • Le ministère de la défense russe a assuré samedi avoir tué « jusqu’à 80 » combattants polonais dans un bombardement dans l’est de l’Ukraine. Le ministère des affaires étrangères polonais a affirmé n’avoir aucune information sur le sujet.
  • Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a quant à lui estimé samedi qu’aucun progrès n’avait été enregistré à propos de la volonté de la Suède de rejoindre l’OTAN, à l’issue d’une conversation téléphonique avec la première ministre suédoise, Magdalena Andersson. La Suède et la Finlande ont demandé à adhérer à l’Alliance atlantique, dans la foulée de l’invasion russe de l’Ukraine, mais se sont heurtées au blocage de la Turquie.


 

12:28 Candidatures de l’Ukraine et de la Moldavie à l’UE : les condamnations de la Russie « montrent sa faiblesse »

Les condamnations du Kremlin dénonçant un « accaparement géopolitique » visant la Russie, à la suite de l’octroi à l’Ukraine et à la Moldavie du statut de candidat à l’Union européenne, « montrent sa faiblesse », a estimé, samedi, Kiev.

« Tout ce qui reste à la Russie, c’est de cracher des menaces contre d’autres Etats après des décennies de politiques ratées basées sur l’agression, la coercition et le manque de respect. Cela ne fait que montrer la faiblesse de la Russie », a affirmé sur Twitter le chef de la diplomatie ukrainienne, Dmytro Kouleba. « Nous sommes aux côtés du peuple et du gouvernement de la Moldavie amie face aux menaces renouvelées venant de Moscou », a ajouté le ministre des affaires étrangères ukrainien.

Vendredi, la diplomatie russe avait dénoncé la décision des Vingt-Sept de donner à l’Ukraine et à la Moldavie le statut de candidat à l’UE, y voyant une manœuvre géopolitique contre Moscou en pleine invasion de son voisin ukrainien. Cette décision « confirme qu’un accaparement géopolitique de l’espace de la CEI [la Communauté des Etats indépendants, qui rassemble plusieurs pays d’ex-URSS] se poursuit activement afin de contenir la Russie », avait déploré la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe, Maria Zakharova. Selon elle, l’UE a pour objectif « de fixer avec les régions de son voisinage des relations reposant sur le principe maître-esclave ».



08:09  15 % du bétail ukrainien serait déjà perdu

 Dans une ferme du nord de l’Ukraine, une génisse craintive, rescapée des bombardements, boite depuis qu’un éclat d’obus lui a brisé la patte arrière, son martyre venant rappeler le lourd tribut payé à la guerre par les animaux.

Dans les premières semaines de l’invasion russe, Mala Rogan a été occupée par les forces de Moscou, qui ont, depuis, quitté cette partie de l’Ukraine, laissant derrière eux un paysage dévasté par les combats. Mais le petit village essuie toujours des tirs d’artillerie lourde et une autorisation spéciale des forces armées ukrainiennes est nécessaire pour s’y rendre, ce qui isole totalement la ferme, privée de gaz et d’électricité.

Le sort qui lui est réservé n’est pas rare et les médias font part régulièrement de la mort massive d’animaux lors des bombardements, dans les régions les plus touchées par les destructions.

Selon le gouvernement ukrainien, 15 % du bétail serait déjà perdu. De son côté, l’association des producteurs de lait estime que le nombre de bovins dans le pays aura diminué de 8 à 10 % d’ici à la fin de l’année. « En 2021, l’Ukraine comptait 3,11 millions de têtes et une perte de 300 000 animaux est attendue », selon l’ONG Open Cages Ukraine, qui a rendu un premier rapport le 9 juin dernier, après avoir contacté 290 fermes.


 

 

05:48 L’Ukraine presse ses alliés de renforcer sa puissance de feu

L’Ukraine presse ses alliés de lui donner, enfin, la « parité de feu » avec les forces russes pour « stabiliser » la situation dans le Donbass après le retrait de ses troupes à Sievierodonetsk, verrou stratégique de cette région, pilonné depuis des semaines par l’artillerie russe.

« J’ai souligné la nécessité d’atteindre la parité de feu avec l’ennemi, ce qui nous permettra de stabiliser la situation dans la région la plus menacée de Louhansk », a déclaré le commandant en chef des forces armées ukrainiennes, Valeriy Zaluzhnyi, en rendant compte sur sa page Facebook d’un entretien téléphonique avec son homologue américain, le général Mark Milley.

L’Ukraine ne cesse de réclamer davantage d’armes lourdes à ses alliés pour contrer la puissance de frappe russe, particulièrement dans le Donbass, région industrielle dans l’est du pays, déjà partiellement sous contrôle de séparatistes prorusses depuis 2014, et que Moscou s’est juré de conquérir totalement.

« Cela n’a plus aucun sens de rester sur des positions qui ont été constamment bombardées depuis des mois », alors que la ville a été « presque réduite à l’état de ruines » par des bombardements continus, a ainsi reconnu, vendredi matin, sur Telegram Serhi Haïdaï, le gouverneur de Louhansk, où se situe Sievierodonetsk.

« Toutes les infrastructures essentielles ont été détruites. 90 % de la ville est endommagée, 80 % des maisons devront être détruites », selon lui. Ces bombardements massifs ont fini par faire céder les soldats ukrainiens, mais sans nécessairement changer fondamentalement la donne sur le terrain, selon des experts.

« Les unités ukrainiennes sont épuisées, exsangues. Elles ont connu des pertes terribles avec des bataillons complètement neutralisés », explique ainsi un haut gradé français sous couvert de l’anonymat, évoquant des unités de 300 ou 400 hommes dont il n’est resté qu’une vingtaine d’individus valides.

 

>>> La guerre en Ukraine interroge les modes opératoires des forces spéciales françaises. L’évolution de leurs missions pourrait les amener sur d’autres théâtres que le Sahel ou le Levant, principales zones d’intervention actuellement, dont, potentiellement, l’Europe. Article


>>> A Sievierodonetsk, une retraite attendue et organisée . Les soldats ukrainiens ont reçu l’ordre, vendredi, de se retirer de la localité du Donbass, stratégique pour l’armée russe. C’est la quatrième ville d’importance conquise, après Melitopol, Kherson et Marioupol. Lemonde


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